‹ Les bienfaiteurs; comédie en quatre actesChapitre 125 sur 135 · I.ANDHECY · texte numérisé non relu

I.ANDHECY

Et c'est cela (jui vous a iail prendre cette diHermiiiation ?

VALENTIN SALVIAT

Cesl cela.

LANDRECY

Vous avez le droit de faire ce que vous faites... Vous eu avez le droit strict... Je renonce à tout. Je vous rends cette mission que vous m'avez confiée... Je vous la rends... avec la douleur de n'avoir pas su la remplir... Je vous abandonne tout et je vous demande pardon.

VALENTIX SALVIAT Adieu... (Il fait quelques pas vers la porte.) LAXDRECY

Salviat!... Ecoutez!... Non... il ne faut pas ([ue tout cela soit perdu. Je n'ai, avec mes ouvriers, qu'un léger différend... Je céderai. Il en coûtera à mon amourpropre, mais cela ne fait rien. Je céderai.

valextix sai.viat Cela vous regarde. Moi pas.

LAXDRECY, abasourdi.

Ah !... vous pas... Alors... c'est bien.

PAULINE, // son frère.

Tu sais que ton dépail nous ruine...

164 LES BIENFAITEUUS

LANDnKCY, fier, à Pauline.

Nous n'avions rien à nous : le départ de monsieur Salviat ne nous enlève rien... Nous serons demain ce que nous étions avant son arrivée, ni plus riches ni plus pauvres. Cela, Pauline, nous intc-resse tous les deux, mais cela n'intéresse que nous deux. En voilà assez. PAULIXK, à Lnndrecy .

Tu as raison... (^1 Sah'iat.) Que lu nous abandonnes, nous, c'est mal. Mais, peut-être, tu peux avoir une excuse. Ce que je ne saurais admettre, c'est que lu rendes les pauvres responsables de faits auxquels ils sont étrangers.

VALEXTIX SALVIAT

Tranquillise-toi, ma sceur. Les pauvres, les vrais pauvres, ne s'en trouveront ni mieux, ni pire.

PAULINE

Et s'il en est qui meurent de faim, peu t'importe, n'est-ce pas ?

VALENTIN SALVIAT

Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Vois-lu, Pauline, depuis que tu joues à la bienfaitrice, je me suis renseigné, j'ai consulté beaucoup d'ouvrages sur la charité.

PAULINE

Qu'y as-lu appris ?

VALENTÎN SALVIAT

(^uau point de vue général même, il vaut mieux cpie je parte.

PAULINE

Parce que ?

VALE:>TIN SALVIAT

Pane ([ue l'argent que tu gaspillais, c'était de l'argent volé au travail. Tu n'as pas lu Stuarl Mill ?

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