‹ Les BêtesChapitre 25 sur 49 · LA SOURIS BRUNE · texte numérisé non relu

LA SOURIS BRUNE

A la fin, sous la grande lampe, Ayant assez bu de stupeur, Le crapaud sort de sa torpeur.

S'ébranle pesamment et rampe.

Oh ! c'est bien encore pis î Alerte Devant ce mulot limaçon, Le petit chat, pris d'un frisson.

Abandonne sa découverte.

Et, tandis que l'autre gravite Vers les trous du vieil escalier, Lui va chercher dans son grenier Des souris qui marchent plus vite.

LE CHAT

Par le muet et le cafard Du pas, de la miaulerie, Par la louche câlinerie Du mouvement et du regard.

Le chat vous prend. Fauve et mignard.

Il a de la sorcellerie ; Son surgissement quelque part Met du songe et de la féerie.

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J'aime ce féroce bénin.

Moitié miel et moitié venin, Ambigu des pieds à la tête,

Et cet hypocrite parfait Plus d'une fois m'a fait l'effet D'une Circé changée en bête.

L'ESPRIT FELIN

Ce petit chat tout noir à la prunelle verte Doit avoir une âme de chien ; Il chasse, il arrête si bien.

Flairant, patte levée et la gueule entrouverte.

Mais le plus surprenant c'est que son pas alerte

A toute heure s'emboîte au mien.

Avec moi part et s'en revient,

Me talonne partout dans la brande déserte.

Sur mon allure il piète, il rampe, Saute, escalade, prend le trot.

Pour moi cuit au soleil, sous l'averse se trempe.

Est-ce un diable, un Esprit ? Je finis par le croire. Car, positivement, elle me poursuit trop Cette petite bête noire.

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