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Les bibliothèques populaires

Je me prévaux de l'excellent conseil que renferme cet axiome pour causer d'un projet déjà ballotté dans l'opinion publique et qui semble n'attendre qu'une bonne occasion pour passer du domaine de l'idéal à celui de la pratique. Je veux parler de l'installation des bibliothèques gratuites dans les villes et principalement dans les centres où se groupent de préférence les classes laborieuses.

L'occasion d'aborder ce sujet est d'autant plus propice qu'un certain nombre de citoyens

de Québec et de Montréal, industriels, négociants et professionnels, mus par un sentiment très louable, se sont constitués d'euxmêmes les initiateurs et les promoteurs d'un mouvement qui, s'il rencontre l'assentiment général et éveille d'autre part l'attention et les instincts généreux des favorisés de la fortune, aura pour résultat de doter les principales villes de la province de bibliothèques à l'usage de notre peuple.

Comme tous les autres projets, celui-ci — on doit s'y attendre — se heurtera, dans le principe, à des difficultés de toute sorte. Il aura à triompher de l'ignorance et des préjugés des uns, de l'insouciance ou de l'opposition des autres.

Ce sont précisément ces obstacles qu'il s'agit de combattre et de renverser, et pour le succès de cette tâche, à la fois délicate et difficile, ce n'est pas trop du concours de toutes les intelligences et de toutes les volontés.

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