III. — LE CULTE ET LA CAUSE
La validité des procès de Goa ayant été de nouveau reconnue, la Congrétation des Rites tint, le 14 janvier 1721, une séance antipréparatoire pour examiner la question du martyre. Le 13 janvier 1722, on soumit cette même question à la Congrégation préparatoire : tous les votes ayant été favorables, on espérait que le martyre serait enfin reconnu dans la Congrégation générale tenue, le 13 septembre, en présence d'Innocent XIII. « Leur refuser le titre de martyrs, disait le Cardinal Tolomei, en finissant son rapport au Pape, c'est aller contre l'évidence, et il serait plus facile de nier qu'ils soient morts dans l'Inde, que de nier qu'ils soient morts martyrs. » — Cependant le Cardinal j Cavalchini, promoteur de la Foi, souleva des difficultés auxquelles on ne pouvait répondre avant une longue enquête, qui dura çttarante ans, et ce n'est que le 16 mai 1741 qu'une nouvelle Congrégation préparatoire fut tenue. Sur son vote favorable, on réunit la Congrégation générale en présence de Benoît XIV, et, par un rare bonheur, tous les Cardinaux furent d'avis que Rodolphe et ses compagnons étaient de vrais martyrs. « S'il faut deux miracles pour la béatifi- » cation, disait le Cardinal Belluga en sortant de cette » séance, nous en avons déjà un : c'est que, dans une » réunion si nombreuse, le vote ait eu lieu à l'unani- » mité. »
Benoît XIV pouvait enfin clore ces débats : le 20
août 1741, il appelait à son audience le Cardinal Trojano d'Acquaviva, et, en la présence du rapporteur de la cause et du promoteur de la Foi, il approuvait le vote unanime de la Congrégation et déclarait solennellement qu'z7 constait du martyre et de sa cause ( i ).
Alors qu'il était promoteur de la Foi, on avait déjà entendu Benoît XIV affirmer que, de toutes les causes anciennes ou modernes qui lui étaient tombées sous les yeux, aucune, à son souvenir, n'offrait un martyre mieux prouvé que celui-là, puisqu'on se trouvait av'oir, pour l'attester, plus de vingt témoins oculaires, un grand nombre qui l'avaient entendu raconter des témoins oculaires, et, ce qui est plus rare, le témoignage des meurtriers eux-mêmes.
Le décret de Benoît XIV réveilla la dévotion envers les martyrs de Salsette. Beaucoup d'images furent distribuées en Italie, et il plut à Dieu, pour honorer ses serviteurs, d'opérer en leur faveur un miracle éclatant.
Une femme de Palerme, Dorothée La Villa, à la suite de la naissance d'un premier enfant, avait eu en février 1740 de cruelles infirmités. Elles se renouvelèrent plus douloureuses en septembre 1741, dans des circonstances analogues. Les remèdes les plus énergiques n'avaient pu arrêter la gangrène. Le Frère
I. « Sanctttaî Sua memoraia Congregationis generalis unaniinem sententiam npprobundo der/arif'it constare de Martyrio et causa Mariyrii in casu et ad effectum de qiio agitur. >