‹ Les bienfaiteurs; comédie en quatre actesChapitre 53 sur 135 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

monsieur, ne doit resseubler en rien à la jeune fille toute simple que je suis.

VALENTIN SALVIAT

Si vous étiez autre, je ne vous aimerais pas.

Vous vous trompez alors, et il est heureux pour vous et pour moi que je ne me trompe pas avec vous. Votre femme devra être préparée au rôle qui lui est destiné dans la société. Moi, je ne saurais pas le tenir, et vous seriez bien vite las d'une provinciale ignorante et timide.

VALENTIX SALVIAT

Ah! Georgette! Si c'était la seule raison de votre refus !...

GEORGETTE

N'est-elle pas suffisante ?

VALENTIN SALVIAT

Je déteste le monde et je n'aspire qu'à l'isolement. II sera aussi complet que vous le désirerez.

GEORGETTE

Je ne suis pas la femme qu'il vous faut.

VALENTIN SALVIAT

Je sais bien que si... mais, sans doute, mon âge vous effraie.

GEORGETTE, évasivenient.

Ohl

VALENTIN SALVIAT

Ou plutôt... VOUS m'avez mal jugé. Vous me croyez brutal et sans cœur... Si jamais vous consentiez à... vous verriez, Georgette, combien de tendresse renferme ce cœur qui n'a jamais aimé. Je vous en prie,

laissez-moi continuer. Vous me croyez insensible au spectacle de la misère. Vous vous trompez... D'ailleurs, c'est vous qui auriez le soin de faire la part des pauvres, et elle serait aussi large qu'il vous plairait.

GEORGETTE

J'aici^u, en effet, pendant un moment, que vous étiez égoïste. Maintenant, je sais que cela n'est pas.

VALENTIN SALVIAT

Pourquoi donc ?Tie repoussez-vous?

GEORGETTE

Je ne puis vous le dire.

VALENTIN SALVIAT

Donnez-moi une raison.

GEORGETTE

Je n'ai pas à vous en donner.

VALENTIN SALVIAT

Aimez-vous quelqu'un?

GEORGETTE, ilouce et fcvinc Je ne veux pas vous répondre.

VALENTIN SALVIAT

Je n'accepte pas que votre refus soit définitif.

GEORGETTE

Il l'est, cependant.

VALENTIN SALVIAT

Non! vous réfléchirez... vous consulterez, autour de vous, ceux qui vous aiment réellement.

C'est inutile, et vous feriez mieux de renoncer...

VALENTIN SALVIAT

Vous savez, ma cousine, que, pour arriver là où je

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