LA SOURIS BRUNE
Le petit chat qui ne sait pas, A pris pour une souris brune Un crapaud que le clair de lune A fait sortir de son mur bas.
Dos oblique, pattes pliées, Ses flancs battant égaux, bien doux.
Comme son goitre, à petits coups, La pauvre bête extasiée
Là, clans la plus morte des poses, Figeant sou accroupissement, Regarde le vague dormant, Ecoute respirer les choses.
Le chat, de ses prunelles vertes, Guigne le crapaud qu'il voudrait ; II tourne autour, reste en arrêt Devant lui qui demeure inerte.
Il s'en approche, mais sans hâte.
Est-ce une bête ? Est-ce un objet ?
Il le flaire et, patte en crochet, A reculons, preste, il le tâte.
S'il eut souvent plus d'une rixe Avec maint rat récalcitrant.
Celui-là n'est pas rassurant Par son immobilité fixe.