‹ Les bibliothèques, anciennes et modernes, de LyonChapitre 20 sur 22 · IS · texte numérisé non relu

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verso on lit : Divites doctrina et pietate divîis Hieronytnus vuli sacerdoies esse pauperes opibus,

a L'impression est fort belle, sur papier de Hollande réglé, à grandes marges. Les lettres majuscules sont enluminées h la main avec beaucoup de soin.

« J'ose espérer, monsieur, que cette petite étude, hommage rendu à la mémoire d'un bibliophile lyonnais par Tun de ses arrière neveux, vous offrira quelque intérêt, et j'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien agréer Tassurance de ma considération la plus distinguée.

« Comte De Uhabpin Feugebollbs. »

« P.-S. — Les auteurs qui ont parlé d*Etienne Charpin sont, en outre de ceux cités plus haut :

« 1. BiOQRkPniELYOU^VAJSE: Catalogue des Lyonnais dignes de mémoire, rédigé par MM. Bréghot du Lut et Péricaud aîné, page 67. (Lyon, 1839, gr. in-S**,)

« 2. Notice hist.etstat, du canton de Saint-Symphorien-le"

Château, parM. F. Cochard, page 129. (Lyon, 1827,

in-8^) « 3. Notice sur les manuscrits de la Bibliothèque de Lyon,

par Ant. Fr. Delandine, tome I, page 4. (Lyon, 1811,

3voLin-8^) (( i . Recueil de documents pour servir à l'histoire de l^ ancien

gouvernement de Lyon, publié par L. Morel de

Voleine et H. de Charpin, page 100. (Lyon, 1854,

in.f>.) u 5. Erasme dans ses rapports avec Lyon, par A. Péricaud,

page 16. (Lyon, 1843, in-8^) (( 6. Etudes hist. sur le Forez : Chronique des châteaux et

des abbayes, par M. de la Tour-Varan, bibliothécaire

de la ville de Saint-Etienne : tome I, page 438.

(Saint-Etienne, 4854, 3 vol. in-S"".) € T, La France littéraire, artistique, scientifique. (Revue

publiée à Lyon.) 4* année, n^ du 8 septembre 4 860,

page 795.

a A cette première communication, M. le comte de Charpin de Feugerolles a bien voulu en ajouter une seconde, le 4 4 décembre dernier. Je la reproduis également avec autant de gratitude que de satis&ction :

« J'aurais dû ajouter, à la liste des auteurs qui ont parlé d'Etienne Charpin et de sa bibliothèque, les Mémoires pour servir à lliistoire de l'abbaye royale de Saint- André-le-haut de Vienne, par Claude Charvet, publiés pour la première fois sur le manuscrit de l'auteur, avec notice, notes, etc„ par M. P. Allut. (Lyon, 4868, in-8®, page 456.)

« En outre, il est très-probable que M.Breghotdu Lut en fait mention dans ses Mélanges biographiques et littéraires ( 4 828] . Mais je n'ai pas, à mon regret, ce livre dans ma bibliothèque.

« En outre des deux piècesde vers latins, composées par Guillaume Paradin et insérées dans l'édition d'Ausone, de Jean de Tournes (1558), on y trouve une épître, également en vers latins, dont voici la copie :

AdStephanum Chirpinum, Amonu poetae asserlorem, Ludoneot Miraeus:

AbiiU dnm reYocas aigris monumenU latebris

Ausonîi, el purgas inclyU scripta situ,

Qui tineas blattasq ; inter riaatos abunde.

In lucem salvus rindice te rediit.

Noatra libi multam debere intelligil stas,

Et accepta tibi commoda jure refert.

Non miner est homm virtus qui scripta velnsta

Restitnnnt, quàm qui composuère piins. •

Blbliotliè<iae de M. l'abbé Penichon.

La famille Perrichon n est pas originaire de Lyon, mais elle s y est fait un nom dans Téchevinat et dans les lettres, comme dans le sacerdoce.

Pernetti lui a consacré quelques pages ; les auteurs de la Biographie lyonnaise ont cité Tun de ses membres, mais M. Morel de Voleine vient de donner sur elle, dans la Revue du Lyonnais (janvier 1876) des documents des plus précieux.

Les Perrichon sortent de Saint-Bonnet-le-Château, en Forez. Dans les œuvres du jurisconsulte Papon , dit M. Morel de Voleine, on trouve cité un Pierre Perrichon, marchand de cette ville, marié à Anne Villatelle. En 4 637, on rencontre à Lyon, dans le quartier de THerberie , Pierre et Denis Perrichon. Plus tard, apparatt Pierre Perrichon, avocat au parlement, ancien notaire, secrétaire de la ville, échevin en 1700 et 1701. En décembre 1749, il fit la harangue de la Saint-Thomas et fut Tami et le soutien des religionnaires fugitifs, après la révocation de Tédit de Nantes.

De son mariage avec Marguerite Severt, il eut, entre autres, Camille Perrichon, chevalier de Tordre du roi, de r Académie de Lyon, prévôt des marchands, de 1730 à 1739, né en 1678, mort en 1768. Il possédait une trèsbelle bibliothèque dont le catalogue fut imprimé par les frères Duplain, en 1 763.

Camille Perrichon protégeait les lettres, et lé Journal de Lyon, de 1784, a publié une ode de Gentil Bernard, sur les Grandeurs humaineSy adressée à Camille, duquel le poète reçut un présent qui l'encouragea à suivre la carrière des lettres.

Le CoxiBulat se montra généreux envers la veuve de Camille Perrichon. Il lui laissa» après le décès de son mari, la jouissance de l'appartement qu'il avait occupé dans THôtel-de-Ville . Toutefois, cette jouissance ne fut que temporaire, car en 4775, le Consulat, sur la proposition du premier échevin, décida que l'appartement occupé par Madame veuve Perrichon, serait destiné « à servir de lieu d'assemblée, lors du repas des corps de la ville et à d autres usages. » (Actes cens.)

