‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 112 sur 250 · PENDANT^ PAR DANIEL MICNOT · texte numérisé non relu

PENDANT^ PAR DANIEL MICNOT

et d'émaux, tel que l'entendit la Renaissance. Il est complet. Si quelques pierres s'y font admirer, c'est seulement à Tétat de comparses; il faut qu'elles s'effacent et se résignent à donner au second plan une note complémentaire absolument soumise aux nécessités de l'harmonie générale. Mais une autre beauté est celle qui peut être obtenue par une réunion de pierreries formant un joli ensemble ornemental, et cène beauté aussi altière que la première n'entend pas partager son domaine. Il semble que la ciselure et le diamant soient deux éléments inconciliables. C'est là ce qu'a compris Daniel Mignot, en inventant la joaillerie. Mais l'heure n'était pas encore venue, à laquelle cette idée devait recevoir les développements qu'elle comportait.

C'étaient les perles qui devaient d'abord s'emparer de la faveur

COLLIERS ET PENDANTS DE COU

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publique et régner presque sans partage, jusqu'au jour où la découverte de mines, dans les Indes, jetterait assez de diamants dans la consommation, pour permettre à Tidée de Mignot de recevoir son application.

On se rappelle qu'en i53o, nous avons vu un des premiers colliers de grosses perles sur les épaules d'Éléonore d'Autriche. A la même date, Henri VIII d'Angleterre est représenté, sur un vieux tableau qui est à H amp ton-Court, avec un grand et énorme collier, formé d'une grosse torsade de perles, reliée par de fortes plaques d'or ovales à sujets. A côté de lui la reine et ses femmes ont chacune un grand rang de perles, après lequel est suspendu un loket en pierreries, orné d'une perle poire.

Les perles commencèrent, à la fin du xvi® siècle, à devenir très communes en France et sur le continent; les hommes mêmes en portaient des colliers. Une vieille gravure, au Cabinet des Estampes à Paris \ représentant un seigneur bourguignon, le fait voir avec deux rangs de perles au cou.

A partir de cette date, il est facile de constater que les souveraines et les princesses n'ont jamais cessé de se parer de perles. Elles les ont disposées soit en rangs justes au cou, soit en plusieurs rangs étages avec ou sans pendants, soit en guirlandes autour des seins relevées par des plaques en joaillerie de pierres de couleur, soit en rangs tombant jusqu'à la ceinture, ou bien encore placées en travers de la poitrine. Les portraits sont nombreux, qui nous renseignent à ce sujet; on en peut citer quelques-uns :

A Hampton-Court, celui de Marie de Médicis, par Porbus.

Sur de vieilles gravures, au Cabinet des Estampes, à Paris, celui de Catherine de Médicis, celui de Jeanne d'Albret, celui de Louise de Lorraine, femme de Henri III, celui de Marie Stuart d'après un original de Janet, celui de Marguerite de Valois.

Au palais Pitti, à Florence, celui de Claudia de Médicis, celui de Giovana d'Austria.

Mais au xvif siècle on voit des perles, non seulement aux reines et aux princesses, mais à toutes les grandes dames et jusqu'à la fin du xviii% c'est comme un uniforme qu'elles auraient toutes adopté. Elles en mettent aussi des rangs dans leurs cheveux, et, conséquence inévi-

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