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Ce mouvement n’a reçu, il est vrai, qu’en ces derniers temps, la réalisation si ardemment souhaitée par les véritables amis du peuple, mais il germait déjà depuis dix ans dans la pensée du premier-ministre de la province de Québec.
Déjà, en effet, l’on se lamentait, à cette époque, sur la situation faite aux classes populaires, l’on s’apitoyait sur l’espèce de délaissement dont elles étaient l’objet dansla distribution du pain intellectuel. C’est à ce moment que l'honorable M. Mercier, élevant la voix et s'adressant aux législateurs réunis dans l’Assemblée législative, n’hésita pas à déclarer que l'Etat s'était montré assez bon prince vis-à-vis de toutes les autres classes de la société, pour se préoccuper désormais de l’homme du peuple, de l’ouvrier.
Cette page du discours de l'honorable M:
Mercier a naturellement sa place ici. Elle démontre plus éloquemment que je ne saurais le faire que nos hommes publics s’inquiétaient déjà, il ya près de dix ans, d'améliorer la condition intellectuelle des classes populaires, et qu’il leur tardait de s'acquitter envers elles d’un devoir, d’un acte de justice dont les événements avaient empêché jusque-là l’accomplissement,.
ss TO ue ‘ Le peuple 1, disait l'honorable M. Mercier, c’est l’ouvrier ; c’est lui qui fait le pain, l’étoffe de nos habits, qui bâtit nos demeures, les embellit, les orne de ces mille choses qui les rendent à la fois commodes et agréables ; demeures dans lesquelles nous goûtons les plaisirs de la vie, si difficiles à gagner et si faciles à perdre ; c’est l’ouvrier qui fabrique l'horloge qui nous rappelle que le temps s’enfuit en nous laissant le regret du passé et quelquefois l’amertume du présent ; c’est lui qui fait nos temples où nous allons pape la divinité et la prier de bénir nos travaux et nos joies, d’adoucir nos chagrins : c’est ‘* l’ouvrier ” enfin qui confectionne les berceaux dans lesquels le doux chant de la mère endort l'enfant quand le soir est venu ; c’est lui qui orne nos cimetières où tou, grands et petits, riches ou pauvres, nous allons dormir du dernier sommeil. Voilà ‘le peuple ” messieurs ; saluons-le avec respect, il travaille pour nous tous ; soulageons son fardeau, car il est lourd quelquefois à porter...
‘* Maïs cet ouvrier, M. le président, qui travaille et qui peine pour améliorer son sort et donner du pain à ses enfants ; cet ouvrier, type du citoyen honnête, qu ‘avons-nous fait, que faisons-nous pour lui dans ce pays ?
Rien ! avouors-le à notre honte ; nous n’avons rien fait et nous ne faisons rien pour lui. Et il est à, pioyant sous le poids de son labeur,
1— Ce discours fut prononcé à l’Assemblée législative de Québec le 17 juin 1881,
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