Le frère atné de Camille Perrichon eut» à Lyon, une

position plus modeste, mais il n'en fut pas moins trèsutile à la ville.

Le Consulat se l'attacha, en 4705, « et luy confia le soin particulier de ses archives, pour Tarrangement et la conservation de tous les titres qui y sont enfermés. » (Âct. cons.)

Il succédait ainsi, comme archiviste de la ville, à un sieur Desglareins, et reçut le titre de « conseiller gardescel du Consulat et des jurisdictions de la Conservation et delà police. » On lui donna, en outre, un logement dans THôtel-de-Ville ; mais le Consulat le chargea souvent de missions très-importantes pour les affaires de la ville, et il demeura des mois entiers hors de Lyon. En 4730, il crut devoir, pour cette raison, se démettre de ses fonctions d'archiviste de la ville et proposa pour son successeur M. Tabbé Benoist.

n mourut en 4748. — En 4759, sa veuve, Agathe Estienne demanda une pension au Consulat, et celui-ci, « pour lui témoigner sa reconnaissance, pour les services que son mari avoit rendus à son pays, décida que cette dame, veuve de M. André Perrichon, écuyer, chevalier des ordres du roy, et Thérèse Perrichon, leur fille, recevroient une pension de 1 ,000 livres, en considération de

la participation assidue et.zélée du défunt aux affiiires de lacommune, depuis 1705, époque de son entrée au service. » (Act. cons.)

André Perrichon aimait les livres et il s'était formé une bibliothèque, dont les frères Duplain firent paraître le catalogue en 1759.

André Perrichon avait été secrétaire du commerce , en 4742, et directeur des droits de douane. De son mariage avec la fille de Raymond Estienne, échevin de Lyon , il avait eu , entre autres, Dominique Perrichon , né vers 4722, mort le 3 février 1798, licencié de Sorbonne, prieur de Saint-Nicolas-de-Motices, syndic du clergé du diocèse, chamarrier de Baint-Paul, et vicairegénéral & Vienne.

L'abbé Perrichon était aussi un amateur distingué de Uvres, mais il dut s'en séparer de son vivant. Il les vendit en 1791, « entraîné, dit le catalogue, par des circonstances qu'il n'étoit pas dans la prudence humaine de prévoir, » ce qui veut dire que la Révolution frappait déjà à la porte, et que l'abbé Perrichon, en homm& prudent, se défit volontairement de ses livres pour chercher un abri contre les fureurs de la démagogie qui devait faire, peu après, tant de victimes et de ruines. Cette bibliothèque contenait 1406 numéros. « Le catalogue, dit M. le président Baudrier, est bien fait, mais il est facile de voir que son auteur, Tabbé Perrichon, probablement, a sacrifié aux habitudes du temps, en modifiant l'orthographe des noms. » Je ne dirai pas tout ce que cette bibliothèque renfermait de raretés lyonnaises. La place me manque, mais il serait à désirer que M. le président Baudrier, si compétent aussi en cette matière, voulût bien publier les notes qu'il a faites sur cette bibliothèque, comme sur celles de Richard, de Montbard, de

Bast-Maupas, de l'abbé Ooyot, chanoine de Villefranche, et qui contiennent un relevé si exact et si intéressant de toutes les œuvres lyonnaises qui se rencontraient dans ces diverses collections. Ces notes sont un véritable catalogue des plus remarquables publications lyonnaises.

Blbliotlièqae Rast.

Le nom de Rast a appartenu à plusieurs Lyonnais qu'on trouve cités dans la Biographie lyonnaise^ p. 246.

C'étaient : 4° Rasi-Uaupas ^ Jean*Baptiste-Antoine, médecin de l'Académie de Lyon et de la Société d'agriculture de cette ville, né à la Voulte, en Vivarais, le 27 décembre 4732, mort le 4" juin 4840, à Albigny, près Lyon. Il avait acquis une grande réputation en bibliographie, il a publié quelques opuscules ;

2* Ras^Ataupas, Jean-Louis , frère du précédent, négociant et agronome, fondateur de la Condition publique des soies, né aussi à la Voulte, vers 4754, mort à Lyo», le 27 mars 4 824 ;

Et enfin 3<> Rasiy Jacques-Joseph, ancien chanoine de Saint-Paul, né le 47 novembre 4736, où il est mort le 47 février 4846. Il se fit un nom par sa vertu et sa piété, et son portrait a été gravé par Julie Boily.

Jean-Baptiste*Antoine Rast-Maupas s'était formé une remarquable bibliothèque, mais qui n'a eu aussi, hélas ! qu'une durée bien éphémère . Son catalogue nous reste seul et est précieux pour les bibliophiles. Il a été dressé par Eindelem, en 4842, et contient 5,340 numéros. Sur ce nombre se trouvaient des éditions lyonnaises des plus anciennes et des plus belles, et choisies avec le goût le plus sûr.

Bibliotlièfiae de l'Arolievèolié.

De nouvelles recherches dans les dépôts de nos archives, dont les inventaires sommaires se dressent si lentement, m'ont permis enfin de découvrir quelques indices bien incomplets, il est vrai, sur les bibliothèques qui ont existé dans le palais de nos archevêques (4). Je ne parlerai pas des livres recueillis par l'archevêque Leidrade, Tami et Fauxiliaire de Charlemagne; ces livres étaient destinés spécialement à renseignement donné dans les écoles fondées, à Lyon, d'après Tordre de son souverain. Ils étaient, du reste, peu nombreux, et Leidrade nous les indique, lui-même , dans sa fameuse lettre à Charlemagne. Ils se composaient des saints Evangiles, du livre des Prophètes, de Salomon, de Job, des Psaumes. Plus tard, le puissant empereur fît don de quelques autres ouvrages que j'ai déj^ indiqués à la page 49, seulement cette librairie n'était pas à l'archevêché, mais bien à l'Ile- Barbe, dans le célèbre monastère de ce lieu. On sait que les calvinistes, en le renversant, brûlèrent aussi sa bibliothèque. Paradin a dit quelques mots de cette bibUothèque à la page 261 de son Histoire de Lyon, a Pour plus honorer Tabbaye de TIle-Barbe, Charlemagne y fit dresser sa royale librairie, y £skisant apporter ses livres

