‹ Les bibliothèques, anciennes et modernes, de LyonChapitre 19 sur 22 · BUS · texte numérisé non relu

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Le second fils de M. J.*B. Boissieux est mort le 4 9 mai 1 865, conseiller à la Cour de cassation.

Son fils cadet a été longtemps avocat au barreau de Lyon.

BibUothèqtae de M. Deirlllien (P.-L.-F.-B.].

Sa bibliothèque a été vendue le 1 9 mars 4 831 .

M. Devilliers, né en 4797 et mort le 48 juin 4837, a été Tun des principaux rédacteurs de la Gazette universelle de Lyofiy de 4825 à 4830. Les auteurs de la Biographie lyor^ naise, qui l'ont connu personnellement, disent qu'outre sa polémique de tous les jours dans son journal, on a de lui un discours prononcé au Cercle religieux et littéraire de Lyon, des fragments de voyages en Italie insérés dans la Revue provinciale, et qu'il se proposait d'écrire une histoire de Lyon de 4789 à 4800. Il avait aussi recueilli de nombreux matériaux pour écrire un ouvrage sur la famille de Bellièvre.

Sa bibUothëque était nombreuse (64 3 articles] et variée, et surtout riche en mémoires et en documents historiques.

Bibliothèque de M. Q , oonseiller & la Cour

de Lyon.

Sa bibliothèque a été vendue le 22 mars 4839.

Cette collection se composait de 800 articles environ, représentant plus de 3,000 volumes, dont 453 concer^ nant la jurisprudence ancienne et moderne et offirant de nombreux exemplaires des anciennes Coutumes de nos principales provinces et des œuvres des plus éminents jurisconsultes des temps passés. La théologie^ les beUes-

lettres et V histoire comprenaient 450 numéros. Les éditions lyonnaises anciennes y manquaient totalement.

Blbliothèqtae de M. B. G.

Sous ces initiales E. C, se cache le nom de M. le docteur Monfalcon, décédé conservateur de la Bibliothèque du Lycée.

M. Monfalcon, en devenant le gardien de ce grand dépôt, pensa qu'il était de son devoir de se défaire de sa propre collection» pour éviter même le soupçon de lui donner la préférence sur celle de la ville.

n s'en sépara donc, non sans regrets, peut-dtre^ car on ne quitte pas volontiers de vieux amis, d'anciens compagnons. Ces amis étaient au nombre de 262, et il pouvait en être fier. Toutefois, ce n*étaient pas des raretés. M. Monfalcon n'avait cherché à réunir que des livres utiles, nécessaires pour ses travaux habituels.

Bibliothèque de M. Joumel.

Sa bibliothèque a été vendue le 3 novembre 4842.

M. Joumel a été l'un des avocats les plus distingués du barreau moderne de Lyon. Son fils est encore dans les rangs de la magistrature qu'il honore par son mérite.

La collection de M. Joumel père n'était pas nombreuse, 408 articles seulement ; c'était celle d'un jurisconsulte qui s*est plu à s'entourer des principaux monuments du droit ancien et moderne. Cependant on y trouvait les grandes collections de Buchon, Guizot et Petitot, sur l'histoire de France.

M. Joumel a publié une Notice sur le Franc- Lyonnais et des Réfleasions sur Paccusation résolue à la Chambre des

députés contre les derniers minisires du roi Charles X, in-S de cent pages.

M. Joumel, né à Lyon, le 6 août 4787, est décédé le 5 janvier 4 842.

Blbliothèqae de M. l'abbé CaUle.

Sa bibliothèque a été vendue le 20 mars 4843.

M. l'abbé Joseph Caille, dont le nom vénéré est encore dans le souvenir de tous les anciens Lyonnais, naquit à Puits-Gros (Savoie) en 4 766. H fut longtemps , comme l'abbé Antoine Caille, son frère, chanoine d'honneur de la primatiale. Élèves, tous deux, du Chapitre de Saint-Just, si distingué par son amour des saintes règles de la discipline et de la liturgie, ils en avaient conservé précieuse* , ment les traditions. Le plus jeune surtout avait fait une étude sérieuse de l'antique liturgie de l'Eglise de Lyon. Aussi, lors du rétablissement du Chapitre de la primatiale, contribuèrent-ils puissamment à conserver les vénérables traditions de cette illustre Eglise.

M. l'abbé Antoine Caille a publié un opuscule inté* ressaut sur la situation actuelle du chœur et de l'autel de Saint-Jean, et comme, déjà de son temps, on préparait une nouvelle édition du Missel de Lyon, il fît une note pleine de nombreuses et utiles recherches sur les corrections dont il était susceptible, sous le titre : Expositio^ explicatio etjustificat%o,emendcUionum^ additionumetcorrec'^ iionum quœ in nova Missalis lugd., éditions unno 4825, fuerunt appositœ. Lyon, 4825, in-8, 96 p.

Plusieurs années avaient été consacrées par cet érudità un grand travail sur notre antique liturgie ; mais une mort prématurée vint le surprendre avant qu*il eût mis la der-

nière main à cet important ouvrage qui devait fonDs tri

forts volumes iii-8, divisés en trois parties. I-ea dêiïxpmiers, dit Tauteur anonyme d'une note & laquelle f e> prunte ce renseignement, — sont complets, et la dem-:rt est presque achevée. Des offres considérables avaient i faites à M. Caille, mais il ne voulut pas se dessala h iruit des laborieuses recherches de son firère.

Cet important manuscrit a fait partie de la vente de '^ bibliothèque de M. Tabbé Joseph Caille, ainsi qne la pl> part des traités généraux sur la liturgie et plusieurs iE> seis, Rituels et Bréviaires de Lyon, bien rares aujourdl::ii entre autres « un antiphonier à l'usage de V église Sakî- Jean de Lyon, 4 vol. in-fol. , manuscrit sur vélin d;: XIV* siècle »

Le livre de M. Antoine Caille sur la liturgie était intitulé Cerenxoniale et pontificale juxta sanctœ ecclesiœ Lugdnnensis primœ Galliarum sedis, antiquum et venerabiJém usurriy formé de 4 S cahiers manuscrits.

En outre, il avait écrit un Ritus lugdunensis in M\s^ solemni servandtis a sacerdote celebrando diacono^ subdior cono, a prcBsbyteris assistentibus. — Une dissertation sur le mot Deus et sur Alléluia. — Les règles et cérémonies qvi s'observent dans l'église primatiale de Lyon — et le Livre pour toutes les fêtes de Tannée en l'année 4 784 .

M. Caille, tout en formant sa riche et belle bibhothèque, consacra une partie de sa fortune à la fondation d'une Providence pour les jeunes orpheUns de Lyon ; cette maison succéda au pensionnat que précédemment les deux frères avaient créé à Fourvières.

M. l'abbé Joseph Caille a fait aussi don de remplacement réservé pour la sépulture des prêtres dans le cimetière de Loyasse.

La vente de la bibliothèque de M. Joseph Caille a été

fiûte au profit de son orphelinat. Elle comprenait 747 numéros.

Blbliothè^e de M. Bagnard.

M. Bugnard fut chirurgien en chef de Fhospice de la Charité et membre de l'Académie de Lyon et de la Société de médecine de Lyon.

Né le 34 août 4767, il mourut le 25 mars 4843. Une notice sur sa vie a été écrite par le docteur Martin jeune en 4844.

La vente de cette collection a été faite par le libraire Fontaine, le 30 novembre 4843.

M. Bugnard aimait les bons livres, les livres utiles et les meilleures éditions ; mais il ne sacrifiait pas au luxe des conditions ; des reliures simples et solides lui suffisaient.

Si cette bibliothèque était peu considérable, 424 numéros seulement, et ne renfermait aucune de ces grandes raretés bibliographiques souvent futiles, toujours trèscoûteuses ; on y remarquait, par contre, un assez grand nombre d'ouvrages de tous genres en histoire et en littérature.

BlbUothè^e de M. ral>bé Tarpin.

Cette bibliothèque a été vendue le 4 décembre 4843.

M. Tabbé Tarpin exerça longtemps les fonctions curiales à Sainte-Foy et se retira ensuite à Fontaine-sur- Saône.

Sa bibliothèque était des plus nombreuseSi puisqu elle comptait 985 numéros, — et, à la fois^ des plus variées. On peut dire même que rarement un simple particulier, même un ecclésiastique, posséda une collection aussi

complète, surtout en matibre de théologie, laquelle nécessairement dominait dans la bibliothèque de M. Tarpin. Cette section se divisait :

FBBMIÉBB PABTIE

Ecriture Sainte (29 numéros).

Introduction à l'Écriture Sainte, concordance, dissertations et commentaires sur l'Écriture Sainte (54 numéros) .

Liturgie (23 numéros).

Conciles et synodes ^ Histoire des Conciles (f4 numéros).

Saints Pères. Ouvrages des Saints Pères ^ecs (28 numéros) .

Saints Pérès. Ouvrages des SS. Pères latins et de quelques autres écrivains ecclésiastiques (46 numéros) .

Théologiens orthodoxes. Théologie dogmatique et scholastique (246 numéros).

