‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 13 sur 250 · DE PIERRE · texte numérisé non relu

DE PIERRE

Je veux aussi parler accessoirement de la bague n° 486 (salle historique Q), qui ejt ornée de deux petits chevaux en ronde bosse assez bien tournés, placés debout sur le chaton. Elle est finement exécutée, quoique peu raisonnée et peu raisonnable. L'usage devait en être impossible. Elle date probablement de la fin de la monarchie, alors qu'on était las du bon et du simple.

Restent les bagues et les sceaux en terres émaillées.

Dans la salle historique Q, nous trouvons :

Sous le n* 655, un grand sceau dont la plaque mesure cinq à six centimètres en longueur et deux en largeur, et qu'on peut ranger dans la catégorie de ceux qui étaient importables. Sur le cartouche est inscrit le nom de Séti l^.

Et sans numéro, un petit anneau bleu, très fin, au nom de Ramsès IL

D'autres petits anneaux bleus, de ce bleu idéal, tendre et éclatant dont ce peuple avait le secret (salle civile S), semblent avoir appartenu à des femmes ou à des enfants. Ils ont pour chaton, soit Vouia ou œil symbolique, le scarabée, Turéus ou la fleur de lotus, quelquefois une petite rosace. Ils sont mignons et délicats. Ils étonnent par leur parfait état de conservation.

ANNEAUX ET BAGUES

SCEAU EN TERRE éMAILLEB, AU NOM DE Sert P^

Pour achever rexamen des terres émaillées et des pâtes de verre, je mentionnerai ces larges anneaux de forme cylindrique qui sont ornés de sujets découpés à jour, grossièrement indiqués, et aussi celui qui représente, émergeant en diagonale et faisant une saillie d'au moins deux centimètres, le buste de la déesse Sekhet, à la tête léonine, surmontée du disque du soleil et coiffée du klaft. Ces singularités, qui offrent certainement un intérêt archéologique, ne fournissent qu'un mince élément d'étude, au point de vue qui nous occupe.

La pièce n® 457, dont il est parlé plus haut, nous démontre que la première bague d'or faite par les ouvriers égyptiens remonte à deux mille ans au moins avant notre ère.

Voici deux nouvelles observations à l'appui de ce fait.

Le musée du Louvre possède une sardoine en forme de chaton de bague (série des cartouches royaux), dont la gravure représente le

roi Amenemha III de la XIP dynastie (2000- 1900) terrassant un guerrier. Cette gravure, faite pour célébrer la gloire du roi, date soit de son vivant, soit des premières années qui suivirent sa mort. Ce monument nous indique que les Égyptiens connaissaient la glyptique près de deux mille ans avant l'ère chrétienne.

Il est supposable qu'un peuple qui savait graver les pierres fines possédait également l'art de les monter en or. Si nous en doutions, la Bible viendrait très heureusement à notre secours, en nous apprenant que le Pharaon remit à Joseph son anneau d'or en signe de pouvoir. Or cet événement se passait en 21 i3-2oo3. La coïncidence des dates semble concluante. Elle nous permet d'attribuer aux plus anciens de ces bijoux venus à notre connaissance l'âge respectable de 3, 800 à 3,900 ans.

Hérodote dit que les Babyloniens portaient aussi au doigt un

BAOUB OUZA.

anneau à cacheter. Celui qui a été trouvé à Salonique peut bien être un de ceux-là. Il appartient à l'époque chantée par Homère, époque à laquelle les Asiatiques étaient civilisés relativement aux Grecs, qui ne connaissaient pas encore la bague. Il est tout en or massif. La plaque,

intaillée et soudée après l'anneau, a reçu, pardessous et dans toute sa longueur, une façon destinée à ménager une place pour le passage du doigt. Le sujet de Pintaille représente deux guerriers nus, n'ayant pour tout vêtement qu'une sorte de pagne, armés de sabres ou d'épées semblables aux armes de bronze antéhistoriques qui sont conservées au musée de Saint-Germain. L'attitude de ces combattants, qui luttent avec des lions, rappelle le style des cylindres de l'ancien empire de Chaldée. On voit là un spécimen de l'art le plus antique. Ce bijou, qui est considéré comme appartenant au ix* siècle avant Jésus-Christ, fit partie de la collection de Gobineau, pour arriver à celle de M. Danicourt, à qui je suis redevable de cette obligeante communication. Il n'a d'analogues que de semblables bagues trouvées par M. Schliemann à Mycènes et publiées par lui dans son remarquable volume *.

De l'Egypte et de l'Asie Mineure, l'art s'est répandu en Occident, mais non pas en passant tout entier par la Grèce, nous allons le voir.

Il a été trouvé en Étrurie d'assez nombreux exemplaires d'un type de bague qui n'offre d'analogie avec aucune autre. Ces bagues sont faites en or et ne sont ornées d'aucune pierre. Elles portent toutes un chaton elliptique très saillant, décoré d'une lame d'or travaillée tantôt en intaille, tantôt en relief.

Le musée du Louvre en possède dix en intaille et quatorze en relief. Le Cabinet des antiques en a huit intaillées et une en relief. Presque toutes représentent des animaux ou des êtres fantastiques, sphinx, lions ailés, chimères. Je donne le dessin de trois de ces bagues.

BAGUE BABTLONIBNNE.

Collection de M. Danicourt.

CHATON INTAILLÉ d'une BACUE éTRU9Q.IIE.

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