(1) Paradin dit que cette bibliothèque fut enrichie d'un grand nombre de volumes, magnifiquement reliés, et Sabellicus, ainsi que Palmerius, assurent que Charlemagne y plaça un manuscrit des œuvres de saint Denis, dont lui avait fait présent Nicéphore, empe* reur de Constantinople, et une bible grecque et syriaque qu'il avait corrigée de sa main. (Delandine, BibUothèqueg de Lyon^ p. 3.)

dont il estoit richement meublé, comme le prince de son temps, le plus savant et le plus studieux. A la mienne volonté que cette librairie eust esté aussi curieusement gardée, comme de saincte affection elle y avoit esté dressée. Nous avons vu des œuvres du poète Ausone (4 ) qui jamais n*avoient esté veues, tirées de ladite librairie, et ces années précédentes publiées par le don et bien&it de très-révérend monseigneur Antoine d' Albon . y>

En même temps que Leidrade formait avec les dons de Charlemagne une librairie dans Tabbaye de Saint-Martin* de*rile-Barbe, le célèbre diacre Florus (2), né en 779, s'en créait une personnelle» dans le cloître de Saint-Jean,

(1) Les auteurs des Lyonnais dignes de mémoire prétendent dans leur Biographie tyonnatse, p. 67« que ce fut Etienne Charpio. prêtre de PEglise de Lyon, auteur de quelques ouvrages, et qui s*était composé une bibliothèque, dont il fit imprimer le catalogue, en 4555, qui découvrit dans le monastère de riIe*Barbe VAusone^ manuscrit qu'il publia, en 1598. « Ils ajoutent que c'est à tort qu'on a attribué cette découverte à Antoine d'Âlbon, qui était alors abbé de ce monastère, et qui seulement en favorisa l'impression. » tSevert. 78, 176 et 370. — Arch. du Rh., VIII, 147.) Jusqu'au moment de la découverte du manuscrit é*Àusone, on n'en avait qu'une faible idée. Dès Tan 1472, on avait publié, à Venise, une partie de ses épigrammes. En 4490, Gesner en donna une édition plus étendue à Milan, et Georges Merula une autre, à Venise, en 4496. Cette découverte a fait événement dans l'histoire des Lettres. J'ai parlé plus haut, p. 571, de la bibliothèque d'Etienne Charpin.

(2) Florus n'était pas Lyonnais de naissance, mais Lyonnais d'éducation, n a été auteur célèbre, élevé, dès son enfance, dans nos écoles, auxquelles il a longtemps présidé, attaché qu'il était par son titre de diacre à la personne de nos archevêques, pour être le fidèle e^ perpétuel témoin de lear conduite, et pour coucher même dans leur chambre, car c'était là autrefois, comme l'on sait, une des fonctions dont le djacre deTévèque était chargé. (Colonia. Hist Htt, 1. 1.)

ob il avait été élevé, et dont le souvenir s'est gardé. Florus, on le sait, était disciple de l'archevôque Agobard^ théologien et poète latin assez distingué. On l'appelait le MaUre far excellence. Son enseignement, justement estimé, attirait, à Lyon, un grand concours d'élèves. Il prêtait volontiers à ses amis les excellents livres dont se composait sa bibliothèque et il les envoyait môme au loin, jusqu'à Trêves, si nous en croyons M. Mon£Eilcon. T. I, p. 240 (1).

Plus tard, Téglise Saint-Jean commence à posséder aussi une librairie. Hugues I de Bourgogne, d'abord religieux de Saint-Marcel, près Chàlon, puis évêque de Die, et enfin élu archevêque de Lyon, vers 4085, légua à sa cathédrale, en mourant, vers 4406, outre un grand nombre de riches vêtements sacerdotaux et de vases sacrés du plus grand prix, une certaine quantité de livres. On lit, en e£fet, dans VObituarium Lugdunensis EcckeicBf publié en 4867, par M. Guigne, aujourd'hui

(1) Halinard, 65, évêque de Lyoo, aa xi' siècle, empoisonné à Rome, avait une bibliothèque choisie et nombreuse qui fut transportée dans le monastère de Saint-Bénigne, de Dijon, dont il avait été, vingt ans, abbé. (Hist. du Clergé de France, t. III, p. 359.)

Théobald de Versailleux, chanoine de la métropole, dit dans son testament « do et lego conventi 5. Crucis (alors église cathédrale), Bibliam meam, sermones Guillelmide Peyraudo (célèbre dominicain, distinctiones Mauri (Raban Haur, Proprietarium meum, et Pastorale B. Greg(»rii (arcb. du Rhône, arm. agar., vol. 6, n? 7.)

UeX'libris de la bibliothèque du Chapitre de Lyon, qu'on retrouve encore sur quelques volumes échappés à la confiscation de cette bibliothèque, porte les armes du Chapitre, accostées de deux anges,et surmontées d'une couronne4de comte ; au-dessous on lit : c Bibiioth. de MM. les comtes de Lyon. »

Cet ex-libris est très-mal gravé.

archiviste de la ville de Lyon , les lignes suivantes, page 428.