Théologie morale (38 numéros).

Théologie catéchétique (6 numéros) .

Théologie parénétique ou sermons (442 numéros).

Théologie polémique (57 numéros).

Théologiens hétérodoxes (24 numéros).

Mélanges religieux et philosophiques (4 7 numéros).

Histoire ecclésiastique. — Histoire générale ancienne et moderne, antiquités ecclésiastiques (26 numéros).

Histoire ecclésiastique de différents pays (7 numéros) .

Histoire et statuts des ordres religieux (49 numéros).

Vies des Saints, des Pères, des martyrs et autres pieux personnages (76 numéros) .

Bibliographie ecclésiastique (7 numéros) .

Histoire générale des religions. — Histoire des hérésies (42 numéros).

iS39

Jurisprudence. Droit civil (8 numéros) .

Droit ecclésiastique (28 numéros).

TBOISIÈMB PARTIS.

Sciences et arts. Introduction , philosophie , morale (38 numéros).

Economie, éducation, politique (20 numéros).

Physique, histoire naturelle, sciences occultes, physionomie (43 numéros).

QUATBlèMB PARTIE.

Belles^Lettres. Langues orientales (28 numéros). Langues grecque et latine-française (4 2 numéros) . Rhétorique, éloquence, philologie (23 numéros). Poètes grecs^ latins^ étrangers (34 numéros). Poètes français (43 numéros).

Polygraphes.

CINQUlilCE PARTIR.

Celle-ci comprenant V Histoire : les voyages, Tarchéologie, Thistoire littéraire et bibliographique et la biographie, était non moins riche et complète. Dans cette cinquième partie figuraient entre autres plusieurs de nos historiens lyonnais. Saint- Auhin^ 4666. — Lamure, 4674.

— Paulin de Lutnina, 4770. — Colonia, 4774. — Menéstrier, 4696. — Oolonia, Hist. litt. de Lyon, 4728. —BrossettCy 4744. — Les Archives du département du Rhône.

— Les Nouvelles Archives. Enfin, dans le local de cette bibliothèque exceptionnelle, se rencontrait un Christ en ivoire de 22 pouces de hauteur. Toutefois, on trouvait peu de nos plus anciennes éditions lyonnaises , dans la première partie, si importante cependant , ni dans les

MO

autres, mais la plupart étaient sorties des meilleures presses de Paris, d'Anvers, de Cologne et de Londres, et couvertes en maroquin rouge à tranches dorées.

Blbliothè^e de M. le comte de Moyria.

Cette bibliothèque a été vendue le 34 janvier 4 843, par Fontaine.

M. le comte de Moyria a été aussi du nombre de ces collectionneurs, qui savent avoir le courage, à un moment donné, de se séparer de leurs livres , leurs plus chères affections.... peut-être.

n chargea donc, en 4843, le libraire Fontaine de « faire pour lui, par la voie des enchères, une vente de ses livres rares, singuliers et précieux, dit le catalogue, exceptant les ouvrages qui composent sa belle et riche collection historique qu'il possédait dans le département de l'Ain. »

Mais en 4845, il se décida à aliéner cette seconde partie, et le libraire Fontaine fut encore chargé de cette vente. Toutefois, ce dernier ne nomma pas M. le comte de Moyria sur son catalogue et il se borna à désigner le propriétaire sous la seule indication « Livres de M. le comte

de M » La préface ne permet pas de soupçonner que

cette collection avait la môme origine que celle déjà vendue en 4 843.

Mais il ne peut y avoir de doute sur la provenance de ces deux bibliothèques. Elles ont appartenu toutes deux à M. le comte de Moyria (Abel), publiciste, archéologue, auteur des Monuments romains du département de fAin. Bourg, 4836, in-4^

M. de Moyria voulut que cette seconde vente se fît aussi à Lyon. — « Il n'a jamais eu qu'un désir, ajoute M, Fon-

taine, — en dehors de tout calcul financier, celui de ne pas voir ses livres, surtout sa collection provinciale, commencée et continuée, sans relâche, depuis vingt-cinq ans, se disperser au loin, comme des feuilles jetées au vent. » Le second catalogue, composé de 920 articles, sans les objets d'art et de curiosité, renferme 336 relatifs à la Bourgogne, la Bresse, le Bugey, le Lyonnais, la Savoie. On y remarque des manuscrits de Guichenon, de Philibert Collet, les œuvres presque complètes de Tévôque de Belley, J.-P. Camus. Cette suite, très-rare, dont plusieurs ouvrages sont passés à l'état d'introuvables, forment 38 numéros et 46 volumes. »

En ^ 846, le libraire Fontaine fut encore chargé de 1b vente d'une autre bibliothèque, celle de M. M***.

Il est fâcheux que l'on ne sache pas le nom de cet amateur, car son catalogue, qui est très-précieux, fourmille de livres rares dans tous les genres. Il est probable cependant que c'est une seconde vente du comte de Moyria.

Bibliothèque de M. l'al>l)é Plasson.

Ancien directeur de l'Institution des sourds-'muets de Lyon. — Cette bibliothèque a été vendue le 6 novembre

Bibliothèque très-nombreuse, 1372 numéros, embrassant la Théologie subdivisée en : théologie scolastique, morale et dogmatique. — Sermonnaires ascétiques. — Les Sciences : philosophie, éducation, physique, histoire naturelle, agriculture, médecine, mathématiques, les sciences occultes. — Les Belks-Lettres : les poètes français, étrangers, le théâtre, les fables, romans, facéties, satires, devises, les polygraphes, les mélanges. — V Histoire : This-

toire de Lyon, des provinces, l'art héraldique, la bibliographie et la biographie.

La partie des Sciences occultes offirait assez d'intérôt. On y troussait entre autres la Polygraphie et universelle écriture cabalistique, 4 564 . — La Démonomanie des sorciers, 4582. — Elementa astrologisB, 4560. — Janua linguarum, 46M . — De infestis ob demonia et homines defunctos. Lyon, J. Pillehotte, 4599.

La partie des facéties contenait des œuvres des plus curieuses et des plus rares; la morale souvent n^avait rien à y voir.

Parmi les historiens, se rencontraient les Mémoires de l'Histoire de Lyon, de Paradin. Lyon, Gryphius, 4579. — Saint-Aubin, 4666. — Poullin de Lumina, 4770, et les autres œuvres de cet écrivain.

Blbllothè^e de M Flaoheron (Louis-Cécile).

M. Flacheron était architecte de la ville de Lyon, membre de l'Académie de cette ville, né en 4772, mort le 42 mars 4835. On a de lui un Eloge de Philibert de Lorme, architecte lyonnais, qui est trës-estimé, et un Mémoire sur les aqueducs de Lyon et de ceux de la Loire, autre travail très-recherché, dont il existe un tiré à part de la Revue du Lyonnais. — Il a lu à l'Académie une traduction de la Basiiica Lugdunensis, du Père de Bussières.

Le libraire Fontaine s'était chargé de cette vente qui eut lieu le 8 février 4844. La collection de hvres se composait de 287 numéros spéciaux aux travaux habituels de M. Flacherôn. Dans ces livres se trouvaient d'excellentes et importantes éditions.

Les recueils de gravures, dessins et peintures gothi-

ques étaient nombreux. Dans ces recueils, se trouvaient entre autres 93 eaux-fortes de Boissieu.

Bibliothèque de M. Tabbé Delajidine.

Cette bibliothèque a été vendue en 1844.

M. Tabbé Delandine était chanoine de Lyon et frère du célèbre bibliothécaire de la ville.

Il aimait les livres et en avait réuni un certain nombre de tous genres et quelques anciennnes éditions lyonnaises.

Bibliothèque de M. Didier-Petit.

Cette bibliothèque a été vendue le 24 mars 4844.

J'ai déjà dit deux mots de cette bibliothèque, à la page 34 4 . Je crois devoir y revenir.

M.Didier-Petit, mort tout récemment, a eu cependant le courage de se séparer de sa bibUothèque et de ses belles collections dès 4844. Son musée était des plus remarqusrbles, sa bibliothèque unique. Je ne saurais mieux en parler qu'en reproduisant la préface du |catalogue qui en fut dressé, en 4844, par le libraire Fontaine :

« La bibliothèque de M. D.... P.... est celle d'un amateur instruit et de bon goût, cause première des excellents livres, rares, utiles et précieux réunis dans le catalogue que nous publions. Tous les ouvrages qu'il a fait relier soit en veau, soit en maroquin ou cuir de Russie ont été confiés au très-soigneux Bruyère, bien digne de sa bonne réputation et de la préférence qui lui est accordée.

a A Paris, la vente des livres de M. D.... P serait

comptée au nombre des ventes importantes ; les amateurs

la suivraient avec intérêt, mais une autre la ferait oublier. Dans notre vifle, plus d'avantages lui sont réservés ; elle fera époque, et Ton en gardera le souvenir. D'après la connaissance que nous avons des bibliothèques infiniment remarquables existant à Lyon, nous ne pensons pas qu'aucune d'elles, en totalité ou partiellement, vienne jamais en rivale (1 ) captiver, au moyen de ses richesses et d'une nouvelle alimentation, les affections des amateurs.

a Notre catalogue offrant toutes les garanties que la morale a le droit de réclamer, sa lecture, du premier au dernier numéro , ne saurait compromettre en aucune manière, la susceptibilité la plus exigeante.

