SI
et membre de plusieurs sociétés savantes, s^est phi, depuis vingt ans, à ajouter & la bibliothèque paternelle une collection d'ouvrages, de manuscrits, de médailles, de gravures et de sceaux, non pour le vain plaisir de faire des collections, mais dans la pensée si louable de réunir les matériaux nécessaires pour une histoire générale de Lyon, qui est encore à écrire.
Ces riches collections sont divisées actuellement entre les deux résidences de M. Etienne Récamier, à Paris, et à Ecully, près Lyon.
La bibUofhèque lyonnaise renferme une première série de près de trois mille volumes imprimés à Lyon et sortis des presses de Leroy ^ de Mathieu Huss, de de Tournes^ de Dolet^ et de tous les imprimeurs lyonnais des xv* et XVI* siècles ; la plupart des travaux qui ont eu pour objet rhistoire de la bibliographie lyonnaise sont joints & ce premier fonds, et y figurent avec les grands traités héraldiques.
Des portefeuilles renferment plus de 4,000 portraits gravés et se rapportant aussi à l'histoire de Lyon. Dans ce nombre il est bon de signaler, par exemple, les portraits des archevêques et des gouverneurs de Lyon depuis le XVI* siècle, une suite complète des membres de la grande famille de Villeroy. La plupart des eaux-fortes de J. de Boissieu s'y trouvent en très-belles épreuves.
Un fonds considérable comprend tous les matériaux utiles à consulter pour une histoire économique de Lyon et de Yart monétaire dans cette ville. Il contient, en effet, tous les principaux ouvrages, volumes ou brochures sur la matière, et une collection de six mille pièces d'or, d'argent, de bronze et de plomb, oflErant quelque intérêt pour l'histoire de Lyon jusqu'en 1789. Des médailles de grand, moyen et petit bronze, des sous d'or^ des quinaires des rois
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mérovingiens et lurgundes, des deniers d^exf^t de Vèpwpu carlovingienne.
En outre, M. Etienne Récamier a pu recueillir une série d'environ deux cents pièces de monnayage archiépiscopal lyonnais, un grand nombre de spécimens en or et en argent de l'atelier royal depuis Louis XII, une série de mé-* raux de différents Chapitres de Lyon, notamment de Saint^Jean, de Saint-Paul, de Saint-Epipode, de Saint- Just, de Saint-Pierre et à'Ainay, puis des Chapitres de Savigny, de Belley, de SainUClaude et de Vienne \ une série de jetons consulaires, depuis le xv* siècle ; une série considérable de plombs et de mérauœ, trouvés dans les sables de la Saône ; enfin, une série importante d'images religieuses, de moules et d'instruments ayant servi pour
Vimagerie religieuse à Lyon, au xvi* siècle.
Je ne veux pas terminer Ténumération bien incomplète de tant de trésors historiques, sans dire que M. Récamier a conçu, en homme de goût et en érudit, le louable projet de faire part au public d'un travail sur l'art monétaire à Lyon, qu'illustreront de nombreuses planches gravées ou reproduites par la phototypie. Ce sera un véritable service qu'il saura rendre à la science, et Lyon surtout, ne pourra que lui en témoigner une profonde gratitude, car ce n'est pas tout de colliger, il faut surtout vulgariser, U faut mettre à la disposition de tous, les monuments que nos Musées trop pauvres ne peuvent pas réunir, et qui seraient comme s'ils n'existaient pas sans des hommes comme M. Récamier, possesseurs heureux de grands trésors, à la fois généreux et savants, ouvrant leur cabinet à tous, et surtout sachant les décrire avec une science peu commune. , M. Récamier a bien voulu contribuer aussi à enrichir le cabinet de sigillographie, fondé aux archives de l'Hôtel-de- Ville par la Commission des archives et des bibliothèques.
Ce cabinet manquait à la ville. Elle possédait encore de nombreux sceaux de toutes les époques, mais qui les connaissait, qni pouvait môme songer à les exhumer des
énormes liasses de titres^ ni triés, ni classés, ni inventoriés
encore, dans lesquelles ils demeuraient malheureusement enfouis? On croyait môme qu'il n'en existait presque plus, car il était de notoriété publique qu'il s'est rencontré, il y a déjà un certain nombre d'années, un étrange conservateur des archives municipales, lequel, lorsque le feu de sa cheminée ne flambait pas, détachait de nos chartes les sceaux en cire et se chaufi^t ensuite agréablement les pieds avec les plus beaux monuments de notre histoire. Ce môme conservateur, et sans que l'autorité supérieure s'en préoccupât, faisait relier en volumes nos syndicats^ écrits sur vélin et ornés des plus belles vignettes, ou de lettres en couleur des xv*, xvi' et xvii* siècles, et, lorsque lune de ces grandes pages dépassait le format indiqué, le relieur coupait souvent impitoyablement par le milieu ou entièrement ces belles et riches peintures.
La Commission, en réorganisant les archives de la ville, a donc tenu à sauver d'une entière destruction ce qui nous reste de nos anciens sceaux.
M. Guigne, le savant conservateur actuel de nos archives municipales, s'est empressé de rechercher dans son dépôt et dans celui du département, très-riche aussi, les diverses séries de sceaux qui survivent encore aux nombreux désastres qu'ils ont subis. M. l'ingénieur Anselmier, qui dresse en ce moment le plan en reUef du département du Rhône, a bien voulu se charger du moulage de ces sceaux, et déjà il a reproduit en bronze quarante-quatre sceaux du fonds de Tancienne Collégiale de Saint-Paul, soixante-quinze sceaux du fonds de V Ordre de Malte, et à fait en outre cent cinq moulages de sceaux et de médaillons du cabinet
des PP. JésuiteB, que les pillards de leur maison ont oublié de voler j en septembre 4870, avec leur splendide médaillier en or.
En outre, ce cabinet s'est enrichi de nombreux dons. -M. Gauthier, archiviste en chef du département, lui a gracieusement offert deux cent quarante empreintes en bronze, obtenues à Taide de la galvanoplastie.
M. Vacheron, membre du Conseil municipal, a donné trente-huit moulages de sceaux des comtes de Forez, des sires de Beaujeu, des ducs de Bourbon, de médaillons lyonnais, et a bien voulu promettre d*en offrir encore beaucoup d'autres.
Enfin, s'il m'était permis de parler de moi, je dirais que j'ai été heureux de voir accepter aussi par le cabinet de sigillographie cent trente-neuf moulages de sceaux bourguignons que j'avais faits, aux archives de Dijon, avec M. Marcel Canat de Chizy.
M. Récamier n'a pas voulu être des derniers à apporter égalemenf sa généreuse offrande. Il a déposé un grand nombre de plombs de douane aux armes de la ville de Lyon, d'autres villes et des rois de France ; beaucoup de matrices en bronze, de sceaux, et diverses empreintes en cire rouge. La ville ne saurait que lui en être reconnaissante et continuer aussi de voter, pour l'extension à donner & notre cabinet de sigillographie, les subventions qui lui sont nécessaires. L'Etat lui a remis les moulages des sceaux de la commune primitive de Lyon, et en promet encore d'autres. Que la ville soit donc aussi généreuse, et qu'elle ne dise pas, avec un superbe dédain, conmie certain membre du Conseil général, auquel on demandait une subvention pour nos monuments historiques anciens qui tombent en ruine : a Us ont assez vécu. » Du nombre de ces monuments sont nos aqueducs romains
^ Bientôt on commencera le moulage et la reproduction en bronze des nombreux sceaux que possède le Musée du Palais-de&-Ârts.
n importe de les arracher de V oubli profond dans lequel on les laisse et sans qu'on songe môme à en faire le catalogue.. 9 Mais n'en est-il pas de même de toutes nos richesses artistiques? Qui les connaît ? On y met, il est vrai, maintenant, sous la pression de l'opinion publique exaspérée, des étiquettes plus ou moins exactes... mais fait-on les livrets que demandent si légitimement les yisiteurs et les étrangers qui tiendraient à les emporter pour les joindre aux livrets des autres musées de la France et de l'étranger, et qui sont indispensables pour Thomme d'étude dont on semble n'avoir pas le moindre Bouci ?....
Blbliothèqae du Jardin botaniqae.
L'histoire de notre ancien Jardin botanique était généralement peu connue à Lyon; mais un jeune savant, M. Fontannes, s'est plu à récrire, en 1873, et il a comblé, par sa notice sur le Muséum d'histoire naturelle de Lyon^ une véritable lacune dans les annales lyonnaises.
L'histoire naturelle, dit cet auteur, n'était pas négligée à Lyon , à la fin du xvm^ siècle. Lyon venait de do^er le jour aux de Jussieu. Sans parler des divers membres de cette famille, dont le gpénie réclamait un plus vaste théâtre^ et que, jeunes encore, Paris nous enlevait, MM. de la Tourrette, Le Camus, Tabbé Bozier (4),
(4) Fleorieu de la Toarette (Marie-Ântoine-Lonis Glaret de), fils de Jaeqae»-Âambal Glaret de Flenrieu, seigneur de la Tourette, né en
Patrin (1), les frères Jars (2) et plusieurs autres, savants ou amateurs, se livraient avec ardeur à l'étude de la nature.
Un cabinet dliistoire naturelle fut alors formé par J.-J. Pestalozzi, médecin de l'Hôtel-Dieu, membre de l'Académie de Lyon, avec ceux qu'avaient créés le voyageur lyonnais de Monconys et M. de Liergues, son frère* Pestalozzi céda ce muséum au Consulat» en 1771, a moyennant un prix honnête ou une rente viagère réversible, après sa mort, sur la tète de sa femme et de ses trois filles. » L'Académie fut chaînée de la garde de ce muséum qu'on installa à l'Hôtel-de- Ville, dans le pavillon qui donne sur la place de la Comédie et la rue Puits-Gaillot ; ce fiit le premier musée que Lyon posséda et qui s^ouvrit le 28 novembre 1778, mais seulement les mercredis fwn fértés. Mais Lyon ne possédait pas alors de jardin botanique ou un établissement auquel on pouvait donner ce
août 1729, mort en 1793, secrétaire perpétuel de TAcadéinie de Lyon, naturaliste, ami de J.-J. Rousseau.
Le Camus (Gabriel-Etienne), naturaliste, membre de l'Acadéroie de Lyon» né le 15 mai 1746, auteur de nombreux mémoires.
L'abbé Rozier, curé de Saint-Polycarpe^ né le 33 janvier 1734, mort d'un éclat de bombe, le 29 septembre 1793, pendant le siège de Lyon, savant agronome.
(1) Patrin (Eugène-Louis-Melchior),naturaliste, député de Rhône^t- Loire & la Convention, membre de Tlnstitut, né à Momant (Rhône), le 3 avril 4742, mort à Saint-Vallier (Drôme), le 15 août 1815.
(2) Jars (Gabriel), minéralogiste, de TÂcad. de Lyon et de Paris, né le 26 janvier 1732. mort à Clermont, le 29 août 1769.
Jars (Gabriel), frôre du précédent, né à Lyon, le 17 décembre 1739, memb. de T Académie, minéralogiste, mort le 2 octobre 4806. {Lyonnais dignes de mémoire.)
nom (4). Les lois de yentôse an III et de brumaire an IV, ayant créé dans chaque département des Ecoles centrales. auxquelles devaient être attachés divers établissements, tels, entre autres, que des Jardins botaniques^ le représentant du peuple, Poulain de Grandpré, disposa des terrains de l'ancien couvent de la Déserte^ pour la création d'un Jardin botanique, qui fut déclaré propriété communale, ainsi, que le muséum dont la garde avait été confiée à M. Gilibert (2).
(1) Le premier jardin botanique crééà Lyon fut établi aux Brotteaux, vers 1765. Ce premier essai fut infructueux. Gilibert le tenta, mais il quitta Lyon et n'y revint qu'en 1783. Gilibert (Jean-Emmanuel), auteur et éditeur de divers ouvrages, né le 91 juin 1741, mourut le 2 septembre 1844. Chassé de Lyon par les persécutions révolutionnaires qui ne s'arrêtaient ni devant la science, ni devant le génie, il ne put rentrer qu'après la Terreur, et fut chargé alors de la chaire d'histoire naturelle, qu'il ne quitta qu'en 1810, par suite du mauvais état de sa santé.
(2) Après les sanglantes saturnales de la Révolution, le muséum fut transporté au palais Saint-Pierre, puis dans le couvent de la Déserte, [où il était très-mal installé. £n 1817, on obtint, à grand'peine, de M. Artaud, alors directeur du musée, qui régnait alors en véritable autocrate dans le Palâis-des-Ârts, qu'il voulût bien laisser déposer provisoirement les objets du Cabinet d'histoire naturelle, encore à la Déserte, où ils étaient fort mal, dans une partie du Palaisdes-Ârts, du côté de la rue Clermont ; peut-être doit-on louer la résistance de M. Artaud à cette concession, car le muséum a su conquérir, peu à peu, de nouveaux espaces, et il y occupe aujourd'hui de vastes locaux qui devraient appartenir au musée. Malgré ces empiétements, il étouffe dans ses murs, et il ne sait plus où étaler ses riches collections, il est donc bien à regretter que le jour où l'on reconnut que le muséum ne pouvait plus rester à la Déserte, on n'ait pas utilisé l'un des nombreux couvants qui existaient encore alors pour en faire un Palais des Sciences, comme on avait fait du claustral Saint-Pierre le PalaiS'des'Arts> Ce dernier est trop exigu pour abriter les arts et les
En germinal an XIII, le Jardin botanique de la Déserte reçut la dénomination de Jardin de r Impératrice^ en souvenir de la brillante réception que Lyon avait eu le bon esprit de faire & la femme du Premier Consul, qui avait tant fait pour la résurrection de notre ville, après les stupides démolitions ordonnées par le sanguinaire Gouthon, et par reconnaissance pour le don de plantes rares que cette digne souveraine avait fait à ce jardin.
Le savant directeur, M. Gilibert, enrichit ensuite notre Jardin botanique de plus de 3,000 plantes exotiques. Ce jardin, dit M. Fontannes, devint alors très-- florissant. On y cultivait plus de 4,000 plantes, nombre égal aux deux tiers de celles qui étaient cultivées dans le Jardin ncUional de Paris, et parmi elles une foule de plantes précieuses qui ne réussissaient ni dans la capitale, ni à Montpellier. M. Dejean fut alors adjoint à M. OiUbert et chargé plus spécialement de la garde du Jardin botanique.
Les événements de 181 4 et de 1815 ne permirent pas au Jardin botanique de continuer son progrès ; mais la Restauration et les éminents administrateurs dont elle s'entoura donnèrent une nouvelle vie à ce jardin : on l'agrandit de toute l'ancienne pépinière départementale (1 ), convertie en orangerie.
seiencea* Dans le courant de cette année, M. Ducros, préfet du Rhône, a présenté un projet d'agrandissement du Palaîs-des-Arts pouvant donner satisfaction à tous les services en souffrance dans ce Palais. Une intrigue fit échouer ce louable projet. Hais le public la connaîtra bientôt et sera justement sévère pour ceux qui l'ont ourdie et seeondée. L'autocratie de M. Artaud pouvait être excusée, parce qu'elle s'appuyait sur un grand savoir et un réel mérite, mais aujourd'hui... ? Çl) m. Rey de Montléon avait travaillé, dès 1792, à réaliser son projet de création d'une pépinière départementale.
Eii1849, M.Balbis(4 )saccéda àM.Dejean (2), professeur de botanique, membre de l'Académie ; mais il se retira en 1830 et fut remplacé par M. Paul de Thinecourt, médecin en chef de lliôpital de Trévoux, qui ne prit pas possession de son poste, et eut pour successeur M. Boffavier ; ce dernier ne conserva pas longtemps cette place.
M. Seringe (3), le collaborateur de M. de CandoUe, fut appelé alors par M. Prunelle, maire de Lyon, à diriger le Jardin botanique qu'il administra avec succès,soit au Jardin des Plantes, soit, plus tard, au parc de la Têie^d'Or, et qu'il laissa florissant à son digne successeur, M. le docteur Faivre, le savant doyen de la Faculté des Sciences, Tauteur d'études si remarquables sur l'organographie et la physiologie végétales.
Mais les événements sont plus puissants que la science, et si M. Faivre a pu conserver intact le Jardin botanique et le soutenir à la hauteur où nous l'avons vu, les piètres administrateurs que Lyon s'est donnés après 1 870 ont sin-
(1) If. BalbÎB acheva rorangerie et remplaça les serres anciennes. Vers 1829, il ({uitta Lyon et se retira en Piémont, où il consacra les dernières années de sa vie à la publication d'une Flore lyonnaise, en 38 volumes, à laquelle un anonyme a ajouté un supplément. Lyon, L. Perrin, 1835. Jean-Baptiste Balbis était né à Moretta (Piémont), le 17 novembre 1765, et mourut à Turin, le 13 février 1831.
(2) M. Tabbé Dejean, eccclésiastique de Vienne, possesseur d'un riche herbier de mousses.
(3) M. Seringe, durant sa longue administration, a publié des ouvrages importants, pour la rédaction desquels il a réuni plusieurs Herbiers que le jardin possède encore, entre autres, un Herbier des céréales^ on autre de plantes médicinales, un Herbier de la famille des saules, et en^n un Herbier plus spécial aux mûriers. M. Seringe mourut en 1858.
galièrement &it déchoir ce jardin de sa splendeur primitive. Les nombreux cerâ, biches et daims, qui animaient d'une façon si gracieuse les vastes enclos verdoyants qu'on leur avait réservés, ont été retirés et vendus ; la petite rivière, qui coule, en méandres si gracieux, sous les sombres ombrages du bois, n'a plus cette nombreuse population de palmipèdes de tous genres qui la remplissaient de leurs bruits et de leurs ébats. Les volières sont désertes et silencieuses, les kiosques vermoulus croulent et s'effondrent, tout est ruine et misère. On ne voit que trop que la démagogie a passé par là ; comme le feu, elle ravage et détruit tout ce qu elle touche ; les ruines marquent toujours et partout le chemin qu'elle parcourt. Nos magnifiques serres croulent aussi sous le poids des ans, et la ville vient d'ajourner à d'autres temps leur réfection, sans doute au jour où nos collections, faute d'abri suffisant, ne seront plus que de Therbe desséchée et pourrie. Il fut un jour, cependant, où la ville sut trouver de larges ressources pour payer cette hideuse orgie qu'on a appelée la Fête des Ecoles et qui fut donnée au parc. Le Conseil, pour nous démontrer les avantages de Tinstruction laïque et obligatoire qu'il rêve d'imposer tyranniquement ànos enfants, réunit sur les pelouses tous les élèves de ses écoles municipales, qui coûtent si cher (4) à la ville et sont souvent si mal dirigées.
(1) On compte, en ce moment, à Lyon» 222 classes laïques, dirigées par 226 maîtres et 214 classes des Frères, ayant 214 maîtres/
Les écoles laïques coûtent à la ville 318,000 fr., et les écoles des jPrdres seulement 182,000 fr., ce qui fait une différence de 136,000 fr., ce qui n'empêche pas les démagogues de répéter calomnieosement partout que les écoles congréganistes sont seules favorisées* Le journal qui s'est fait Técho de ces calomnies est précisément celui qui a en le
Après des jeux où rinnocence avait peu à voir, un goûter fut seryi aux en&nts, sous un soleil brûlant et sans abri, et bientôt, ces pauvres en&nts, après avoir bu à pleines rasades le vin bleu que leurs maîtres et leurs maîtresses libre-penseuses leur versaient largement, roulèrent, ivres et malades^ sur les gazons Cette orgie
coûta une somme énorme à la ville, et les dégâts faits au Parc furent si considérables, qu'on se hâta de payer bien vite, dit-on, une indemnité d'environ 10,000 fr. au fermier du Parc, pour empêcher la publicité de sa plainte en justice
Mais, quant au Parc et à nos serres, y songe-t-on ? la démagogie semble s*e plaire aux haillons
Le Jardin botanique du Parc de la Tôte-d'Or possède aussi une bibliothèque consacrée aux fonctionnaires de rétablissement et aux personnes qui désirent faire des études spéciales. Les recueils périodiques les plus importants y sont reçus, et on y trouve également une collection des catalogues de la plupart des jardins botaniques. En outre, à côté de cette bibliothèque, se rencontrent de riches collections : THerbier, formé par Claret de la Tourette ; l'Herbier des céréales, réuni par M. Seringe ; un Herbier des algues et des mousses ; un Herbier de la flore lyonnaise, etc
Bibllothèqae de l'Académie des Sciences^ Belles- Lettres et Arts de Lyop.