(( Nonas. Obiit Hugo bone et fidelis memorie, lugdu- « nensis arcliiepiscopus, qui eidem Ecclesiœ providit « atque hujusmodi memoriale reliquit : librum sacrara mentorum cum aureis litteris, textum Evangeliarum « cum epistolare, ordinem episcopalem : Dédit de libris a Historiam integram et aliam in quatuor libris, Augusa tinum de verbis Domini super Jôhannem, de octo ques» « tionibus, de cura pro mortuis, de adulterannis conju- « gus, de continencia, de baptismo contra Donatistas, « de anima et ratione, de fide et operibus, de pastoribus» « de ovibus, de bono conjugali, de bono viduatis ; — « librum S. Ambrosii de Virginibus ; — librum beati tt Gregorii Nazianzeni ; — librum beati Ambrosii de « OflBciis; — librum de Patriarchis; — Cyprianum « librum ; ultimam partem moralium Gregorii ; — librum « Didimi de Spiritu Sancto ; — epistolam Theopolii « Alexandrini ; — Epistolam S. Jeronimi ; — Epistolam a S. Augustini ad Dardanum et presencia Dei ; — Epis- « tolam Comelii pape ad S. Cyprianum ; — Sermonem « S. Augustini ad versus Judeos. — Epistolas S. Augusa tini ad Consencium de vera corporis resurrectione ; — « Epistolam S. Augustini ad Volusianum, — Epistolam a Volusiam ad S. Augustinum. — Epistolam Hilarii ad « Augustinum ; — Epistolam Augustini ad Hylarium ; •t — Epistolam Augustini ad Paulînum, episcopum ; — a Epistolam Augustini ad versus Epistolam Juliani; — ff Epistolam Alipii et Augustini, episcoporum ad Maxime mum medicum ; Epistolam S. Augustini ad Syxtum, « prœsbyterum ; — Epistolam beati Jeronini ad Eusto- « chium de virginitate servanda; — Originum super

« Exodom ; quinque benedictionales, textmn unuxxx ; —

(( Librum Mathœi cum epistola Jeronimi, de prodigo

« filio ; — Librum Ansebni Cantuariensis archiepiscopi,

tt de veiîtate, de libertate, de casa dyaboli, de incarna-

« tione Verbi, cur Deus homo, de contemptu virginali

(( et de original! peccato, de processione Spiritus Sancti ;

a epistolam de azino et fermentato ; — Vitam beati Gre-

« gorii ; — Regulam beati Benedicti ; — Librum S.

« Martini de confessione peccatorum; — Epistolas

« S . Pauli ; — Epistolas Gregorii ; — duas Missales ; —

« Textum grecum et Epistolarium grecum ; — Librum

« fioecii ; — Librum hymnorum et Cantica canticorum ;

« — Librum Bruchardi. — Librum Macrobii ; —

« Librum Ozacii ; — duo Psalteria greca ; — Vitam

« S . Niceii ; — Moralia Job . »

Paradin parait avoir vu cette bibliothèque qui avait dû, nécessairement, s'accroître avec les aimées et 6tre à Tusage des célèbres lecteurs qui enseignaient la théologie et la grammaire, c'est-à-dire les belles lettres, dans les grandes écoles du cloître de Saint-Jean. On lit, en effet, dans Y Histoire de Lyon de cet auteur, p. 103 : « En Téglise Saint-Jean se trouvent certains livres fort rares et fort anciens, escrits en écorce d'arbres, dont Tun est lisable et contient un commentaire sur les Psalmes. L autre, qui n'est relié, ains lacéré et imperfet, est escrit en caractères antiques et qui bonnement ne se peuvent lire (combien que la lettre ne soit belle et nette) et semble à plusieurs qui ne sont stylés à tels caractères que ce soit lettre grecque : mais véritablement ce sont lettres latines, dont la forme est dissemblable aux nostres, pour la diversité des caractères, qui fait que, quelque bon esprit que ce soit, il lui seroit mal aisé d'en lire une page en

huict jours (1). A la vérité, ce sont des œuvres d'Aviius, archevêque de Vienne, qui florissait environ Tan 5S0. — n y a plusieurs autres traités monstrant manifestement que ce sont des œuvres à'Alciniiis Avitus, insigne théologien et excellent poète, lequel est nommé en Tun dlceulx livres, en une épistre de laquelle le titre est Aviius, episcopus papœ canstantinopolitano. Il y a aussi une Homélie prononcée par un grand seigneur de Lyon, nommé Sigistricus. Sa sœur et lui furent convertis de l'hérésie arienne. Aucuns ont estimé que ces livres sont de toile, les autres de joncs du Nil (2), parcequ'il semble

(1) C'étaient probablement les caractères lombardo-romains ositéi au V* siècle. La Mure parle aussi de manuscrits sur écorce ; 4 et pour faire veoir la vérité de cette sacrée et vénérable antiquité en ce Chapitre illustre et très-ancien de l'église métropolitaine de Lyon, c'est qu'au rapport de Piercham (Champier), en son ouvrage de l'Antiquité et noblesse de cette cité, les archives de ce noble chapitre se sont trouvés dépositaires d'un vieux volume en manuscript grec, sur de Véeorce, contenant les pseaumes, les hymnes, et tout le reste de l'office, à la façon qu'il estoit célébré en l'église d'Asie, et sont tel qu'on croit que saint Polycarpe, disciple de saint Jean Tévangéliste. le remit au glorieux saint Pothin, premier évêque de Lyon, l'an de 9eê principaux disciples. »

Champier dit qu'anciennement on récitoit l'office en grec, et il dit avoir vu dans les archives de l'église des manuscrits grecs sur écorce d'arbres, d'une merveilleuse facture, là où estoient tous les pseaumes et hymnes.

(2) Le papier, formé des enveloppes ou filaments de joncs qui croissaient sur les bords du Nil, appliqués les ans sur les autres, à contre-ûbre, étaient mis sous une presse, poli avec de l'ivoire, frotté souvent d'huile de cèdre, pour le rendre plus incorruptible. Memphis se distingua dans Tart de le préparer. Il en existait des fragments dans la bibliothèque ambroisienne de Milan, qui ont été ensuite apportés à la Bibliothèque nationale de Paris, à la suite de nos guer-

qu'il y a des filaments. H y en a qui ont opinion que ce sont de petites pièces de bois collées et rapportées Tune à l'autre. Tant il y a que c'est chose vénérable et digne d'estre conservé pour la révérence de l'antiquité. »