« Comme il y a toujours pour nous jouissance et bonheur à parler livres rares, difficiles h trouver et qui manquent absolument dans le commerce, nous nous procurons un plaisir réel en faisant quelques citations et observations suivantes.

« La théologie dont le chiffre 40 est le plus élevé offre néanmoins plusieurs volumes gothiques , précieux, et 3 manuscrits sur peau vélin avec miniatures , sous les n*« 4 , 3 et 36.

a Nous mentionnons, dans les sciences et arts les n^* 49 à 56 relatifs à Thistoire naturelle. Si ces beaux ouvrages se trouvent encore en fonds, il faut en excepter la condition superbe réunie à nos exemplaires. On ne peut pas trop répéter combien sont rares les recueils d'alphabets, écritures, etc., catalogués du n^ 62 au n^ 68 compris, tels que :

(i) Ces bibliothèqaes dont nous faisons mention et qui sont connues des bibliophiles de tout le monde savant, auraient trop de supériorité, nous le disons hautement, sur celle de M. D.... P...., si la vente s'en opérait par la voie des enchères.

« Les beaux-arts renferment des articles essentiels.

(c Le Dictionnaire des monogrammes, in-8, fig., n^ 70.

« Le môme ouvrage, par Brulliot, in-4, fig., n' 72.

« Le Peintre graveur, par Bartsch, 21 voL in-8, fig., n»75.

ce Llconologie, par Boudard, 3 tomes en 4 vol. in-8, fig., n^ 76.

« Un manuscrit. Ouvrage composé de 435 dessins de broderie, in-4, n" 83.

« Les n®* 87 à 97 se rapportent à la gravure , aux nielles, etc.

« La section architecture ornementale étant extrêmement riche dans tous ses articles, nous répétons seulement les numéros :

« 408 De Lucio Vitruvio, superbe vol. in-fol. , fig. Bare.

« 409 L'Architecture, d'Androuet du Cerceau, in-fol., figures.

« 416 Meubles, croix, ornements d'église gothiques publiés à Londres, 4 vol. in-4.

a 417 And rouet du Cerceau, ses Ornements, in-4.

a 437 L'art du serrurier, superbe vol. in-fol. 4627.

a 442 L'art du facteur d'orgues, par Dom. Bedos. 2 voL in-fol., fig.

<c Dans les belles-lettres, nous avons à remarquer les numéros :

« 445 Epitalamia exoticis linguis reddita, etc., grand in-fol. , fig.

« 452 Le pegme du P. Coustau, in-8, sup. volume, parfait.

a 474 Les Œuvres de Plutarque, 25 vol. in-8, grand papier.

« 4 72 bis. Les œuvres de Cicéron, 34 vol. in-S, pap. vél.

« L'histoire, cette classe la plus considérable, réunit im trop grand nombre d'articles saillants pour que nous les citions tous. Nous engageons donc les amateurs à lire avec attention notre catalogue. Nous nous bornons à leur indiquer les numéros :

c 206 Histoire des ordres monastiques, religieux et militaires, etc., par le P. Héljot, 8 vol. in-i, fig.

« 242 Les monnayes de France, par Bouteroue, in-fol., fig., grand papier. Extr. rare.

« 243 Les monnayes de France, par Leblanc, in-4, fig.

« 244 et 244 bis. Les monnayes des Barons, etc., par Tobiesen-Dubyi 3 vol. in-4, fig.

« 254 Histoire de Bresse et de Bugey, par Guichenon, in-fol.

DE l'hISTOIBB DB LTOK, DB DÂUPHInâ, BTC.

« 254 Les Masures de TIsle-Barbe, par le P. Le Laboureur, 2 vol. in-4.

« 255 Missale ad usum Lugdunensis, 4540, in-4, fig. Eztr. rare.

« 280 La vie, la mort et le triomphe de Chalier. Manuscrit rare.

« Art du fitbricant d'étofiPes de soie, par Paulet, 3 vol. in-foL, 489 pi.

« 303 à 340 Dessins et eaux fortes, par M. J.-J. de Boissieu.

« 344 Histoire ecclésiastique du Forez, par de la Mure, in-4. Très-rare.

« 343 Histoire générale du Dauphiné, par Chorier, 2 vol. in-fol.

« 347 Nobiliaire du Dauphiné, par Guy Âllard, in-4 3.

« 323 Symphoriani Champerii Lugdunenai, in-4. Mag. exemplaire.

« 339 Les sceaux, généalogie, etc., des comtes de Flandre, 3 vol. in-fol., fig.

<c 342 Dictionnaire de la noblesse, par de Lachesnaye- Desboîs, <2 vol. în-4.

a 349 Blasons pontificaux, etc., in-4.

« 398 Nouveau traité de diplomatique par les Bénédictins, 6 vol. in-4, fig.

« 4<4 et 413 Vies de peintres. »

Bibliothèque de M. Tabbé Perrin.

Cette bibliothèque fut vendue en 1844.

M. l'abbé Perrin (André), né à Feurs, le 24 juiUet 1753, mort âgé de plus de 80 ans, a été chapelain de l'église primatiale de Lyon, aumônier de la prison de Roanne et chevalier de la Légion d'honneur. Sa bibliothèque dépassait en nombre celles des simples particuliers, puisqu'elle comptait 1379 numéros, dont 974 consacrés à TEcriture Sainte, à la Liturgie, aux Conciles, aux Saints Pères, aux théologiens, à l'histoire ecclésiastique. Le reste embrassait les sciences et les arts, les belles-lettres et l'histoire, n s'y rencontrait même des ouvrages de droit moderne.

Bibliothèque de M. Grégori (Giovani Carlo).

M. Grégori, ancien conseiller à la Cour de Riom, arriva à celle de Lyon le 1 1 septembre 1 837 ; il la quitta en

n possédait non-seulement une riche bibliothèque bien formée, composée de plus de 300 numéros, mais aussi un cabinet de tableaux, d'estampes, de dessins et d'objets d'art.

Les anciennes éditions et les historiens lyonnais étaient nombreux dans cette bibliothèque à côté des monuments du droit ancien et moderne. Les belles-lettres, les sciences et les arts étaient aussi dignement représentés. Les raretés faisaient défaut. On y voyait cependant un trèsbeau Menestrier et plusieurs ouvrages précieux sur les provinces environnantes.

Cette bibliothèque fut vendue le 4 6 novembre 4 846.

M. Grégori a été président de la Société littéraire de Lyon, membre de TAcadémie de cette ville, de l'Académie de Clermont-Ferrand et de la Société de statistique de Marseille.

n était né à Bastia, le 4 mars 4797, et est mort aux eaux thermales de Pietropolo (Corse) le 27 mai 4852.

Bibliothèque de M. Chapeau, médecin aox rapports.

M. Chapeau (Antoine), médecin de THôtel-Dieu, correspondant de l'Académie de médecine, né à Lyon le 28 fructidor an ii, décédé le 2 juin 4847, a publié : Mémoire sur la fréquence des maladies vénériennes à Lyon^ et sur les moyens de les prévenir. 4822, in-8 de 44 pages.

Eloge historique de Jean Raillard, médecin en chef de 1 hospice de l'Antiquaille. Lyon, 4828, in-8 de 24 pag.

D'autres divers rapports intéressants lus à la Société de médecine, et des travaux de statistique.

Sa bibliothèque, toute spéciale à son art, ne se composait que de 455 numéros ; elle fût vendue par M. Fontaine.

Blbliothècpie de M. M**^.

Les bibliothèques du genre de celle de H. M*"^^ ne sont

pas communes^ car celle-ci se composait surtout de ces raretés si goûtées des bibliomaues, de livres singuliers et curieux y conditionnés en veau ou en maroquin par les plus célèbres relieurs. L'un d'eux môme a le Dieu de la médecine des Indous » ^crit en sanscrit, était en feuilles de roseaux. Toutefois, elle ne se composait que de 477 numéros.

Dans la partie qui concernait Lyon, on rencontrait entre autres ChappuseaUy 1661 ; Colonia, s. (/., maroquin rouge du Levant, fil. sur plat, tr. dorés ; quatre éditions de Louise Labé, Les éditions de Guilelmo Rovilio, 1548. Un Menestrier. Lyon, 1669, in-4, blasons coloriés, rehaussés d'or et d'argent, mar. rouge, fil. d*or, tranche dorée, ancienne reUure. Poulin de Lumina. Les Coutumes de Bresse, Bugey, Valromey, de Collet. Lyon, 1698.

