STÉPHANE NATANSON
Je veux dédier ce livre à ta mémoire, parce qu'il t'aurait plu, étant une otuvre de pitié. Le souci de ceux qui peinent a toujours remué ton cœur, et les approches de la mort ne firent qu'exagérer en toi les tendances de toute ta vie. On peut dire que tes derniers jours furent l'explication des autres, et presque leur symbole, car ils nous donnèrent le spectacle d'un homme qui, n'ayant déjà plus assez d'âme pour se connaître, s'éteignait sans penser à lui et ne retrouvait la force de s'émouvoir que devant les peines d'autrui. Ignorant ta misère et ton agonie, tu pleurais sur celle des autres, comme Benoîte, et de ton existence comme de la sienne, se dégage pour nous le plus sûr de tous les conseils: être bon.