J'ai déjà consacré quelques lignes à notre savante Aca-
triste privilège d'être persoDDellement cité par Bismarck comme le secondant le mieux dans sa persécution contre la religion catholique.
demie dont Lyon est fier à juste titre, n me reste à parier maintenant de sa bibliothèque.
L'Académie des Sciences» Lettres et Arts de Lyon,fondée on le sait, en Tan 4700, par quelques savants et littérateurs, fiit autorisée par arrêté royal en date du mois d'août de Tannée 4724» enregistré au Parlement.
Cette autorisation fut confirmée par lettres patentes au mois de novembre de 4752.
D'après le règlement, TAcadémie se composait de vingtcinq membres titulaires et d'un nombre illimité de membres correspondants. Les séances étaient hebdomadaires et se tenaient à l'Hôtel-de-Ville.
En 4765, le nombre des titulaires fut porté à quarante, par suite de la réunion de la Société royale des Beaux- Arts à l'Académie, réunion autorisée par lettres patentes du roi, en date du mois de juin 4758.
Dispersée en 4793, l'Académie fut reconstituée par arrêté du ministre de l'Intérieur, le 7 octobre de l'année 4800, sous le titre d'Athénée, lequel fiit bientôt remplacé par celui qu'elle porte aujourd'hui.
A partir du 2 décembre 4823, le siège de l'Académie fut transféré au Pakis-des-Arts. Les séances ont lieu le mardi de chaque semaine, excepté pendant les vacances des mois de septembre et octobre.
Les membres titulaires, au nombre de 52, sont divisés en deux classes :
4^ Classe des Sciences
Mathématiques, Mécanique, Astronomie, Physique, Chimie, Zoologie, Botanique, Géologie et Minéralogie, Sciences médicales ;
2* Classe des BelUs^Lettres et Arts
Littérature, Éloquence, Poésie, Philologie, Histoire et
Antiquités, PhiloBophie, Morale, Jurisprudence, Économie politique, Peinture, Sculpture, Architecture, Gravure, Musique.
Le nombre des membres correspondants est actuellement de :
45 pour la classe des sciences ; 43 pour la classe des belles-lettres et arts.
L'Académie compte en outre 4 8 membres associés.
Le Bureau de l'Académie se compose de deux présidents; deux secrétaires généraux; deux secrétairesadjoints, l'un pour les sciences, l'autre pour la classe des lettres ; d'un archiviste et d'un trésorier.
Le Président est nommé pour un an ; les autres fonctionnaires sont rééligibles.
Liste des Membres de F Académie de 1700 à 4725
Falconnet, de l'Académie des Inscriptions ; Villemot, du Puget; Dugas, Président de la Cour des monnaies ; Brossette, avocat; Saint-Bonnet, P. Jésuite; Colonia, P. Jésuite ; De Saint-Fond ; Cheinet, conseiller en la Cour des monnaies ; De Trudaine, intendant de Lyon ; De la Valette, prévôt des marchands ; De Serre, conseiller en la Cour des monnaies ; Tricaud, chanoine d'Ainay ; De Glatigny , avocat général ; De la Valette, conseiller ; Aubert, avocat ; De Gouvemet (l'abbé) ; Mahudel, de TAcad. des inscriptions; Brun, P. Jésuite; Du Perron de Ponsaimpierre, conseiller ; De Glatigny fils, l'aîné, directeur de la monnaie ; Lombard, P. Jésuite ; Méliand, intendant de Lyon ; Rovière, trésorier de France; Pestalozzi, médecin; De Currys, conseiller en la Cour des monnaies ; De Barcos (l'abbé) ; De Neuville-ViQeroy, archevêque de Lyon ; Fleurieu de la Tourette ; Père Lelièvre, de l'Oratoire ;
Grollier de Servièrefl; Regnaud de Parcieu, conseiller; De Saint-Suppliz ; De Glatignj, fils cadet ; Micbon, avocat ; De Billy ; De Buasy (l'abbé) ; Follard. P. Jésuite ; De Faramant (l'abbé), prévôt d'Âinay.
Oa peut lire dans VEtstoire de V Académie de Lyon (p. 331 à 367 du 1. 1} la liste des académiciens vétérans, honoraires ou aesociés, au nombre de 234, pendant la période de 1758 à 4793.
On y remarque les noms suivants :
Racine, Vaucanaon, Voltaire, De Lalande, De Maupertuîs, Lecat, De Brosses, D'Âubenton, Bonnet (de Genève], Jars, De Cbabanon, De Farcieux, le chevalier De Boufflers, Bernard de Jussieu, l'abbé de Condillac, Soufflet, Aut.-Laurentde Jussieu, l'abbé Rozier, BeruouiUi, Maret [de Dijon), Guyton de Morveau, Guettard, Druis, Parmentier, De la Harpe, l'abbé Eaytoal, Montg^olfier (d'Annonay), Gïlibert, lecomtedeLacépëde,deFlorian,Fil8tre de Roziers, Hor. Ben. de Saussure, comte de Buffbn, Boissy d'An^las, Allioni (de Turin), Franklin. Thomas, Chaptal, Villars, Monge.
Dana VBistoire de V Académie de Lyon se trouve aussi (p. 669-601 , t. Il) la hste des membres de 1800 à 1839.
Pamù les associés, on remarque, outre quelques-uns déjà cités, les noms suivants :
Bonaparte, \^ consul ; Cambacérès, 2* consul ; Lebrun, 3' consul; Talleyrand-Perigord, Berthotet, Cadet, Fontaneâ, Gouan (de Montpellier), Dumas (de Montpellier], Corvisart, Champollion-Figeac, De Gasparin, Senebier (de Genève), Pictet (de Genève), Garât, Delambre, De Chateaubriand, Lacretelle. Lemot, Brewster (d'Édimliourg^de Pongerville, De Lamartine, Oh. Nodier, Vieniiet.
Liste des Présidents de r Académie
La liste de 4 700 à 4 793 n'a pas encore été faite et exige une longue revue des 25 volumes de procès-verbaux manuscrits :
1800 De Veminac, 4801 De Najac, 4802 id., 4803 De Laurencin, 4804 id., 4805 Petit, 4806 Petetin, 4806 id., 4807 id., 4808 Mollet, 4809 Bérenger, 4810 Tabard, Vouty ; 4844 Martin, De Champagny ; 4842 Cartier, Rambaud : 4 84 3 E jnard, Béraud ; 4 84 4 Poupart, 4 84 5 Cochet, De Laurencin; 4846 Ballanche, 4817 Dumas, 4848 Desgaultière, Cochard ; 4849 Clerc, Guerre ; 4820 Grognier, Poupart; 4824 Sainte-Marie, Richard; 4822 Guillemet, Chantelauze ; 4 823 Richard de Laprade, Monier ; 4 824 Regny, Âchard; 4825 Bugniard, Bréghot du Lut; 4826 Balbis, 4827 Bredin, Pericaud; 4828 Breghot du Lut, Pericaud ; 4829 Prunelle, 4830 Richard de Laprade, 4834 Rieussec, 4 832 Véricel, 4 33 Grandperret, 4 834 Chenavard, 4835 Legendre-Hérald, 4836 DePolinière, 4837 Guerre, 4838 Dupasquier, 4839 Terme, 4840Soulacroix, 4844 Achard-James, 4842 Imbert, 4843 De Montherot, 4844-45 Terme, De Polinière; 4846-47 Brachet, Menoux; 4848-49-50 Benoît, Jourdan; 4854-52 Guimet, Grégori; 4853-54 Guimet, Menoux; 4855 Duport, Sauzet; 4856 Bonnet, 4857 Bouillier, 4858Rougîer, 4859 Sauzet, 1860 Pétrequin, 4864 Gilardin, 1862 Barrier, 4863 Sauzet, 4864 Tisserant, 4865 Dareste de la Chavanne, 4866 Pot> ton, 4867 Sauzet, 4868 Perrin, 4869 Guillard, 4870 Hénon, 4874 De Laprade, 4 872 Desgranges, 4873 Ono-
frio, 4874 Aynard, 4875 Sauzet.
La Bibliothèque de l'Académie se compose de 20,000 volumes environ, se divisant en deux parts ; les uns don-
nés par Âdamoli et Artaud au nombre de 40,000, ou par les auteurs de Mémoires et ouvrages littéraires, artistiques et scientifiques, au nombre de 3,000 environ ; dans ce nombre sont compris les livres donnés par les Ministères ; les autres envoyés par les Sociétés savantes avec lesquelles l'Académie est en relation.
Ces Sociétés correspondantes, au nombre de 477, ont envoyé jusqu'à ce jour 6,462 volumes :
90 Sociétés françaises ont envoyé 3,007 volumes ;
9 Sociétés autrichiennes, 3 bavaroises et 1 0 allemandes ont envoyé 930 volumes ;
i Sociétés belges et hollandaises ont envoyé 347 volumes ;
6 Sociétés anglaises ont envoyé 476 volumes ;
9 Sociétés italiennes ont envoyé 268 volumes ;
6 Sociétés suédoises, norwégiennes et danoises ont envoyé 322 volumes ;
9 Sociétés helvétiques ont envoyé 270 volumes ;
40 Sociétés américaines ont envoyé 255 volumes;
La Bibliothèque de l'Académie forme une annexe de la Bibliothèque de la ville, installée au Palais-des-Ârts.
La Bibliothèque, tout en restant propriété particulière de TÂcadémie, est mise à la disposition du public à l'exception des Manuscrits au nombre de 1 ,000 environ, qu'on ne peut consulter qu*en obtenant l'autorisation du Président de l'Académie.
Le catalogue manuscrit de tout ce qui compose la Bibliothèque est complètement achevé et se continue au fur et à mesure des entrées de livres.
Il est superflu d'insister sur les avantages qui résultent pour le public de la mise à sa disposition de tous les livres qui composent la bibliothèque de l'Académie, et sur l'utilité de cette importante collection.
La Bibliothèque de Académie étant ainsi une institution d'utilité publique se recommande d'elle-môme à la faveur des administrations de notre pays et de tous les particu liers qui s'intéressent à la diffusion des lumières. Mais cette Bibliothèque étouffe aussi dans son étroite enceinte et occupe avec le salon de l'Académie une large place que réclament d'urgence les collections du Muséum. Pourquoi, dès lors, la Ville ne créerait-elle pas, comme cela existe dans beaucoup de villes, un local spécial à l'Académie, à la Société littéraire et aux autres Sociétés savantes, ré« duites, aujourd'hui, à tenir successivement leurs réunions dans une seule et môme salle, noire, enfumée, indigne de Lyon?
Un jour, j'avais espéré que cette création pourrait avoir lieu et prochainement même.
On le sait, il y a quelques mois, il s'était agi de dédoubler le Lycée, d'en enlever les internes qui végètent dans ces tristes et sombres bâtiments, comme des plantes sans air et sans soleil, — de les transférer sur le coteau salubre de Caluire, dans la belle maison des Frères, située dans un parc rempli de beaux ombrages et de sources des plus belles eaux, et de ne laisser à Lyon qu'un simple externat. Mais on se souvient que d'égoïstes intérêts personnels ont eu, dans cette affaire, le pas sur la santé, sur la vie même des enfants enfouis dans les basses fosses malsaines qu'on appeUe les cours du collège, et le projet
a échoué S*il eût réussi, comme le bon sens le désirait,
comme l'intérêt bien compris des enfants le commandait, les bâtiments délaissés eussent reçu une admirable destination. On y créait des salons spéciaux pour chacune des Sociétés savantes dont Lyon s'honore à juste titre ; — chacune de ces Compagnies eût eu aussi un vaste local pour sa bibliothèque, et en outre, on y créait une grande
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salle affectée aui solennités littéraires publiques, aux distributions des prix et aux concerts publics. L'intérftt particulier Fa emporté... la routine a triomphé, et TUniversité, qui aurait dû défendre énergiquemefU ce projet» Ta laissé échoner..., si elle n'y a pas aidé... Puisse-t-eUe, le jour où une nouvelle épidémie viendra fondre encore sur le Lycée, ne pas éprouver de cruels regrets et ne pas être l'objet d'amers reproches de la part des parents qui lui redemanderont leurs en&nts fauchés par la mort !
Par suite de cet échec, le stupide stattp-quo se prolonge, et la science en souffre. L'Académie, lorsqu'elle tient ses grandes et savantes assises, ne peut offirir au public qu'une place insuffisante. Les autres Sociétés, dont la ville ne semble avoir le moindre souci, — au lieu de leur témoigner sa sympathie par des dons et des encouragements , — sont réduites à s'abriter, comme des pauvres, dans une salle indescriptible. Bien plus, faute de local pour leurs bibliothèques privées, elles sont obligées d'empî^ leurs livres dans des armoires trop pleines déjà et où toute recherche est impossible.
Je ne citerai que la Société littéraire, riche entre toutes de très-belles publications qu'elle échange avec toutes les Sociétés de France et même de l'étranger ;' elle voudrait pouvoir utiliser ses trésors pour Vétude, mais les rayons de ses armoires sont si pleins, si bourrés, les livres sont si entassés que toute recherche est impossible... L'homme d'étude se retire alors tristement, mais se demande avec raison si la seconde ville de France peut, non sans Aonle, montrer un si profond dédain pour les lettres etles sciences?
Enfin il me reste à parler des publications de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Lyon :
Comptes-rendus manuscrits :
De 4736 à 1793, 25 vol. in-f>, extraits des sénoces; 1 736 à 1 791 , 2 Tol. in-f*, éloges historiques ; 1 807 à 1 822, 31 août; 1810 à 1823, 27 août; 1811, 3 septembre, à 1828, 12 féyrier; 1812 à 1833, 21 décembre; 1813, 18 mai, à 183&, 27 septembre; 1815, 21 décembre, à 1 837, 29 décembre.
Comptes-rendus imprimés.
1804, 1805, 1806, 1808, 1809, 1811, 14 mai, 1813, 1814, 1815, 1816, 1817, 1818, 1819, 1820, 1821, 1822, 1823, l*' juillet, 1824, 1825, 1826, 1835, 1836.
Mémoires Seienees. Tomel, 1845;t. II, 1847.
Mémoires Sciences (Nouvelle série).
Tome I, 1851 ; t. II, 1852 ; t. HI, 1853 ; t. IV, 1864 ; t. V, 1855; t. VI, 1856; t. VII, 1857; t. VIII, 1858; t. IX, 1859; t. X, 1860; t. XI, 1861 ; t. Xïï, 1862; t. XIII, 1863; t. XIV, 1864; t. XV, 1 865-66 ; t. XVI, 1866-67; t. XVII, 1869-70; t. XVIII, 1870-71 ; t. XIX, 1871-72;t. XX, 1873-1874.
Mémoires Lettres.
Tomel, 1845; t. II, 1846.
Mémoires Lettres (Nouvelle série).
Tomel, 1851; t. H, 1852; t. HI, 1853; t. IV, 1854; t. V, 1856-57; t. VI, 1857-58; t. VH, 1858-59; t. VIH, 1859-60 ; t. IX, 1860-61 ; t. X, 1861-62 ; t. XI, 1862-63; t. Xn, 1864-65; t. XIII, 1868; t. XIV, 1868-69; t. XV, 1870-74.
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On n'a pas conservé de registres des comptes-rendus de 4700 à 4736.
Les vingtrcinq volumes in-folio mentionnés à la page précédente contiennent les actes, délibératioDS et extraits des séances publiques de TAcadémie et de la Société des Beaux-Ârts, rédigés par Christin, Bollioud-Mermet, La Tourette, et de Bory , secrétaires, depuis le 1 2 avril 4 736 jusqu'au 6 août 4 793, époque à laquelle commença le siège de Lyon.
Les deux volumes in-foUo mentionnés & la suite des précédents contiennent les éloges historiques des savants lyonnais et des associés de T Académie.
De 4700 à 4844, l'Académie n'a pas publié de mémoires comme ceux qu'elle a produits de 4845 jusqu'à ce jour. Les écrits de ses membres étaient imprimés isolément ; le nombre de ces ouvrages est, pendant la période de 4700 à 4793, de 350; 4800 à 4839, de 600.
La liste de ces productions a été donnée par M. Dumas, dans son Histoire de r Académie de Lyon, pages 248 à 350 du tome P** pour la première période, et pages 4 & 4 4 6 du tome n, pour la seconde période.
Dans le môme Uvre se trouve aussi Ténumération des prix fondés par l'Académie, conformément aux dispositions testamentaires de ses nombreux bienfaiteurs, dont les plus anciens sont : Christin, Adamoli, le prince Lebrun.
Il y a quelques années, l'Académie avait eu la louable pensée de créer, à côté d'elle^ un comité d'archéologie. Ce comité se composait d'un certain nombre de membres qui se réunissaient périodiquement dans le salon même de l'Académie et sous la présidence de l'un de ses délégués, mais sans que les membres de ce comité pussent dire être de l'Académie, Leur but était de s'occuper spécialement de
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Tarchéologie lyonnaise et de fouiller notre sol si riche en monuments anciens, mais qu'on ne semble exhumer que pour les laisser pourrir ou mutiler sous les portiques du Palais-des-Ârts. Ils devaient aussi ftiire des publications aimuelles, et décrire tous les objets d'art de nos musées qu'on connaît si peu, faute de catalogues et de livrets dont on s'obstine à priver le public et le monde savant, comme s'il pouvait être permis à une Direction de saivre ses caprices...
Les douloureux événements de 4870 ont suspendu nécessairement les réunions de ce comité, comme celles de l'Académie. Mais depuis que cette dernière. a repris ses travaux, elle a oublié, sans doute, par mégarde, de convoquer le Comité d'archéologie. Il serait cependant heureux de savoir si, par une mesure spéciale, sa suppression a été prononcée, et les causes et les motifs de cette suppression. Quand on renvoie un locataire, il est d'usage de lui signifier, au moins, son congé.
BlbUotlièiiae de la Sooiété d'Agriculture, d'Histoire naturelle et des Arts utiles de Lyon.
La Société d'agriculture de Lyon fut fondée en l'an 1764 et autorisée le 12 mai de la même année, par un arrêté royal.
Par cet arrêt du Conseil, du 1 2 mai, qui permit son établissement, elle reçut le nom de Société royale d'agriculture de la Généralité dé Lyon, a Son unique occupation devait être celle de Tagriculture et de tout ce qui s'y rapporte, de rechercher la manière la plus avantageuse d'employer les diverses espèces de terres de la Généralité aux genres de productions qui leur sont propres, de donner
connaiâsance an public des découvertes ou des expériences faites à ce sujet et d'adresser ses mémoires à M. la contrôleur général, pour, sur le compte qui en sera par lui rendu à Sa Majesté, être par Elle pourvu ce qu'il appartiendra. »
D'après le môme arrêt, la Société se composait d'un bureau général séant à Lyon et de quatre bureaux particuliers. Le premier était formé de vingt associés ordinaires se réunissant tous les vendredis à l'Académie des beauxarts, alors située sur la place des Cordeliers. Les autres bureaux, formés seulement chacun de dix personnes, étaient autorisés à s'assembler aussi une fois par semaine dans leurs localités respectives , à Montbrison, Saint- Etienne, Roanne et Villefiranche.
L'intendant de la Généralité avait droit de séance et voix délibérative, comme commissaire du roi, dans toutes les assemblées, et les membres des divers bureaux y avaient aussi mutuellement leurs entrées, avec faculté de suffrage, comme ne formant ensemble qu'un seul corps. L'assemblée générale, convoquée au bureau général de Lyon, était autorisée aussi à nommer des associés libres.