Cette vente s'est faite en 1847, c'est^àr-dire il y a près de trente ans, — et, alors déjà les raretés et les singularités atteignaient des prix exorbitants. On Ut à cet égard, en tête du catalogue des livres de M. M***, dressé par le hbraire Fontaine, les lignes suivantes : a II est avéré aujourd'hui que tous les bons livres appartenant à l'ancienne librairie ne s'obtiennent, dans les ventes à Paris, qu'à des prix extraordinaires, incompréhensibles et s'éle^ vant de plus en plus. Une rareté bibliographique, — phguette de quelques feuillets seulement, si elle réunit toutes les conditions désirables, a une valeur capricieuse et d'affection égale à celle d'un diamant pur de défectuosités. Jamais à Lyon un semblable entraînement n'a été constaté. »

Cette bibliothèque fut vendue par Fontaine le 23 mars

Blbllothèiiae de M. Cochet.

M. Joseph Cochet a rempli près la Cour de Lyon les fonctions d'avocat général, en 1846, après avoir été substitut de M. le procureur-général près la même Cour. Il aimait les livres et surtout les beaux livres richement reliés. Sa bibliothèque ne se composait cependant que de 258 articles ; mais il n'avait que des livres de choix. Il possédait aussi des vases étrusques, des groupes en marbre et en bronze, quelques tableaux, dont un Hostein.

Sa bibliothèque fut vendue le 24 décembre 4847.

Bibliothèque de M. Glero.

M. Clerc, ancien professeur d^astronomie, directeur de rObservatoire de Lyon, doyen de la Faculté des sciences et membre de l'Académie de Lyon, possédait une bibliothèque qui fut vendue le 1 3 décembre i 848.

Cette collection contenait 650 articles réunis avec un soin judicieux, et quoique M. Clerc fût un mathématicien et un astronome distingué, il n'avait pas exclu de sa bibliothèque la théologie et TEcriture Sainte. Il possédait môme de belles Bibles et des Heures gothiques imprimées sur vélin, avec des vignettes sur pleines pages et des encadrements curieux, dont quelques-uns reproduisaient les scènes de la Danse macabre. La Géographie et THistoire étaient représentées par 72 numéros des plus variés. — Le reste de la collection concernait les sciences et les arts, et spécialement les mathématiques et l'astronomie.

Bibliothèque de M. Reyre.

M. Eeyre (Vincent) , né à Lyon le *0 juillet 1762, décédé au môme lieu, le 4 4 juillet 4847, a été l'un des magistrats les plus distingués de la Cour de Lyon. D'abord avocat, puis homme de loi, il est entré dans le parquet où il occupa le siège de procureur du roi. Admis ensuite dans les rangs de la Cour, comme conseiller, il fut élevé le 30 décembre i 822 aux fonctions de président de chambre où il devint le doyen des présidents. Il était en outre officier de la Légion d'honneur, administrateur des hospices et de TÂcadémie de Lyon.

Sa bibliothèque nétait pas très-nombreuse, 237 numéros, mais elle embrassait la théologie, la jurisprudence, les sciences et les arts, les belles-lettres et Thistoire.

Dans la section de théologie, les recueils des sermons étaient nombreux et des meilleurs. Dans celle de la jurisprudence, nécessairement la plus nombreuse, se rencontraient les monuments du droit ancien et moderne, les coutumes des provinces, les recueils de Tancienne jurisprudence et les œuvres des plus grands jurisconsultes. Les autres sections étaient non moins complètes, cependant on n'y trouvait aucune rareté, aucune ancienne édition lyonnaise, maid seulement tout ce qui était nécessaire à un magistrat qui a eu d abord à porter la parole sur le siège du ministère public, et à écrire ensuite des arrêts lorsqu'il présidait une chambre de la Cour.

Cette bibliothèque fut vendue en 1848.

Bibliothèque de M. Dnpasquler.

M. Alphonse Dupasquier, docteur médecin, professeur

de chimie & TEcole de la Martinière et & TEcoIe de médecine > chevalier de la Légion d'honneur, était aussi membre de plusieurs Sociétés savantes, lorsqu'il décéda le 44 août 1848. Son frère, Louis Dupasquier, architecte du diocèse de Belley , était comme lui professeur à TEcole de la Martinière, membre de l'Académie de Lyon, chevalier de Tordre des S. S. Maurice et Lazare, décédé le 46 octobre 4870.

M. Alphonse Dupasquier possédait une bibliothèque et un cabinet d'objets d'art. La bibliothèque avait 469 numéros, relatifs surtout à la médecine et à la chimie. L'histoire et la littérature étaient cependant également bien représentés ; dans le cabinet, se trouvaient quelques bonnes toiles anciennes et modernes, des aquarelles de nos contemporains, des gravures et des médailles.

Cette bibliothèque fut vendue en février 4 849.

Membre du Conseil de salubrité du département du Rhône, il a fondé, en 4830, le Journal clinique des hôpitaux de Lyon ; et a été auteur de quantité de Mémoires sur les eaux minérales, eaux potables, etc.

Bibliothèque de M. GHelle.

Chelle (Charles), élève de l'Ecole des Chartes, archiviste du département du Rhône, né à Âvallon en 4807, est mort à Lyon en mars 4848, efi^ayé des événements politiques de ce temps ; c'était un érudit sérieux ; il avait commencé le classement des archives du Rhône et donné quelques articles à la Revue du Lyonnais.

Sa bibliothèque, formée de 426 numéros, était celle d'un savant et d*un spécialiste, riche surtout en ouvrages historiques. Les belles^ettres, les poètes y avaient cependant aussi une assez bonne place.

Bibliothèque de M. G.-A.-G. Dubiéi avocat.

Cette bibliothèque fut vendue en mai 1849.

Elle était surtout celle d'un jurisconsulte. La plupart des monuments du droit ancien et moderne 3*7 rencontraient ; la religion, la philosophie et la morale n'en étaient pas exclues, et la partie de l'histoire , surtout de l'histoire lyonnaise, était nombreuse.

Bibliothèque de M. G. Bergeret.

Cette bibliothèque a été vendue aux enchères publiques, à Paris, en novembre 1858 et mai 1859, parles soins de feu Techener père, le célèbre libraire de Paris.

Le catalogue, divisé eu trois parties, formant deux volumes in*8, comprenait ensemble plus de 5,000 numéros.

n serait difficile d'indiquer d'une manière précise le caractère propre de cette riche collection. M. Bergeret, dessinateur d'un grand talent, — et par conséquent essentiellement homme de goût, — bibliophile consommé et d'une ardeur infatigable, avait la passion du beau en tout genre, aussi sa bibliothèque était-elle riche dans toutes les branches de la bibliographie.

Membre de la Société des bibliophiles lyonnais (Société de 25 membres > fondée par M. Mon&lcon et dont M. Bergeret est l'un des rares survivants], contemporain, ami et émule des Coste, des Cailhava, des La Carelle, des Yéméniz et autres, M. Bergeret avait collectionné dans le bon temps, c'est-ii-dire, à une époque où les raretés bibliographiques pouvaient être abordées par les bourses modestes; raretés qui, maUxeureusement pour les

amateurs peu fortunés, ne sont plus destinées aujourd'hui qu aux bibliophiles millionnaires

Cette collection — même avec une grande fortune — serait impossible à refaire aujourd'hui. Il a fallu la patience, l'infatigable persévérance, ainsi que les recherches tenaces et passionnées de M. Bergeret pour la réunir, et cette ténacité ainsi que cette persévérance ont duré un quart de siècle.

A travers les méandres de ce volumineux catalogue, nous avons pu constater cette particularité, que la collection des ouvrages sur le Lyonnais, forme, en quelque sorte, la fitculté dominante de cette énorme bibliothèque.

Au point de vue lyonnais, après la collection Cioste, c'est la collection Bergeret qui vient en première ligne; ainsi que M. Ck>ste, M. Bergeret n'a rien négligé, n'a reculé devant aucun sacrifice pour la rendre aussi complète que possible.

Mais citons quelques ouvrages parmi les plus remarquables, avec les prix qu'ils ont obtenus à cette vente faite depuis près de vingt ans ; ces prix, certes, seraient de beaucoup dépassés aujourd'hui; néanmoins, les chiffires qu'ils ont atteint à cette époque, indiquent suffisamment la beauté des exemplaires.

Citons, surtout parce que, parmi ces citations, il nous sera permis d'attester que quelques-uns de ces ouvrages n'ont jamais été vus qu'à cette vente, et n'ont pas reparu depuis sur aucune table d'enchères.

Dans le premier volume de ce catalogue nous remarquons :

La Bible de Royaumont, première édition de 4670, in-4^, mar. rouge, fil., tr. d., doublé demar. rouge,dent., à petits fers, rel. par Trautz-Bauzonnet (vendue 510 fr.).

— Bible de Mortier, avant les clous. AmsL, 4700, 2 vol. in-fol., gr. pap., rel. enmar. rouge ant., fil. tr. d. (vendu 357 fr.). — Psalterium Davidis, Parisiis, 4682, in-46, mar., br. ant., aux armes de Henri III, avec la tête de mort et sa devise Spes mea Deus (vendu 443 fir.). ^ Le livre intitulé : Étemelle consolation. Paris, Michel Lenoir^ 4500, in-4**, goth., mar., br., tr. dores, rel. par Duru (vendu 450 fr.).

La Vénerie et Fauconnerie de Jacques du Fouilloux. Paris, VAngelier, 4585, in-4®, mar. r., tr. d., rel. par Trautz-Bauzonnet (vendu 260 fr.).