Symphorien Champier paraît avoir vu aussi ces manus* crits célèbres; car on lit dans « le Miroir historial des sacrées aniiquitez et nobles singularitez du très-illustre chapitre de Lion, de La Mure », manuscrit conservé aux archives de la ville de Lyon. — a Et pour faire veoir la vérité de cette sacrée et vénérable antiquité en ce Cha^ pitre illustre et très ancien de Téglise métropolitaine de Lyon, c'est qu'au rapport de Pierrecham (Champier), en son ouvrage de l'Antiquité et noblesse de cette cité, les archives de ce noble Chapitre sont trouvées dépositaires d'un vieux volume, en manuscript grec sur de Vécorce^ contenant les psaumes, les hymnes, et tout le reste de roffice, à la façon qu'il estoit célébré en l'église d'Asie, et tout tel qu'on croit qae saint Poly carpe, disciple de saint Jean, l'évangéliste, le remit au glorieux saint Pothin, premier évêque de Lion, l'un de ses principaux disciples. »

Mais « la révérence de l'antiquité », comme dit Paradin, ne sauva pas tous ces beaux et précieux manuscrits de la fureur aveugle et stupide du baron des Adrets, lorsqu'il saccagea les cloîtres de Saint-Jean, en 1562 (1).

res. C'était la tradaction laline de quelques livres des Antiquités judaiques de Flavius Joseph, par Rufin, (Delandine, Essai hist. sur les manuscrits^ p. 37.)

(1) Voici comment Le Laboureur rapporte, dans ses Mazures de i^lsîe-Barbej le sac de son abbaye. « On accourut à Pîle où on fit des désordres estranges, -- les reliques furent dispersées, nos cloches fondues, à l'exception de la grosse qui, n'ayant pu être cassée, fut

Ce qui resta des épaves de ce douloureux sinistre fut recueilli alors par Tarchevôque Antoine d'Âlbon, et transporté aux archives de Saint-Jean. U s'y trouvait, entre autres , les deux manuscrits des Commentaires de Buffîn (1), prêtre d'Aquilée sur les psaumes de David et sur les œuvres d'Ausone. « En parcourant, dit Antoine d'Albon, ces vénérables restes d'une bibliothèque si belle, si opulente, je trouvai les manuscrits de ces Commentaires, sur parchemin, offirant les caractères et les marques de la plus haute antiquité, r* Cum multa in Insula'ostendi pietatis antiquse monumenta, tum vero prsBcipue btbliothecam opulentam quam cum studiose lustrassem oftendi commentarios Ruf&ni notîs, et caracteribus qui summam antiquitatem prœ se ferent descriptos et membranis (prope inodum exeris ac ipsa vetustate et situ attritis commendatos. )

jetée dans la rivière où elle est encore. La coape précieuse, la grande croix d*or furent emportées, et en général toutes les libéralités de Charlemagne à ses enfants. Tous nos meilleurs titres forent brûlés ou dérobés. Après que le feu qui succéda au pillage eût été éteint, les paysans d'alentour achevèrent de butiner ce qui a voit échappé à la fureur des calvinistes. »

(1) P'Albon dédia ces Commentaires au pape Pie IV, et il alla à Rome en présenter un exemplaire à ce pontife. (Delandine, Bihlioth. deLyon^ p. 4.)

Ruffin, ami de saint Jérôme, et ensuite son adversaire, mourut en 410 ; on ccmnaissait de lui sa traduction d'Origène, des discours de saint Grégoire de Naziance et l'Histoire ecclésiastique d'^utède, ses commentaires sur les bénédictions de Jacob, et les prophéties d'Osée, de Joël et d'Àmos ; mais on ignorait qu'il en eût fait d'autres sur les Psaumes jusqu'au moment où on découvrit le manuscrit dans les ruines de llle-Barbe. La publication en eut lieu à Lyon, en 1569. {Idem, p. 5.)

Mais lorsque les commissaires du gouvernement firent main-basse, en 4791, sur les archives de Saint- Jean, et en firent le recollement avec leurs anciens inventaires, ils négligèrent de mentionner dans leurs procès-verbaux dressés le 10 mars et le 21 avril 1791, qu'il existât des livres dans ces archives. Ces actes nous révèlent simplement ce fait ' qu'il se trouvait deux bibliothèques, Tune, dans le Palais, et l'autre, à la Manécanterie, à côté des archives, et que les livres renfermés dans ces deux bibliothèques furent enlevés par les commissaires de la Nation et transportés, sur des charrettes^ dans les greniers « du ci-devant claustral de Saint-Pierre, « où ils pourrirent pendant de longues années, exposés à la pluie qui y pénétrait par les trous faits par les bombes de la Convention, pendant le siège de Lyon. Ce ne fut qu'au retour de l'ordre et après les sanglantes saturnales de la Révolution que ces livres passèrent des combles de Saint-Pierre dans ceux du Collège, avec les milliers de volumes enlevés aux bibliothèques monastiques. Toutefois, les tablettes de la bibliothèque avaient reçu déjà une autre destination ; on voulut bien ne pas les brûler comme on avait brûlé déjà tant de livres entachés de cagotisme et de fanatisme, et le 13 pluviôse, an V, on avait décidé u que les tablettes des cy-devant comtes de Lyon qui se trouvaient dans le bâtiment de la Manécanterie demeureraient réservées à V Ecole centrale, pour former le cabinet à*histoire naturelle^ sous la surveillance du citoyen Gilibert. »

