‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 124 sur 250 · PENDANTS STYLE EMPIRE · texte numérisé non relu

PENDANTS STYLE EMPIRE

les dames de qualité, et lorsque vint la Révolution, elles remplacèrent leur croix à la Jeannette par des médaillons faits avec de la pierre fournie par la démolition de la Bastille.

Lorsque vint l'Empire, on chercha à ressusciter le grec et le romain. On suspendit après les colliers des flacons qui avaient la forme d'une amphore ou des tulipes enrichies d'une fleur de rubis entourée de roses, souvenirs dénaturés de l'ancienne buUa. On fit entrer les camées, les agates arborisées, dans la compositwwT des tours de cou.

COLLIERS ET PENDANTS DE COU

On exécutait avec les camées des pièces considérables, ainsi qu'on peut le voir, en un collier que portait rimpératrice Joséphine dans un de ses portraits. Ce collier était composé de quinze à dix-huit grands camées ovales, entourés de brillants et reliés entre eux par quatre rangs de fines chaînettes en brillants.

Pendant l'Empire, les brillants et les perles reparurent au cou des élégantes, et la croix à la Jeannette, ainsi que le jaseron au cou des paysannes. Les bourgeoises se mirent des perles au cou, en y ajoutant souvent la croix des paysannes, ce qui leur faisait une moyenne, et les femmes de la Halle suspendirent sur leur poitrine des portraits militaires peints dans de grands médaillons ovales. La mode vint aussi de porter en collier des améthystes, des péridots, des aigues-marines, des topazes jaunes et roses twius dans des montures en cannetille courant à plat, qu'on entremêlait de petites feuilles et de petites rosaces estampées.

Au point de vue du goût et de l'invention, l'époque impériale ne nous offre à peu près rien en bijouterie, et la Restauration, en reprenant une partie des traditions déjà surannées des règnes qui l'avaient précédée, ne fournit pas davantage de matériaux nouveaux. Il faut atteindre le second tiers du xîx" siècle, époque à laquelle la connaissance des styles commence à se répandre, pour constater, dans l'industrie, une tendance marquée à sortir de la vieille rou-»

tirié. Les grosses et laides chaînes vqlumineuses à mailles estampées,

qui avaient été portées avant i83o, furent alors remplacées par de fins cordons d'or souples, qu'on appelait chaînes-sautoirs, bien qu'on les portât tombant droit par devant. Ce cordon, muni d'un coulant qui était quelquefois orné de pierres précieuses, tenait la montre qu'on mettait dans la ceinture. Les hommes le portaient aussi bien que les dames.

Une autre chaîne moins longue, qui prit le nom de Léontine, vint après. Elle était attachée par le haut à une petite broche et tenait par l'autre extrémité à la montre, de laquelle partait une chaîne encore plus courte, pour suspendre la clef et le cachet. Ce bijou, qui se portait entre le col et la ceinture, n'avait déjà plus rien du collier, sans avoir encore rien du crochet de ceinture ; il tenait le milieu entre les deux. Fossin fit, en i85o, une Léontine charmante, dont la petite broche était une pastille de jaspe sanguin centrée d'un rubis incrusté et entourée d'une ligne de roses et de petits rubis alternés. La montre, la clef et le cachet étaient décorés à l'avenant.

La plus grande simplicité régnait à la cour du roi Louis-Philippe, et les riches parures ne s'y montraient que rarement. Il faut atteindre les années qui suivirent pour voir reparaître les colliers en perles et en brillant^ cependant la mode classique des rivières avait subsisté, et cette mode, qui resta le privilège de quelques-unes jusqu'au jour de la découverte des mines du Cap, devint générale- après cet événement. Elle semble actuellement jouir d'une moindre faveur.

Notons en passant que les Anglaises, fidèles à leurs traditions nationales, n'ont, je le crois bien, pas discontinué de porter des bijoux de jaïet, et que, dans cette mode, le collier fait de larges mailles prises à même le lignite, et terminé par un médaillon de même matière, â toujours joué un rôle considérable. Elles semblent avoir remplacé récemment cette mode par celle de porter juste au cou, et par-dessus le collet droit montant de leur corsage une chaîne d'argent également terminée par un médaillon. Peut-être doit-on à leur initiative la mode de porter le pendant de cou, qui fit sa réapparition au commencement du second Empire, sous la dénomination préférée de loket, et qui dura chez nous pendant l'espace de trente années.

On en fit de toutes sortes et de tous les styles. Le joli dessin de Froment Meurice le père fournit un exemple de l'élégance que pouvait atteindre ce bijou. Conçu dans l'esprit des œuvres de la Renaissance, ir était, comme eux, décoré d'émaux variés. Les néréides

COLLIERS ET PENDANTS DE COU

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^maillées nature se détachaient sur Tazur de la coquille, au milieu du vert éclatant des roseaux. Le petit camée si fin était entouré de rinceaux d'émail blanc courant sur un fond vigoureux, et les pendants de perles étaient rattachés au motif principal par des guirlandes de fleurs et de fruits émaillés. Je cite ce bijou parce qu'il fournit une idée exacte des tendances et du goût de Froment Meurice lorsqu'il traitait une pièce de bijouterie; mais on sait qu'il fabriquait de grandes orfèvreries auxquelles il doit surtout sa réputation, et qu'il ne s'occupait guère du bijou proprement dit que d'une façon complémentaire. Le médaillon de cou sur lequel A. Falize fit pour la première fois le mariage de ses jolis ornements en émaux transparents , s'entrelaçant sur un fond neutre d'émail opaque, était une jolie invention dont l'emploi devait donner plus tard naissance à tout un système de décor séduisant et nouveau, plus particulièrement appliqué aux bracelets.

Ces lokets ou pendants de cou avaient fourni aux fabricants l'occasion de montrer toutes les ressources de leur art, d'en faire valoir toutes les recherches. Les pierres sans défaut, les plus délicates ciselures, les plus fins émaux étaient employés à leur confection. Il y en eut de toutes les formes, mais la plus usitée fut celle du médaillon ouvrant. L'ornementation de ces médaillons que la mode attachait au cou, quand, quelques années auparavant, elle les avait suspendus au bras, offrait des variantes infinies, parmi lesquelles une des plus jolies était, sans contredit, un cristal de roche entouré d'un rang de diamants mignons et portant incrusté au centre un chiffre ou un monogramme fait en petites roses.

La joaillerie s'empara de ce bijou pour y monter aussi ce qu'elle

PBKDANT PAR FROMENT MEURICP. (le pèrc).

avaît de plus rare et de plus précieux. Ce ne furent que saphirs merveilleux, ceils-de-chat flamboyants, perles parfaites de blancheur et de forme, perles noires très grosses et d'un prix plus extraordinaire

MEDAILLON DB COU PAR A. FALIZE (le pcfc).

encore que la couleur de leur peau, le tout entouré de superbes brillants blancs dont la monture échappait à Tœil le plus exercé.

Tout en reconnaissant qu'il est impossible de choisir et de monter plus habilement les pierres qu'on ne le fait aujourd'hui, on ^^^ contraint, à l'aspect de ces merveilleux produits naturels dont le mystère de la fabrication nous échappe absolument, de convenir que k nature est aussi une grande artiste à ses heures.

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