LE RENARD ET LA POULE
Par un temps gris terne où lézard, Ruisseau, gravier, rien ne scintille, Un renard trottine au hasard.
Chassant distrait, d'un pied musard, Guignant l'arbre où l'oiseau sautille, Ecoutant le marais bavard.
Râblé sec, flancs plats, pauvre en lard Sous le poil rouge qui l'habille Et plus ventre creux que pansard,
La queue ample, museau fouinard, Oreille en pointe, œil clair qui vrille, Tel il s'avance, goguenard.
Sans souci de ses ruses, car Il sait que son sac en fourmillcj A mi-gueule, il rit papelard.
Pourtant, il n'a vu nulle part Miel, gibier, raisin qui pendille, Et le jour touche à son départ.
Mais soudain, quel fumet, quel nard Monte à son nez qui s'écarquille !
De la volaille ! Oh ! le veinard!
Le vieux matois rampe cafard, Souple et muet comme une anguille.
— La poule a senti le renard