Alegambe
AKBAR. LA MISSION DE MOGOLIE
le P. Antoine Montferrat, Catalan, et le P. François Henriquez , Perse et Musulman d'origine. Le P. Henriquez parlait fort bien la langue persane, en usage à la cour du Grand Mogol : aussi devait-il être d'un grand secours à la mission.
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L'Accueil.
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E voyage de Goa à Agra présentait bien des dangers, surtout à un Européen qui devait, avant d'atteindre l'empire Mogol, traverser les anciennes provinces mahrattes du roi de Bedjapour , sourdement hostiles aux vainqueurs portugais, ou s'exposer, en longeant la côte, aux attaques des pirates.
Les missionnaires partirent de Goa le 17 novembre 1579» et remontèrent par mer jusqu'à Damao et Surate. De Surate, première place forte de l'empire Mogol, ils s'engagèrent dans l'intérieur des terres, et prirent ce pénible et monotone chemin d' Indore à Agra, qui se prolonge indéfiniment par des déserts de sable sans rivières et sans puits. Pour ce long voyage, on se réunissait d'ordinaire en longues caravanes, qui se composaient parfois de plusieurs centaines de chameaux et de chars. Les missionnaires se joignirent à l'une d'elles. Un détachement de cavalerie les escortait, les défendant contre la curiosité toujours audacieuse et parfois inquiétante des païens. Le 19 février ils furent reçus par un grand corps de troupes montées sur des chevaux, des dromadaires et des éléphants.
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C'est entourée de ce pompeux appareil que, le 27 février 1580, quarante-trois jours après avoir quitté Surate, la caravane atteignait Fatehpour, la résidence impériale (i).
Fatehpour (la Ville de la Victoire ou du Vœu), devait son existence à un caprice d'Akbar. Ce prince avait d'abord fixé sa capitale à Agra, qu'il avait appelée de son nom Akbarabah, mais, la perte de deux enfants lui ayant rendu cette ville odieuse, il résolut de se faire une nouvelle capitale. A six lieues sud-ouest d'Agra, dans une plaine stérile et rocailleuse, coupée seulement par de tristes marais, s'élevait une colline isolée où vivait un vieil anachorète musulman. Attiré peut-être par la réputation de ce gourou, Akbar se décida à construire sur la colline abandonnée une cité merveilleuse. Commencée en 1560, Fatehpour était achevée en 1571 ; mais treize ans plus tard, en 1584, une nouvelle fantaisie du monarque mit brusquement fin à la gloire éphémère de cette cité. Akbar l'ayant quittée pour revenir à Agra, sa cour et son peuple le suivirent, et Fatehpour dédaignée vit ses jardins de citronniers et de jasmins envahis par les tigres. Aucun des successeurs d'Akbar ne songea plus à leur disputer Fatehpour (2).
1. V. \Jnde, par Dubois de Jancigny et Xavier Raymond. (Univers pittoresque: Didot, 1845).