COLLIER PORTUGAIS
Collection de M. Taburet-Boin.
tout autre que celui de la joaillerie moderne. S'inspirant des traditions de la Renaissance, les artisans, tout en cherchant à produire un effet nouveau par l'invention d'ouvrages formés rien que d'assemblages de pierreries, ne renoncent cependant pas à donner à leurs travaux une tournure artistique. Le serti en est comme un ressouvenir de la ciselure dont il procède encore. Le métal n'y est pas économisé; quelques pierres occupent le centre de chaque feuille ou de chaque pétale, dont le tour est ramolayé, mouvementé de façon à exprimer les retroussis et les torsions. Dans ces ouvrages, il faut le dire, le métal remplissait le grand rôle et la pierre jouait le petit, car on en voit dont les diverses parties sont seulement piquées au centre d'une petite pierre imperceptible; mais ils font école et les rares pièces qui sont restées de cette époque excitent au plus haut point l'intérêt des dilettantes. Au xvi^ siècle appartient ce pendant de cuivre doré et émaillé
à froid qui représente saint Georges terrassant le dragon. Il est de fabrication allemande et fait partie des bijoux exposés dans la galerie d'Apollon, au Louvre.
Je n'ai point rencontré de colliers, ni de pendants français de répoque Louis XIII; mais on trouvera quelques spécimens de cette
MURTURF. COSSES DP. POIS.
DESSIN DE PETRU8 MARCHANT (l6S}).
fabrication dans les chapitres suivants qui traitent des autres objets de la parure. Il est cependant certain que les dames portaient encore le carcan tourné autour du cou, indépendamment de colliers étalés sur la poitrine qui enguirlandaient une enseigne de bijouterie ou un bouquet de fleurs naturelles attachés au corps de la jupe.
Voici un collier portugais fait en or repercé à vingt et un carats et poli. Les petits reliefs en sont rapportés à la main, ils sont très fins. Les roses qu'on désignait alors par l'appellation : Diamants taillés à facettes sont assez belles et jouent sur noir.
Un autre joli type de la joaillerie d'alors nous est resté. Tout le monde le connaît. C'est la croix normande, formée de gros chatons, entourés au pied de délicats ornements repercés, traités à plat.
Enfin pour compléter la liste déjà nombreuse des inventions dont nous sommes redevables à ce commencement du xv!!*" siècle, je citerai
COLLIERS ET PENDANTS DE COU
k rare spécimen de monture en bijouterie que conserve le Cabinet des Antiques à Paris.
Il porte le numéro 336. Le camée représente Louis XIII enfant. C'est le genre curieux appelé cosses de pois. Il est exécuté en émaux blancs, noir et gros vert opaque. L'originalité du dessin, la franchise de l'exécution, le beau caractère de l'ensemble, en font un
PRNOUNT OliTENU PAR LE PROCÉDÉ DE LK FONTE.
(Face et revers.)
type tout à fait remarquable d'une bijouterie dont on ne rencontre plus guère d'originaux, mais dont on verra avec plaisir un dessin, composé par Petrus Marchant, à la date de i623.
C'était d'une belle imagination; malheureusement elle eut peu de durée, peut-être à cause de son prix élevé, car tous les détails y étaient préparés à la main et les fabricants préféraient fondre tout d'une pièce des motifs empruntés à la Renaissance, ouvrages qui ne produisaient rien de fin et de bien intéressant, ainsi qu'on peut le voir par la pièce numéro 96 au Cabinet des Antiques, qui n'a qu'une particularité^ celle de n'avoir pas d'envers et d'offrir un dessin différent sur chacune de ses faces.
Dans la seconde moitié du xvii* siècle, les entourages de pièces de cabinet en émail, dont nous avons vu plus haut un premier échantillon, ont acquis un joli degré de perfection. Les compositions en
sont généralement bonnes, les émaux en sont beaux. Il y en a plusieurs, dont le numéro 6i3 donnera une idée suffisante. Depuis le