‹ Les bienfaiteurs; comédie en quatre actesChapitre 9 sur 135 · ACTE PREMinU · texte numérisé non relu

ACTE PREMinU

IIE.NRI

Oui, parce que Landrecy, vous et Georgette, vous <ionnez tout ce que vous avez aux pauvres, parce que vous êtes tous trois des exaltés de la charité.

GEORGETTE, riant.

Oh ! c'est surtout parce que nous gardons Clara.

PAULINE

Certes, elle est mal polie et malpropre ; mais si nous la chassions, elle ne trouverait à se placer nulle part... N'inqjorte, nous passons pour Cous, et il n'y a cjue vous, atteint de la même folie, qui puissiez désirer entrer dans notre famille. Votre amitié pour mon mari est hasée sur cette commune passion de la pitié... ~

HENRI

Oui... Nous nous sommes reconnus dans l'usine, à je ne sais quel signe mystérieux. Nous avons échangé des idées, timidement d'abord, puis nous nous sorjmes prêté les livres de nos auteurs aimés; et comme j'étais seul sur la terre, je lui ai donné, à lui et à... et à vous deux, sans réserve, toute mon affection.

GEORGETTE

Ce qui vous a valu d'être considéré comme aussi fou que nous-mêmes.

HEMtl

Et je suis heureux d'être pris de cette folie, qui me vaut tant de joies.

i'allim:

N'est-ce pas ? C'est si bon de faire le bien, que j'ai parfois envie de dire merci à ceux qui se croient mes obligés. Ah ! l'on peut rire autour de nous et nous considérer comme des originaux, comme des êtres excep-.

tionnels ; mon bonheur est de ceux que les railleries n'atteignent point. Et je n'ai qu'un regret, c'est de ne pas pouvoir faire mieux et plus. [Un soupir.) Ah ! si nous étions riches !

GEORGETTE

Oui... si nous étions riches !... à centaines de millions !

PAULINE, riant.

Comme l'est mon frère...

HENUI, debout.

Votre frère ?...

PAULINE, allant à lui.

C'est une plaisanterie... J'ai un f?ère, en effet, Valentin Salviat, qui court le monde dej)uis l'âge de treize ans... Il a fait tous les métiers. J'ai eu de ses nouvelles de temps en temps, lorsqu'il avait trop besoin d'argent. Depuis dix ans, cependant... quinze, même, je n'entendais j)lus parler de lui, lorsque, l'autre jour, j'ai reeu une lettre du maire de Mauriac, en Auvergne, d'où esl ma famille. INIon frère demandait mon adresse, prétendant qu'il était riche à dizaines de millions...

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