SCÈNE XIV
POLYMINE, BÉRARDIER, puis CÉLESTIN.
Soyez tranquille, madame, après la réparation viendra la séparation, (a célestin qui entre.) Ah ! c’est toi, mon meilleur ami, mon frère, le gardien do mon honneur ; viens dans . mes bras.
CÉLESTIN
Moi, patron 1 qu’est- ce que j’y ferais?
BÉRARDIER
Tu y recevrais mes excuses. J’ai une grande nouvelle à vous apprendre. Célestin, vous n’étes pas le séducteur de ma femme... ’
CÉLESTIN
Je le savais.
BÉRARDIER
Mais si vous cessez d’être mou adversaire, vous pouvez être mon témoin.
CÉLESTIN
Vous vous battez?...
BÉRARDIER
Plus que jamais... Allons, marchons S
Impossible, patron... Mâchefer m’a tout dit. L'homme qui a racheté mes créances est l’ennemi le plus acharné do ma famille. . il a évidemment l’intention de s’en servir... Si je fais un pas dehors, je suis immédiatement mis dedans. Champavert, infâme Champavert!
RÉRAf'DIER.
Champavert ! Tu as dit Champavert?
CÉLESTIN
C’est l’homme qui a juré ma perte.
BÉRARDIER
Éclhirs et tonnerre ! mais il a également juré la mienne.
CÉLESTIN
Que voulez-vous dire? le possesseur de mes lettres de change ?
• BÉRARDIER
Est le séducteur de ma femme I...
CÉLESTIN
II se pourrait I comment ! non content de me faire fourrer sous les plombs, il me laisse encore accuser de tous les forfaits qu’il lui plaît de commettre... et il fait la cour à celle qui... non... il va me payer le tout comptant. Monsieur Bérardier, je prends votre place.
BÉRARDIER
Tuons-le chacun à notre tour, j’aime mieux ça...
DE CHAMPAVERT CÉLE3TIN.
Et dire qu’il me flattait, qu’il captait ma confiance, qu’il tâchait de m’entorliller... il avait même trouvé soi-digant, un moyen de me tirer d’aflaire... Ah ! cet homme est le réservoir de toutes les turpitudes.
BÉRARDIER, à Polymnie.
Tu as eu tort de m’arrêter le bras, tout à l’heure, ce serait fini maintenant.
POLYMNIE, naïvement.
Oh ! si j’avais su !
CÉLESTIN
Mais il n’y a pas de temps à perdre. Il faut le réduire à l’impuissance, avant qu’il ne me fasse capturer par ses sbires. Je cours, madame, fiez-vous à moi, je vous vengerai... je vengerai le patron et je me vengerai aussi, s’il en reste...
(il sort en courant.)