‹ Les bienfaiteurs; comédie en quatre actesChapitre 23 sur 135 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

l'or d'Afrique, beau-frère... c'est de l'or européen, français, l'or national ! beaucoup plus facile à extraire que l'autre.

LAXDRECY

Mais vos actionnaires perdront leur capi'r.l.

VALENTIX SALVIAT

Ce n'est pas absolument certain... Il est au contraire très possible qu'ils aient fait une bonne affaire. Ainsi, moi qui vous parle, j'en ai gardé de nos actions...

PAUEIXE

Et c'est aussi facilement que tu as amassé une pareille fortune ?

VALEXTIX SALVIAT

Facilement! Tu en parles à ton aise, toi !... J'ai trimé, je t'assure, et c'est un dur métier où il ne faut pas avoir froid aux yeux ! Malgré tout, je ne pouvais pas croire que c'était arrivé. Je n'ai commencé à me prendre en considération qu'en revenant, lorsque j'ai vu, sur le bateau, l'admiration que j'inspirais... A Dakkar, une Anglaise m'a fait demander si je permettais que ses lilles vinssent me regarder... Je me suis laissé regarder... pour rien ; mais si j'avais consenti à mettre un tourniquet à la porte de l'iiôtel, à Bordeaux, j'aurais fait recette. Ab ! ail! ail ! (// rit.) Depuis deux jours que je suis à Paris, on m'a déjà demandé trois fois ma fortune. Pour ne pas faire de jaloux, je n'ai rien donné à personne.

EAXDIilXY

Vous arrivez tout droit de là-bas ?

VAEEXTIX SALVIAT

Pas du lûut. J'ai tenu à revoir la maison oîi maman

30 LES LilEM-AlTEURS

m'avait embrassé... le soir où je suis parti... Tu le rappelles ?

PAULINE

Oui... Elle a pleuré...

VALKXTIX SALVIAT, Ic nicnton et les mains sur le dossier de la chaise.

Pauvre maman !... Si seulement elle vivait encore !... J'ai demandé à visiter notre maison... Il y avait là une vieille qui m'a d'abord pris pour un voleur... J'ai l'econnu un tas de choses... la fenêtre d'où j'étais tombé en voulant dénicher des hirondelles... La vieille ressemblait presque à la mienne... Alors, j'ai eu une idée : je l'ai embrassée sous son grand bonnet, et je lui ai donné mille francs en or.

PAULINE

Tu es bon.

VALENTIN SALVIAT

Moi ?... Pas du tout. C'était pour voir la tête qu'elle ferait. (Il rit.} Elle m'a encore pris pour un voleur ! J'ai dû aller cliez le maire avec elle pour la décider à accepter... Je suis parti tout de suite, parce que j'étais gêné de la voir si contente pour si ])eu... Puis, j'ai attendu à Paris qu'on m'ait trouvé ton adresse.

PAULINE

Ce n'était pas facile, en effet.

VALENTIN SALVIAT

Oh ! avec de l'argent, on arrive à tout. Pendant ce temps-là, on a voukt me marier. Tu vois, ma chère Pauline, un homme qui peut choisir parmi toutes lesjeunes filles de France. (Mouvement de Gcorgette.) A quelques exceptions près !... Enfin, j'ai su dans quel trou de province tu vivais et j'ai pris le train, après t'avoir dit

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