ACTE l'UIÎMlKU
trop... Tu uc saurais croire combien je suis navrée de t'enlendre soiilcnir les llic'ories. Kst-ce la richesse qui l'a endurci à ce point ?
VAI.!;\I IN SALVlVr
Non, c'est le souvenir de lua |)auvrelé.
!>Ai:i,IM.
11 devrail au (diilraire excil(;r la pilié.
VAI.KNTIX SALVIAT
<)ui te dit (jue j'en manque ?
Toi-uième.
VAl.i;\Tl.\ SALVIAr
C'est lau-x. Je nie le pouvoir de la cliai-ilc-, voilà loiil.
j'aulim; C'est l'excuse hahiluelle des égoïstes.
VALEXTIX SALVIAT
La cluu'ile n'est (ju'une duperie.
PAULINE
Pas pour ceux qu elle soulage.
VALEXTIX SALVIAT
Qui soulage-l-elle ? Ecoule-moi. Si j'en parle ainsi, c'est que je la connais, non pour être, comme toi, du côté de ceux qui donnent, mais pour avoir été parmi ceux qui devaient recevoir. J'ai été pauvre, plus que pauvre, et j'ai mendié. J'ai traîné sur les bancs des bureaux de l'xVssislance publique, j'ai fait de longues stations dans les couloirs des mairies et dans les dispensaires : j'ai été victime de l'insolence et des brutalités des employés qui sont, eux, les véritables bénéficiaires du budget de la charité... Ça, la charité ! Ah ! non, c'est
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à mourir de rire ! Quaml, après une longue enquête, après mille soupçons injurieux, mille tatillonnes exigences, on se résout à vous donner un secours, comment le donne-t-on ? Tu ne le sais pas ?... C'est à envier le sort du chien qui reçoit un os ! J'ai connu aussi la charité des œuvres : trop souvent, elle n'oblige que des aigrefins ; j'ai connu la charité des religions, celle qui choisit, celle qui eût fait un Tartufe de Voltaire lui-même. Oui, j'ai vu tout cela, et j'en ai gardé une inguérissabU* rancœur... Vois-tu, Pauline, entre ceux qui possèdent et ceux qui méritent d'être secourus, il y a un mur, un mur énorme et que rien ne peut renverser. Plains-les. ah ! plains-les, ceux qui ont bon cœur ; plains-les aussi, ceux qui souffrent. Les uns et les autres se cherchent mutuellement avec avidité, mais ils sonl condamnés à ne se rencontrer jamais !
PAULiNK, fie bout.
11 }■ a une charité dont tu n'as pas parlé, mais qui existe, et tu n'as pas le droit de la nier, parce qu'elle ne s'est pas trouvée sur ton chemin : c'est la charité toute simple, celle qui s'exerce individuellement et <[ui n'a d'autre base que l'amour du prochain.
VALEXTIX SALVIAT
Soit. Mais cette charité-là, je te le répèle, elle est fort difficile à pratiquer.
f'AUMNK
Non.
VAI.KNTIX SAI.VIAT Si.
l'Ai; M m:
Non, ne dis pas cela !... Ah ! (juand je vois ces humbles manquant de tout, cl non seulement de pain.