‹ Les bienheureux martyrs de SalsetteChapitre 12 sur 88 · I. Voir le tableau précédant · texte numérisé non relu

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assez négligée. Les soins du gouvernement en avaient peut-être distrait le duc ; peut-être aussi Rodolphe avait paru moins bien doué que ses aînés.

La duchesse d'Atri, en revanche, n'avait rien négligé pour sa formation morale ; et Dieu, qui, en cet enfant, aimait son futur martyr, seconda de sa grice, ou plutôt prévint si bien les leçons maternelles, qu'à l'âge où les autres saisissent à peine ce qu'est la piété, Rodolphe d'Acquaviva savait ce qu'est la sainteté.

Ce qui surprit le plus en lui, ce fut le don d'oraison qu'il avait reçu dès son bas âge. Tous les jours, Rodolphe méditait, et Dieu s'emparait si puissamment de son être, que son corps immobile paraissait privé de vie. Souvent les dames d'honneur de la duchesse le trouvèrent à genoux, les yeux fixés sur un crucifix, beau comme un ange en prières ; elles l'appelaient à haute voix, le secouaient, lui passaient les mains sur les yeux, mais il ne sentait rien. Une dame, nouvellement venue au palais, l'ayant un jour rencontré ainsi ravi en esprit, en fut tellement effrayée, qu'elle courut annoncer à la duchesse que son fils était mort. Quand on vint, Rodolphe avait repris ses sens.

Outre la sainte messe à laquelle il assistait, et l'office de Notre-Dame qu'il récitait chaque jour, Rodolphe, au dire de ses premiers biographes, contracta de bonne heure l'habitude de prier depuis l'heure des vêpres

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