Ce fut donc dans les greniers du collège que M. Delandine, nommé conservateur de là grande bibliothèque de la ville, trouva, entre autres, plusieurs des manuscrits provenant originairement de Tlle-Barbe. a Je recueillis soigneusement, dit-il, dans la préface de son ouvrage sur les manuscrits de la bibliothèque de la ville (p. 6), ces

manuscrits et ces restes vénérables qui offrent encore les traits de Tantique écriture carlovingienne, ainsi que la preuve de la munificence de Charlemagne et de son affection pour notre ville. » Toutefois, ces manuscrits n étaient pas dans les bibliothèques des archevêques et des comtes de Lyon, dont un inventaire en forme existe encore aux archives du Rhône ; on les avait trouvés sans doute dans les archives de Saint-Jean , où Antoine d' Albon les avait déposés après le sac de TIle-Barbe, par le baron des Adrets. Il est très-probable aussi que, primitivement, ni l'archevêque, ni le Chapitre ne possédèrent de bibliothèque propre. Chaque archevêque, comme chaque chanoine, aura eu sa bibliothèque particulière, composée selon son goût et ses aptitudes, et après leur mort, les héritiers en auront disposé. Du reste, il en eût été nécessairement fait mention, quelque part, dans les grands et beaux inventaires qui nous restent des anciennes archives de la Primatie et du Chapitre, et qui ont été dressés avec tant de soin dans le cours du dernier siècle. A défaut de renseignements fournis par ces inventaires, j*ai dû chercher ailleurs des indices sur les bibliothèques de nos anciens archevêques et c'est aux anciennes archives judiciaires de la Cour que j'ai pu rencontrer, par hasard, un document des plus précieux, celui du catalogue de la magnifique collection de livres que posséda Tarchevôque Camille de Neuf ville- Villeroi. C'était on le sait, un prélat éminent, un savant et un grand administrateur qui figure glorieusement parmi les hommes qui ont été les plus utiles h notre ville. Vivant à une époque où s'éditaient la plupart de ces grands monuments historiques qui seront Tétemelle gloire du siècle de Louis XIV, il les acquit presque tous pour sa collection particulière. Suivant l'usage du temps.il les enrichit aussi de splen-

dides reliures en maroquin, à ses armes, et les plaça dans une belle galerie sur arcades qui s'avançait alors depuis soQ palais en travers de la spacieuse rue ouverte maintenant sous le nom d'Avenue de rÂrchevdché. Mais à l'heure de sa mort, il ne voulut pas que sa bibliothèque fût dispersée par ses héritiers et il la légua aux PP. Jésuites qui tenaient alors le grand collège et dont il était l'ami. (1) Toutefois, la justice dut s^occuper de la liquidation de sa succession, et par son ordre fut dressé le cata^ logue manuscrit que j'ai retrouvé dans les monceaux de titres en désordre qui forment les Archives judiciaires. Ce document se compose d'un registre de 162 pages in-folio, entièrement écrit de la main de l'un des deux libraires de

(I) Voici les termes mêmes du testament mystique du 31 décembre 1690, ouvert à la sénéchaussée de Lyon, le 29 juin 1693, par lequel Camille de Neuville légua sa belle bibliothèque aux jésuites du collège de la Trinité.

« Je lègue au grand collège des jésuites de Lyon, ma bibliothèque, désirant qu'incontinent après ma mort, tous mes livres qui se trouveront dans ladite bibliothèque leur soyent remis, à l'exception des Conciles, impression du Louvre et de la Bibliothèque des Pères, que je lègue au sieur Curtillac, curé de Neuville, en reconnaissance des peines que je luy ai données, — priant lesdits jésuites 4e faire dire beaucoup de messes pour moy, par Tamitiô qu'ils m'ont toujours témoignée, et par l'estime que j'ay toujours eue pour leur Compagnie. » (Fonds Coste, n' 11747.)

Au moment du siège de Lyon, en 1793, un assez grand nombre de ces volumes fut transporté dans un local particulier, hors des atteintes des boulets et on les retrouva intacts. — Camille de Neuville était né à Rome et avait eu pour parrain le pape Paul V. 11 se fit un devoir de résider dans son diocèse où il fonda le séminaire de Saint-Irénée, et favorisa l'établissement des Trinitaires, des missionnaires de Saint-Lazare et de Saint- Joseph. — Il mourut âgé de 87 ans.

Lyon, 0. Cellier et Plaignard qui avaient été chargés par la Sénéchaussée de dresser, en 4693, un état estimatif de la valeur de cette collection. D'après ces experts cette valeur était de 49,033 livres, 40 sols et la bibliothèque se composait de 2,528 volumes d'ouvrages grecs, latins, espagnols, anglais et français. Les reliures étaient en grande partie en maroquin du levant, ou en basane ou en veau et sortaient des meilleurs ateliers. Toutefois, on n'y voit pas figurer d'anciens manuscrits, ni aucun de ces ouvrages qu'on appelle aujourd'hui des raretés. Les livres les plus anciens ne remontent pas au-delà de 4538. Après la Uquidation de la succession de Camillle de Neufville de Villeroy, sa bibUothèque fut transportée au collège de la Trinité ou les PP. Jésuites lui consacrèrent une salle spéciale et aujourd'hui encore Tune des galeries de la Bibliothèque du Lycée porte le nom de Salle Villeroi, en souvenir de ce généreux donateur, — mais où sont les livres de cette précieuse collection ? La Révolution ne put manquer, hélas ! d'y porter sa main sanglante. Pendant le siège de Lyon, les boulets et les obus de la Convention en ont broyé des rayons entiers . . . Les commissaires du gouvernement et les voleurs qui marchaient à leur suite, en ont enlevé aussi ce qu'il y avait de meilleur, et les officiers municipaux de la ville chargés de l'épuration des livres entachés de cagotisme en ont brûlé des quantités énormes dans les corps de garde de la place des Terreaux et de Saint-Nizier. . . Qui ne reconnaît pas nos révolutionnaires à ces actes de sauvage et stupide vandalisme ?

Le P. Louis Jacob, dans son Traité des plus belles bibliothèques (Paris 4 655) , parla en ces termes de la collection de l'archevêque Camille de Neufville-Villeroi : (( L'archevêque ne possède pas seulement ces belles qualités d'esprit de ces grands hommes des Villeroy,

desquels il est issu, mais aussi le voyons-nous porté d'un grand zèle aux bonnes lettres et pour Taugmentation de sa bibliothèque qui a près de 4,000 volumes, en toutes les sciences et en diverses langues, particulièrement, les livres espagnols, lesquels sont tous richement reliés de maroquin incarnat du Levant, avec les armes de ce seigneur qui sont un chevron à trois croix ancrées. »

M. Péricaud, dans sa notice sur Camille de Villeroi ajoute : « Si à l'époque où le P. Jacob publia son Traité, Camille possédait i,000 volumes, il est à présumer que ce prélat qui vécut encore presque un demi-siècle, dut au moios tripler sa bibliothèque. Elle devait, en effet, être très-considérable, puisque après sa mort elle fut estimée, si l'on en croit Guichenon dans sa Vie de Camille de Villeroi, a après la mort du prélat, plus de 80,000 francs », mais Guichenon se trompe. Cette collection, d'après l'inventaire que j^ai sous les yeux, ne se composait que de 2,528 volumes et fut estimée seulement 19,033 livres et 10 sols.