Ses vingt membres fondateurs furent :
L'abbé d'Osmont; l'abbé Lacroix (4); de Fleurieu, pre-
(1) M. Tabbé Lacroix (Antoine), baron, obéancier de SainWast, né le 6 décembre 1706, mort à Paris le 17 mai 1801, fut fondateur de TEcole de dessin de Lyon» vers 1756, et membre de l'Académie de cette ville. Il fut remplacé dans sa dignité d'obéancier, qui lui donnait le privilège de complimenter les souverains et les légatsdu pape, i leurs entrées à Lyon, par un de ses neveux portant le même nom que lui. M. l'abbé Lacroix remplissait aussi les fonctions de trésorier de France . Il possédait une bibliothèque nombreuse et bien composée, des recueils considérables d'estampes, des tableaux, des marbres et des bromes des plus rares.
mier président du Bureau des Finances (4); Fay, conseiller en la Cour des Monnaies ; Genève, ancien échevin ; Poi« vre (2); De Ville, ingénieur du Boi ; Daudé, ancien échevin ; Terrasson de BaroUière (3}; Rigaud, Trésorier de France ; Lafont de Juys, Procureur du Roi ; Parent, négociant ; Delglat, Trésorier de France; Agniel de Chenelette, Trésorier de France ; Trollier de Messimieux, Conseiller en la Cour des Monnaies ; Birouste, l'aîné ; Thomé ; Secrétaire perpétuel ; Noyel de Belleroche, Grand Bailli d'épée de Beaujolais (4) , deuxième secrétaire : La Tourrette, Conseiller en la Cour des Monnaies.
M. Trollier Messimieux de Fetan, conseiller en la cour des Monnaies, remplissait les fonctions de secrétaire pour la correspondance étrangère, et M. Noyel de Belleroche était secréiaire perpétuel.
(4) M. le président de la Tourette de Flenrieu s'était aussi formé une belle bibliothèque, remarquable par la rareté des éditions et la beauté des reliures. Il s'y rencontrait également plusieurs tableaux de grands maîtres ; un très-grand nombre de portraits gravés et de belles estampes ; un recueil d'empreintes de pierres antiques du cabinet dû roi et des plus grandes galeries d'Italie.
M. Jacques-Annibal Claret de Fleurieu, seigneur de la Tourette, fut trois fois prévôt des marchands et secrétaire perpétuel de TAcademie de Lyon. Il mourut le 18 octobre 1776. On possède encore plusieurs exemplaires des vignettes collées par lui sur les livres de sa bibliothèque avec cette mention : € ex libris, H. le comte de la Tourette. » (Voir plus haut, page 217.)
(2) Poivre (Pierre), né le 49 août 1710, mort le 6 janvier 1786, naturaliste, deTAcadémie de Lyon.
(3) Terrasson de Barolière (Barthélémy), seigneur de Sénevas. de l'Académie de Lyon, né le 6 mai 1725, auteur de mémoires philosophiques et littéraires.
(4) Belleroche (Alexis-Noyel de), né à Villefranche en mars 1703, mort à Lyon le 25 mars 1775, auteur de mémoires scientifiques, de rAcadémie de Lyon.
Le bureau de Montbrisoa avait pour préndeot H. Tho;net de Bigny, subdélégué de l'intendance.
Celui de Saint-Etienne, M. Beradier de Qresiea ; celai de Roanne, M. Valence de MigTiardière, bailli d'épée du Roannais ; celui de Villefrancke, M, Carra de Vaux, et M. l'abbé Humblot, chanoine de ViUefranche, pour secrétaire perpétuel.
En 1793, l'abbé Rozier fit anssi partie de la Socdété d'agriculture. On sait sa mort violente ; une bombe l'écrasa dans son lit. Il était curé constitutionnel de Saint- Poljcarpe.
Ai-je besoin de dire tous les services qu'ont renda è. l'agriculture de notre contrée, alors si arriérée, tous ces bommes éminents, chacun dans leur localité, et &ut-ïl citer les importants mémoires publiés par eux? mais Is place me manque. Qu'il me suffise de dire que tant de scîeuce et de dévoûment au paya ne trouva pas grâce devant la Révolution. La Société royale d'agriculture fut engloutie dans cet horrible naufrage, comme le forent toutes nos institutions, même les plus utiles, et qui eussent dû commander le respect.... Qu'importât aux nîveleurs forcenés de cette douloureuse époque que nos champs restfissent en friche ou que la terre ne produisît qu'un maigre grain, ils ne tenaient qu'à voler les terres et à égorger leurs maîtres.
Mais après la tempête renaît toujours le calme, et quand les honmies de la Révolution se furent entre-dévorés , comme se dévorent déjà aujourd'hui ceux sortis du forfait de septembre 4870, les vrais amis du peuple relevèrent aussi les ruines de la Société d'agriculture. Depuis lors, comme avant la Révolution de 4793, cette savante compagnie a compté et compte encore des hommes des plus distingués. Elle se divise maintenant en trois sections :
1^ eellQ des sciences ^ i? celle de V agriculture et 3® celle de r«m/ttô<rie. Chaque année elle publie le résultat de ses travaux soiis le titre « d* Annales des sciences physiques et naturelles d'agriculture et d'industrie » ; des planches accompagnent le texte. Ces mémoires sont des plus remarquables.
Les réunions de la compagnie se tiennent au Palaisdes-ArtSy dans cette salle noire, enfumée, sans jour, où toutes les Sociétés savantes sont réduites à camper, comme des pauvres sans abri, n'ayant chacune à leurs disposition qu*une armoire en sapin pour y serrer leur livres et leurs
registres C'est ainsi que Lyon sait offrir l'hospitalité
aux lettres et aux sciences quand la moindre petite
ville de France s'empresse de donner à ses Sociétés des installations convenables et les seconde de tous ses moyens. A Lyon, les Conseils électi& nés du suffrage universel retirent aux Sociétés leurs anciennes subventions... étrange façon d'encourager et de propager Tinstruction.
L'ancienne Bibliothèque de la Société royale d'agriculture est devenue la proie de la Révolution. J'ai déjà dit plus haut l'usage qu'elle fît de nos belles collections : elle chauffait avec les poêles de ses corps de garde, ou les brûlait comme entachés de féodalité^ ou les laissait pourrir dans les greniers du claustral de Saint- Pierre, troués par
les bombes de la Convention La Bibliothèque moderne
de la Société d'agriculture ne s'est formée que bien lentement. En 4 830 , elle ne se composait encore que de 800 volumes.
Mais alors M. Prunelle, porté à la mairie de Lyon par les événements politiques, donna une meilleure hospitalité à cette modeste Bibliothèque. Il la réunit à celle qu'U venait de créer au Palais-des-Ârts et qui était publique. Ce riche dépôt se composa, on le sait, des Bibliothèques de
l'Académie, de la Société linnéenne, de la Société de pharmacie, de la Société de médecine et enfin de la Société d'agriculture, -et on y ajouta aussi environ 4 0,000 ouvrages tirés de la Bibliothèque du Collège. Le tout formait un ensemble d*environ 20,500 volumes.
Mais, en 1849, ces Sociétés manquèrent toutes à rengagement qu'elles avaient pris envers la Ville de donner au public la jouissance de leurs livres, en les laissant en dépôt à la Bibliothèque du Palais-des-Arts. Elles les retirèrent ; toutefois cette perte ne s'éleva qu'à 4 ,300 volumes et qui fut bientôt et largement compensée. J'ai déjà dit plus haut, à la page 4 67, que la Société d'agriculture, dont le consentement avait été probablement surpris, laissa alors enfouir sa collection sous les tuiles, dans un affreux grenier du Collège où on lui créa, au moyen de briquetages, un réduit glacial en hiver, brillant en été, à peine éclairé par quelques lucarnes, et dont l'accès est impossible au public studieux. Dans cette circonstance, comme dans tant d'autres, les convenances particulières eurent, dit-on, le pas sur l'intérêt général....
Depuis vingt-six ans, cette lamentable situation se prolonge sans que la Société d'agriculture s'en émeuve.... Deux fois déjà, j'ai cra devoir, comme président de la Commission des Bibliothèques et des archives de Lyon, la lui signaler et lui indiquer le moyen facile de faire accorder à ses collections un local plus convenable et où le public aurait un fietcile accès.... Une Commission a été nommée par elle à cet effet , mais cette commission ne s'est jamais réunie et se réunira-t-elle jamais ? — Et cependant cette Bibliothèque qu'on enfouit ainsi dans un galetas, qu'on semble même vouloir cacher au monde studieux, a acquis aujourd'hui une véritable importance et une valeur considérable ; c*est peut-être même l'une des collections spéciales les plus riches de France.
Un homme de science a bien voulu se dévouer gratuitement à l'œuvre longue et difficile de la classification et de rinyentaire de cette Bibliothèque. M. le D' Saint-Lager y consacre tous ses loisirs et brave courageusement les intempéries des saisons sous les tuiles du toit du Lycée pour mener à bonne fin cette lourde tâche. De son côté, M. Mulsant s'est attaché depuis un grand nombre d'années à en augmenter les richesses par des échanges continuels avec un grand nombre de Sociétés de France et de l'étranger. La Bibliothèque de la Société se compose actuellement, d'après une note qui m'a été remise :
1 ^ Des ouvrages donnés par les auteurs ou par les ministères au nombre de 2,000 environ ;
9? Des publications envoyées par les Sociétés correspondantes, lesquelles se répartissent ainsi qu'il suit :
104 Sociétés françaises ont envoyé 3,076 volumes.
autrichiennes]
bavaroises [
allemandes )
belges ] hollandaises ]
anglaises
italiennes
russes
suédoises ) danoises j
à ow
helvétiques
américaines
bengalaise
Le nombre des membres titulaires est actuellement de soixante, répartis en trois sections :
ScienceSi Ag^cultore, Industrie.
Le nombre des membres correspondants est de deux cents.
Liste des Présidents.
La liste de 4761 à 4793 n'a pas encore été faite et exige une longue revue des procès-verbaux manuscrits.
4800, 4804, 4802, GiUbert; 4803, 4804, 4805, 4806, Bureaux de Puzy ; 4807, 4808, 4809, 4840, 4844, d'Herbouville; 4842, comte Fay de Sathonnay; 4843, 4844, comte de Bondy ; 4845, 4846, Dassier de Lachassagne; 4847, 4848, 4849, de L' Horme ; 4 820, 4824, 4822, 4823, 4824, 4825, Cochard; 4826, Bellet de Saint-Trivier ; 4827, Prunelle; 4828, 4829, comte de Moidière ; 4830, 4834, Terme ; 4832, 4833, 4834, Trolliet ; 4835, Janson ; 4836, 4837, Jurie; 4838, 4839, Bottex; 4840, Montain; 4844,4842, Sauzey; 4843, 4844, Guimet; 4845,4846, Pravaz ; 4847, 4848, Lortet ; 4849, 4850, Foumet ; 485t, 4852, Duport; 4853, 4854, Jourdan; 4855, 4856, Quinson; 4857, 4858, Lecoq ; 4859, 4860, Durand; 4864, 4862, Glénard; 4863, 4864, Sauzey; 4865, 4866, Loir; 4867, 4868, 4869^ Chaurand ; 4870, 4874, Piaton ; 4872, 4873, Delocre ; 4874, 4875, Joannon.
Publications.
La Société d'agriculture n*a rien publié de 4764 à 4793. Les procëis-verbaux des Séances pendant cette période sont manuscrits.
La Société a publié le compte-rendu de 4 806 à 4 836.
Mémoires.
4" SiBiB. — Tome 1, 4838. t. U, 4839, t. III, 4840, t. IV, 4844 , t. V, 4842. t. VI, 4843, t. VII, 4844, t. Vin, 4845, t. IX, 4846, t. X, 4847, t,XI, 4848.
2« SiRiB. — Tome I, 1849, t. II, 1850, t. III, 1854, t. IV, 1852, t. V, 4853, t. VI, 4854, t. VII, 4855, t. VIH,
3« SiBiB. — Tome I, 4857, t. II, 4858, t. HI, 4859, t. IV, 4860, t. V, 4864 , t. VI, 4862, t. VII, 4863, t. VHI, 4864, t. IX, 4865, t. X, 4866, t. XI, 4867.
4« Sbbie. — Tome I, 4868, t. II, 4869, t. IH, 4870, t. IV, 4874, t. V, 4872, t. VI, 4873, t. VII, 4874.
Bibliothèque de la Société linnéenne de Lyon.
La Société linnéenne de Lyon fut fondée le 23 décembre 4 823 , à Timitation de la Société linnéenne de Paris, dont elle fut d'abord une colonie, titre qui fat remplacé, dès Tannée suivante, par celui qu'elle porte actuellement.
Le promoteur et principal fondateur de la Société linnéenne fut Balbis, auteur de la Flore lyonnaise et de divers écrits sur la Flore piémontaise.
Balbis avait succédé à Âllioni dans la chaire de professeur de botanique à TUniversité de Turin (en 4 800) et aussi & la direction du jardin de botanique de la même ville. En 4849, il fut nommé directeur du jardin botanique de Lyon, et occupa cet emploi jusqu'en 4 830.
Outre Balbis, les membres fondateurs de la Société linnéenne furent :
Barre, Briffandon, vicomte de Brosses, Champagneux, Dugas, Alph. Dupasquier, RofBavier, Aunier, Filleux, Gariot, Grognier, docteur Gadien, Dériard, docteur Comarmond, docteur Imbert, Fondras, Lacëne, M'^^Lortet, Madiot, Muthuon, ingénieur des mines, Morel d'Epaise, de Martinel. Puvis, abbé Pages, Tabareau, officier du génie ; Tissier, professeur de chimie ; Trélis, Voluy.
La Société se composait, en outre , d'associés correspondants.
Depuis l'origine, les séances ont lieu une fois par mois, le premier lundi pendant les premières années ; actuellement le second lundi.
Les séances se tinrent à la Préfecture jusqu'en 1855; depuis cette époque, elles ont lieu dans le l)âtiment de la mairie du <•' arrondissement, place Sathonay, où se trouvent les collections de la Société, composées :
1® D'un herbier formé par les soins de Roffavier, Champagneux et quelques autres membres ;
8^ De collections d'insectes, de papillons et de coquilles; ^ 3® D'échantillons de minéraux.
La bibliothèque de la Société linnéenne est actuellement dans une salle qui fait partie des dépendances de la Bibliothèque de la ville, au Lycée.
Elle se compose de 2,380 volumes environ :
4® Des ouvrages donnés par les auteurs ou par les ministères, au nombre de 500 environ ;
2* Des publications des 77 Sociétés savantes correspondantes , qui se répartissent de la manière suivante :
29 Sociétés françaises
ont env(
3yé 74 5 volumes.
autrichiennes
bavaroises
allemandes
anglaises
belges
hollandaises
suédoises et danoises
russes
helvétiques
italiennes
américaines
Le catalogae manuscrit de la bibliothèque est achevé et sera continué & mesure de l'envoi des livres à la Société.
Les livres qui appartiennent à la Société linnéenne sont mis à la disposition du public.
n n'est pas besoin de faire ressortir l'utilité de cette disposition.
Liste des présidents :
1824 à 1830, Balbis, directeur du Jardin-des-Plantes de Lyon; 1831 à 1831, Dugas; 1835, Seringe, qui succéda à Balbis au Jardin-des-Plantes ; 1836-37, Aunier; 1838, Michel; 1839, Dugas; 1840-41, Tissier; 1842-43, Magne; 1844-45, Clémençon ; 1846-47, Mulsant; 1848, Rey; 1849-50 , Mulsant ; 1851-52 , Perroud; 1853-54 , Mulsant; 1855-56, Perroud; 1857 à 1875, Mulsant, membre, de l'Institut, conservateur de la Bibliothèque de la ville, dite du Lycée.
La Société linnéenne compte aujourd'hui 1 40 membres titulaires ou honoraires; elle ne nomme plus de membres correspondants.
PubliccUions.
De 1822 à 1836, la Société linnéenne n'a rien publié; les procès-verbaux sont restés manuscrits.
Elle a publié :
ÀKKALEset GoMPTES-BBKDUs de 4836, 1839-40, 1841, 1842, 1844, 1845-46, 1847*49, 1850-52.
Annales (nouvelle série). — Tome I, 1452-53, t. Il, 1854-56, t. m, 1856, t. IV, 1857 , t. 5, 1858, t. VI, 1859, t. Vn, 1860, t. Vm, 1861 , t. IX, 1862, t. X, 1863, t. XI, 1864, t. XII, 1865, t. XHI, 1866, t. XIV, 1866, t. XV, 1867, t. XVI, 1868, t. XVII, 1469, t. XVni, 1470-71, t. XIX, 1872, t,XX, 1873, t. XXI,
La Société linnéenne pablie actuellement l'Histoire naturelle des oiseaux-mouches, par son président, M. Mulsant, membre correspondant de Tlnstitut, et feu Ed. Verreaux. Le premier volume de cet oavrage a paru en 1874 ; rouvrage sera continué.
Bibliothèque de la Chambre de commerce
La Chambre de Commerce , installée au 1 ^^ étage da palais de la Bourse, possède une assez riche bibliothèque, que, par une louable mesur^, elle a rendue accessible au public. Elle s'ouvre les lundi, mardi, mercredi et samedi non fériés de chaque semaine de une à trois heures.
Elle compte plus de 1 1 ,000 volumes ou brochures qui ont été classés en huit grandes divisions, savoir :
Législation et Jurisprudence.
PoUtique, Administration et Finances.
Science économique.
Agriculture, Industrie et Commerce.
Sciences.
Belles-Lettres.
Beaux-Arts.
Géographie et Histoire.
Cette bibliothèque est très-complète au point de vue économique. Le ministère du commerce lui envoie, chaque année, les publications qu'il &it lui-môme ou qu'il encourage. La Chambre consacre un crédit annuel à toutes les acquisitions qui intéressent le commerce et l'industrie.
On peut affirmer déjà que cette bibliothèque est appelée à rendre de grands services au pubhc studieux. Les lecteurs deviennent de plus en plus nombreux et la pubUcité réguhère, année par année, du compte-rendu de la
Chambre de commerce contribuera à la £Eubre mieux connaître.
Cette publication a eu lieu, jusqu'à présent, à des époques non déterminées d'avance. La Chambre de commerce a décidé , depuis < 872, qu'elle deviendrait périodique. Le compte-rendu de chaque année sera publié dans le cours de Tannée suivante. Ces résumés des travaux de la Chambre, ainsi que du développement et des progrès de notre commerce et de notre industrie, offrent, en effet, un intérêt souvent de circonstance. La nouvelle décision de la Chambre a donc consacré une très-heureuse innovation. Le compte-rendu collectif de 1 865 à 1 868 a paru en 1869; celui de 4869 à 1871 est sous presse; celui de 1872 a été publié: celui de 1873 paraîtra bientôt.
A la fin de chacun de ces volumes, la Chambre de commerce fait insérer une notice sur sa bibliothèque et sur le Musée de l'industrie. Nous sommes heureux d annoncer que ce dernier, qui doit embrasser tout le deuxième étage du palais de la Bourse, est à la veille de voir compléter son installation par une exposition historique et permanente des étoffes de soie.
La Chambre de commerce date déjà de loin; elle remonte à 1702 et fut frappée de proscription, comme tout ce qui était utile, par une loi du 15 octobre 1791, puis rétablie par un arrêté des Consuls du 3 nivôse an XL
Quant au Musée d'art et d'industrie, quoique le dernier venu dans Tordre historique, il est le pivot autour duquel notre art industriel doit tourner pour maintenir son ancienne réputation.
Déjà Daunou et Mayœuvre de Champvieux avaient, dès 1797, demandé au Conseil des Anciens l'établissement à Lyon d'un musée d'art et d'industrie où, à côté des
dessins et des ornements, on eût placé les plus belles œuvres de l'art antique. Dès cette époque, on songeait à joindre à ce musée, comme des annexes fécondes et vivantes, des écoles d'art, lesquelles seules ont été établies peu de temps après.
