L. III
GOA
» de traversée, puis cinq cents lieues de voyage par » terre.
» Recommandez-nous à Dieu. Nous avons en effet » grandement besoin du secours divin, car c'est un peu » marqués pour la mort que nous allons chez ces » Mahométans, dont la bonne foi est toujours dou- » teuse. Nous partons cependant remplis d'une joie » telle, que, pour moi, je n'en ai jamais éprouvé de » semblable. Enfin j'aurai donc quelque chose à souf- » frir pour Jésus-Christ, et, à son exemple, nous » irons au loin chercher des âmes. Que s'il fallait » encore verser là- bas notre sang, — ce qui n'est pas » impossible, — alors nous serions vraiment heureux. » Oui, mon Père, il y a pour vous de quoi être jaloux. » Je surabonde de joie ; je me contiens à peine et » j'attends le jour du départ avec tant d'impatience, » que, d'ici là, je ne puis me calmer. Je salue du » fond du cœur le frère Pierre-Antoine Spinelli et » je lui donne rendez-vous là-bas (i). — De Goa. Le » 17 novembre 1579 (2). »
Bien des Pères de Goa auraient voulu accompagner Rodolphe, mais on ne lui donna que deux compagnons,
1. Pierre-Antoine Spinelli (i 556-1615), fils du duc de Seminara, prince de Cariati, était le cousin de Rodolphe. — Isabelle Spinelli, la grand'mère de Rodolphe, la mère du duc Jean- Jérôme et du P. Claude, était la sœur du duc de Seminara. — Pierre-Antoine entra dans la Compagnie 6" 1573; il demanda longtemps d'être envoyé aux missions de l'Inde mais sans pouvoir l'obtenir.