M. Péricaud dit aussi : « Une partie des livres de Camille existe encore dans la Bibliothèque de notre ville ; mais quoique ces livres soient maintenant disséminés dans les différentes salles de cet établissement, ce qui en reste ^t facile à reconnaître à la seule inspection de^ volumes. Presque tous ceux qui sont reliés en maroquin viennent de sa bibliothèque. »

Après l'enlèvement de la collection Villeroi du palais de l'archevêché, il n'y resta plus de livres, et un document des archives du Rhône permet de penser que jusqu'après la mort du cardinal de Tencin il n'y eut pas de bibliothèque propre à l'archevêché. Le Chapitre seul s'en forma une, mais elle était peu considérable, si j'en juge d'après

quelques notes du tome I^' de Y Inventaire des actes capi^

tulaires. On voit, en effet, par ces notes, que ce fat en 4743 seulement que les comtes de Lyon commencèrent à se créer une bibliothèque commune, à Taide d'un legs que venait de leur faire de tous ses livres l'un des membres du Chapitre, le comte de Chevriers, doyen. Cîes ouvrages furent estimés, en 4777, à la valeur de 3,875 livres. Le comte de Chevriers s'était plu à faire, lui-même, le catalogue de sa collection, neuf ans avant sa mort, en 4 743. Après lui, le comte de Montmorillon, grand custode, se chargea du soin de la bibliothèque du Chapitre, lequel avait mis à sa disposition une somme annuelle de 700 livres. En 4757, il tenta d'acheter la bibliothèque laissée par le cardinal de Tencin et en offrit 8,000 livres, mais les héritiers refusèrent.

En 4756, cependant, il avait pu acquérir, au prix de 483 livres, la collection d'une veuve Saunier ; mais, en mdme temps que le grand custode augmentait la bibliothèque du Chapitre, il enrichissait aussi celles du Séminaire et des Enfants de chœur. De 4762 à 4780, il acheta, chaque année, un certain nombre d'ouvrages chez le libraire Rossel, qui était le fournisseur privilégié. L'abbé Gouvilliers était le bibliothécaire da Chapitre. C'était un homme de science, un habile paléographe qui dressa aussi les beaux inventaires du Chapitre d'Ainay , en 4 779

La reliure des livres des comtes de Lyon était confiée à un sieur Lamollière. Trois catalogues en ont été successivement dressés ; un seul subsiste encore en entier. On n'y voit figurer aucun manuscrit ancien, aucun incunable, aucune rareté. C'était plutôt la bibliothèque d'un homme du monde que celle d'un corps religieux. Mais je demande aussi qu'est-elle devenue ? Nous n'avons plus le procèsverbal qui constate sa confiscation comme on a constaté, en 4 794 , la saisie et l'enlèvement des archives de l'Arche-

Yôché et du Chapitre. Cette collection aura dû grossir les tas énormes des livres des communautés religieuses et des émigrés qui furent empilés dans les greniers du ci-devant claustral de Saint-Pierre...

L'archevêque d'Âlbon possédait aussi une belle bibliothèque. Le Laboureur en parle dans ses Mazures de risle- Barbe, p. 4 9, et voici ce qu'il en dit : a En temps de paix, Tarchevêque dans son cabinet combattoit contre les vers et les teignes qui rougeoient impunément les rares et précieux manuscrits dont Charlemagne avoit enrichy le monastère de Tisle, en qualité de restaurateur et de second fondateur de cette église (car' c'est ainsi qu'il faut entendre ce que Ton a dit de sa bibliothèque) pour les purger des désordres dont ces livres ne sont pas toujours exempts. Le lecteur ne sera pas fâché d'apprendre que c'est de Tile Barbe que notre studieux prélat avoit tiré, quelque temps auparavant, les œuvres du poète Auioney qui jusques là ne s'estoient veues qu'imparfiûtes. De sorte que tous les doctes luy ont l'obligation de ce bel ouvrage restitué et imprimé à Lyon à ses dépens d'où il s'est répandu par tout l'univers, à la gloire de notre prélat.

« Voilà les divertissements de notre prélat pendant les beaux jours de la paix, desquels et de la riche bibliothèque qu'il amassa à grands firais et qui se conserve encore aujourd'hui au château d'Avauges près Bully en Lyonnois, il est aisé de conjecturer combien il aimoit les bons livres et les lettres. Mais s'il aimoit les bons, aussi haissoit-il les mauvais comme il montra bien après sa promotion à Tarchiépiscopat. En effet, n'ayant que trop res* senti les pernicieux effets de la nouvelle doctrine qui s'étoit d'aultant plus facilement étendue et multipliée que les plus fameux libraires et imprimeurs du temps en

étoient infectez, il fit une exacte recherche de tous les livres huguenots, et en ayant ramassé tout autant quil put, il les fit porter et brûler le long de la Saône, du côté de la rue Mercière, et jeter les cendres dans le courant de ce fleuve pour en abolir la mémoire. »

Bibliothèque dn Concert.

Au siècle dernier, où Tinitiative privée savait créer de ai belles choses que le Consulat toujours grand et gêné* reux aimait à encourager de sa sympathie et de sa bourse, il s'était formé à Lyon une société d'amateurs de la '"^ musique et des beaux arts. Dès 4743, ceux-ci commencè-

rent à se réunir pour donner des concerts. En 4724, cette société fut autorisée par lettres patentes du roi. Le duc de Villeroi la plaça sous sa haute protection, et le Ck>nsulat en prit la direction, après avoir acheté pour elle une salle des réunions située sur la place des Cordeliers.