Cette idée, reprise bientôt, ne fut pas suivie d'exécution. Artaud a raconté que lorsque le premier Consul Bonaparte vint à Lyon, Descbazelles a fut chargé de lui montrer, en détail, les utiles établissements du palais des arts. Bonaparte le remarqua et fut très-satisfait des explications qu'il donna à sa curiosité. L'habile administrateur exprima si bien le besoin que la ville de Lyon avait de la création d'un musée relatif aux arts manufacturiers que ce prince généreux promit non>seuIement un local magnifique, mais encore de beaux tableaux pour le parer. L'effet suivit si bien cette promesse que l'empereur accorda 800,000 fr. pour former cette première collection. Le malheur voulut que la paresse de Tarchitecte ne permit pas de dépenser plus de 130,000 fr., et que la chute du héros dispersa tous les fonds. (4 ) »
Le Musée d'art et d'industrie ne fut créé que le 24 janvier 4 856. Je n'ai pas besoin de parler de sa beauté, de
(1) Rappelons seulement, et c'est an fait doaloureux et honteux de notre histoire actuelle, que les tristes escaladeurs du pouvoir, à Lyon, le 4 septembre 1870, pour témoigner la gratitude que notre Tille devait au premier consul, qui avait tant fait pour elle, ont renversé et fondu sa statue aux applaudissements des Prussiens, dont ils ont tant secondé les succès par leur ineptie et leur lâcheté. Jamais un homme qui a un cœur français n'eût songé à briser l'effigie du vainqueur d'Iéna, mais les hommes du 4 septembre, que sont-ils? L'histoire le dira un jour, et comme elle sera justement sévôre pour eux quand elle écrira leurs noms et leurs méfaits. //
ses riehesses, ni du goût et des soins intelligents de son directeur. Qui ne les connaît à Lyon ?
Le Musée d'art et d'industrie possède aussi une bibliothèque. On y trouve à peu près tout ce qui est désirable pour l'étude sérieuse de l'art industriel : ouvrages anciens et modernes, recueils d'échantillons, gravures d'art, traités sur tous les métiers et professions, histoire des arts\ Lyon ne connaît pas suffisamment tout ce que les artistes et les ouvriers peuvent trouver dans cet établissement, où Ton fournit toutes les facilités nécessaires pour dessiner et calquer.
Je n'en dirai pas davantage du Musée industriel et de sa bibliothèque; M. Charvet, professeur à l'école nationale des Beaux-Arts, lui a consacré déjà plusieurs pages dans son remarquable livre sur V Enseignement des beauxarts, Lyon, Vingtrinier, 1860, qu'on lira avec beaucoup d'intérêt. Je lui ai fait divers emprunts pour écrire cette courte notice.
Bibliothèque de la Société de Lecture de Lyon.
Notre désastreuse guerre de 4870, si mal dirigée par les ineptes avocats, qui ont commis Vimpardonrnoble crime de faire ime révolution au moment de l'invasion, a été néanmoins pleine d'enseignements pour nous. Si elle nous a démontré l'énorme infériorité de nos armées, sous le rapport de la tactique et de leur organisor tion si défectueuses, nous avons appris aussi à nos dépens, et c'est peut-être une leçon méritée par notre jactance et notre vanité nationales, que Tinstruction des masses était presque nulle et, qu'en histoire et en géographie surtout, cette nullité était presque absolue. On s'est donc efforcé partout, depuis notre honteuse paix, de créer l'enseigne-
ment qui manque ou de le fortifier ; on a ouvert des cours d'histoire et de géographie, on a créé des Bibliothèques populaires et facilité, le mieux qu'on a pu, Tinstruction des masses, dans l'espoir de reprendre le rang que la France doit occuper dans le monde intellectuel.
Cependant, avant cette douloureuse époque, dès 4862, il s'est rencontré, à Lyon, un groupe de jeunes gens, aux généreuses idées, émus de l'ignorance générale et qui se sont donné la louable mission d'aider à l'instruction publique par la création d'une Société de Lecture.
Cette Société, organisée par MM. Fontannes^ L. Delàmollière^ A. Froment, E. Hemmerling ^ Laforest^ Luppi^ Margery et Ch. Perroud, s'est constituée le 24 juin 1 862.
Ses commencements, malgré son utilité, ont été pénibles, et, pendant bien des années, elle n'a compté au nombre de ses membres que ses huit courageux fondateurs ou à peu près ; cependant son but était bien défini dans l'article 1 de ses statuts, où U était dit <x qu'elle veut former, à frais communs, une bibliothèque dont les ouvrages pourront être lus à domicih par les Sociétaires; » ce qui constituait un avantage réel sur les Bibliothèques publiques qui ne peuvent guère permettre aux lecteurs d'emporter les livres qu'ils ont à étudier. Quant à sa composition, l'article 2 de ces mêmes statuts dit que « cette Bibliothèque sera composée de toutes les œuvres anciennes et modernes, mais principalement des livres nouveaux en littérature, sciences et arts, acquis au fur et à mesure de leur apparition. »
Du reste, voici en quels termes s'exprimait le Président de la Société, M. Fontannes, à la première assemblée générale des fondateurs, tenue le 24 juin 1863.
a n y a une année aujourd'hui, quelques jeunes gens causant ensemble de littérature s'étonnaient du peu de
goût qu'on manifestait de nos jours pour la lecture. Ils pensaient au petit nombre de personnes qui suivent avec quelque intérêt les productions contemporaines. Ils se souvenaient, avec douleur, de l'accusation lancée contre nous par Lamartine, dans le 49^ livre de ses Girondins, a Le caractère du Lyonnais, disait-il, est analogue à sa conformation. Bien que doué de facultés riches par la nature et par le climat, rintelligence du peuple y est patiente y lente et paresseuse. Les livres sont négligés à Lyon (1), les arts de F esprit y languissent, les métiers y
(1) M. de Lamartine qui écrivait l'histoire d'une façon si étrange, surtout dans ses Girondins, bâclés par lui dans un moment où il flattait les plus basses passions pour escalader aussi le pouvoir par une surprise , — Lamartine a eu tort de dire «< que les livres sont négligés à Lyon. » On voit bien qu*il n'a jamais su un seul mot de nos anciennes imprimeries jadis si actives et si fécondes, — de la riche et nombreuse bibliographie lyonnaise, — de celte pléiade d'hommes si éniinents qui ont cultivé les lettres et les sciences à toutes les époques et du goût si grand des Lyonnais pour les livres et les beaux livres, qu'on nommait Lyon « la riche en livres » mais qu'importait l'exactitude à ce poète rêveur, devenu historien par ambition sénile et par hesoin, après avoir dévoré son patrimoine, et qui pour caresser les plus détestables penchants de la démagogie a osé insulter la plus sainte des femmes, la reine martyre, l'infortunée Marie-Antoinette, en écrivant d'elle ce mot hideux : • Jeme tais, l'histoire a sa pudeur» »
Les métiers, je le concède à Lamartine, sont préférés h Lyon, mais le négociant absorbé par le commerce, le fabricant fermé dans son usine tout le jour, et l'ouvrier honnête, ont-ils le temps de lire? hélas non !
Toutefois aujourd'hui l'ouvrier lit beaucoup et trop. Depuis qu'il s'est laissé enrégimenter par la démagogie et les sociétés secrètes et maçonniques, ^~ après avoir abdiqué honteusement sa liberté et sa dignité pour être le servile esclave de quelques meneurs besoC
9orU préférés. » Ils se disaient que ces paroles écrites, il y a plus de vin^ ans, paraissaient, à bien peu dô chose près, dtre sorties hier de la plume de l'illustre écrivain. En recherchant les motifs de cette indifférence presque générale, ils trouvèrent que le prix élevé auquel on édite, actuellement, toutes les œuvres de quelque importance, pourrait bien être, sinon la seule, du moins une des principales raisons de la froideur du public pour les livres nouveaux.
a De la constatation d'un mal au désir d'y porter remède, il n'y a qu'un pas ; ce pas a été franchi et la Sociiii de Lecture de Lyon a été fondée »
Aujourd'hui, après les premières difficultés, cette Société vit d'une vraie vie ; elle compte maintenant 21 i sociétaires, c'est peut-être peu pour une ville de plus de 300,000 habitants; un bibliothécaire est chargé delà garde de ses collections, elle a des économies variant de i à 5,000 francs, et cependant sa Bibliothèque augmente journellement; elle possède plus de 5,500 volumes. Un catalogue de 72 pages imprimé est constamment tenu à jour. Le premier a paru en 4867. Peulr-être aurait-on dû adopter pour sa rédaction la classification des ouvrages en séries principales, comme c'est d'usage dans toute bibliothèque importante, car en feuilletant ce catalogue, oii les auteurs sont inscrits par ordre alphabétique, on ne peut de prime abord connaître la composition de cette
gneux qui exploitent sa crédulité, — il est obligé de lire tons les matins les feuilles politiques dans lesquelles les Pa^ihas de la démagogie lui dictent leurs ordres souvent ridicules, — et dans lesquelles il trouve pour former son cceur et son esprit aux vertus républicaines les plus imiiiondes feuMetons.
collection. Un second catalo^e a été publié sur le môme plan, le 4 "septembre 4874 et bien plus volumineux, puisqu'il contient 444 pages; Tannée suivante a paru un premier supplément de 76 pages et un deuxième supplément de 49 pages pour les années 4873-4875. Comme on le voit, cette Société ne néglige rien pour augmenter ses richesses et remplir dignement le louable mandat qu'elle s'est donné.
Bibliothèque de M. le comte de Cliaponnay (Henri).
Cette riche collection, formée avec autant de gqût que de patience , s^est dispersée déjà depuis douze ans , et a été vendue à Paris en 4863. Elle formait, non pas seulement un cabinet d'amateur, mais une véritable bibliothèque composée de livres de tous genres et des plus dignes d*être recueillis. Il fallait à M. le comte de Chaponnay les meilleures éditions et des exemplaires qui ne laissaient rien à désirer. Les livres qu'il recherchait de préférence dans les ventes étaient ceux qui se recommandaient à l'attention des bibliophiles pour avoir figuré dans des collections célèbres, de sorte qu'il ne possédait pas seulement les livres provenant des ventes auxquelles il a pu assister, telles que celles de MM. du Roure, Taylor, Saint- Mauris, de Bure, Renouard, Coste, A. Bertin, Ch. Giraud, Veinant, Solar, mais encore des exemplaires ayant appartenu à des amateurs plus anciens, à Méon, Mac- Carthy, Coulon, Sensier,Pixérécourt, d'Essling et surtout à Charles Nodier dont on pourrait croire qu'il a voulu reconstituer la bibliothèque dispersée, tant il s'est trouvé dans sa collection de livres du célèbre bibliophile.
Tous ses livres étaient beaux, grands de marges, bien
conservés. A chacun on trouvait le nom d'un relieur célèbre, ancien ou moderne, Du Seuil, Padeloap, Derome, Bauzonnet, Duru, Niédrée, Cape, Hardy.
M. de Chaponnaj s^était attaché aussi à réunir les livres précieux par les gravures dont ils sont ornés. Il en possédait un bon nombre. On 7 remarquait la Bible de Jean de Tournes, 1544, avec les figures sur bois du Petit-Bernard, — les Icônes veteris Testamenti, avec les figures de Holbein, — le Spéculum Passionis, avec les gravures de Hans Chauffelein, — les Images de la Mort, de Holbein, — la Vie d'Ignace de Loyola, en 81 figures gravées par Galla, d'après Rubens, etc., etc.
Mais les livres que M. le comte de Chaponnay recherchait avec le plus d'ardeur, étaient ceux surtout qui sont le plus en faveur auprès des bibliophiles, les poètes, les conteurs, les facéties, les petits livres piquants et singuliers. Sa collection était sans contredit, en ce genre, une des plus riches qui aient été formées depuis longtemps. Les poètes français n'occupaient pas moins de 257 numéros ; on y remarquait surtout « TÂrt poétique de Jacques Peletier ; — le Choix des poésies originales des troubadours; — les rares volumes petit in-8, imprimés pour Galiot du Pré, le Roman de la Rose, — le Champion des Dames, — les menus propos de mère Sotte, etc... Il possédait aussi les Contes de La Fontaine avec les figures de Romain de Hooge et Tédition des fermiers généraux, puis un grand nombre de poésies satiriques, facétieuses, les Satyres de du Lorent, la Muse folastre, les Muses gaillardes, le Parnasse satyrique. Dans les poètes étrangers on remarquait surtout un magnifique exemplaire d'un livre dont on connaît l'extrême rareté « Origine delli volgari proverbi, d'Aloyse Cynthio. »
Dans le théâtre, on pouvait citer « les Œuvres et Mes-
langes d'Estienne Jodelle », bel exemplaire de Charles Nodier et de beaux exemplaires de Corneille et de Molière.
La série des romans était aussi des plus riches ; on pouvait citer « les Amours pastorales de Daphnis et Chloé », édition du Régent, — diverses éditions de Rabelais, les Cent NouveUes nouvelles.
Les facéties se composaient de 103 numéros. Là, tout était curieux, tout était précieux. Les Elze vires se rencontraient aussi en grand nombre, ainsi que les classiques anciens, l'Homère de Schrevelius et celui d'Ernesti, le Virgile, de Sedan, relié par Du Seuil, quinze éditions précieuses d'Horace, TOvide de Burmann, le Denys d'Halicarnasse d'Oxford, le Tite-Live d'Elzevier, le Tacite du môme, reliés par Trautz-Bauzonnet.
Tous ces trésors ne représentaient qu'une partie de la bibliothèque de M. le comte de Chaponnay. Espérons que le surplus restera parmi nous, et qu'il en enrichira, un jour, nos bibliothèques publiques.
Outre sa qualité de bibliophile émérite, M. le comte de Chaponnay est un amateur distingué de musique.
Bibliothèque du Gerele militaire & Lyon.
Le 13 octobre 4806, s'effondrait, à léna, la monarchie du grand Frédéric, Tami de Voltaire, victime de sa folle présomption. — Sa belle armée écrasée par Napoléon !•', frappée d'une sorte de vertige, jetant ses armes, ne connaissant ni drapeaux, ni ofiSciers, courait sur toutes les routes de la Thuringe. Les obus avaient mis le feu à la ville d'Iéna, et c'est en vain que le duc de Brunswick et le vieux maréchal MoUendorf avaient essayé de rallier cette armée eu fuite. Mortellement frappés tous deux, ils
avaient péri glorieusement , comme arait succombé, la veille, à Saalfeld, le chevaleresque prince Henri de Prusse. Peu de jours après , Napoléon entrait triomphalement à Berlin et dictait au vaincu une paix honteuse, mais pleine de gloire pour la France.
Mais si la Prusse était vaincue, écrasée, démembrée, elle pleurait avec son roi malheureux et ne le maudissait pas.... parce que la Fortune avait abandonné ses drapeaux. Tous ses sujets Tentourèrent comme des enfants entourent leur père dans Taffliction, — et pas une voix discordante ne s*éleva dans cette immense et calme douleur. La Prusse se recueillit comme le fait un grand peuple à qui Dieu inflige un pénible revers , comme la Russie s* est recueillie après Sébastopol.... Elle guérit ses plaies saignantes, se cotisa pour payer sa lourde rançon, perfectionna ses moyens d'action, abandonna les systèmes surannés du grand Frédéric, adopta la stratégie de son foudroyant vainqueur, réorganisa son armée détruite, et ani* mée d'un saint enthousiasme, elle ne désespéra pas de Tavenir.... L avenir, en effet, lui appartenait, malheureusement!!!
Déjà, le 18 octobre 4813, vers le soir de cette nouvelle et sanglante journée , deux empereurs et un roi, t6te nue, les mains jointes et à genoux sur le sol rougi du champ de bataille de Dresde, remerciaient ensemble le Dieu des armées de leur triomphe sur l'envahisseur, trop téméraire, de leur patrie allemande. Du nombre de ces souverains en prières et vainqueurs était Fridérie-^Guillaume , le vaincu d'Iéna, et, en 1866, le fils de ce roi écrasait l'Autriche dans les plaines de Sadowa.
Le 4 septembre 1870, l'armée française cernée dans Sedan,foudroyée paï l'artillerie prussienne qui l'avait tournée, tombait aussi, non sans gloire,— «t Tempire français s'ef-
fondrait comme s'était écroulée la monarchie prussienne à léna ; une regrettable présomption avait aussi causé sa ruine!!!
Le vainqueur ne pouvait , cependant , pas croire à sa complète victoire, et il se demanda même s'il oserait marcher sur Paris comme nous avions jadis marché sur Berlin. Il pensait que la France, honnête, unie, donnerait encore son dernier enfant et son dernier écu pour la défense de son sol et opposerait, de nouveau, une formidable résistance. Mais il ne connaissait pas notre France mO'^ deme. Il ne savait pas qu'une stupide opposition avait refusé naguère au maréchal Niel le moyen &cile de di3ter la France d'une solide armée territoriale, quand déjà, après Sadowa, la Prusse faisait, en secret, ses immenses armements en vue d'une invasion de la France, k Vous voulez faire de la France une caserne^ » disaient ces ignares législateurs, et cependant déjà toute la Prusse était une caserne et toute rAUemagne armée. Il ignorait aussi que la démagogie guettait, avec avidité, le moment de faire une nouvelle révolution.... et quelle révolution?
Voilà ce que les Prussiens, vainqueurs à Sedan, ignoraient, et ils ne pouvaient pas supposer non plus que peu de jours après, un bien coupable ambitieux livrerait Metz et sa belle et solide armée.
Nous avons donc eu, & la fois, la honte d'une écrasante dé£ûte avec la douleur plus poignante encore d'une révolution odieuse, en présence de l'ennemi envahisseur du sol sacré de la patrie. Et cependant, sans ce forfaity on pouvait encore songer, sinon à un retour de la fortune, — parfois si capricieuse, — mais au moins à une paix meilleure....
n nous restait , en effet , une armée conduite par un vaillant soldat , des généraux de mérite qui ne désespé-
raient pas de la situation. Les mobiles pouvaient fournir un nombreux contingent, et une dictature militaire respectée, secondée par tous les honnêtes gens groupés autour d'elle, n'eût pas manqué, la main sur la garde de son épée, d'en imposer à l'ennemi et de le rendre moins exigeant.
Mais la Providence, pour que notre châtiment fùt plus douloureux et notre expiation plus grande , voulut que de cette révolution sortît (( ce quil y avait de pire dans le mal. » Elle nous infligea des hommes ineptes, incapables de gouverner la France dans ce suprême moment où il fallait toutes les mâles vertus qui font les grands citoyens, le dévouement, rabnégaiion^ le courage et le patriotisme ^ et dont pas une d'elles ne s'est rencontrée chez les esca^ ladeurs de la bande qui s'empara traîtreusement du pouvoir. Dieu permit donc que notre pauvre France retombât entre les mains de ces nuées d'individus besoigneux, ignorants, d'une absolue nécessité, et qui, à chaque révolulution, sortent de terre comme les vers après une pluie d^ orage.,..
Mais qu'était devenue notre pauvre armée entre les mains de tous ces fous furieux , comme les appelait ce vieillard sinistre qui nous a gouvernés aussi, et qui mendie aujourd'hui leur amitié. . . . après les avoir fait fusiller, . . .
Qui ne se souvient de ces malheureux soldats revenant de captivité, tristes, découragés, la tête basse, en haillons et rentrant & leurs corps désorganisés ? Jamais notre pauvre France n'avait eu un plus navrant spectacle. Mais il s'est rencontré, heureusement, un général expérimenté qui a pris des mains de ces ignares Tadministration de notre armée, et, en peu de temps, avec de minimes ressources , il a su la refaire , la réorganiser, lui rendre ssa discipline et lui inspirer l'amour du devoir, le respect hié-
rarchique et rabnégation. Mais ce n'était pas tout de la nourrir, de l'habiller et de pourvoir, avec sollicitude^ à tous ses besoins. Le général de Cissey a voulu faire davantage. Comprenant, par une douloureuse expérience, que nos revers tenaient aussi à l'infériorité de notre armée par son instruction, il s'est appliqué à y créer des écoles où l'instruction serait donnée au soldat et & l'officier, selon leurs positions , et ces écoles ont amené déjà d'heureux résultats.
