‹ Les bienheureux martyrs de SalsetteChapitre 81 sur 88 · LE CULTE ET LA CAUSE · texte numérisé non relu

LE CULTE ET LA CAUSE

Adrien, comte de Conversano, ne rendit pas de moindres hommages à la mémoire de son frère. Il publia dans son Comté trois jours de fêtes chômées, et, pour que les ouvriers et les pauvres n'eussent pas à souffrir de ce repos, il fit distribuer à chacun le salaire de ces trois jours (i).

Isabelle, dans sa principauté de Scilla, et Jean Pacheco à Minaya, célébrèrent aussi par des fêtes le triomphe des martyrs ; aussi, en peu d'années, la dévotion à nos martyrs fut- elle très répandue.

Les décrets d'Urbain VIII devaient retarder pour longtemps la béatification de Rodolphe et de ses compagnons. Par suite, en effet, de la marche qu'on crut devoir adopter alors, les procès achevés devenaient inutiles, et il fallait, tout de nouveau, prouver le fait et la cause du martyre. Mais, en différant leur triomphe, l'Eglise n'allait le rendre que plus méritoire, et, par suite, plus éclatant ; d'un prodige dont Goa fut alors témoin, on pouvait, du reste, augurer déjà ce qu'il adviendrait de cette cause.

Il y avait dans les cloîtres de la maison professe de Goa une collection de portraits des principaux mis-

I. A Conversano on fut mêine moins prompt qu'à Atri à se soumettre aux prescriptions du Pape Urbain VIIL Un tableau de Rodolphe resta exposé dans l'église des Bénédictins jusqu'en 1711. A cette époque, le Cardinal François d'Acquaviva, qui était précisément chargé d'empêcher le culte public, fut fort embarrassé à la vue de ce tableau. Il voulait le faire disparaître, sans pourtant causer trop d'émoi dans le monastère

"Scquaviva.

sionnaires de la Compagnie. Les martyrs avaient été représentés portant une palme à la main, mais cet emblème ayant été spécialement proscrit par Urbain VIII, on manda un peintre pour effacer toutes les palmes.

Or quelques jours après cette exécution, le vice-roi, étant venu dans la maison professe, regardait dans les cloîtres tous ces tableaux impitoyablement corrigés, quand, s'arrêtant devant le portrait des martyrs de Salsette, il s'écria : « Eh ! pourquoi donc cette partialité? pourquoi leur avoir laissé leurs palmes à ceux-ci ? » — On s'approche : bien qu'effacées par le peintre, les palmes avaient reverdi aux mains de Rodolphe et de ses compagnons.

Négligée, pour ne pas dire abandonnée, depuis 1632, la cause des Bienheureux fut reprise au commencement du XVI 11^ siècle, par ordre du Père Général Michel- Ange Tamburini. La Congrégation des Rites, après avoir entendu le Cardinal Tolomei, rapporteur, et le Cardinal Prosper Lambertini, (depuis Benoit XIV,) promoteur de la Foi, décida, le 28 août 171 3, quelle devait se remettre à l'examen de cette cause. Clément XI, le 6 septembre, confirmait cette décision.

et la cité. Pour y parvenir, le Cardinal donna d'autres tableaux, et, sous pre'texte de leur faire place, il fit suspendre le portrait de Rodolphe sur la porte extérieure de l'église. On le mit là, dit un historien, afin d'avoir moins de chemin à faire quand viendrait le moment de le replacer dans l'église.

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APPENDICE

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