I.ANDHECY
Et c'est cela (jui vous a iail prendre cette diHermiiiation ?
VALENTIN SALVIAT
Cesl cela.
LANDRECY
Vous avez le droit de faire ce que vous faites... Vous eu avez le droit strict... Je renonce à tout. Je vous rends cette mission que vous m'avez confiée... Je vous la rends... avec la douleur de n'avoir pas su la remplir... Je vous abandonne tout et je vous demande pardon.
VALENTIX SALVIAT Adieu... (Il fait quelques pas vers la porte.) LAXDRECY
Salviat!... Ecoutez!... Non... il ne faut pas ([ue tout cela soit perdu. Je n'ai, avec mes ouvriers, qu'un léger différend... Je céderai. Il en coûtera à mon amourpropre, mais cela ne fait rien. Je céderai.
valextix sai.viat Cela vous regarde. Moi pas.
LAXDRECY, abasourdi.
Ah !... vous pas... Alors... c'est bien.
PAULINE, // son frère.
Tu sais que ton dépail nous ruine...
164 LES BIENFAITEUUS
LANDnKCY, fier, à Pauline.
Nous n'avions rien à nous : le départ de monsieur Salviat ne nous enlève rien... Nous serons demain ce que nous étions avant son arrivée, ni plus riches ni plus pauvres. Cela, Pauline, nous intc-resse tous les deux, mais cela n'intéresse que nous deux. En voilà assez. PAULIXK, à Lnndrecy .
Tu as raison... (^1 Sah'iat.) Que lu nous abandonnes, nous, c'est mal. Mais, peut-être, tu peux avoir une excuse. Ce que je ne saurais admettre, c'est que lu rendes les pauvres responsables de faits auxquels ils sont étrangers.
VALEXTIX SALVIAT
Tranquillise-toi, ma sceur. Les pauvres, les vrais pauvres, ne s'en trouveront ni mieux, ni pire.
PAULINE
Et s'il en est qui meurent de faim, peu t'importe, n'est-ce pas ?
VALENTIN SALVIAT
Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Vois-lu, Pauline, depuis que tu joues à la bienfaitrice, je me suis renseigné, j'ai consulté beaucoup d'ouvrages sur la charité.
PAULINE
Qu'y as-lu appris ?
VALENTÎN SALVIAT
(^uau point de vue général même, il vaut mieux cpie je parte.
PAULINE
Parce que ?
VALE:>TIN SALVIAT
Pane ([ue l'argent que tu gaspillais, c'était de l'argent volé au travail. Tu n'as pas lu Stuarl Mill ?