Enfin, M. le Ministre de la guerre a eu aussi la louable pensée de créer des Cercles militaires. « La réunion, dans un seul et même local, des officiers de toutes armes, — a-t-il dit dans sa circulaire du 13 août 1872, — cette réunion facilitera leurs études, et en leur favorisant l'occasion de se voir et de se connaître, amènera entre eux des rapprochements dont beaucoup auront à profiter. C'est à cela qu'il faut tendre, et au lieu de disséminer leurs efforts dans des directions ou vers des buts distincts, je verrai avec plaisir que les différentes armes s'unissent dans une pensée commune pour préparer les résultats que nous poursuivons. »
Bien de plus sage que ces paroles ! car la famille militaire n'existait plus alors, — les revers l'avaient tuée, — chacun s'isolait, comme s'isolent les hommes qui souffrent; il fallait donc la reconstituer, ranimer l'esprit de l'armée, lui rendre sa confiance en elle-même, la relever & ses propres yeux et former de tous les corps un seul tout, respectable et respecté de tous par ses vertus, comme par son intelligence et son savoir.
Déjà, par une circulaire du 1 4 juin précédent, le général de Cissey avait institué une commission centrale pour centraliser toutes les questions relatives à l'organisation et au
fonctionnement des bibliothèques militaires, a Son intention
était de faire établir successivement, dans les principales villes de garnison, des bibliothèques spéciales aux officiers, afin de mettre à leur disposition les livres et les cartes qui peuvent leur être utiles, et de leur offrir en môme temps un lieu de réunion oii ils pussent venir travailler dans leurs moments de loisirs. »
En exécution de ces prescriptions^ M. le général Boiirbaki, si soucieux aussi pour tout ce qui intéresse son beau corps d'armée, se mit immédiatement en devoir de créer, à Lyon, un Cercle militaire conforme aux vœux du Ministre.
Cette création était, du reste, assez &cile, en suivant les minutieuses prescriptions d'une « Instruction provisoire sur l'organisation des bibliothèques de garnison, » publiée par le département de la guerre. Une Commission, présidée par un officier supérieur d'état-major et composée d'officiers d'artillerie, du génie, de cavalerie et d'infanterie, se mit bientôt après à l'œuvre et parvint surmonter assez rapidement les difficultés toujours inhérentes à une création de ce genre. Le Ministre de la guerre aida la Commission de tous ses moyens ; il prit à sa charge le loyer du local et fournit le chauffage et l'éclairage. En outre, le môme département envoya un premier fonds de livres pour la bibliothèque, et dès les premiers mois, ce fonds s'est accru d'environ mille volumes provenant de dons du Ministre de l'intérieur et de celui des beaux-arts, etc.. La ville fut invitée aussi à contribuer à cette œuvre, si. éminemment utile, et le 26 juillet 4872, M. Pascal, alors préfet du Rhône, sur la sollicitation de M. le général Bourbaki, engagea le maire de Lyon à participer à la fondation de ce Cercle militaire, a L'intérêt public, répondait M. Pascal, qui s'attache & la réalisation de ce projet, me fait espérer que l'administration munici-
pale se trouvera jalouse de seconder vos efforts dans cette circonstance. » Le Conseil municipal, en effet, vota une importante subvention, et le Cercle se trouva enfin complètement installé dans un vaste local de la rue de la Charité, no 46, mais insuffisant, néanmoins, pour une garnison nombreuse comme l'est celle de Lyon. Je ne décrirai pas ici ce local ; qu'il me suffise de dire que tout y est prévu et habilement ordonné, grâce & la direction si intelligente de M. le colonel Debize et de la Commission d'administration, dont il est le président.
La Bibliothèque du Cercle de Lyon a pour succursales celles des camps de Sathonay et de la Valbonne ; la première existait depuis longtemps.
La Bibliothèque de Lyon compte 3,000 ouv. 3,814 vol. » Sathonay » 2,400 )» 3,600 »
» Valbonne j> 600 » 900 »
Total 6,000 ouvrages et 8,314 volumes.
Des échanges ont lieu fréquemment entre ces trois bibliothèques, de manière à ce que les officiers, dans les camps, puissent aussi jouir de toutes les publications nouvelles acquises par la bibliothèque centrale. Cette dernière est ainsi divisée :
A. — § 1. Science et art militaires,^ généralités, tactique , stratégie , constitution des armées , traités des armes spéciales, administration^ législation, règlements.
§ 2. Histoire militaire, biographies militaires, mémoires, encyclopédies militaires, annuaires, revues et journaux militaires.
§ 3. Marine.
B. — § 1 . Mathéi^atiques pures.
§ 2. Mathématiques appliquées, astronomie, géodésie* topographie, annuaires.
§ 3. Sciences physiques, naturelles, médicales, chimie, histoire naturelle, hygiène médicale, vétérinaire.
C. — § 4 et 2. Sciences historiques-géographiques et voyages.
D. — § t . Philosophie et politique, morale, religion. § 2. Sciences économiques , statistique , commerce ,
finances, travaux publics, industrie, télégraphie.
E. — § 1. Littérature et beaux-arts (revues littéraires). § 2. Dictionnaires et encyclopédies.
F. — § 4 . Cartes géographiques.
§ 2. Cartes générales.
§ 3. Atlas géographiques et cosmographiques.
Comme on le voit, la bibliothèque du Cercle militaire est déjà des plus variées et embrasse la plupart des connaissances humaines, et principalement celles qu'on peut exiger d'un militaire. Le catalogue est dressé de la manière la plus intelligente et facilite singulièrement les recherches des lecteurs.
Outre ce catalogue, dont j*ai indiqué ci-dessus les divisions, on a établi aussi un catalogue par noms d'auteurs sur des fiches mobiles, par ordre alphabétique^ dans une boîte ad hoc . Voici le spécimen de Tune de ces fiches :
Nom de Tauteur Lejxormant (François),
Titre de l'ouvrage .... Manuel d'histoire ancienne.
Nombre de volumes. . . Trois.
Format In-îS,
N^ de Tédition Sixième édition.
Lieu de la publication. Paris.
Nom de l'éditeur Lévy.
Millésime Î869.
Prix 9 francs. §
Reliure Demi^eliure, 1 fr. 15 p. vol.
Observations Bel exempt, don de M. N^
La bibliothèque du Cercle militaire a aussi des fichesindex, applicables surtout aux revues et BMXjoumaxix ; ces écrits périodiques contiennent souvent, sur des sujets variés, des articles intéressants dont il est fort difficile de retrouver les traces ; on établit alors ces fiches mobiles au titre spécial de l'objet traité. Par exemple : que la Revue des Deux-Mondes du 1 5 février 18.. contienne un article sur la Marine allemande et que cette même question soit étudiée par la Revue contemporaine du 1 5 mars 18.. et par des journaux quotidiens, on dresse ainsi la fiche :
MAKINE ALLEMANDE
Revue des Deux-Mondes <5 février 18,. Revue contemporaine \b mars 48..
Journal officiel i\ avril 18..
Nota. L'ouvrage le plus récent sur cette matière est de.... publié par....
Ce travail, comme le fait remarquer le Ministre de la guerre dans son Instruction provisoire , s'il est tenu constamment au courant, ne demande que quelques minutes, au moment où paraissent les Revues, et il oflfre d^utiles indications aux lecteurs. De précieuses collections, dont on ignore parfois la valeur et dans lesquelles il est souvent difficile et long de faire des recherches, reprennent ainsi toute leur importance.
Enfin sur la première page de chaque volume et de plus sur une étiquette collée sur le dos on inscrit :
1 ° En lettres, la division du catalogue,
2** En chiffres romains, la subdivision,
3^ En chiffres arabes, le numéro d'ordre de Touvrage
dans sa subdivision, de la manière suivante : ' —1—' •
une série de numéros de 1 & an chiffre indétenniné cônespond à chaque suhdivÎBÎon.
Cette Bibliothèque reçoit de conatants accroissements surtout par des achats. Les cotisations payées par les officiers pourvoient b, cette dépense, aiasi qu'aux abonnements aux jooniaux français et étrangers et aux Revues scienti.ûquea, militaires et littéraires. Tous les ouvrages nouveaux intéressant VArt militaire, ou faisant sensation, sont immédiatement achetés, h Texclusion des romans. Un registre spécial est ouvert pour recevoir les demandes des officiers. Quelques dons ont accru aussi âéj& cette bibliothèque. La ville a pu lui céder un volumineux dictionnaire biographique qu'elle possédait eu double, et il lui serait très-&cile de 'ut céder encore bien d'autres non^eux doubles qui encombrent al inutilement les rayons des Bibliothèques du Lycée et du Palais-des-Arts. Aussi je ne manquerai pas de saisir prochainement de cette question la Commission des Bibliothèques et des Archives — et celle-ci, j'en suis convaincu d'avance, s'empressera de donner encore l'avis le plus favorable à cette proposition. Le Conseil municipal, de son côté, sera jaloux aussi, en la sanctiotmant par un vote, de donner une preuve de sympathie et de généreux concours & notre belle armée sur laquelle repose tout l'avenir de notre pauvre France.
Le général de Cissey, en créant les Cercles militaires avec leurs bibliothèques, a voulu aussi que.dikns ces lieux de réunions, il fût tenu des conférences par des officiers ■ — excellent moyen pour le développement de l'instructioa militaire et de l'art oratoire, auquel un officier ne saurait, non plus, demeurer ëtcanger. Dana ce but, une salle de coiif'Tc'icu est à la disposition des officiers — ceux qui en Tuuleiii profiter en font la demande à l'avance au Prési-
dent de la Commission, en indiquant le sujet de la conférence et le nom de l'officier qui doit la hive ; les officiei:s de tous les corps de Tarmée ont le droit d'y assister. En outre, une presse autographique est à la disposition des officiers pour répandre, dans la limite qu'ils désireront, l'analyse ou la rédaction de leurs conférences ou de leurs travaux. Les officiers famiUers avec une langue étrangère se groupent et traduisent les articles des revues et journaux qui peuvent intéresser ; ces traductions^ reproduites par Tautographie, sont mises sur la table de la bibliothèque et profitent ainsi & tous les membres du cercle.
Enfin, dans le local même du Cercle militaire se trouve un cercle ou café restaurant destiné à réunir les officiers de toutes armes qui n'avaient jusqu'à présent pour Ueux de réunion que les cafés de la ville où souvent ils ne trouvent pas, chez le public qui les firéquente aussi, les égards qui leur sont dus.
La sollicitude de M. le Ministre de la guerre pour notre armée qu'il a trouvée en haillons ^ en 1871 , et démoralisée par les revers, et aujourd'hui remise, par ses soins constants, dans les meilleures conditions d^ armement, de discipline, de savoir et de dévouement, n'a donc rien négligé pour l'instruction et l'agrément même de l'officier. Le pays ne peut que lui en être reconnaissant comme l'armée.
Toutefois gardons-nôus encore de rêver de folles entreprises. Nos cruels revers pèsent lourdement sur le cœur de l'armée et de la France. L'une et l'autre sont indignées du rôle secondaire et eflEacé que nous jouons dans le monde où jadis, suivant le mot vrai du grand Frédéric, a il ne se tirait pas un coup de canon sans la permission de la France » ; mais l'heure de la revanche, que la Prusse redoute tant y n'est pas encore sonnée .... Tant que notre
malheureux pays demeurera sous le joug avilissant de la Démagogie, il ne saurait songer à tirer son épée et à reconquérir, avec ses provinces volées, l'ascendant qu'il doit avoir dans le monde. Mais patience !!! la France ne se lasse-t-elle pas des hommes sortis de Todieuse révolution du i septembre ? Elle les a trop vus à l'œuvre pour ne pas avoir hâte de se dégager de leurs mains. . . comme f esclave qui n^ aspire qu'à briser ses fers.,. Le jour de la délivrance n'est donc peut-être pas aussi loin qu'on le pense.... Dieu aura pitié de nous, et la Démagogie sera refoulée dans ses antres, par F horreur qu'elle inspire à tout ce qui est honnête; la France rendue à elle-même, confiante, heureuse, reprendra vite et d'elle-même le rang dont elle est déchue si honteusement. Elle retrouvera ses anciennes alliances qui se sont retirées d'elle, — comme se retirent les hommes honnêtes d un individu mal famé qui n'inspire que du mépris et du dédain, — et alors, en mettant seulement la main sur la poignée de sa grande épée et sans la tirer, — nos provinces perdues se replaceront comme d'elles-mêmes sous la couronne de la France, — le Rhin sera de nouveau notre frontière naturelle, — et notre brave armée qui aura aidé, par son imposante et calme attitude, à notre délivrance de nos ennemis de l'intérieur, consciente de sa force, de son honneur, de son savoir, sera acclamée partons et redeviendra la gloire et l'orgueil du pays .
Bibliothèque de la Société d'Edacatlon de Lyon.
Dans cette étude sur les Bibliothèques de Lyon , je ne saurais passer sous silence celle de cette utile Société, dont la fondation remonte déjà bien loin. Pour dire ce
que cette association a été et est encore aujourd'hui, je ne saurais mieux faire que d'emprunter quelques lignes & un excellent rapport adressé par M. Ducurtyl , mon collègue à la Cour, en janvier \ 875, à M. le Ministre de Tlnstruction publique :
Dès l'année 1829, plusieurs che& d'institution de la ville de Lyon , réunis d'abord pour s'entendre sur leurs intérêts communs, se trouvèrent amenés & se communiquer ensuite leurs vues sur divers points d'éducation. Cette association naissante reçut, dès 1830, de l'administration municipale, un local au palais Saint-Pierre pour y tenir ses séances.
Réorganisée sur de nouvelles bases, en 1835, sous la présidence de M. Michel, elle prit le titre de Société (V Education de Lyon et des départements limitrophes. Plusieurs de ses membres émirent alors le vœu qu'il fût fait un appel à tous les hommes distingués qui s'occupent d'éducation soit comme pères, soit comme instituteurs, tant en France qu'à l'étranger, pour les engager à participer aux travaux de la Société et lui apporter le concours de leur expérience. Toutefois, ce ne fut qu'en 1 838 que les membres étrangers à l'enseignement furent définitivement admis dans la Société. Ses statuts furent alors approuvés et la Société se vit autorisée par décision ministérielle du 3 novembre 1 838. M. Lacroix était son président, à ce moment. La première séance publique fut tenue le 9 juillet 1840. Dès 1839, la Société comptait au nombre de ses correspondants étrangers des membres tels que le P. Girard, de Fribourg,— Naville,— de Fellemberg.— M« Necker,— de Saussure, etc. Elle se composait à cette époque de 13 membres fondateurs, — 16 membres titulaires et' 17 membres correspondants.
Les hommes les plus recommandables et les plus dis^tingués ont été tour à tour ses présidents :
En 1838 M. Ch. Lacroix, maître de pension. 4839 M. de Bornes, —
1840-4* M. Lacroix, . —
1842 M. Clermont, —
1843-44 M. Pasquier, docteur en médecine. 1 84o M. Tabbé Pavy (depuis évoque d'Alger). 1846-48 M. Jurie, conseiller à la Cour, 1849 M. Moreau, proviseur du Lycée. 1850-54 M. Menoux, conseiller à la Cour. 1865-86 M. Desgran^es, prof, à TEcole de méd. 1857-58 M. Champavert, ancien chef d'institution. 1859-63 M. Guillard, chef d'institution.
1864-65 M. Desgranges.
1866-67 M. Ducurtyl, conseiller à la Cour. 1868-69 M, Desgranges.
1870-71 M. de Laprade, de T Académie française. 1873 M. Fonteret, docteur en médecine. 1874-75 M. Ducurtyl.
Un décret du 31 août 1867 a reconnu la Société comme établissement d utilité publique. Elle se compose actuellement de 8 membres honoraires, 54 membres titulaires et 60 membres correspondants.
D'après son règlement, elle s'occupe de toutes les questions relatives à l'éducation et à Tinstruction, et dans plusieurs circonstances, elle a adressé soit aux assemblées législatives , soit au Ministre de Tlnstruction publique , des mémoires importants sur les projets de loi à l'ordre du jour, ou les règlements rielatifs aux examens. Je citerai, comme exemples, une partie des travaux de ces dernières années.
En 4 862, un mémoire tendant à la suppression de la bifurcation et à l'introduction d'une dissertation philosophique dans les examens du baccalauréat ès-Iettres.
En 1869, une série d'études sur Téducation commerciale présentées à la Chambre de commerce de Lyon et qui ont amené la création de TEcole de commerce de notre ville.
4 870. Etudes sur l'organisation des Facultés libres et le mode de collation des grades, mémoire remis à M. Guyot, président de la Commission de l'enseignement supérieur.
<871 . Mémoire au ministre pour demander le rétablissement de l'enseignement religieux dans les écoles municipales de Lyon supprimé, ensuite d'une violation flagrante de la loi, par Tadministration sortie des événements subversifs de 1870.
Mémoire sur la création d'une Société de géographie de Lyon.
1872. Pétition à T Assemblée relative aux dispenses à donner par la loi militaire aux instituteurs et aux professeurs.
1875. Mémoires sur les avantages et les inconvénients de la gratuité absolue de l'instruction primaire , sur la limite d'âge à fixer pour l'admission aux examens d'institutrice.
Chaque année, depuis 1855, la Société met aussi au concours l'étude d'une question relative à l'éducation et distribue des prix d'une valeur de trois à cinq cents firancs. Parfois môme ce prix est augmenté par de généreux donateurs.
En outre , Ja Société délivre des diplômes d'honneur, avec des livrets sur la caisse des retraites, aux professeurs des établissements libres d'instruction secondaire. Les fonds en ont été faits par un legs de l'un de ses membres , M. Richard, décédé en 1846.
Les travaux ordinaires de la Société comprennent l'analyse des ouvrag'es importants sur l'éducation et des lectures sur les diverses branches de l'enseignement. On peut citer, comme exemples de ces lectures, celles de M. de Laprade, sur les études classiques,— de M. Bonnel, sur les définitions géométriques, — de M. Heinrich, sur la littérature allemande, etc.
La Société fait aussi des publications annuelles, et il & paru jusqu'à présent 23 numéros d'Annales contenant les discours prononcés en séance publique, le compte-rendu des concours annuels et des mémoires couronnés.
Cette Société, qui remplit si dignement son importante mission, ne pouvait manquer, non plus, de se former une Bibliothèque qui se compose déjà d'environ 4 ,200 volumes. Elle s'accroît chaque année d'uu certain nombre d'ouvrages envoyés par les auteurs. Le premier fonds de cette Bibliothèque est dû à la Ubéralité de M. Richard, l'un de ses membres. •
Bibliothèque dn Cercle de commerce.
L'origine de ce Cercle est fort aucienae. Dissout en 1817, il fut reconstitué en 1SI8. Quoique la majeure partie de ses membres appartienne au commerce, il n'est point esclusivement composé de négociants; sa prospérité est toujours croissante. Etabli jusqu'en l8Gt dans la rue Puits- GaiUot, il a été transféré, depuis cette époque, dans un vaste immeuble de. la rue u Algérie, appartenant aux Hospices.
Cft CeTïîv possède aussi une Bibliothèque, riche surtout l'it ciill.c'.ioia de publications périodiques ou productions d'actualité.
BibUotbôcnie de l'Ecole des Sciences et Arts industriels de la Martiniôre.
Ai-je besoin de parler du fondateur de cette grande et belle Ecole, que l'Europe nous a enviée longtemps, mais que surpassent peut-être maintenant les Ecoles fondées, en Angleterre, par le mari de la Reine, et, en Allemagne, par des gouvernements qui savent s'imposer tous les sacrifices pour nous primer dans les arts, comme dans notre industrie.