J'ai déjà racotité, à la page 34 , les vicissitudes de cette Compagnie qui porta le titre d'Académie des Beaux- Arts, je n*y reviendrai donc pas; mais il me reste à d :e que, d'après TAlmanach de Lyon de 4765, la bibliothèque de cette académie « passait pour la plus belle et la plus complète du royaume. On y avait recueilli tout ce qu'il y avait de plus célèbre et de meilleur en musique instrumentale et vocale, italienne et française, » M. Bergiron du Fort-Michon en était le conservateur. Le directeur de l'Académie était M. Flachon, ancien échevin, et M. de Riverieux, fils, le trésorier.

Aujourd'hui encore on aime et on cultive la musique à Lyon, — les amateurs de talent sont nombreux, et nous possédons aussi des artistes d*un vrai mérite. — De

nombreuses Sociétés musicales se sont fondées, et on aime à suivre leurs concerts. Mais la ville songe-t-elle seulement à leur donner le plus modeste asile ?

Quand elles veulent donner un concert, elles sont réduites à chercher de çà et de là un toit pour s'abriter, et ne rencontrent que des locaux des plus imparfaits pour la musique et des plus incommodes pour les auditeurs. Cette misérable situation doit-elle se prolonger et n'estelle môme pas honteuse pour la ville?

Sera-t-il dit encore longtemps que, dans la seconde ville de France, les lettres et les arts, comme des pauvres sans asile, seront réduits, les uns à camper dans une salle noire, enfumée et sans jour du palais Saint-Pierre, et les autres à chercher une hospitalité insuffisante dans un vestibule du Palais-de- Justice ou dans la corbeille des agents de change, ou dans des théâtres qui brûlent ou dans d'autres où Ton manque d'air et d'espace ?

Et la musique populaire qui se fait entendre sur la promenade de Bellecour, n'aura-t-elle pas non plus bientôt un autre abri qu'un kiosque en planches pourries, que ne retiennent plus que des étais qui menacent de tomber sur les passants ?

Bibliothèque Rufller d'Attignat.

J'ai cité déjà cette bibliothèque à la page 244. Elle avait eu pour auteur Claude Buffier d'Attignat» reçu trésorier de France, à Lyon, le 3 septembre 4734.

Tout en remplissant sa grande charge, M. Buffier d'Attignat sut se former une bibliothèque qui était trèsestimée des connaisseurs de son temps. Elle se composait des meilleurs auteurs sur l'histoire de France et des principaux Etats d'Europe. Il s'y rencontrait une coUec-

tion de livres rares et même beaucoup d'éditions du xv« siècle et « une carte accommodée au Pôle, Charta universo Polo aptaUit de Guillaume Postel, ouvrage qui passait pour unique »• Dans ce môme cabinet se voyait un groupe, en marbre blanc, de Diane et d*Endjmion, de Michel-Ange Slodtz.

Bibliothèque du OtBm.

Cette bibliothèque a appartenu successivement à deux magistrats distingués de notre ville, MM. les présidents Laurent et Pierre du Gas. Elle était citée avant la Révolution conune Tune des plus remarquables. Elle était nombreuse et composée surtout de livres de littérature et de sciences. (Voir plus haut, page 200.)

Bibliothèque de M. Annibal Michon.

M. Annibal Michon, de TAcadémie de Lyon, n'était cependant pas Lyonnais. Il naquit & Toulouse en 4692 et mourut & Paris en 4770 ; mais fixé de bonne heure dans notre ville, il débuta avec succès au barreau et fut désigné en 4722 pour prononcer l'oraison doctorale. L'Académie lui ouvrit ses rangs et elle conserve encore plusieurs de ses mémoires manuscrits. M. Michon fut un magistrat distingué et remplit la charge d'avocat du roi. Il s'était formé une bibliothèque qui avait un nom. VAIrmanaeh de Lyon de 4 765 en parle en ces termes : « L'histoire et les belles lettres y dominent. On y trouve le recueil de tout ce qui a été imprimé jusqu'à présent ur la ville de Lyon et même sur la province, avec un grand nombre de manuscrits anciens et modernes sur ce sujet, beaucoup de cartes à la main, historiques, chrono-

logiques et généalogiques, et beaucoup de portraits, surtout des Lyonnais. » (V. p. 464.)

Bibliothèque Richard de Montbard.

Richard de Montbard n'était pas Lyonnais. Echevin de Moirbard, il eut avec Buffon des difficultés qui lui firent donner sa démission ; mais Buffon, dont le crédit était alors tiès-puissant, obtint du roi un ordre par lequel il était enjûnt à Richard d'achever la période d^échevinage, à défaut de quoi il serait emprisonné au château de Dijon. Richard refiisa de se soumettre, se réfugia à l'étranger, et se retira à Avignon qui appartenait encore au souverain pontife. Quelque temps après, il vint à Lyon et s'y fixa. Emigré à la Révolution, il revint à Lyon après la chute de Robespierre ; il y mourut le 30 janvier 4842, à soixante-neuf ans.

Sa bibliothèque était assez belle. Elle contenait 4832 numéros, y compris le supplément. On suppose que le catalogue fut dressé par Eindelem et a été fait avec assez de soin ; Ejndelem passait pour instruit ; malheureusement, dit M. le président Baudrier, à qui j'emprunte ces notes, suivant Thabitude du temps, il indiquait très-rarement le nom des imprimeurs ou citait seulement les premiers fondateurs de l'imprimerie, les Aide ou les Elzévirs. *

Parmi les dix-huit cent trente-deux numéros de cette collection, vraiment rares et que s'arracheraient aujourd'hui nos bibliophiles, se trouvaient, entre autres, soixante* cinq articles dignes de tout l'intérêt des hommes de science. La plupart étaient du xvi* siècle, et quelquesuns du XV*, comme le Livre des Saints Anges, par Eximenès. Lyon, 4486, petit in-foUo. — Les Sermones brèves^ Lyon 4495. — Tous sortaient des presses lyonnaises.

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