‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 123 sur 250 · COLLIER DE STYLE LOU19 XVI · texte numérisé non relu

COLLIER DE STYLE LOU19 XVI

(Appartient à M. Taburct-Boin.)

dans les cheveux, des gants longs, pas de bracelet et trois poires à chaque oreille, comme la dauphine.

Quant aux pièces de collection, elles furent encore longtemps en vogue, mais en s'améliorant toujours. La plus récente et la plus belle monture de toutes est celle cataloguée sous le numéro 35o au Cabinet des Antiques; elle forme l'entourage d'un camée fort grand, représentant le profil de Louis XV. Les fleurs émai liées avec recherche, au lieu d'être incrustées dans le fond d'or, sont découpées à jour et modelées en bas-relief. La fabrication en est très soignée; c'est une fort belle pièce.

Le caractère délicat qui distingue le bijou de style Louis XVI n'échappera certainement pas dans ce petit collier en bijouterie. Le pendant central, en forme d'écusson, est fait en cristal de roche; il est décoré d'un ovale en émail bleu mauve, au milieu duquel est une petite rose. Un pointillé d'or sépare l'émail du tour extérieur qui est en perles. Un saphir serti par un molleté, également entouré de perles, forme le centre du collier.

Le tour du cou est fait de petites plaquettes d'or, à pendeloques saphirs, reliées entre elles par un double rang de perles, dont Tun forme esclavage. Le même caractère se retrouve dans ce fermoir de collier fait en forme d'olive, qui servait à tenir autour du cou les quinze ou vingt rangs de jaseron de Venise qui étaient alors à la mode. Un petit chiffre en roses y est deux fois répété. Ces roses, ainsi que les

brillants, y sont sertis dans l'argent. Il se ferme par une petite vis fixée à l'un des anneaux. Sous Louis XV, les dames avaient porté de petites montres attachées après ces rangs de

FERMOIR DE JASEROMi. jaSCrOn.

Collection de M. Taburci-Boin. .-^ . ^ i r â^

De 1741 à 1792, toutes les femmes de chambre, marchandes, laitières, etc., portent un ou plusieurs rangs de jaseron, attachés juste à la naissance du cou, d'où part un bout droit par devant, auquel est attachée une croix à la Jeannette qui pend entre les deux seins. Les élégantes ont quelquefois ce même arrangement en perles enfilées, qui se termine tantôt par un Saint-Esprit, tantôt par un médaillon ovale. Cette mode a duré depuis le règne de Louis XIII, sous lequel elle semble avoir pris naissance. Les dessins de Callot nous montrent des bourgeoises, les unes en promenade, les autres en train de broder, qui ont à leur cou, soit la petite croix, soit le Saint- Esprit.

Cet autre collier se portait, au xviii» siècle, dans les campagnes de la Bresse et dans l'Auvergne. Il est composé de trois plaques principales, dont les centres sont enrichis de motifs en émaux assez fins. Ces trois plaques sont reliées par des chaînes faites de maillons plats et minces découpés et émaillés également.

Vers le milieu de notre siècle, les paysannes de ces contrées voulurent se mettre à la mode, c'est-à-dire qu'elles échangèrent leurs bijoux typiques contre le produit banal qui tend à s'universaliser. Bien des bijoutiers mettaient à regret à la refonte ce vieux bijou qui leur semblait intéressant, aussi plusieurs eurent l'idée de garder et de collectionner les plaques émaillées qu'ils enlevaient avec soin avant de jeter le reste au creuset. C'est en cherchant l'utilisation de ces petits matériaux qu'un fabricant de Bourg trouva le bijou moderne connu sous le nom de bijou Bressan. Après avoir d'abord groupé les débris qu'il avait conservés, il fit ensuite de petites plaques d'émail qu'il utilisa de la même manière.

COLLIERS ET PENDANTS DE COU

Une vieille gravure, intitulée : la Mère à la mode *, nous représente une élégante qui porte en sautoir, de Tépaule droite à la hanche

ce o

gauche, une grande chaîne d'or à mailles forçat, à laquelle est suspendu un médaillon losange encadrant un portrait. Une autre, qui

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