Le <3 septembre 1800, dit M. Charvet dans sa remarquable Etude sur renseignement des BeauayArts à Lyon (4860, p. 39), mourait à Lucknow, dans le Bengale, le major général C/awrfe il/iar/m (1), léguant à la ville de Lyon des sommes importantes pour la création de divers établissements et écoles. Un arrêté du gouvernement consulaire du 2 mai 1803 accepta ce legs, et cet arrêté fut confirmé par ordonnance royale du 24 décembre 1817 et complété par une autre ordonnance de 1833. Mais l'organisation de cette Ecole, déférée par le vœu formel du testateur à l'Académie de Lyon, traîna en longueur... M. Tabareau dirigea TEcole depuis 1825, au Palais-des- Arts, en exécution de la décision de TAcadémie du 10 septembre 1822, déclarant « que La Martinière serait une école gratuite d'arts et métiers spécialement appliquée aux progrès et au perfectionnement de P industrie lyonnaise. »
(1) Claude Martin, major général au service de la Compagnie anglaise des Grandes-Indes, fils d'un tonnelier de Lyon, est né à Lyon, en janvier 1732. L'un de ses neveux a été l'un des plus distingués maires de notre ville.
M. Dupasquier est Fauteur de renseignement du dessin à cette Ecole et commença son cours en 1828. En 1833, l'Ecole fut organisée définitivement dans Tancien couvent des Augustins et n'a cessé depuis lors de progresser. Outre l'enseignement donné le jour aux jeunes élèves, tous les soirs il s'y fait aussi des cours spéciaux pour les adultes, par les professeurs les plus distingués.
 cette Ecole est joint un musée contenant un grand nombre de modèles de machines avec des légendes explicatives ; ce musée s'ouvre aussi le dimanche au public.
L'Ecole possède également une fort belle bibliothèque h Tusage des élèves, et dans laquelle se rencontrent tous les ouvrages spéciaux à l'enseignement donné dans cette école.
Bibliothèque de la Société d'Enseignement
professionnel.
Cette Société a été fondée en 1 864, dans le but d'établir des cours d'adultes pour les deux sexes. On y enseigne le dessin appliqué à Tarchitecture, à la serrurerie, à la carrosserie, à la fabrique, à l'ameublement, et le dessin d'imitation de la figure, d'après les estampes ou d'après le plâtre. La môme Société a aussi un cours de dessin géométrique.
D'après une notice publiée sur cette Société, cette institution aurait deux cours de dessin fréquentés par 50 élèves dont la moyenne de présence serait d'environ 40. Le droit d'inscription serait de 3 francs, et on n'y serait pas admis avant l'âge de 1 6 ans ni passé 30. Les cours auraient lieu deux fois par semaine de 8 heures à 1 0 heures du soir, ce ne serait donc que 4 heures d'étude par semaine, «c Mais, ajoute cette notice, un certain nombre d'élèves
emportent les modèles et les travaux commencés, ce qui leur permet d'augmenter un peu cette courte durée du travail ; nous croyons que cet usage présente deux inconvénients ; la surveillance du procédé par le professeur devient inutile, et l'élève perd les avantages de Técole publique qui consistent surtout dans renseignement mutuel entre élèves. »
Une louable pensée a présidé à la formation de cette Société, mais l'expérience, la grande pierre de touche de toutes les institutions, ne démontre-t-elle pas de plus en plus son inutilité ? On concevrait parfaitement sa création dans une ville privée de toute école publique pour l'enseignement professionnel. Or à Lyon, où la ville et le gouvernement contribuent, assez largement, à l'entretien de notre grande et belle Ecole nationale des Beaux- Arts, dirigée par de si habiles professeurs et réorganisée tout récemment, de la manière la plus heureuse, par M. le comte Ducros, préfet du Rhône, est-il bien nécessaire d'avoir deux écoles fondées dans le même but ? Au lieu de centraliser l'enseignement sous une seule direction qui lui imprimerait Timpulsion qu'il doit avoir, il y a une diflFusion qui ne peut que nuire à l'instruction et au progrès des élèves. Naguère existaient à Lyon de nombreuses écoles publiques de dessin, isolées et livrées à l'omnipotence de leurs maîtres, suivant des méthodes insuffisantes. Les œuvres des élèves étaient médiocres, et l'art languissait. Depuis le jour de la liaison de toutes ces écoles — éparpillées et livrées à elles-mêmes — à l'Ecole des Beaux-Arts dont elles sont devenues des annexes, quel progrès n'a-t-on pas constaté dans les produits des élèves? Une seule année a suffi pour amener cet heureux résultat. On peut donc croire que la Société d'enseignement professionnel fait double emploi et agirait
sagement en se fondant dans notre belle Ecole nationale des Beaux- Arts : Non bis in idem. Du reste, n'existe-t-ilpas à TEcole de la Martiuière des cours publics d! adultes pour les industriels de tout âge et quel excellent enseignement professionnel n'y donne-t-on pas aux élèves qui se pressent nombreux à ces cours ?
La Société d'enseignement professionnel possède une bibliothèque d'environ 1 ,700 volumes.
Bibliothèque de la Société des Sciences industrielles.
Cette Société a été fondée en 1862. Sa bibliothèque, assez importante, contient les ouvrages et publications relatifs au progrès et au développement de l'industrie.
Bibliothèque de l'Association des anciens élèves
du Lycée.
L'Association a été fondée en 1867 pour conserver les relations amicales entre les anciens élèves. Une bibliothèque y a été formée pour l'usage des membres de TAssociation.
Bibliothèque de l'Association des anciens élèves de
l'Ecole de la Martiuière.
Association sur le modèle de la précédente, qui forme également une bibliothèque pour l'usage de ses membres.
Bibliothèque de M. Renard.
Cette bibliothèque particuUère s'est déjà fait un nom. Elle occupe une place distinguée dans le monde savant et
dans celui des bibliophiles par sa beauté comme par ses richesses de toute nature. Je n'ai pas besoin, non plus, de parler de Tobligeance de son heureux propriétaire ; on le sait, il se plaît à en ouvrir les portes à tous ceux qui aiment à la voir et à la consulter.
Depuis douze ans environ, M. Renard s'est appliqué, avec une rare persévérance, aidée par une belle fortune, & former une collection remarquable d un grand nombre de livres, — généralement en belle condition — et dont beaucoup sont vraiment précieux. C'est une Bibliothèque et non un Cabinet qu'il s'est proposé de créer, et elle a été commencée, — comme beaucoup d'autres — après que M. Renard ne se fut occupé, pendant longtemps, à ne réunir que des ouvrages en conditions ordinaires. C'est en les comparant que, peu à peu, il est parvenu à rassembler les livres d'amateurs^ et qu'au goût de l'étude et de la lecture est venu se joindre celui de la curiosité. Mais, par suite ûe la localisation, à Paris (1), depuis un
(4) Londres est devenu aussi le grand marché des livres anciens et rares. Aussi, bientôt on sera obligé de passer la Manche, si noas vou. Ions étudier les incunables et nos curiosités lyonnaises. L* Angleterre ne nous les rendra jamais. Dans ce pays, la loi ne pulvérise pas, comme en France, la propriété et le patrimoine des familles, à la mort de leurs possesseurs. Le père bâtit, meuble et orne sa maison pour son fils, qui en jouit, à son tour, pour la transmettre ensuite intacte à son aîné, qui la garde avec le même soin pieux pour ses descendants, tandis qu'en France, pour obéir à la loi de Yégalité^ si funeste en tant de choses, dès que le père de famille a fermé les yeux* le commissaire-priseur arrive, surtout quand il y a des mineurs, et les collections les plus belles et les plus rares sont dispersées et jetées à tous les vents...., Tous les souvenirs du père de famille sont anéan. tis en un instant ; ces souvenirs qu on devrait garder avec un calta pieux s'effacent et se perdent...,. Et on se plaint de ce que Tesprit
demi-siècle, du marché des livres rares et curieux ^ il est devenu de plus en plus difficile pour l'amateur de province d'acquérir en peu de temps les connaissances nécessaires en ce genre et de former une collection vraiment intéressante. De là aussi le petit nombre d amateurs provinciaux et le découragement que souvent ils éprouvent et les empêche de continuer leurs recherches et leurs acquisitions. Notons aussi que les achats fréquents par les Bibliothèques publiques de livres précieux, soit par leur rareté, soit par leur provenance historique, — ce qui n'est pas à regretter — restreignent beaucoup le domaine de la curiosité (1). Enfin, la création récente et l'agrandissement d'un grand nombre de bibliothèques publiques, à l'étranger et surtout en Angleterre, ont rendu aussi plus rares les bons livres qu'un amateur aimerait à acquérir. Les gouvernements étrangers ne lésinent pas, comme le nôtre, — ou comme tant de Conseils municipaux, qui ne savent même pas ce que c'est que les livres ; — ils accordent aux bibliothèques publiques les plus larges subventions, qui leur permettent d'accaparer le meilleur sur les
de famille n'existe plas chez nous 1 1 N'en accusons que ces prétendus novateurs qui, en voulant fonder ce qu*ils appellent la société modeme, ont inscrit dans nos Codes des lois absurdes^ destructives de toute société^ et ont effacé de nos cœurs le respect filial, base de toute société.....
(1) Il y avait, à Paiis, il y a cinquante ans, 200 amateurs de livres. L'on en compterait plus de 2,000 aujourd'hui, ce qui fait dire, avec raison, à un écrivain contemporain : « Ces milliers de petits Jfv« séesj sortis de terre depuis vingt ans, sont Isl pépinière de nos grandes collections publiques. » Le collectionneur, dont rient les ignorants, sert donc ainsi son pays et la science ; mais on comprendra aussi combien les recherches deviennent de plus en plus pénibles
et c'est ainsi qu'à Lyon, si riche jadis, ' ^.ment les conservateurs de nos bi-
5» nvés de ressources suffisantes^ être
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'\ o â cet éminent bibliophile pour
.e'par les circonstances que MM. Coste,
v^ailhava et Coulon qui vivaient au bon temps,
^s de Lyon la riche, comme disait Pétrus Borel,
.. Renard a dû se contenter souvent d'acheter les livres amassés par ces grands collectionneurs, ou ceux d'autres amateurs célèbres de Paris. Les siens sortent aussi, pour la plupart, des bibliothèques plus ou moins célèbres mises en vente dans ces derniers temps. On peut citer ceflesde M. de Chaponnay, de M. P. Desq, de Lyon; de M. Chedeau, de Saumur ; du prince Eadziwill, de M. Yéméniz, de J.-C. Brunet, du baron J. Pichon. Les catalogues des libraires et notamment ceux de Potier ont permis à M. Renard de rencontrer un grand nombre d'ouvrages dont la belle condition a été faite ensuite à ses frais et par ses soins éclairés, et il a pu ajouter à beaucoup des portraits et des autographes qui en ont singulièrement augmenté l'intérêt et la valeur.
Dans la pensée de former une Bibliothèque réunissant la forme et le fond, comprenant tout ce qui est nécessaire aux études sérieuses, en môme temps que ce qui peut plaire à Thonmie de goût, il a donné à sa bibliothèque plus de variété que d'éclat. Il n'a pas négligé les classiques, ni rejeté les grands formats, imitant en cela les anciens
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amateurs, et, sous d'autres rapports, se rapprochant du goût actuel pour les raretés bibliographiques à la mode, car la mode exerce aussi son empire dans les bibUothèques. On constate, en effet, par les catalogues des anciennes bibliothèques particulières, que le goût des amateurs contemporains diffère sensiblement de celui des anciens. Ceux des xvi«, xvii* et xvni' siècles se souciaient fort peu des Incunables, des impressions dites gothiques. Ils recherchaient surtout les éditions contemporaines, sur papier de choix ; ils les faisaient habiller richement, à leurs devises et à leurs armes, de maroquin et de dorures, genre de goût et de luxe dans lequel ils ne seront jamais dépassés. Je pourrais citer comme preuve de ce &it la belle bibliothèque de Camille de Neufville-Villeroy. Ce prélat éminent s'était plu à se former une bibliothèque qui passait pour une des plus belles de son temps et qui heureusement subsiste encore en grande partie, car à sa mort il la légua aux PP. Jésuites qui dirigeaient alors le coUége de la Trinité (le Lycée actuel). Un heureux hasard m'en a fait retrouver le catalogue manuscrit dressé en 1693 par ordre de justice, par deux libraires de Lyon. Dans cette riche collection l'ouvrage le plus ancien n'est pas antérieur à 1550 et elle se compose, en majeure partie de volumes in-fol. et in-i, dans les plus riches conditions et presque tous aux armes du prélat.
Les amateurs de nos jours cherchent, au contraire, avidement les éditions originales, les romans de chevalerie , les manuscrits anciens enluminés, les riches reliures anciennes, et tout récemment les livres à gravures du XVIII' siècle. Par contre, les classiques, proprement dits, sont négligés, et on aime maintenant les petits formats, car dans nos étroites habitations modernes, dans ces ruches humaines où nous nous entassons aujourd'hui, la
place nous manque pour ces magnifiques in-i^ et in-f' qui faisaient l'orgueil et la gloire des anciens collectionneurs, et qui sont aujourd'hui relégués dans les bibliothèques publiques. Disons cependant que par un retour du caprice de la mode, on recherche depuis quelque temps les volumineux monuments de jurisprudence ancienne, contenus, la plupart, dans de splendides in-f*' longtemps dédaignés.
La collection entreprise par M. Renard renferme, à ce jour, environ 3200 numéros ou articles, dont 680 pour la théologie, les sciences et les arts, 1450 pour les belles lettres et 1380 pour Thistoire et la bibliographie. EUe contient des ouvrages en tout genre, mais certaines parties, comme cela arrive toujours, sont beaucoup plus riches que d'autres. La perfection et l'élégance de l'impression étant un des mérites que M. Renard apprécie le plus dans les livres, il a recherché surtout beaucoup d'éditions Âldines et Elzéviriennes dont les exemplaires sont, pour la plupart, dans les plus belles conditions. En fait de classiques latins, il possède quelques riches éditions anglaises, et a réuni un certain nombre de magnifiques impressions des Didot sur papier de choix et sur velin. Il a rassemblé aussi certains ouvrages, en grands formats, un peu démodés, — car où cette folle qu'on appelle la mode ne se glisse-t-elle pas ? — mais ces ouvrages, heureusement, auront toujours raison de figurer dans une collection de choix, à meilleur titre que bien des livres ignorés hier, et aujourd'hui fort recherchés.
En classant sa bibliothèque, M. Renard a suivi Tordre habituel.
D'abord, la Théologie, Sciences et Arts. — VEcriture sainte et la Liturgie réunissent, dans cette section, 110 numéros, dont un certain nombre d'une assez grande valeur La Théologie j dans toutes ses divisions, renferme 180 arti-
des; les Sciences, 400; les Beauao^Arts, plus de 400.^- Viennent ensuite les Belles-Lettres, partie la plus riche de la collection ; nous y trouvons 50 numéros pour la Linguistique ; les poètes grecs et latins forment 4 00 articles ; les poètes français, depuis le xv« siècle jusqu'à nos jours, 400; — la poésie dramatique réunie aux romans, environ 300. La classe des Facéties est déj& nombreuse ; enfin, les collections d'ouvrages, soit du P. Menestrier, soit de G. Peirgnot, classées à part par M. Renard, sont plus complètes que toutes celles qui ont paru en vente jusqu'à ce jour.
La troisième partie de cette Bibliothèque, la plus four^ nie, sinon la plus précieuse, est celle de VHistoire, Elle renferme 60 numéros de Géographie et Voyages ; 440 pour V Histoire de France; 440 pour V Histoire des religions; 60 pour YHistoire ancienne. Dans les 440 numéros de V Histoire de France, un nombre important est de la création de M. Renard. 60 numéros sur V Histoire des provinces; 800 sur YHistoire lyonnaise. Outre les livres de cette histoire, M. Renard a réuni les ouvrages de tous genres qui intéressent notre pays.
L'Histoire des pays étrangers comprend 60 numéros; 30 sur Y Art héraldique, môme nombre pour TilrcA^o/o^te et pour la Biographie ; enfin 230 articles de Bibliographie ; c'est une des séries les mieux traitées par M. Renard ; elle a présenté mômes de grandes difficultés pour sa formation en exigeant plus de temps et de patientes recherches que d'argent. Ce genre de livres n'est pas, en effet, d'un haut prix, mais il est d'une indispensable nécessité pour la connaissance bibliographique, surtout en province où Ton n*a pas, comme à Paris et à Londres surtout, beaucoup de livres rares et curieux.
Telle est cette riche collection. Je voudrais pouvoir lui consacrer de nombreuses pages , mais, dans un simple
précis historique comme celui que j'écris ici, une plus longue description ne saurait trouver sa place. D'autres, après moi, quand ils écriront Thistoire de la Bibliographie lyonnaise en parleront avec plus de détails et mieux que je ne saurais le faire. Je me bornerai simplement à citer ce que la collection Renard renferme de plus remarquable et encore^ par le défaut d'espace, je suis privé du plaisir d^énumérer tout ce qui mériterait de Tôtre.
BiBLiA. Paris. A. Estienne, 1545^ 2 vol, in-8. Riche rel. à compart. du xvi* siècle, tranche ciselée.
PsALTBBiUM Davidis. Elzevir. 1653, pet. in-12, mar. bl. (Boyet). Aux armes du comte d'Hoym, exempl. de Brunet, réglé et de 137 mill. de hauteur.
Psautier de David. Paris, Mettayer, <586, in-4. Chefd'œuvre de Le Gascon ; dorures à petits fers sur mosaïques à compartiments.
QuADSAiNS historiques de la Bible. Lyon, de Tournes, <555. Figures du N. Testament. Lyon, de Tournes, 1556, in-8, m. r. riche rel. de Cape et dorures de M. Michel. Exemplaire de toute beauté de M. Turquety.
Histoire du V. et du N. Testament. Paris, Le Petit, 1670, in-4, mar. r. (Aux armes de Colbert). Bel exempl. de Renouard avec témoins.
EvANGELiA. In-fol. manuscrit du xi' siècle avec miniatures, (époque Byzantine), curieuse rel. avec médaillons représentant le Christ et quatre anges en cuivre émaillé , ainsi qu'un fermoir avec figures de la môme époque, aussi en cuivre émaillé. Précieux volume.
Ofpicitjm B. Mariœ, în-16, manuscrit du xvi« siècle, sur vélin très-fin, exécuté en Italie avec une grande perfection comme peintures et calligraphie. Joli spécimen de l'art de la Renaissance.
Pbecbs Ptfl. Manuscrit du xv* siècle, gr. in-8, mar. br. (Cape), avec miniatures, entre autres le portrait de l'artiste écrivain.
Pbecbs Pls. Petit in-8, mar. br. à compt. (Bauzonnet). Charmant manuscrit français de la fin du xiii* siècle. (Style gothique], nombreuses miniatures très-fines avec légendes en dialecte picard.
HoBB Chbisti fere V. Marie. Paris, S. Vostre, 4508, gr. in-8, goth. fig. sur bois (très-belle reliure à mosaïques, genre xvi^ siècle, de Cape], magnifique exempl. sous tous les rapports.
Hbubes. Paris, Hardouyn, 1500, gr. in-8, gothique, imprimé sur vélin, avec figures et bordures enluminées en or et en couleurs, par Germain Hardouyn, (rel. genre ancien de Gruel.)
Hbures. Paris, A. Verard, Î510, in-8, goth. fig. et bordures sur bois, mar. bl. mosaïque, (Lorta), doublé de mar. r. mosaïques, très-beau volume sur vélin ayant appartenu à la tragédienne Bachel.
Hbubbs. Paris, T. Kerver, <552, pet. in-8, fig. et bordures de Geoffroy Tory, rel. du xvi" siècle. Livre précieux par huit vers autographes inédits de Ronsard et dont Nodier, auquel il a appartenu, a parlé longuement.
LiBux communs. Paris, Chaudière, 1580, in-8, mar. citr. belle reUure aux armes d*Henri III, réglé et d'une conservation parfaite.
M. T. CiCERONis Officia. Lyon, Trechsel, 1533, in-8, bel exemplaire de Grolier dont le nom est sur le dos, particularité qui se trouve sur un seul autre Grolier à la Bibliothèque nationale.