Vigiles des morts en françois, pet. in-4<> goth. de 36 pages, sans lieu ni date (édition inconnue, mais sortie évidemment des presses lyonnaises avant la fin du xv' siècle, et probablement de celles de B. Chaussard, car c'est avec les mômes caractères que le Livre des quatre choses), ce vol. précieux, de format pet. in-4°, rel. en mar. rouge à compart., par Duru, s'est vendu 4 ,400 fr.

Le Champion des Dames (par Martin Franc), première édition, imprimée vers 4489, par Guil. Leroy, in-fol., mar. rouge, ant. exempl. du duc de La Vallière (vendu 330 fr.).

— Œuvres d'Alain Chartier. Paris, Galiot Dupré, 4529, pet. in-8, mar. rouge (vendu 475 fr.) — La Marguerite des Marguerites des princesses. Lyon, Jean de Touimes, 4547, 2 vol. in-8, mar. rouge, tr. d., rel. par Bozérian (vendu 200 fr.). — Œuvres de Louise Labé, lyonnaise. Lyon, Jean de Tournes, 4 556, pet. in-8 (en caractères italiques), rel. mar. bl., par Kœlher (vendu 246 fr.). Cette édition est aussi précieuse et non moins rare que celle de 4555. Cet exemplaire se trouve aujourd'hui dans la bibliothèque de M. Benard. — Œuvres poétiques de Jacques Peletier du Mans. Paris, 4547, in-8, mar. vert, rel. par Eœlher (vendu 75 fr.}. — Œuvres poétiques de Pierre

Cornu, dauphinois, 4583, in-8, mar. rouge, Dura (vendu 270 fr.). — Les Chansons de La Borde. Paris, 1773| 4 ToL , y. écaiL, fig. de Moreau, vendu 67 fr. seulement (4).

— Mystères des actes des Apôtres. PariSj L^Angelier, 4544, in-foi. goth., fig. sur bois, mar. bl., reL de Bozerian (vendu 630 fr.). Ballet comique de la Boyne faict aux nopces de M. le duc de Joyeuse et M^^* de Vaudemont, sa sœur, par B. de Beaujoyeulx. Paris, 4582^ pet. in-fol. (vendu 270 fr.). — Daphnis et Chloé, édit. du Régent, de 4748, in-8 (vendu 65 fr.). — Histoire du très-noble royPerceforôt. />am,4532, 2 vol. in-fol. goth. (v, 440 fr.).

— Lancelot du Lac. Paris, 4533, in-fol. goth., rel. v. (vendu 455 fr.). — L'Arbre des batailles. Lyon, vers 4 477, in-fol. goth. (vendu 400 fr.). — Heptaméron de Margue-

(!) Ces Chansons de Lt Borde se trouvent parmi les livres de curiosité qui sont à la mode aujourd'hui; on nous cite deux exemplaires vendus récemment dans notre ville au prix fabuleux de 1,400 fr. et de 1,600 fr. Les livres à figures du xvm* siècle deviennent de plus en plus chers et sont l'objectif de la friandise des riches amateurs de notre époque, friandise, il faut le dire, vivement surexcitée par certains libraires parisiens, les plus grands maquignons du higth lifê de la bibliophilie.

Quand on pense que certaines fadaises de Dorât, telles quelesBaùert, édition de Paris, 1773, un seul vol.in-S, engr. pap., se trouvent cotées sur le marché parisien, jusqu'à 1,500 fr. ! Quand on pense qu'avec le prix qu'on a vu mettre de nos jours à une vingtaine de volumes de romanSy aussi peu littéraires que p'^u moraux, de Rétif de la Bre- * tonne, on pourrait se procurer les belles collections réunies des classiques dits variorum, et adusum Delphini ; on pourrait former la bibliothèque entière d*un professeur ou d*un savant 1 on se demande où s'arrêtera ce dévergondage du goût ? on se demande surtout si quelques-uns de ces néo-bibliophiles n'auraient pas besoin d'un conseil iudieiaîre I

rite de Valois. Paris, 1560, in-4^, mar. roage, Dura (vendu 220 fr.).

J. Perissin et J. Tortorel, tableaux touchant les guerres, massacres, etc. (du temps de la ligue de 4559 à 1570), in-foL, demi-rel. (vendu 690 fr.). — Grans chroniques des princes, ducs, etc., de Savoye, par Symphorien Champier. 1516, in-fol. goth. (vendu 150 fr.) — et enfin Flavius Blondus, Roma triumphans. 1531 , 2 vol. in-fol. (vendus 4,600 fr.) et acquis par M^' le duc d'Âumale (Ces deux volumes ont une reliure remarquable à laquelle est dû le prix excessif qu'ils ont obtenu ; cette reliure, d'une conservation extraordinaire, est exécutée par Th. Maioli ; sur l'un des plats de la couverture on lit la devise Th. Maioli et amicorum, puis au milieu d'un écusson, d'un côté le titre de louvrage et de l'autre Ingratis servira nef as. La livraison du 1 ^ mai 1 859 du Bulletin du bibliophile, en reproduisant en fœ simile le dessin de cette reliure, donne une idée de Télégance, du goût et du caractère original d'une des plus belles et des plus remarquables reliures du xvi" siècle,)

Dans le second volume du catalogue de M. Bergeret où se trouve la partie lyonnaise, nous remarquons :

Un recueil in-4® de pièces sur la Savoie, par le R. P. Cl.-Fr. Menestrier. — Discours sur l'épouvantable desbordementdu Rhône, édit. originale, in-8, de 1571. — Symph. Champier, Discours sur la Rebeine de Lyon. Lyon, 1529, pet. in-4® goth. (vendu 250 fr.). — Le môme ouvrage, de 1579, in-8, mar. rouge, de Bruyère, édit. également très-rare. — De Tristibus Franciœ (poème sur les guerres de la Ligue, édité par M. Cailhava, exempl. avec les dessins originaux (vendu 58 fr. seulement). — Saconay, Discours des premiers troubles. 1569, in-8, vél., aux armes de la ville de Lyon. — Discours de la déloyale

trahison, etc. , brassée parle S. Bothéon et ses complices sur la ville de Lyon. 4 590,in-8 Très^rare (vendu 20 fr.). — Une g^nde quantité de pièces et de recueils sur la révolution à Lyon.— Quîncamon, Fondation de Saint-Paul, édit. originale.— ^Tous les grands historiens du Lyonnais, Menestrier, Saint- Aubin, Paradin, Bubys, Le Laboureur, etc., etc. — Suite du Mémoire historique du fantassin de 25 ans de service, pet. in-12, sans lieu ni date (vendu 406 fr.). Ce petit vol. est le seul exemplaire connu et qui ait été vu en vente publique ; on ne connaît que deux ou trois exempl. de la première partie de ce recueil ; T auteur est Nicolas Surrot, gouverneur du château de Pierre-Scize en 4675.

La magnifique et triomphante entrée de la noble cité de Lyon faite au roy Henri II et la royne Catherine, le 23 septembre 4542. [Zyon, Roville, 4549, în-4^, mar. rouge ant., fil., tr. d. (vendu 285 fr.). — Histoire généalogique de la maison de Rabutin, manuscrit par Messire Boyer de Rabutin. In-4®, mar. rouge, fil., tr. d. (aux armes de Bussy de Rabutin, mort en 4693) (vendu 4 ,000 fr.). — Preces piœ, manuscrit sur vélin avec 49 grandes miniatures et 42 petites, de format in-4*, rel. en velours (vendu 4,500 fr.).

Terminons cette longue nomenclature en mentionnant une plaquette d'impression gothique et de format petit in-8, rel. en mar. vert, par Duru; plaquette que nous avons examinée nous-même et qui ne figure pas dans ce nche catalogue.

C*est la relation du supplice de Sébastien de Montécuculli, gentilhomme et échanson du Dauphin, fils]de François !•'.

On sait qu*aa milieu de Tété de 4 536, le Dauphin se trouvant à Tournon sur le Rhône, après une partie de paume où il s'était échauffé outre mesure, but avec avi-

dite ane coupe d'eau fraîche que lui présenta son échanson, puis mourut quelque temps après.

Montecuculli accusé d'avoir empoisonné le Dauphin fut

arrêté, jugé à Lyon et condamné au supplice de la roue puis à être écartelé. C'est dans la rue Grenette et le 7 octobre 1536, en présence de la Cour, qu'eut lieu cette terrible exécution; et c'est précisément à Lyon, en 4536, qu'est imprimé Texemplaire de cette relation dont nous parlons. Le savant Â. Péricaud, ancien bibliothécaire de la ville à qui cet exemplaire fut communiqué, ne put, malgré ses recherches, trouver trace de cette édition dans aucun ouvrage de bibliographie ; il nous est donc permis de croire que l'exemplaire de M. Bergeret est le seul exemplaire connu.

Bibliothèque de M. Léon Gailhava.

Cette bibliothèque, malheureusement dispersée aussi, était regardée à juste titre comme lune des plus belles de Lyon. Sonfondateur fut M. Léon Cailhava, né à Lyon, le 13 août 1795. Son père, Justin Cailhava, était négociant en soieries et demeurait rue des Deux-Angles, au quartier Saint-Clair.

