ACTE PUEMIER
ma fortune et prévenue de mon arrivée. Tout le long du chemin, je pensais à toi et à ton mari. Je savais que vous n'étiez pas riches, et je me disais : « Doivent-ils faire des rêves, tous les deux ! Je suis sûr que, cette nuit, ils n'ont pas dormi... Je leur apporte la réalisation des désirs de toute leur vie... Qu'est-ce qu'ils vont bien me demander ?» — Et je souhaitais que ce fût beaucoup pour vous dire d'abord que c'était impossible et vous le donner après... Je pensais que la maison devait être en fête et qu'on m'attendait avec impatience... J'ai éliun peu déconcerté. Je vous raconte tout cela parce que je suis très franc. La franchise est une vertu que la richesse seule permet. J'ai été surpris, en arrivant à la gare, de n'y trouver personne... Enfin... je vous le dis en bon garçon que je suis, j'espérais plus d'empressement.
PAULINE
Ta lettre venait d'arriver...
VALKNTIN SALVIAT
Oui, ton mari m'a raconté... D'ailleurs, je n'ai pas de rancune... {Changeant de ton.) Ah ! maintenant que je ne vous ai pas caché ce que j'avais sur le creur, à votre tour de me parler franchement. De (ir.oi avez-vous besoin ?
paui.im;
De c|uoi nous avons besoin ?
VALKN'I IN SALVIAT
Oui.
De rien.
De rien.
PAULINE
LANDRLCY
32 LES JilENl-AITEURfJ
GCOncCTTE
De rien.
VALEXTIX SALVIAT
Ah ! ah !. .. Ce que je viens de vous dire vous a blessés?... Oublions cela, et causons comme de bons amis... Je t'assure, Pauline, que là-bas, tout là-bas, je pensais à toi, lorsque s'amassaient les })remiers millions, et je riais en pensant à la surprise que tu aurais en mevovant revenir aussi riche. J'étais certain que tu ne le croirais pas ; c'est pourquoi je t'ai envoyé le Figaro. Parlons sérieusement. Comment puis-je vous être agréable ?
PAULINE
Nous sommes, je t'assure, très touchés et très émus par ta bonté... Plus que je ne puis te dire... Mais je to dis, nous n'avons besoin de rien.
VALEXTIX SALVIAT
C'est une plaisanterie.
LAxnniXY, riant.
Pas du tout.
VALi:XTIX SALVIAT
Je ne . comprends pas. Je me suis peut-être mal expliqué. Appelons les choses par leur nom : J'ai de l'argent, j'en ai trop, et je vous dis sans phrases, en parlant comme un frère à sa sœur : Combien voulez-=vous ?
l'ALLlXE
Rien. Je t'en prie, n'insiste pas.
VALEXTIX SALVIAT
Ça vous gêne de fixer un chiffre ? Dans ce cas, nous ai'rangerons cela tous les deux, beau-frère.