Les ditz moraux des philosophes. Paris, Vérard, 1486, în-4,goth. réglé (Duru), avec témoins.
Lbs Simulachbes de la mort^ Lyon , Trechsel, 1 538, in-
4y fig. sur bois, réglé, mar. r. (Lortic), édition originale. Ballbt comique de la Royne. Paris, Balkrd, 1582, in-4, fig. mar. r. doublé de mar. bl. tr. ciselée. (Duru). Le Catholicon de Janua. Mayence, Guttenberg, 1460, in- fol. mar. r. Exemplaire de Ch. Giraud, et le plus grand connu d'un ouvrage célèbre et précieux pour l'histoire de la découverte de l'imprimerie.
HoMERi opéra. Florence, 1488, 2 vol. in-foL mar. v. (Dérome), bel exempl. Yemeniz, l'un des plus grands connus.
HoRATii opéra. Londres, Touson, 1715, in-12, réglé, mar. bl. (Padeloup). Bel exemplaire réglé aux armes du comte d'Hoym et en grand papier.
Les Satibbs de Juvénal, trad. Dusaulx. Paris, Didot, 1796, 2 vol. fig. pet. in-fol. mar. r. (Bozérian). Un des deux tirés sur vélin, orné des peintures de Marchais, vendu 1800 livres en 1798.
La Nef des folles. Paris, Trepperel, 1501, in-4, goth. fig. sur bois, mar. v. compart. (Bauzonnet-Trautz). Exemplaire de A. Cigongne.
BoMAN de la Rose, in-fol. goth. s. 1. n. d. fig. sur bois, (Lyon, Le Roy, 1485), réglé, mar. br. (Duru). Grandes marges.
Les Œtjvbes d'Alain Chartier. Paris, GaDiot du Pré, 1529, 2 voL pet. in-8, lettres rondes, fig. sur bois. (Aux armes du duc de La Vallière).
Le Champion des dames, s. 1. n. d. (Lyon, Le Roy, 1480), in-fol. goth. fig. sur bois, réglé v. f. à riches compartiments, magnifique reliure à l'imitation d'un des plus beaux modèles du xvi* siècle.
Villon. Paris, Galliot du Pré, 1532, in-lî, lettres
rondes, réglé, mar. r. (Trautz-Bauzonnet) . Belles marges.
La Dancb des aveugles. Lyon, 1500, in-4, goth. fig-
sur bois, mar. bl. doublé de mar. r. (Bauzonnet). Bel exemplaire de Brunet.
Les Lunettes des Princes. Paris, Gralliot du Pré, 1628, pet. in-8, lettres rondes, njar. (Trautz-Bauzonnet) ,
Les ViGiLLES de la mort. Paris, Bouchier, (vers 1500), in-fol. goth. fig. sur bois, mar. r. fleurdelisé. (Simier.) Exemplaire Cailhava. Riche rel. doublée.
Rebours de Matheolus. Lyon, Ârnoullet, s. d. in-4, goth. fig. sur bois, mar. y. (Bauzonnet).
La Louange des dames, s. 1. n. d. petit in^i, gothique, (vers 1500), mar. citr. compart. (Trautz-Bauzonnet), nous n'en connaissons pas d'autre exemplaire.
L'Adolescence Clémentine: Lyon, Fr. Juste, 1534, pet. in-8, goth. format allongé, mar. r. riche rel. de Duru, dorures & petits fers de M. Michel. Rarissime et grand de margfes.
Mabqueritbs de la Marguerite. Lyon, de Tournes, 1547, in-8, fig. sur bois, mar. doublé, riche rel. de Niédrée. Bel exemplaire d'Armand Bertin, avec témoins.
Euybes de Louïze Labbé. Lyon, de Tournes, 1556, pet. in-8, mar. v. (Kœhler.)
L'Enfer de Cupido. Lyon, 1555, pet. in-8, fig. sur bois, mar. doublé (Thouvenin). Charmant vol. de Nodier et de Brunet.
Les Hymnes de Ronsard. Paris, 1555-56, in-4, vélin, compar. tr. ciselée , (reliure du temps) , édition originale.
Les Œuvres de Du Bartas. Paris, 1583, in-12, réglé, mar. v. à compart. riche reliure du xvi* siècle. Beau vol. de Brunet.
Œuvres de Boileau. Amsterdam, 1718, 2 vol. grand in-fol. réglés, mar. bl. >eliure anglaise, fig. de Picart. Exemplaire en grand [papier, le plus richement condi-
tîonné des quatre exemplaires, vendu 2195 francs chez Mac-Carthy en 1815.
Fables choisies de Lafontaine. Paris, 1668, in-i, fig^ de Chauveau, mar. r. (CapéJ. Edit, originale.
Contes et Nouvelles de Lafontaine. Paris, 1762, 2 vol. in-8, mar. r. (Derome).
Recueil du Cosmopolite. Âncône, 1735, in4, v. f. (Thou venin), rarissime.
Les Chansons de G. Garguille. Paris, 1636, pet. in-12, mar.r. (Bauzonnet). Bel exemplaire de De Bure et de Chedeau.
Roland furieux. Paris, Langeher, 1552, in-8, fig. sur bois, belle et curieuse reliure du xvi^ siècle, à compartim. de couleurs.
Le Premier volume... des Actes des Apôtres. Paris, 4541, in-i,goth. m. r. (Bauzonnet-Trautz). Bel exempl. de MM. Cailhava et Chedeau.
Maistre Pierre Pathelin. s. 1. n. d. (Paris-Bonfous), pet. in-8, goth. réglé, fig. sur bois (Duru).
Théâtre de P. Corneille. Amsterdam, Wolfgang, 4664-76, 5 vol. — Tragédies de T. Corneille, Amsterdam, Wolfgang, 1664-78, 5 vol. Ens. 10 pet. in-12, m. v. (Duru), édit. originale, bel exemp.
Les Œuvres de Molière. Amsterdam,Jacques le Jeune, 4675. — Les Œuvres posthumes, 1684. Ens. 6 vol. petit inr12, mar. r. (Lorta).
Le Misanthrope de Molière. Paris, Hibou, 1667, petit in-8, front, gr. mar. r. (Cape). Edit. originale.
Les Œuvres de Racine. Paris, Didot, 1801-05, 3 vol. gr. in-fol. fig. av. la lettre, mar. r. double, magnifique reliure de Simier pour l'exposition de 1839. Portrait de Bachel dessiné par Jacques ajouté. Exemplaire que Nodier baptisait le « Roi des livres » dans son rapport sur la reliure à l'exposition de 1839.
La C!oNQnBSTB du chasteau d'amour, s. 1. n. d. in4, Çoth. fîg. sur bois, mar. r. (Trautz-Bauzonnet) . Seul exemplaire connu.
Très plaisante histoire de Perceval le Gallois» Paris, 4530, in-fol. goth. fig. sur bois, mar. r. (Thompson). Bel exempl. de Colbert.
GjBON le Courtois. Paris, Vérard, 4504, in-fol. gothiq. fig. sur bois, mar. br. (GhamboUe-Duru). Bel exemplaire Chedeau.
Lbs quatre fils Aymon. Lyon, 4493, in-fol. goth. fig. sur bois, mar. r. rel. ancienne, seul connu.
La terrible vie de Robert-le-Diable. Paris, Bonfous, s. d. in-4, goth. âg. sur bois, mar. viol. (Eoehler). Ex. Temeniz avec témoins.
Les aventures de Télémaque. Amsterdam, Wetstein, 4734, in-fol. fig. mar. v. tabis, rel. ancienne. Bel exemplaire de M. J. Pichon.
Les Œuvres de Rabelais, s. 1. 4553, 4 part, en 2 vol. in-4 6, mar. citr. rich. comp. (Aux chiffres de Louis XIII et d'Anne d'Autriche). Livre précieux d'une conservation parfaite.
Les cent Nouvelles. Lyon, Amoullet, s. d. in-4, goth. fig. sur bois, mar. r. compart. (Duru).
Les nouvelles Récréations de Bonav.Des Periers.Lyon, Granjon, 4558, pet. in-4, caract. de civilité, mar. v. (Clarke et Bedfort). Bel exempl. d'Armand Bertin.
Le DicAMERON de Boccace. Londres, 4757, 5 v. in-8, pap. de Hollande, fig. mar. r. (Derome}. Bel exemplaire avec les 20 fig. doubles.
Œuvres de M. de Fontenelle. La Haye, 4728-29,3 vol. in-fol. fig. de Picart, m. r. (Aux Armes de M"* de Pompadour) , de toute fraîcheur.
Collection des classiques françois. Paris, Didot, 4768-
1789, 17 vol. in-8, mar. bl. (Bozérian), avecfig. av. la lettre et portrait de Grateloup ajoutés.
La nbp des Princes (de Champier). Lyon, 1502, in-i, goth. fîg. sur bois, belle reliure doublée, de Lortac. Belles marges.
La cbokiqub Martiniane. Paris, Verard, s. d. in-fol. fig. goth. mar. r. (Duru). Très-bel exemp. de Solar.
La bibliothèque de Nie. Viguier, Paris, 1587, 3 vol,gr. in-fol. mar. r. (Aux armes de de Thou). Bel exempl. en grand papier,
TaoGi Pompeii historia. Milan, 1520, in-fol. mar. br. compart. riche reliure du xvi« siècle, avec le nom et la devise de Maioli.
TiTi Livii Historiarum. LutetisB, Vascosan, 1552, infol. mar. bl. (Aux armes du comte d'Hoym.) Bel exempl. de Morante.
Abbégb chronologique de Mezeray. Amsterdam, Wolfgang, 1673-88, 7 vol. in-12, mar. rouge (Cape), avec témoins.
Lb pbbmibb volume de Froissart. Paris, 1518, 3 voL in-fol. goth. mar. r. (Duru). Grandes marges.
Lb pbbmibb volume de Monstrelet. Paris, 1518, 2 vol. in-fol. goth. mar. bl. (Duru). Ex. d'Essling réglé et gr. marges.
Les cbokiqubs du très chrétien Loys de Valois, s. 1. n. d. Lyon, 1 490, pet. in-fol. goth. mar. r. doublé de mar. bl. (Trautz-Bauzonnet.). Belle rehure et bel ex. de Cailhava et de Chedeau.
Pbbmibb volume contenant iO tableaux (Périssin et Tortorel), in-fol. oblong. (Trautz-Bauzonnet), planches ajoutées.
Rbcubil de pièces en prose et en vers, relatives à Thistoire des ducs de Bourgogne. Manuscrit in-4, en bâtarde
du XV® siècle, en partie inédit. Précieux docum. contemporain au point de vue historique, ainsi qu'au point de vue littéraire.
L'Innocence de la très illustre Marie d'Ecosse,8.1. 1572, in-8, mar. bl. doublé de mar. r. (Bauzonnet). Bel exempl. grand de marges de M. J. Pichon.
Vâlbbius Maximus. Aide, 1534, in-8, mar. comp. rel. du xvi« siècle, avec riches compartiments en couleurs à la Grolier.
Un dernier mot sur la Bibliothèque de M. Renard. Il me reste & parler des reliures. Cette partie importante d'une collection de livres et que généralement on n'apprécie pas assez, quoique du domaine dé l'art, a été également l'objet de toute la sollicitude éclairée de M. Renard. Chercheur infatigable, connaisseur de tout ce qui a été produit de plus remarquable dans ce genre artistique, il a réuni également les œuvres les plus splendides.
En fait de reliures du xvi* siècle, il possède un Grolier et un Maioli; il en a de tout aussi belles et d'aussi parfaites de Le Gascon, Du Seuil, Boyet, Derome, Padeloup^ célébrités de la reliure au xvn* et au xvni* siècle, — des TrautZ'Bauzonnet en assez grand nombre, des Duru^ en quantité, des Cape dans les plus riches conditions, ainsi que des Lortic. Du reste, presque tous les livres de M. Renard sont en reliure pleine; ses deminreliures couvrent des ouvrages non rognés. On ne saurait faire mieux.
En donnant plus haut la nomenclature des plus grandes raretés de M. Renard, j'ai cité quelques ouvrages dont les reliures portent les armes de de Thou, de Colbert, du C^ d'Hoym^ de -Jf"* de Pompadour qui se connaissait aussi en livres ; il me resterait encore à en nommer bien d'autres, car, en ne cherchant qu'au hasard, on met la main sur
des volumes aux armes de Longepierre, de Fouquet, du comte de Toulouse, de la malheureuse reine Marie-Autoinette, qui aimait aussi à se consoler des ennuis de la royauté par le culte des beaux livres, de Bossuet, et de Richelieu; plus de 70 de ces ouvrages ont appartenu à Charles Nodier, le plus savant de nos collectionneurs modernes ; d'autres riches reliures proviennent des bibliothèques de MM. de Coislin, Audenet et de La Bédoyère. Plusieurs volumes ont été annotés par Racine ; un grand nombre des plus T)elles réimpressions sont sur vélin.
Tant de perles et de bijoux sont aussi dans un écrin des plus riches et du meilleur goût. Des meubles aux formes les plus élégantes renferment tous ces trésors. On ne pouvait leur donner uue plus belle hospitalité. Tout se réunit donc dans la collection de M. Renard, le fond et la forme, la science et le goût.
Bibliothèque de la Conr d'appel.
Une importante Cour comme celle de Lyon ne pouvait pas manquer de posséder aussi une belle bibliothèque pour son usage personnel.
Cette juridiction a succédé, on le sait, au Tribunal d^appel fondé en 1791, lors de la réorganisation de Tadministration judiciaire en France Antérieurement, Lyon . avait une Sénéchaussée et un Présidial, que Louis XIV, par un édit du mois de juin 1704, réunit à une Cour des Monnaies, fondée en môme temps, pour ne former qu'un seul et môme corps, sous le titre de Cour des Monnaies^ Sénéchaussée et Présidial de Lyon. Elle étendait son ressort dans le Dauphiné, la Provence, l'Auvergne, le haut et bas Languedoc, Montauban, Montpellier, Bayonne, et dans les provinces de Bresse, Bugey, Valromey et Gex.
Cette grande et noble Coar, composée des personnages les plus éminents, avait son siège dans le palais de Roanne, dit aussi la Maison du Roi, sur lequel s'est élevé le Palais-de-Justice actuel. Possédait-elle une bibliothèque particulière ? on Tignore, et rien de certain ne semble Tindiquer. Je n'ai pu rencontrer encore aucun livre portant un ex^lihris de la Cour des Monnaies, de la Sénéchaussée et du Présidial. Mais, & côté du palais de Roanne, dans Thôtel Flécher es, se trouvait une bibliothèque publique dont les magistrats pouvaient aussi disposer. Cette collection eut pour fondateur Pierre Aubert, avocat et ancien échevin, qui s'était plu & se former une bibliothèque particulière considérable. Par acte du 22 mai 1731, il en fit don au Consulat, & la condition qu'elle serait publique après sa mort.
Le prévôt des marchands la fit transporter à l'hôtel Fléchères, et elle fut ouverte au public le lundi et jeudi de chaque semaine.
Antoine Chappe, avocat au Parlement, ancien échevin, en ftit nommé le conservateur. Plus tard, il dressa les magnifiques inventaires de la ville.
M. François Deschamps, avocat au parlement, écuyer, conseiller et procureur du roi en la Maréchaussée générale de Lyonnais, Forez et Beaujolais, ancien échevin« reçut les fonctions à! adjoint et garde du cabinet des médailles ;
François Deschamps est aussi une de nos célébrités et Tun des hommes les plus utiles de la cité.
On sait qu'après avoir rempli, avec le plus rare dévouement, la pénible charge d'administrateur de l'hospice de r Aumône générale, il fit les inventaires des archives de cette maison, gratuitement, et consacra plusieurs années à ce pénible travail, mais qui restera comme un monument.
M. Chappe avait été nommé conservateur de la bibliothèque publique de la ville, en 1753. Alors la ville « prorogea pour dix ans le traitement de 1,500 livres don^t noble François Deschamps avait joui jusqu'alors, en qualité d'antiquaire et de garde du cabinet des médailles de la ville, pour le dédommager, entre autres, de la privation de l'emploi donné à Marc- Antoine Chappe, de conservateur de la bibliothèque publique, du logement et de la somme qui avait été allouée, pendant six ans, pour la confection du catalogue des livres de cet établissement dont il restait néanmoins sous-bibliothécaire. » (Arch. de la ville, BB. 320.)
Cette bibliothèque était assez considérable, mais que devint-elle au moment de la Révolution ? La laissa-t-on & l'hôtel de Fléchères pour devenir la propriété du tribunal de district, qui s'installa dans cet hôtel, — et le tribunal d appel, en succédant, en 1800, aux juridictions précédemment organisées, hérita-t-il de cette collection, pour la léguer ensuite aux Cours royales et impériales qui l'ont continuée î
Toutes mes recherches à cet égard ont été infructueuses. C'est en vain que j'ai fait appel, à cet égard, aux souvenirs de M. le président Onofrio que la Cour de cassation vient de nous ravir pour le recevoir dans ses rangs, et lequel s'était occupé du catalogue de la bibliothèque de la Cour.
a Je ne sais absolument rien, me mandait-il, le 28 novembre 1875, sur la bibliothèque de la Cour qui puisse être utile à vos recherches. J'ignore absolument son origine. En ouvrant les volumes de droit ancien, vous en verrez un assez grand nombre ayant ex-libris de M. Vagûaay, et aussi, je crois, de M. Terrasson , mais comment
ces livres sontrils venus à la bibliothèque de la Cour ? Ont-ils été donnés ? ont-ils été achetés ? »
En effet, un grand nombre d'ouvrages de l'ancien droit portent ou un eœ-libris au nom et aux armes de Vaginay, ou sa propre signature avec le titre du volume écrit au crayon.
Vaginay, Jean, seigneur de Montpiney et de Néronde, né à Cony, paroisse de Montpiney (Beaujolais), en 1619, mort le 1 1 mai 1 711 , fut un de nos meilleurs magistrats. D'abord procureur du roi à la Cour des Monnaies et au siège de la Sénéchaussée et du Présidial, il occupa la charge de Prévôt des marchands, de 1700 à 1703.
Terrasson appartenait à une famille des plus distinguées. Les auteurs des Lyonnais dignes de mémoire ont dit d'elle : Cette noble et ancienne famille lyonnaise est comme celle des Sainte-Marthe dans le Poitou et des De Jussieu dans nos contrées , une de ces maisons privilégiées où le mérite est en quelque sorte inné et dont plusieurs membres ont brillé dans la république des lettres. L'abbé de Cursay a même consacré à cette maison un mémoire sur les savants de la famille de Terrasson, Trévoux, 1716. C'étaient entre autres :
Terrasson (André), prêtre de l'Oratoire, célèbre prédicateur, fils aîné de Pierre, conseiller à la Sénéchaussée de Lyon, né en 1 669, mort en 1722.
Terrasson , André, aussi prêtre de l'Oratoire, né en 1 680 , mort en 1 752 , frère d'André .
Terrasson, Matthieu, avocat et censeur royal, né en 1668, mort en 1754.
Terrasson, Antoine, avocat, censeur royal, cousin des précédents, né en 1669, mort en 1734, après avoir publié les œuvres de jurisprudence de son père , fut aussi conseiller au Conseil souverain des Dombes, puis chan*
celier de cette principauté, professeur de droit-canon au Collège de France, et auteur d'une Histoire de la Jurispnpdence romaine.
TerrassoUy Jean, abbé, de TAcadémie française, né en 1670, mort en 1750, auteur de plusieurs ouvrages.
Et Terrasson de Barolière, Barthélemi, seigneur de Senevas, de TAcadémie de Lyon, né en 1725, fils de Barthélemi P' , conseiller en la Cour des Monnaies et échevin en 4728 , auteur de Mémoires philosophiques et littéraires.
J'ai consulté aussi, en vain, sur les origines de la bibliothèque de la Cour, les registres des délibérations du Tribunal et de la Cour d'appel, depuis i 800 jusqu'à nos jours ; ils sont entièrement muets à cet égard.