Léon fit ses premières études au pensionnat de TEn- &nce, à la Croix-Rousse, institution célèbre à Lyon et qui compta, dit-on, Lamartine parmi ses élèves. Il les acheva ensuite au Lycée de notre ville.

Vers 1821, il partit pour l'ItaUe et habita, tour à tour, Turin et Milan jusqu'en 1829. H n'était alors qu'un simple employé dans la maison Bonafous, dont les messageries faisaient le service entre Lyon et l'Italie. Mais en 1832, la fortune, souvent si capricieuse, vint à lui sourire et lui accorda largement tous ses dons. Un splendide héritage

d'an oncle lui était échu inopinément. Bien doué par la nature, aimant la peinture, la musique et le théâtre, il se livra, en grand seigneur, à son goût pour les arts que son séjour en Italie n'avait fait que développer, — et commença une bibliothèque dont la renommée devint bientôt européenne .

Un écrivain de talent, M. Z. Colombet, qui avait pu voir cette collection, au temps de sa splendeur, lui a consacré quelques pages dans la Revue du Lyonnais du mois d'avril 4842 : « Le cabinet de M. CaUhava, dit M. Collombet, est riche spécialement en ouvrages des vieux poètes français, en livres de caractères gothiques, en volumes de planches et de gravures, en raretés précieuses pour Tart et relevées par des reliures qui viennent des plus habiles maîtres de Paris. »

Nous avons le regret de ne pouvoir ni descendre dans le détail, ni examiner un certain nombre des plus curieuses singularités de cette bibliothèque. Nous nous bornerons à renoncé de quelques-uns des livres qui peuvent éveiller l'attention ou piquer la curiosité. Ainsi, nous citerons :

La Bible de Mortier; superbe exemplaire avant les clous.

L'Ordinaire des crestiens; Verard, <490.

Recognitio veteris testamenti; Aldus, 1529.

EiiCOfniumtriumMariarufn; Parisiis, 1529.

Le chappeUt des vertus; Lyon, 1498.

Veridicus Christianus ; Antverpiœ, 1 601 , avec une ancienne reliure de la plus belle conservation.

La Vie de Monseigneur 5. Bernard ; Paris, sans date.

Prœces pice eum calendario ; superbe manuscrit du xv^ siècle, avec figures et bordures or et couleurs.

Heures à V usage de Rome ; 1503, imprimées sur vélin ; figures et miniatures or et couleurs.

Autres Heures à V usage de Rome ; sans date, également sur vélin, avec riche reliure ancienne , armes et chifie PP, surmonté d'une couronne ducale, miniatures or et couleur.

Rationarium Evangelistarum ; 4 51 0.

Le Songe du Vergier; Lyon, Jacques Maillet, 1494, exemplaire en grand papier.

Le Grand Roece de consolation ; Paris, Verard, 1494, imprimé sur vélin, avec six grandes miniatures or et couleurs parfaitement conservées.

Destructorium vitiorum^ seu dialogus creaturarum; Lugduni, per Claudium Nourry , anno 1 509. Magnifique exemplaire d'une édition non citée par les bibliographes ; enrichi de figures sur bois et de majuscules byzantines de la plus grande beauté.

MoriUogus F. Conradi Reitteri; 1508 ; recueil de poésies latines, parmi lesquelles se trouve en première ligne l'ode à la Sainte-Vierge, ut nos a. gallico mobbo intactos pre- SBBVET IKCOLUMBS ; odo OU partie reproduite par M. le docteur Gauthier, dans ses nouvelles Rbchbbchbs sur la Syphilis.

Cornelii Celsi de medicina liber Florentiœ; 1478, editio princeps. Magnifique exemplaire avec majuscules en or.

Ciceronis rhetoricorum novorum libri duo et rhetoricorum veterum liber; Venetiis, per Nicolaum Janson; 1470. — Editio princeps.

Claudiani opéra', Vicentise, 1480, editio princeps.

Sancti Ephrem sermones; Florenti», 1481, editio princeps.

Erasmi paraphraseon in novum testamentum Rasileœ ex

officina frobeniana; 1541, in-fol., avec la riche reliure de

Grolier, parfaitement conservée.

Horatius Philippi Lavagniœ; Mediolani, 1477.

Plinius sectmdus; Steph. Corallus Lugdunensis. Parme, U76.

Aesophi fabularum Ubri IV carminé latino ; Aesophi fa^ bulae XVII extravagantes^ etc., sans lieu ni date. Edition classée parmi les impressions faites à Âugsbourg par Ant. Sorg, à la fin du xv^ siècle. Cet exemplaire, avec figures coloriées, offre une particularité bien rare dans les livres anciens ; c'est qu'il est avec ses marges entières, la tranche n'ayant jamais été effleurée par le ciseau d'un relieur.

GaUheri Aleasandreidos ; Lugduni, 1 558. (Caractères dits de CIVILITE).

Publicius oratoriœ artis epitomata; Venetiis» 4482. Exemplaire précieux d'un livre rare, contenant divers alphabets curieux et plusieurs figures ou tableaux pour la mnémonique.

Bypnerotomachia poliphili; Aldus, 4499.

Margarita philosophica ; 1504. Traité de toutes les sciences expliquées par figures. Tout le système inventé par GaU sur le cerveau y est clairement expliqué.

Anacréon et Sapho ; trad. en huit langues ; Lyon, 4835. Exemplaire unique sur peau de vélin.

Antkonius Arena; 4549, première édition.

Liber chronicarum; 4493.

Vicitor, de artifidaliprospectiva; Tulli, 4505. Premier livre imprimé à Toul.

Jurisprudentia ; Lugduni, ad Sagitaiii signum, 4554; poème latin de Barthélémy Aneau. Livre rare et précieux.

Epitre de Ciciron à Octave, traduite parle môme: Lyon, 4542. Pièce également fort rare.

Discorsidi Machiavelli sopra la prima deçà di Tito-Livio ; Aldus, 4540. Exemplaire de Ballesdens en grand papier avec la riche reliure de Groslier, majuscules en or.

Les Simulachres et historiées faces de la mort; Lyon,

La Grand Danse macabre des hommes et des femmes ; Lyon, Claude Nourry, 4501.

Le Propriétaire des choses; Lyon, Jehan Cyber, sans date, avec figures or et couleurs.

Des Sainctes Pérégrinations de Jérusalem; Lyon, 4488; par Michel Topie et Jacques Heremberch. Premier livre imprimé en France, avec planches sur cuivre.

La Destruction de Jérusalem; édition sans lieu ni date, sortie des presses lyonnaises, à la fin du xv^ siècle, antérieure à toutes celles connues, et qu'on doit attribuer sans aucun doute à Guillaume Leroy.

La Vie inestimable du grand Gargantua , etc. ; Lyon, F. Juste, 1537. Edition de toute rareté, publiée par Rabelais lui-même pendant son séjour à Lyon.

Les Passages d^ Outre-Mer faits par les François; Paris,

Le Livre de prestre Jehan ; sans date ; pièce de toute rareté.

Le Jeu des échecs moralisé; Paris, 4505.

L'Histoire de Paris et de la belle Vienne; Lyon, 4835. Exemplaire sur peau de vélin.

L'Histoire du Saint Gréaal; Paris, 4516.

L* Histoire de Perceval le Gallois; Paris, 4530.

Artus de Bretagne; Lyon, 1556.

Méliadus de Leonnois; Paris, 1532. Exemplaire de Guyon de Sardier, avec sa signature.

Theseus de Coulongne ; Paris, sans date.

Isaie le triste; Paris, sans date.

Les Prophéties de Merlin ; Paris, sans date.

Tous romans de chevalerie très-rares et parfaits de conservation et de reliure.

L^ Antiquité f origine et noblesse de Lyon ; par S. Champier, avec la Rebeine de \ 529. Pièce fort rare sur Lyon.

Fasciculus temporum^ enfrançois; Genève, 1495.

La Bibliothèque historique du P, Lelong ; 4749, in-folio, avec la reliure de Padeloux , aux armes du comte de Hoym.

Dialogue sur la Saint-Barthélémy; 1573. Livre de toute rareté, inconnu au Père Lelong.

Le Recueil de 39 tableaux; par Tortorell et Perissim.

Le Pèlerinage de r homme; Paris, Verard, 4541.

Les Abus du monde ; Paris, sans date. — Les notables enseignements; Lyon, sans date. Deux ouvrages fort rares de Gringore.

Le Boman de la rose : sans lieu ni date, mais imprimé à Lyon par Guillaume Leroy.

Roman de la rose; Paris, 484 3, 4 vol., imprimé sur peau de vélin, orné et enrichi de dessins et de majuscules or et couleurs.

Le Triomphant mystère des actes des Apôtres; Paris,

La Partfienice Mariane de Mantuan; Lyon, 1523.

Le Livre des 4 choses; sans lieu ni date, mais sorti des presses lyonnaises, à la fin du xv* siècle. Seul exemplaire connu, et provenant de M. Tabbé Gazzera, de Turin.

