‹ Les bibliothèques, anciennes et modernes, de LyonChapitre 14 sur 22 · VOYAGES · texte numérisé non relu

VOYAGES

Voyages de Chardin. Amsterdam, 1735, iii-4, veau fauve, i vol.

Gareilasso de la Vega. Histoire delà Floride. Leide, 1431, in-8, veau écaillé.

poâsiB

Les Œuvres et Mélanges poétiques d'Estienne Jodelle . Lyon, Rigaud, 1597, mar. bleu, filet, tr. d.^Duru.

Les Œuvres de F. de Saintr-Amant. Lyon, 16i3, mar. orange, fil. tr. d. Bauzonnet.

Le Microscome, par Maurice Sève, d. rel. Bruyère.

Caquire, par M. de Combles. 1780, maroq. citron. Bruyère.

Horace. Londres, Pine, 1733, rel. dePasdeloup, elzévir, 1676, mar. rouge, imjprimerie royale, 1733, maroq. vert.

L'Arioste. Venise, 1580, in-4, figures, parchemin.

Bambo, Aide. Veau fauve. Bruyère.

Le Tasse. Gênes, 1590, iu-4, parchemin, fig.

Chansons de de Laborde. Fig. de Moreau, 1773, in-8, exemplaire de choix, mar. bleu, filets, dentelles, i vol. Bruyère .

Le Villebrequin de maistre Adam. Paris, 1663, maroq. vert, Bauzonnet.

Les Chevilles. Baca, 1654, id. id.

Le Passe-temps deBaïf. Paris, 1573, mar. orange, à compartiments. Bauzonnet.

Renée. BeJleau. Paris, Parisson, 1578, mar. rouge écrasé . Bruyère .

CoUetet, Poésie et la Muse coquette. Paris, 4 656 et 1665 maroq. orange à la rose. Bauzonnet.

Saint-Âmand . Moyse sauvé, poésies, 4664-4693. 2 vol. Bauzonaet.

Théophile Viaud. Paris, 4627, in-8, veau écaillé.

Œuvres de P. et T. Corneille, elzévir, mar. rouge, 40 volumes.

Molière. Utrecht, 4743, in-48, veau fauve, 4 volumes.

Bibliothèque des Avocats.

Dès le jour où la justice royale fut définitivement instituée à Lyon et installée dans la maison du roy, au palais de Roanne, des avocats exercèrent près de nos diverses et nombreuses Cours de justice. L'histoire de notre barreau est donc intimement liée à celle de notre antique magistrature, et cependant il ne s'est pas encore rencontré d'avocat dans le barreau ancien et moderne qui ait songé à recueillir les souvenirs, les traditions, les grandeurs ou les vicissitudes de son Ordre. Autrefois cependant chaque corporation importante tenait à avoir son histoire et son livre d'or. Avec quelle sollicitude nos échevins dressaient les listes de tous les citoyens arrivés au Consulat et les suspendaient avec leurs blasons aux murs de rhostel commun et plus tard dans le splendide palais de la place des Terreaux ! Et les recteurs et administrateurs de nos hospices ne voyaient-ils pas tous leurs noms soigneusement inscrits d'abord sur des listes, puis publiés ensuite dans des recueils spéciaux^ Est-ce par modestie que Tancien barreau aurait omis de dresser ses lettres de noblesse ?

Notre ancien barreau cependant, comme les médecins

de notre ville, se qualifiait de noble. Mais quand les usurpations des qualifications nobiliaires devinrent par trop criantes et portèrent un trop grave préjudice aux finances royales par suite des trop nombreuses exemptions de la taille, la royauté s'émut un jour de cette situation, et voulut faire cesser cet abus. C'était en 4692. Un commissaire fut nommé par le gouvernement pour rechercher les faux nobles et les poursuivre, et cet agent remit ses pouvoirs & un avocat, Charles de la Tour de Beauval, lequel donna assignation à un certain nombre d'avocats et de médecins de Lyon, à comparaître devant M. d'Herbigny, commissaire départi en la Généralité de Lyon, pour se voir condamner, chacun, à 2,200 livres d'amende te pour avoir pris la qualité de nobles dans plusieurs actes. » Cette poursuite eut un grand retentissement.