Tout ce que j'ai pu savoir, c'est que M. Jurîe, conseiller à la Cour, s'en est occupé avec une louable sollicitude. M. Jurie, Pierre- Auguste-Marguerite-François, chevalier de la Légion d'honneur, administrateur des Hospices, avocat du Barreau de Lyon, avait été nommé conseiller à la Cour le 21 octobre 1830, et fut mis à la retraite le 24 novembre 1857. n eut pour successeur M. Marilhat. C'est à ses soins obligeants qu'on doit, pour ainsi dire, la création de la Bibliothèque de la Cour, dont M. le président Onofrio fît ensuite dresser le catalogue. Il va sans dire que cette collection se compose surtout d'ouvrages du Droit ancien et moderne. Le droit ancien est représenté par un grand nombre de monuments des plus importants et des plus anciens , dont beaucoup sont sortis des presses lyonnaises dès l'origine de l'imprimerie. Ce sont tous des in-folios d'une conservation parfaite. Leurs dates varient entre 1550 et 1600; la plupart portent Vex-libris de Vaginay, avec ses armes.
Le droit moderne offre tout ce qui s'est publié de
soo
meilleur : les grands recueils de jurisprudence , les collections des lois , les traités de nos plus célèbres jurisconsultes ; on trouve aussi une collection, malheureusement incomplète, des discours prononcés dans les audiences solennelles tenues par la Cour.
La littérature n'a été jamais, ainsi que Thistoire, que la partie très-secondaire de cette bibliothèque ; cependant, on y rencontre une très-belle édition de V Histoire de la Bresse , par Guichenon , reliée en maroquin rouge. La collection du Moniteur est complète. La biographie de Michaud s'y trouve aussi, avec un bel exemplaire des Ohm.
Chaque année, des acquisitions, mais trop peu nombreuses, augmentent les richesses de cette Bibliothèque. Elles s^accroîtraient encore davantage si les chefs de la Cour sollicitaient des dons des ministères. Les livres reposent sur des tablettes en chêne, dans des armoires & grillages, surmontées d'un balcon qui permet l'accès des rayons supérieurs ; mais tous ces rayons sont pleins déjà, et beaucoup d'ouvrages anciens ont dû. être relégués dans une antichambre , preuve nouvelle de l'imprévoyance de larchitecte Baltard, constructeur du palais, qui a tout sacrifié à la prétentieuse colonnade de la façade et & la salle des Pas-Perdus, où il a mis du grec partout , croyant sans doute que Lyon était une ville assise au pied de l'Acropole, sous le beau climat de la Grèce.
Je proposerais aussi d'écrire sur l'attique de cette colonnade ces mots qu'on peut inscrire sur tous les monuments de Lyon : grandeur et misère. La grandeur n'est qu'au dehors — c'est un masque sous lequel on cache les misères et les haillons du dedans — des escaliers insuffisants, des couloirs de petite dimension , des salles
brûlantes Tété, glaciales Thiver, sans cachet, sans noblesse, du goût le plus vulgaire, incommodes même. Et tout cet amas de pierres a coûté cependant plus de six millions et a été fait par .un membre de l^ Institut.
Bil)liotliôc[ae de M. Paul Saint-Olive.
Sur la place Croix-Pâquet, au bord de cet oasis verdoyant créé sur remplacement de l'ancien séminaire, se dresse une haute maison , débris du vieux Lyon. Quand on a gravi ses nombreux étages, on arrive à une porte que souvent le maître de céans a Tobligeance d'ouvrir luimême aux hommes d'étude qui se plaisent à le visiter et à le consulter, — car nulle part on ne saurait rencontrer une courtoisie plus aflfiable et plus distinguée, et plus de savoir du vieux temps plus complaisamment mis au service de chacun.
Ce savant , cet homme si aimable , si on l'en croyait cependant , par ce qu'il a dit de lui-même en croquant , un jour, sa propre et bonne figure avec une verve charmante [ipse seipsum), ne serait qu'un maussade et méchant homme. Ecoutez-le :
Ce poète grognon est si rempli de fiel, Que rien ne peut changer son mauvais naturel, Et voulant, par caprice, exhiber sa figure; Il n'a su dessiner que sa caricature.
96 notambre 1869.
Mais n'en croyez pas un mot. Il s'est calomnié, et si vous voulez savoir le vrai, pensez tout le contraire.... Ce poète, préteiîdu grognon, est un gracieux et bon vieillard^ lequel.
comme il Ta dit dans une de ses charmantes œuvres:
Désirant me parer d'un titre glorieux
Je suis monté d'un grade, et de sexagénaire
Aujourd'hui je deviens un septuagénaire.
C'est aussi un philosophe, un moraliste, mais plein de gaîté, de verve et d*humour, comme disent les Anglais. II le reconnaît lui-même dans l'une de ses poésies :
Je crois qu'il faut savoir allier la gaîté Aux exigeantes lois de la moralité.
' Mais sa gaîté fait cependant place à la tristesse quand, planant au-dessus .des misères humaines et de la démagogie,
il plonge rœil au fond de cette orgie,
Dont les tristes acteurs n'ont plus aucune loi. La gaîté disparaît et fait place à l'effroi. . •
Et avec quelle verve il la flagelle quand elle trouble son repos :
Il faut pouvoir dormir, tandis que le désordre Est un chien enragé qui prétend toujours mordre.
M. Paul Saint-Olive, car c'est de lui que je parle, est aussi un artiste de talent, un dessinateur et un graveur habile, et surtout un écrivain des plus féconds. Touriste et curieux de visiter Tltalie et ses ruines, il a raconté d'abord ses promenades dans les jardins Famèse , à Rome, et ses courses dans la ville aux sept collines. De retour au pays natal, il s'est plu surtout à se faire Thistorien de sa ville d'origine , et principalement du vieux Lyon qui est comme son domaine et son lieu de promenade de prédilection. Dès les midi , on le voit, chaque jour, se diriger
vers nos quartiers de la rive droite de la Saône si pleins de vie jadis, si tristes et si oubliés aujourd'hui. Explorateur intrépide, il étudie chacune des vieilles habitations de ces lieux abandonnés par la foule élégante ; il sait les noms de tous leurs anciens maîtres, leur grandeur, leurs vicissitudes, et avec quelle fidélité il écrit ensuite leur histoire quand il est monté, courbé, à son quatrième étage
J*occupe mon esprit en faisant ce voyage.
Je conserverai toujours un souvenir plein de charmes d'une exploration faite avec lui dans le quartier de Saint- Paul, autour de la vieille collégiale dont un autre de nos savants et féconds historiens, M. Guigne, vient de publier le Polyptique. Pour M. Saint-Olive, l'histoire de ce lointain et noir quartier n'a plus de secrets. Il la connaît comme s'il eût vécu aux temps éloignés où cette grande et célèbre collégiale de Saint-Paul occupait une si belle place. A l'entendre raconter les légendes, les traditions de ce coin reculé de notre ville, on eût dit qu^il était le contemporain des faits qu'il me rappelait et des hommes dont il évoquait le souvenir. Il savait leurs anciennes demeures, il indiquait la maison du chamarier, celle du custode et celle du prébendier, comme s'il les eût connus lui-même. Dans l'église, il me montrait leurs places dans le chœur, de leur vivant ; celle de leur tombe, après leur mort. Il savait môme où le grand écrivain Gerson, l'immortel auteur de l'Imitation de Jésus-Christ, faisait le catéchisme aux petits enfants pauvres. Mais quels n'étaient pas sa douleur et ses regrets devant ces ruines immenses faites par la pioche des démolisseurs pour amener au centre de la ville le chemin de fer de Montbrison ! ! Chaque coup de marteau lui fendait le cœur, détruisait le charme de ses souvenirs, la poésie de ses rêves.
M. Saint-Olive est aussi un bibliophile distingué. Sa bibliothèque, sans être bien considérable, a été formée avec le goût le plus judicieux. Il possède quelques raretés, mais surtout des^livres utiles. Les historiens lyonnais dominent dans sa collection, ce sont ses amis de prédilection ; il en fait sa société habituelle, les consulte pour ses travaux, mais souvent aussi il leur démontre leurs erreurs , car il sait mieux qu'eux notre histoire lyonnaise. Et quand, & son tour, il prend sa plume d'historien, ce n'est pas dans les livres qu'il cherche ses preuves, mais aux vraies sources, dans nos archives publiques ou dans celles des familles. Tout ce qu'il avance il le prouve. Son œuvre est celle d'un bénédictin, sa vie est comme celle d'un de ces religieux dont il a le savoir et les vertus.
Un jour, je le priai de me laisser parler de ses beaux livres et de me permettre de citer sa bibliothèque parmi les plus remarquables de notre ville ; sa modestie s'y refusa. Cpendant je pus obtenir de lui, non sans instances, la liste de ses propres ouvrages. ... Ils forment à eux seuls une véritable bibliothèque, et déjà, dans les ventes, on se les dispute avec ardeur. Je publie ici cette liste, dût-il m'accuser d'indiscrétion; mais les savants m'en voudraient si je la leur cachais. M. Paul Saint-Olive me pardonnera donc ma petite trahison.
Promenade dans les jardins Famèse à Rome. Revue du Lyonnais^ mars et avril 1851. 27 pagres. Début dans la carrière littéraire à l'âge de 51 ans.
Les Touristes à Rome. Idem, janvier 1853. 29 pages. Ces deux articles n'ont pas eu de tirage à part.
Le Gourguillon au xiii® siècle. 1854. 24 pages.
Les Romains de la décadence. 1850. 152 p.
Revue de Fourvière. 1866. 13 p.
Inhumation et crémation. 1857. 21 p.
Llnfibulation. 1858. 8 p.
Coups de plume. Satires. 1858. 212 p.
L'Antiquité de l'usage de saluer. 1859. 88 p.
Notice sur le territoire de la Tôte-d'Or. 1860. 48 p.
Un Fait renouvelé de l'antiquité romaine. 1860. 15 p.
Le Palais de la Bourse. Satire. 1861 . 30 p.
Le Luxembourg, à Vaise, et les Chevaliers tireurs, 1861. 20 p.
Les Chevaliers tireurs de Villefranche. 1862. 16 p.
Souvenirs de Bélisaire à Rome. 1862. 22 p.
Revue lyonnaise de 1861. 1862. 81 p.
La Fièvre à Rome. 1863. 29 p.
Voyage en chemin de fer de Lyon à la Croix-Rousse. 1864. 164 p. (1)
Mélanges historiques sur Lyon. 1864. 251 p.
Hygiène publique : gare projetée. 1865. 7 p.
Une Réminiscence du De Viris : Fabii irecenti sex. 1862. 42 pages.
Le Culte de la médecine dans Tancienne Rome. 1865. S7 pages.
Le Turbot, 4« satire de Juvénal. 1866. 39 p.
Un Original , satire. 1866. 24 p.
Serait-ce un préjugé, la propreté? 1866. 7 p.
Puissance de la bôtise. 1867. 37 p.
Mélanges historiques et littéraires. 1868. 351 p.
VI» Satire de Juvénal : les Femmes. 1871, 127 p.
Variétés Uttéraires. 1872. 439 p.
(1) Le n* 48, tiré à 100 exemplaires, a éié aussi inséré dans les Mélanges historiques sur Lyon, au nombre de 200.
AUTOQBAPHBS LITHOaBAPHlés.
Epître au pape janvier 1869.
Mes soixante et dix ans. . . décembre 1869.
Le bonheur d*ôtre chat. . . juin 1870.
La fausse liberté décembre 1870.
M. Saint-Olive possède aussi des tableaux et des estampes non sans mérite, parmi lesquelles on remarque des lavis, des eaux-fortes et des lithographies de sa main. Ses œuvres représentent surtout des monuments lyonnais qull reproduit au moment où le marteau des démolisseurs va les atteindre. C'est donc là aussi un service qu'il rend h Tart et à l'histoire.
Bibliothèque de M. Morel de Voleine.
Dans le cours de cette étude j'ai déjà pu parler de familles lyonnaises dans lesquelles le goût des livres semble comme inné, — ce goût se reproduit dans chacune de leurs générations et celles-ci, après avoir gardé avec un soin pieux les collections qu'elles ont trouvées dans l'héritage paternel, les transmettent religieusement à leurs successeurs, avec tout ce que leurs judicieuses et savantes recherches ont pu ajouter de trésors au trésor de leurs aïeux.
Du nombre de ces maisons privilégiées est celle de M. Morel de Voleine. Je ne connais pas son origine, mais quand j ouvre le Livre d'or de notre ancienne magistrature et môme de celle de nos jours, je trouve cette famille à plus d'une page.
C'est d'abord M. François Morel, conseiller en la Cour des Monnaies, mort en 1763.
2^ M. François Morel d*EpeisBes qui avait pris le nom du fief d'Epeisses, à Cogny. qu'il avait acheté en 4758, conseiller à la Cour des Monnaies, mort le 20 mai 4778.
3^ M. Claude-Louis Morel de Roubion, conseiller à la Cour royale de Lyon, depuis 1841 jusqu'en 4830, année de sa mort.
Ces trois magistrats distingués se sont plu tour à tour à augmenter, leur vie durant, leurs collections. Du reste, cette tâche leur avait été facile. Us vivaient au bon temps. Us pouvaient trouver sous leur main et sans aller aux grands marchés de Paris et de Londres, comme on est réduit à le faire aujourd'hui, avec un gros sac d'or sous le bras, tout ce qu'un bibliophile pouvait rêver d'utile et de beau. Nos anciennes et illustres imprimeries avaient rempli la ville d'éditions des plus belles et des plus recherchées. A la mort du père de famille, la loi ne pulvérisait pas encore sa fortune et les fils n'étaient pas obligés de battre monnaie avec ce que leur auteur leur laissait. Certaines valeurs mobilières ne se partageaient même que rarement; Targenterie, les bijoux, les tableaux, restaient intacts, comme les livres des bibliothèques sur leurs rayons.
Les Morel avaient aussi un précieux avantage sur bien d'autres amateurs de livres ; ils jouissaient d'une grande aisance et savaient consacrer judicieusement, chaque année, une partie de leur revenu à des acquisitions.
M. François Morel avait vu même la fortune lui sourire exceptionnellement. Avant d'entrer dans sa charge de conseiller à la Cour des Monnaies, il avait été banquier à Paris. C'était au tnmps de Law et de la rue Quincampoix. La frénésie des jeux de bourse était à son comble. Etait millionnaire le soir celui qui le matin n'avait que quelques modestes mille livres de revenus, souvent mal payés par un fermier de mauvaise foi.
M. François Morel, sans céder à la passion des joueurs, spécula prudemment et avec succès. Sa maison était sur un grand pied, — il protégeait aussi les arts, comme le savaient faire tous les financiers de son temps. Il acheta de Watteau des tableaux que grava ensuite le graveur Fessard, qui lui fit hommage de son œuvre en écrivant sa dédicace sur le cuivre, comme on le voit aujourd'hui par les estampes que conserve M. Morel de Voleine à côté de chacun des tableaux originaux de Watteau.
M. François Morel laissa sa bibliothèque à son fila atné, M. Claude-Louis Morel de Roubion, conseiller & la Cour royale de Lyon. Â son décès, en 1830, elle passa à sa soeur, veuve de M. de Jussieu de Bressoles, et cette dame en fit don ensuite à M. Morel de Voleine.
Cette belle et riche collection ne pouvut tomber entre de meilleures mains. M. de Voleine n'est pas un de ces fils de famille qui savent conserver seulement l'héritage de leurs pères, pour le garder religieusement, sans y toucher, dans des armoires bien closes, jusqu'au jour où il ont à le remettre k leurs héritiera. Non, — M. de Voleine est un érudit qui a le goût des livres, comme ses aïeux et qui sait en faire un noble usage ; il les Ht, il les médite, et il en a tiré une connaissance des hommes, des choses des derniers siècles qui m'a toujours étonné. Nos anciennes &milles lyonnaises n'ont pas pu garder de secrets pour lui : il sait leurs origines, leurs grandeurs, leurs vicissitudes, toutes les charges qu'elles ont remplies. Il n'ignore aucune de leurs alliances, sOit qu'elles se soient élevées, soit qu'elles uent dérogé. Il semble même qu'il est leur contemporain, — qu'il a vécu au milieu d'elles, — il sait miîmo Il^ups travers, leurs ridicules, il a une anecdote à racontor sur chacune d'elles, et il les raconte si bien ! a l'entendre on croirait lire ces mémoires du grand siècle
ou du xvm^ siècle, où la vie intime des familles semble prise sur le fait et comme photographiée. Aussi, au risque d'être importun, indiscret, c'est toujours lui que je consulte de préférence, quand J'ai besoin d'une note sur nos anciennes familles lyonnaises. On ne le prend jamais au dépourvu,— il a réponse à tout ; — il a recueilli des monceaux de noms, de dates, de faits, de documents. S'il ne les a pas dans ses cartons, il sait où les trouver, — et avec quelle gracieuse obligeance il communique tout ce qu'il a, et écrit de longues et grandes pages de renseignements qu'on lui demande !
M. Morelde Voleine est aussi écrivain, — on possède de lui :
Les Délices de la campagne, facétie, tirée à vingt-quatre exemplaires seulement, ornée de vignettes par Louis Perrin, 4850.
La Liste chronologique des évêqueset archevêques de Lyon^ en collaboration avec M. de Charpin. Perrin, 1856, in-fol. C'est la première partie d'un recueil de documents pour servir à l'histoire de l'ancien gouvernement de Lyon. Le livre, comme exécution typographique, ne laisse rien à désirer.
De rinfluence de la Liturgie catholique sur Varchitecture et les arts qui en dépendent, — principalement dans le diocèse de Lyon. Lyon, 1863, in-8.
En outre, M. de Voleine a publié un grand nombre d'articles dans la Revue du Lyonnais et dans les journaux ; — plusieurs ont été tirés à part.
Sa bibliothèque est en partie à la ville et en partie à la campagne. La meilleure part est à Lyon. ' Je voudrais pouvoir la décrire avec quelques détails, mais la place me manque. L'Histoire, la Théologie, la Philosophie, les Beaux- Arts, môme la Sorcellerie, y sont bien représentés.
Je ne peux citer que ce que j'ai vu de meilleur et dirai : « i46 uno disce omnes. »
HISTOIBE DE LYON
Lyon dans son lustre, par Chappuzeau. Lyon, 1656, in-4, veau marbré à lantique. Bruyère.
Mémoires de l'Histoire de Lyon, par Paradin. Lyon, Gryphe, 1573, avec sa première reliure en vélin.
Histoire ecclésiastique de De La Mure. 1671, veau écaillé à l'antique. Bruyère.
Les Mazures de l'Isle-Barbe, de Le Laboureur. 1697, complet avec son supplément paru en 1 856.
Briève histoire de Tabbaye royale de l'Isle-Barbe, par Bézian-Arroy , 1668.
Abrégé méthodique des principes héraldiques, par Ménestrier. Lyon, Corne, 1661, mar. rouge. Bauzonnet.
TBÉOLOQIB
Biblia sacra vulgatœ editionis. Goloniœ, à la Sphère. 1682, mar. rouge. Derome.
Biblia sacra vulgatœ editionis. Lugduni. Bourgeat, 1669, in-fol. veau, exemplaire ayant appartenu au P. Berthier.
Natalis adnotationes in Evangelia. Anvers, 1595, gra« vures de Wierx, in-fol. veau fauve.
Quadrins historiques de la Bible, de Paradin. Figures du Nouveau Testament. Lyon, Jean de Tournes, 1579 et 1583, mar. rouge janséniste, doublures en mar. vert,denteUes, fleurons, charnières. Bruyère. 2 vol.
Institution de la religion chrétienne de Calvin, Genève 1545, in-4, mar. noir, fers & froid, 1** reliure.
Les vrais portraits des hommes illustres en piété et
doctrine . . . plas 44 emblèmes chrestiens, traduits du latin de Théodore de Besze, par Jean de Laon, 1581, in- 8. Superbe exemplaire, rare avec les emblèmes, mar. noir. Dura.