UEsperon de discipline ; par Antoine du Sailx ; Bourg, 4532; imprimé sur peau de véUn. Exemplaire d'Antoine du Sailx, dont le nom est cislé sur la tranche.

L^ Entrée magnifique de Bacchvs et de Madame Dimanche Grasse sa femme^ faicte en la ville de Lyon le 45 febvrier 4627; Lyon, L. Boitel, 1838. Exemplaire unique sur peau de vélin.

Enfin, pour éviter une trop longue énumération, noas mentionnerons une multitude de poètes des xv« et xvi* siè-

clés en éditions gothiques ou autres^ parfaitement conservées, et parmi lesquelles brillent au premier rang celles de Caillot Dupré et de Jean de Tournes.

En 4845, des nécessités imprévues obligèrent M. Cailhava à se défaire de cette magnifique collection. Le libraire Techener fut chargé de dresser son catalogue ; la vente produisit 45,000 fr.

Cette vente eut un grand retentissement.

Cailhava n'a rien écrit, mais il a attaché son nom au poème De Tristibus Franciœ qu'il a édité avec luxe et qui est un monument précieux pour l'histoire du Lyonnais, surtout au point de vue des guerres religieuses du XVI* siècle.

Le manuscrit se compose , on le sait, d'environ 3,000 vers latins, divisés en quatre livres et de 39 dessins à l'aquarelle . in-folio de \ 02 pages , sur papier , d'une écriture nette et lisible. Le P. Colonia est le premier écrivain qui en ait parlé.

L'abbé Michel, chanoine d'Ainay, qui en avait hérité d'un J.-J. Brocard, avait bien voulu le communiquer au célèbre jésuite. L'auteur de ce poème est demeuré inconnu ; mais on peut supposer qu'il était de Lyon ou de la province, d'après les détails qu'il donne sur des événements dont il a dû être le témoin oculaire, comme le sac de Montbrison , la démolition de Saint-Irénée et la mutilation de la cathédrale de Saint- Jean. Ce dernier acte de stupide vandalisme lui arracha ce cri :

Clamarent uUnam lapides per lempUit per urhes. In quibua hcBreiiei tantas fecere ruinas.

En 4852, M. Cailhava édita encore, — de concert avec M. Monfalcon, — une Louise Labbé qui est un chefd'œuvre de typographie.

Son goût pour les livres ne pouvait rester oisif ; il s^était créé une nouvelle bibliothèque. Une seconde fois, il fut obligé de s'en défaire ; mais, malheureusement, on ne peut en consulter le catalogue, parce que Techener, se servant du nom de M. Cailhava pour faire une affaire, glissa dans la collection de l'éminent bibliophile, une foule d'ouvrages plus ou moins précieux qui prirent immédiatement une valeur aux yeux des acheteurs.

Les dernières années de M. Cailhava ne furent pas exemptes d* ennuis. Sa belle fortune s'était considérablement amoindrie : le grand seigneur se voyait obligé de régler ses dépenses ; l'homme du monde cachait sous un front tranquille les soucis qui rongeaient son cœur. Ces positions usent la., vie. Cailhava succomba sans avoir atteint un Age très-avancé.

n est mort à Lyon, le 1 5 décembre \ 863 ; il est inhumé à Sainte-Foy, dans le tombeau de sa famille. Il ne s'était pas marié et son nom est éteint aujourd'hui dans notre ville.

Un neveu, fils de sa sœur, a hérité non d'une fortune qu'il n'a pas laissée, mais de son goût pour les livres et les œuvres d'art, douces consolations dans les peines dont la vie n'est jamais exempte.

▲XfCIBNNES BIBLIOTHÈQUES DE LYON

Bibliothèque de Pierre de Masse

J'ai essayé déjà au commencement de cette étude, de donner, au moins, la liste des anciennes bibliothèques monastiques et particulières de Lyon ; mais cette liste a été peu nombreuse. Les documents qui concernent ces collections ont malheureusement presque tous disparu, et M. V. de Valons a eu bien raison d'écrire, dans la remarquable préface de sa récente publication sur l'Inventaire des livres d'un abbé de Valbenoite, les lignes suivantes ;

« Si les bibliophiles recherchent avec passion les inventaires des bibliothèques formées pendant les xv et XVI* siècles, c'est que le petit nombre qui nous reste des documents de ce genre, apportent quelque lumière à l'histoire des livres, «n accroissant la nomenclature des auteurs, des commentateurs, des annotateurs, des éditeurs, des graveurs, des imprimeurs et des libraires. Que de renseignements exacts dans le simple titre d'un livre excellent, médiocre ou mauvais ! Et si ce titre appartient aune publication peu connue, oubliée ou perdue, il découvre à celui qui sait le lire des indices précieux qui accroissent l'histoire littéraire. »

On ne saurait donc assez rechercher ce qui reste de ces anciens catalogues et M. de Valons, qui a eu le bonheur fort rare de découvrir l'inventaire de la bibliothèque de Pierre de Masse, a rendu un nouveau et grand service aux

Lettres en publiant cet important document. Quelque publicité qu'ait reçue l'œuvre de M . de Valons, il voudra bien me permettre d'en parler encore et de lui emprunter même de nombreux passages pour la page que je croîs devoir consacrer dans cette étude à la bibliothèque de Pierre de Masse, laquelle doit nécessairement avoir aussi sa place dans la nomenclature que je dresse de nos anciennes collections.

L'abbé de Valbenoite, dit M. de Valons, est Pierre de Masse, quatrième fils de Humbert de Masse, bourgeois et marchand, conseiller de ville en 4544 , et de Clémence Grolier; il était docteur en droit, aumônier du roi, chanoine et prévôt de Saint-Just, abbé de Valbenoite en Forez. C'est sous son gouvernement que cette abbaye, détruite par les Calvinistes, fut réédifiée. Mais il avait heureusement laissé à Lyon, dans sa maison d'habitation, près le cleltre de Saint-Just, la bibliothèque sauvée lors de la destruction de cette abbaye, en 4562, par les troupes du terrible baron des Adrets.

La bibliothèque qu'il réunit, ajoute M. de Valons, et qui était sa propriété particulière, fut formée avec un grand esprit de tolérance. C'est la collection d'un prêtre instruit, plus occupé de droit canonique et de commentaires sur les Ecritures saintes que de théologie irritante et de controverse à invectives. L'histoire ancienne et l'histoire sacrée sont représentées largement, de même que rhistoire moderne. Le collecteur ne parait pas avoir eu la manie des livres, mais bien la passion de l'étude sérieuse : on ne rencontre dans cette bibliothèque aucun livre de curiosité; la littérature contemporaine n'y est pas même représentée. Elle formait un ensemble de 246 volûmes, composés de 450 traités, non compris deux lots de

26 et de 46 volumes dont on n'a pas pris la peine d'écrire les

titres dans l'inventaire. On n'y trouve aucun manuscrit, mais seulement trois impressions du xv* siècle de Bâle et de Venise. Les autres ouvrages ont été publiés entre 4506 et 4592: 33 à Paris, 58 à Lyon, à Toulouse, à Limoges, à Cologne, à Bâle, à Francfort, à Anvers, à Louvain, à Genève, à Zurich, à Rome, à Naples, à Bergame.

Les imprimeurs lyonnais sont: Ancelin, Dupré, Frellon, Gazeau, Giunti, Gryphe, Sébastien et Antoine; Guérin, Huguetan, Jove, Landry, Hugues de La Porte, Morel, Pesnot, Pillehotte, Rigaud, Roussin, Roville, Salamandre, Strada, de Tournes.

L'inventaire porte aussi le chiffire du prix donné à chaque ouvrage lors de sa mise en vente. Valeur bien minime, puisque beaucoup de ces livres qui atteindraient aujourd'hui des prix fabuleux, sont cotés seulement deux sols tournois qui équivalent h 50 de nos centimes ; mais alors, c'était en 4593, on était au milieu des guerres civiles et de longues guerres étrangères.

Ce qui donne encore du prix à cet inventaire c*est quil a pour auteur Antoine Gryphius, fils du célèbre imprimeur lyonnais.

Sébastien Gryphius, dit M. de Valons, était un homme instruit, qui mit en lumière tant de belles et savantes publications, rendues plus remarquables par la correction et la netteté des caractères (4). Antoine fut aussi un

(1) Antoine Grtphk on Grtphius était fils de SéBASTim , né à Reatlingen, en Souabe, vers 1495, mort le 7 septembre 1556.

Ahtoink succéda à son père comme imprimeur. Il se servit de la même marque que son père. Cette marque avait pour devise : VirtuU duce, comité Fortuna, Mais la Fortune ne raccompagna pas toujours et, le 10 février 1589, il fut remplacé dans ses fonctions de capitaine

érudit comme beaucoup de typographes et de libraires de ce temps, mais les troubles du temps et les frais d'impression de plusieurs ouvrages importants amenèrent des revers dans sa fortune. Des créanciers impitoyables le retinrent môme sept ans en prison. . .

