SCÈNE PREMIÈRE
CHAMPAVERT, ouvre mystérieusement la porte du fond et entre sur la pointe des pieds.
Personne !... (Il tire un portefeuille de sa poche et y prend trois billets de mille francs.) Uni deux! trois! (il ouvre le tiroir d’un petit chiffonnier placé à gauche et y met les trois billets.) Quelqu’un!
UN DOMESTIQUE, entrant.
Un étranger! Par oit donc êtes-vous entré ?
. CHAMPAVERT.
Par où tu étais sorti. M. Bérardier est-il chez lui?
LE DOMESTIQUE. '
Oui, monsieur, mais il travaille.
CHAMPAVERT.
Et madame Bérardier?
LE DOMESTIQUE
Oui, monsieur, mais elle s’habille.
CHAMPÀVERT.
C'est bien, j'attendrai qu’ils soient visibles.
LE DOMESTIQUE
Mais monsieur, dites-moi au moins votre nom.
CHAMPAVERT.
Garde tes questions et fais-moi le plaisir de répondre aux miennes ! te paye-t-on tes gages rtibis sur l'ongle?
LE DOMESTIQUE
Heu! heu I...
CHAMPAVERT.
Heul heu! c’est-à-dire qu’il y a du tirage. Tu es, bien entendu, le seul domestique mâle?
LE DOMESTIQUE
Et femelle.
CHAMPAVERT.
Quant au dîner, la soupe, le bœuf, un plat de légumes et du desserti
LE DOSteSTIQUEi
Pas de dessert... jamais de dessert.
CHAMPAVERT.
Ces renseignements coïncident parfaitement avec tous ceux qu’on m’u donnés... Maintenant...
LE DOMESTIQUE
Ah ! permettez, je ne sais pas pourquoi je vous dis tout cela au fait : je suis dans mon tort.
CHAMPAVERT.
C’est vrai... tu l’es conduit comme un mauvais domestique, il est juste que tu en sois récdrtlpettié. (*i loi éonne ae l’argent.)
DE CHAMPAVERT 3
LE D0MESÏ1QUB,
Vous disiez?...
CHAMPAVERT.
Bérardier n’a-t-il pas été un peu échaudé à la bourse sur ces derniers temps?
LE DOMESTIQUE
Pas plus tard qu’hier, monsieur a perdu quinze cents francs, N’allez pas le dire à madame,
CHAMPAVERT.
Sois tranquille! je serai aussi discretque toi... Maintenant va dire qu’un monsieur attend. (Le domestique sort.)