MONOGRAMME EN PIERRES SERTIE
Musée de Dresde.
avec l'autre, puis l'a remplacée tout à fait. Jusqu'à la fin du xvi« siècle cette taille à table fut à peu près la seule pratiquée, et les pierres étaient tenues par des chatons isolés. On l'a vu dans tous les dessins qui précèdent, on le voit encore dans ce collier conservé au Musée de Dresde.
Mais, à cette époque, les bijoutiers avaient imaginé de former sur leurs ouvrages des lignes faites entièrement de pierres juxtaposées. Ils exécutèrent ensuite des monogrammes et des chiffres par le même procédé. Bien que le mode de serti usité alors laissât subsister entre chaque pierre un petit angle creux d'or, formé par la rencontre des deux sertissures, on peut cependant reconnaître qu'il constitue la première tentative du travail qui, perfectionné plus tard, prendra le nom de joaillerie.
COLLIERS ET PENDANTS DE COU
Daniel Mignot chercha, dans quelques-unes de ses compositions, à augmenter l'importance du rôle des pierres et à diminuer celui qu'on avait encore coutume d'accorder au sujet. Il suivit en cela le mouvement auquel avaient obéi les artistes de la fin du xw siècle.
PENDANT, PAR DANIEX. MIONOT.
mouvement qui produisit, on vient de le voir, des ouvrages d'un goût contestable; mais au moins il le fît avec une certaine rationalité. II chercha à grouper les pierres ensemble et à laisser tout leur caractère aux ornements qui les accompagnaient. Celui de ses dessins dont on voit le centre occupé par un pavage fait de trente-sept diamants table, est tout à fait composé dans ce sens. C'était encore une hérésie. Sans doute elle fut condamnée, car il ne reste pas une seule trace qu'elle ait jamais été suivie d'exécution.
La belle croix toute composée de diamants taillés en table, qu'il a dessinée, peut passer, à juste titre, pour la première pièce de joail-
aaa LES BIJOUX ANCIENS ET MODERNES.
lerie qui fut composée. Ici, pas de malentendu; tout l'effet résulte rien que de Theureux arrangement des pierres. II n'est troublé par rien. Il ne trouble pas autre chose.
Il est des beautés qui sont entières dans leur unité; on les gâte par tout ce qu'on y ajoute.
Parmi ces beautés, il faut ranger le bijou d'art, fait de ciselures