Tous les avocats, comme tous nos médecins, prirent fait et cause pour leurs confrères incriminés, et un procès s'engagea. Toutes les parties présentèrent mémoires sur mémoires. On versa des flots d'encre et d'érudition ; on fouilla dans tous les vieux auteurs, dans tous les recueils de jurisprudence, dans Thistoire grecque et latine, dans celle de Savoie, de Venise et d'Espagne, pour prouver « qu'il n'y avait en France ni loi , ni ordonnance qui défendît aux avocats de prendre la qualité de noble. »

Dans l'un de ces mémoires, on étabUt entre autres que « le roi Charles V aimait si fort les avocats qu'il allait souvent au barreau en robe longue, d'où il fut surnommé l'Avocat. » — Et que sur le rapport de Froissard, il leur donna la qualité de chevaliers ez loix, » Dans d'autres écrits les défendeurs avancèrent modestement que la qualité de nobles « ne pouvait leur 6tre contestée que par des ignorants qui ne connaissent pas le mérite et la vertu^ et qu'en cela le jurisconsulte Belordeau, d'accord avec la

glose, a dit, en parlant des avocats : « Scieniia et virtus nobiliiant. » Tout ce fatras d'érudition forme un volume devenu assez rare, imprimé à Lyon en 1700, sous le titre de Recueil de toutes les pièces concernant le procès des avocats et des médecins de Lyon contre le Traitant de la recherche des faux nobles. Sa lecture, cela se conçoit, est des plus fastidieuses, mais il s'y rencontre quelques passages que j'aime à citer à la gloire du barreau lyonnais. On lit entre autres à la page 17 : « Chacun sait que les avocats de Lyon se sont volontairement imposé, tour à tour, l'obligation de servir en qualité de recteurs-administrateurs dans les deux hôpitaux, pendant l'espace de quatre années, c'est-à-dire que chaque avocat, exerçant sa profession, consume quatre ans entiers au service desjpauvres, et pendant tout ce long temps, il donne, non-seulement, tous ses soins sans intérêt aucun, mais il abandonne encore les aff&ires de son cabinet pour administrer celles des pauvres qui sont très-nombreuses. Toutes les principales afibires des deux maisons, tout roule sur le ministère des avocats recteurs. Combien de fois ne les a-t-on pas vus aller jusqu'aux extrémités du royaume soutenir les droits légitimes des deux hôpitaux ? Combien de fois les a-t-on vus demeurer en députation des années entières, sans exiger aucune récompense et [sacrifier ainsi gratuitement leur temps, leurs peines et leur santé môme aux intérêts des pauvres? »

Ce grand procès dura deux ans, et enfin un arrêt du Conseil du 4 janvier 1 699 déchargea les avocats et les médecins de Lyon des poursuites dirigées contre eux par le Traitant La Tour de Beauval, et dit que a les qualités de nobles qu'ils ont prises et prendront ci-après, conjointement avec celles d'avocats et de médecins ne pourront leur acquérir ni à. leurs enfants et successeurs, le titre

de noblesse, à moins qu'ils ne Taient de race et d'ancienneté. x>

A la fin du dernier siècle, le barreau de Lyon était des plus nombreux ; il comptait 51 membres ; le plus ancien portait le titre de doyen. En 4765, on trouve inscrit au tableau, entre autres, François Prost de Royer père, Antoine-François Prost de Royer fils, si connu comme lieutenant criminel de Lyon, comme prévôt des marchands, comme jurisconsulte éminent. La ville, en tenant à honneur d'être la marraine de sa fille, voulut que cet enfant portât le nom de Lyonne,

n est assez difficile aujourd'hui de dresser des listes des anciens avocats du Inrreau de Lyon , cependant M. Morel de Voleine a pu relever un assez grand nombre de noms d'avocats distingués des derniers siècles. Je reproduis ici la note que je dois à son obligeance. Cette note est suivie aussi d'une liste des avocats qui ont prononcé la célèbre oraison doctorale, les jours de Saint-Thomas, solennité si chère à notre ancien barreau, et dont le souvenir s'est encore conservé.

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