Lliébraïste, Thelléniste, le latiniste, le typographe en renom qui avait donné ses soins à la féconde édition da Thésaurus linguœ sanctœ de Pagnini ne trouva pas grâce devant des usuriers inhumains.

Telle fut cette bibliothèque remarquable. Elle serait restée dans le phis profond oubli sans les infatigables recherches de M. de Valons. Remercions le ucn:, au nom des Lettres et de THistoire, auxquelles il rend journellement de si rares services, d avoir exhumé de la poussière des siècles ce précieux document auquel, en le reproduisant, il a su donner par sa remarquable impression un mérite de plus. Ajoutez aussi qu*il a ajouté à cette belle publication la généalogie de la famille de Masse de 4395 jusqu'à la fin du xviii* siècle, laquelle forme une nouvelle et bonne page de notre histoire lyonnaise.

penon de la rue Thomassin « attendu qu'il estoit en prison depuis six

ou sept ans pour ses grandes dettes. •

(Lyonn. dign. de mémoire, p. 459.)

Je n'ai pas besoin de parler des splendides impressions sorties des ateliers d'Antoine et de Sébastien Gryphe ; on se les arrache aujourd'hui et elles ont inspiré à un bibliomano moderne le quatrain suivant; M. Vingtrinier me permettra bien de le reproduire ici :

N'éconts pas det flaltea/i apocryphes, Lyon, tfts imprimeara ne foat qoe da métier ; Malgré Perrin et Vinftrioier Tu ii*u pat retrovvé tes Grypbes.

Bibliothèque d'Etienne Gharpin

Cette ancienne collection est aussi à peine connue de nos jours ; l'oubli se fait si vite sur les meilleures choses ; les livres, comme les feuilles de nos bois se dispersent au premier vent :

n s*est rencontré heureusement quelques auteurs qui en ont fait mention, et M. le comte Charpin de FeugeroUes, Tun des arrière-neveux d*E tienne Charpin, a eu la gracieuse attention de me remettre une note des plus intéressantes et qui résume tout ce qui a été dit sur ce remarquable prêtre et sur sa bibliothèque. C'est donc une vraie bonne fortune pour moi de reproduire in- extenso cette note, qui se recommande par sa profonde érudition.

Château de Feagerolles (par le Ghambon-FeugeroUes,

Loire), le 29 novembre 4875.

Monsieur Léopold Niepgb ,

« Je lis avec le plus grand intérêt, dans la Revue du LyonriaiSf les études que vous y publiez sur les Bibliothèques publiques et particulières de Lyon. J*y vois, dans le numéro d'octobre dernier, au sujet d^une communication de M. Steyert, que vous êtes disposé à accueillir celles qui pourraient vous être utiles pour compléter votre œuvre. A ce titre, je vous demande la permission de vous signaler l'existence, au xvi® siècle , d'une Bibliothèque importante qui fut fondée, à Lyon, par un ecclésiastique de ma famille , lequel eut alors quelque renom parmi les lettrés et les bibliophiles de cette ville : Etienne Charpin, surnommé Clarus, prêtre, Perpétuel de TEglise de Lyon.

« Voici ce qa*en dit le P. Louis Jacob, dans son Traité des plus belles bibliothèques publiques et particulières :

a Estienne Charpin, prestre de la yille de Lyon, a esté a homme fort curieux en son temps, comme il appert par « les meilleurs livres qu*îl achepta pour former sa biblio- <x thèque, de laquelle il fît imprimer le catalogue à Lyon, ff l'an 1555, en suite d'une épistre qu'il escrit de ce sujet, « dont voicy le titre de peur que la mémoire ne s'en perde : « Studiosiê tantùm Lugdunensis Eccksiœ fratribus qui au- « gustissimam ejus majeslcUem pereanem expeturU^ Stephanuê « Charpin eitam perennem illis optai saluiem, Bibliotheeam a ideo Christianam comparaviy candidissimi commilUoneSt « iU pro viri ad juravem, etc. »

a Cette blibliothèque est également citée pag^ 4 47 du tome 8 des Archives historiqnes et statistiques du département du Rhône, où il est dit que le catalogue de 4555 est devenu extrêmement rare.

c< On lit également, page 63;du livre de Quincamon (La

Fondation et les antiquités de la basilique collégiale de

Lyon) : Estienne Charpin, son parent (il s*agit ici de Pierre Charpin, chamarier de Saint-Paul, officiai et vicairegénéral de Lyon], docte ecclésiastique, a recherché la généalogie et la vie du B. Primat Eucher IL

« Severt {Chronolog. episc. Lugdun.^ p. 78) invoque, à ce sujet, l'autorité d'Etienne Charpin. Page 476 du même ouvrage, il parle d'une lettre élégante, et &isant également autorité, par lui écrite, datée de Lyon, 4553. Il le cite encore page 270, comme ayant écrit le catalogue des chanoines de l'Eglise de Lyon.

« Enfin, toujours au sujet de saint Eucher, Etienne Charpin est cité par J.-M. de la Mure, en son Histoire ecclésiastique du diocèse de Lyon, page 73.

«M. Péricaud ( Notes et Documents ^ p. 795) suppose

qu'Etienne Charpin fiit l'éditeur d'un volume in-f* publié en 4554 (Aptêd Petrum Meraui)^ contenant deux pièces de y ers de saint Agobard ; Tune sur la mort de Chai lemagne, l'autre sur la translation de Carthage à Lyon, des reliques de saint Cyprien, de saint Pantaléon et de saint Spérat ; ainsi que de la yie de saint Cyprien par Pontius, la lettre de saint Eucher à Valérien, une vie de sainte Constance, etc. Mais, le fait le plus saillant de son existence de bibliophile fut la publication, par Jean de Tournes, en 4558, d'un manuscrit des poésies d'Âusone, contenant plusieurs pièces alors inédites, et par lui découvert dans la Bibliothèque de l'abbaye de TIsle-Barbe. Antoine d'Albon, pour lors abbé de TIsle-Barbe (depuis, archevêque de Lyon) , en paya les frais. Le monde savant s'occupa beaucoup alors de ce livre assez rare aujourd'hui ; et Guillaume Paradin, doyen de Beaujeu, composa, à la louange d'Antoine d'Albon et d'Etienne Charpin, deux pièces de vers latins qui se trouvent au tome II, page 49, des Mazures de FlsleSarbe. Ces vers se lisent aussi en tête de l'édition d'Ausone de 4558, par Jean de Tournes, in-42.

(( Il est encore parlé d'Etienne Charpin dans la préface de l'édition d'Ausone commentée par Elit Vinet et publiée à Bordeaux en 4575, in-i^ (les commentaires imprimés séparément en 4580), et à la fin de la vie d'Ausone de cette même édition.

(( Etienne Charpin fut indubitablement au nombre des érudits lyonnais qui entrèrent en relations personnelles avec Erasme, lors de son séjour à Lyon. Il aurait mérité, de la part du P. de Colonia, une mention qu'il n'a pas eue dans son Histoire littéraire de la ville de Lyon ; ouvrage du reste bien incomplet.

(( Jusqu'ici je n'ai pu me procurer, à mon grand regret, le catalogue imprimé en 4555, ni les divers ouvrages ou

publications d'Etienne Charpin, à Texception d'un bel exemplaire de Tédition d'Âusonede 4558. Je le dois à Tobligeante bonté de monsieur le conseiller Ck>ste. * « Je n'ai connaissance que de deux ouvrages provenant de la bibliothèque d'Etienne Charpin : le premier est à la bibliothèque de la ville de Lyon, et m'a été communiqué par M. Péricaud ; c'est un exemplaire de l'Erasme, in-f*, de \ 538 (Basiled ex o/Jxcinœ Frobeniand) . Sur le titre on lit : Siephanus Charpin Jésus Christi servus ac Lugdunensis ecclesiœ preàbyter perpetuus, hujus voluminis est possessar.

a A la suite de l'index se trouve une copie de sa main, d une lettre inédite dans laquelle Erasme, écrivant à Alphonse Valdérius, secrétaire de l'Empereur, se justifie du reproche que ses ennemis lui &isaient d'avoir, sur son anneau, une pierre gravée représentant le dieu Terme avec cette devise : Concéda nulli. Cette lettre a été publiée dans le tome IX de l'Erasme de 4540.

(( Le second livre d'Etienne Charpin est dans ma propre bibliothèque ; je Tai acquis à Paris, en 1 869, lors de la vente des livres du baron Jérôme Pichon. C'est un exemplaire de l'édition donnée par Erasme des Epistolœ divi Eusebii Bieronymistridonensiscum scholiis Des. Erasmiroterodami, (Basileœ, apnd JoFrobenium^ 4524, 3 tomes en 4 vol. grand in-f».)

Et habent sua fata libelU !

« Ce livre est un spécimen remarquable de cette bibliothèque dispersée. La reliure du xvt* siècle en maroquin bleu, avec compartiments, tranche dorée et gauffirée, porte sur les plats : Siephanus Charpinus presbyt. Lugd., 4546. Autour du plat recto, on lit» en lettres d'or : Quisquis ufium habei Hieranymum aureum plumen habet, locupleiissi-^ mam'biblioihecam habet absolutis, eœemplar. Sur le plat

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