‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 12 sur 250 · SCEAU DU ROI HO&U · texte numérisé non relu

SCEAU DU ROI HO&U

dessous du scarabée, étant plat et droit, forme à ses points de jonction avec Tanneau d'or, à l'intérieur, un angle de chaque côté qui en interrompt la ligne circulaire. Cette forme d'étrier augmente en raison de la grandeur du scarabée et se trouve, au contraire, atténuée, lorsque le scarabée est petit.

Quelquefois le scarabée est remplacé par un chaton quadrangulaire tournant, comme dans le n® 481, dit Sceau du roi HoruSy et dans le n° 466 (salle historique H). Dans ce cas chacune des quatre faces présente un sujet différent.

Incidemment je ferai remarquer que la pièce n** 48 1 , dite Sceau du roi Horus, est de proportions tellement exagérées, qu'il est impossible d'y voir autre chose qu'un sceau, bien qu'elle ait reçu la forme d'une bague. Je reviendrai sur cette observation ; mais, dès à présent, je tiens à constater que l'importance du sceau chez les Égyptiens était telle, qu'elle avait nécessité la création de fonctionnaires spéciaux chargés de leur garde et sans doute de leur emploi. Le Canope à tête humaine inscrit sous le n° 370 porte une inscription qui nous révèle ce fait. Il y est dit que le prince Kha-em-uas a fait don de ce vase à un chargé des sceaux sacrés, nommé Ati. Et le cône funéraire n^ SgS vient le corroborer. On y lit : « Le premier prophète d'Ammon, garde des sceaux, Tothi*. >>

Le deuxième tj^pe conserve encore le souvenir de la forme étrier, mais déjà la fabrication en devient plus savante. Le contour extérieur de l'anneau perd sa rondeur brusquement et monte des deux côtés pour aller saisir, à angles droits, la plaque du

I. Catalogue de la salle historique de la galerie égyptienne, P. Pierrel (1877).

BAGUE A SCEAU Q.UADRAK0ULA1IIB.

BAGUE écYPTlENKE

DU

DBUXI&ME TYPE.

sceau qui est large comme tout le doigt. Malgré cette forme extérieure, Tanneau est rond à Tintérieur. L'objet est pris sur pièce et résolument taillé. Celui qui est composé de deux anneaux jumeaux accouplés est particulièrement saisissant.

Le troisième type fait un peu double emploi avec le deuxième, cependant il mérite une mention à part, parce qu'il semblé ouvrir la

BAGUES iOYPTIBNNBS DU TROISièMB TYPE.

porte à la fantaisie. C'est toujours la même forme étrier avec une variante. Il est représenté par une bague en pâte de verre à chaton plat fait d'une simple plaquette hiéroglyphique (salle civile S), par deux autres également en pâte de verre bleu turquoise : le chaton de l'une est en forme d'œii, et celui de l'autre en forme d'écusson. Elles ont toutes les deux la forme ronde à l'intérieur. Enfin je citerai une bague en or, dont le sceau carré pris sur pièce se continue par un corps mince traité en anneau.

BAGUES EGYPTIENNES DU Q^UATRlÈME TYPE,.

Le quatrième type est absolument à part des trois autres. Tout en restant simple, il comporte déjà une recherche qui marque indubitablement sa place, comme le dernier venu de tous. C'est l'inauguration d'un nouveau principe. La forme d'étrier est tout à fait abandonnée et fait place à la forme dite chevalière encore en usage de nos jours. Celle exécutée en argent et portant le n^ 493 est accomplie de tous points. On ne peut souhaiter un galbe plus souple, plus gras, plus caressant à l'œil. Elle a conservé sa destination utilitaire, elle est restée sceau, parce que à cette époque la bague dépourvue du sceau

ANNEAUX ET BAGUES. 19

ne semble pas avoir eu de raison d'être; mais déjà Touvrier a recherché l'élégance de la forme. Il Ta réalisée sans cependant obtenir un effet aussi pittoresquement décoratif que celui offert par les deux premiers types.

Toutes les bagues en or de cette époque sont massives, c'est un de leurs caractères absolus.

Je crois que l'ordre dans lequel je présente ces quatre types peut être considéré comme leur rang d'âge. Quoique empreints tous les quatre d'une gravité presque analogue, quoique dépourvus, au même degré, de toute coquetterie, quoique également masculins, ils offrent cependant entre eux une différence appréciable.

Le premier est purement et simplement un sceau, c'est-à-dire une pierre de cachet qu'on a fixée après un fil d'or pour en rendre l'usage plus commode. Le mode employé pour la monture et décrit plus haut l'indique assez. Ce mode, très ingénieux, a dû être précédé d'un autre plus élémentaire, mais qui devait être insuffisant, ce qui Taura fait abandonner.

Un simple fîl d'or, traversant le scarabée de part en part et dont on rattachait ensemble les deux extrémités, devait en faire tous les frais. On comprend que les échantillons qui ont pu exister de ce mode primitif aient été détruits pour être remplacés par un autre. Il était nécessaire de fixer après l'intaille une partie facilement saisissable, une sorte d'anse pour retirer le sceau de la cire, après que l'empreinte était marquée. On y mit un anneau. La pièce n*» 467 au Musée égyptien du Louvre nous offre l'exemple d'une de ces tentatives. La sardoine à teinte rose et blanchâtre qui lui sert de chaton est maintenue par un seul fil qui la traverse deux fois en sens inverse, en se croisant pour venir ensuite s'enrouler sur lui-même. Elle date de la XIP dynastie. Mais cette monture élémentaire n'était pas satisfaisante. La pièce tournait mal, l'anneau cédait, s'ouvrait ; il fallait trouver mieux. C'est alors que furent inventées les spatules forées et la goupille, et c'est seulement à une époque postérieure, vers la XVIIP dynastie, c'est-à-dire à peu près dix-huit cents ans avant notre ère qu'il est possible de constater l'emploi de la soudure dans ces objets, ainsi qu'on peut le voir par l'anneau n° 460 au nom de Thoutmès III.

Le second type est encore bien un sceau; mais il devient bague, par la forme intérieure de l'anneau qui, parfaitement ronde, épouse celle du doigt.

Le troisième a pour base le chaton-sceau fait de la même matière que le corps de la bague. Il ne présente pas un caractère aussi saillant que les précédents, mais il est le père d'un autre que nous retrouverons chez les Italo-Grecs.

Le quatrième devient tout à fait une bague, en conservant sa fonction de sceau.

Cette gradation est parfaitement saisissable; j'aurai l'occasion d'y revenir quand je traiterai des origines de ce bijou.

Ces quatre beaux types résument à peu près tous les caractères

de la bague égyptienne. Cependant, pour être complet, je mentionnerai

une pièce remarquable en ce sens qu'elle est seule

de son espèce. C'est une bague en incrustations de

pierres et de verres colorés, tenus dans des alvéoles.

Elle figure deux belles fleurs de lotus qui prennent

de chaque côté le chaton composé de cinq petits

cylindres en lapis et cornalines alternés. La fragilité

BAGUE. de ce travail le rendait peu applicable à une bague.

BN IKCRU8TATIOICI C'est peut'être ce qui en explique la rareté.

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