LE CULTE ET LA CAUSE
Paul- Marie La Villa, coadjuteur de la Compagnie et parent de Dorothée, lui recommanda d'invoquer les nouveaux martyrs. Elle le fit avec ferveur, et sa prière fut suivie d'une guérison immédiate. Non seulement ses douleurs cessèrent, mais les chairs ulcérées et gangrenées reprirent aussitôt leur apparence normale, sans même garder les traces des blessures faites au fer et au feu. Ce phénomène ne pouvait certainement pas s'expliquer par une réaction nerveuse : aussi, à sa première visite, le chirurgien déclara-t-il qu'on était en présence d'un miracle.
En 1747, l'Eglise, dont la critique est si sévère, approuvait juridiquement ce miracle ; mais peu d'années après, les malheurs qui assaillaient la Compagnie de Jésus firent nécessairement oublier et les Martyrs et leurs miracles. Ils furent abandonnés comme beaucoup de leurs frères, et il ne semblait pas que rien dût faire reverdir leur palme, cette fois bien effacée.
Il était réservé au Pape Léon XIII, au créateur de la hiérarchie catholique dans l'Inde, de reprendre et de terminer le procès de béatification des Martyrs de Salsette. En vue de la bonté de leur cause, le Souverain Pontife avait permis, qu'au lieu d'un second miracle, on apportât simplement, en confirmation du martyre, des preuves bien établies. Elles furent présentées , et, le 13 novembre 1892, Léon XIII décidait qu'il fallait passer outre. Puis, le 6 janvier 1893, i^