‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 140 sur 250 · BRACELET GAULOIS EN BRONZE · texte numérisé non relu

BRACELET GAULOIS EN BRONZE

en toutes matières. Ces bijoux étaient portés indistinctement par les deux sexes.

Le musée de Cluny conserve des bracelets gaulois en or massif qui sont une des curiosités les plus grandes qu'on puisse voir.

Celui portant le numéro 4975, fait d'un énorme lingot ne pesant pas moins de 618 grammes, nous révèle le mode qui a été employé à

sa fabrication par Texamen des deux extrémités qui n'ont pas subi la torsion. Il a été préparé au marteau dans toute sa longueur, puis tordu ensuite. On comprend à peine comment il était possible de porter ce bracelet sur le gras du bras sans en être blessé, tant à cause de son poids énorme que de la nature du dentelé qui en garnit les arêtes. Le numéro 4976 est presque aussi extraordinaire. Il est composé

BRACELETS

de trois lingots ronds massifs, tordus ensemble et réunis aux extrémités par un gros lien d'or à cinq tours qui les rattache à une sorte

BRACELET GAULOIS EN OR MASSIF PESANT 48a GRAMMES.

de champignon. Il pèse 482 grammes. Ces deux pièces proviennent de fouilles faites dans le canton de Villers-Cotterets.

Une autre paire de bracelets, de la collection de Luynes, au Cabinet des Antiques, et portant les numéros 2979, 2980, sont faits en

BRACELET EH BRONZE. (Tiré des Atitiquités suédoises.)

fils d'or plus déliés, tordus autour d'un mandrin. Ces fils, réunis presque en botte, s'épanouissent en cornet à chaque extrémité et sont reliés par un astragale. Trois charnons goupillés leur servent de fermeture.

Le Musée de Saint-Germain conserve des bracelets faits d'un seul lingot d'or massif prenant le contour du bras ; il conserve également des fils d'or doubles, tournés sur eux-mêmes en une petite spirale de la grosseur du doigt, dans lesquels je crois reconnaître des bracelets semblables à un autre en bronze que je trouve dans les Antiquités suédoises *. Gommé ceux du Musée de Saint-Germain, il commence par une boucle formée par le métal plié et se termine par les deux extrémités du même fil tordues ensemble. Il est vraisemblable que les objets en or ont été roulés sous un petit volume pour pouvoir être cachés plus facilement.

Les riches Gauloises vivaient à la romaine. Elles portaient de nombreux bijoux dans lesquels étaient enchâssés des camées et des pierres précieuses. Le Musée de Lyon conserve en ce genre un écrin des plus riches. On y compte trois paires de boucles d'oreilles, trois bagues, huit colliers garnis d'émeraudes, d'améthystes et de saphirs, et huit bracelets. Plusieurs de ces bijoux rappellent, par la beauté de leur style, une origine grecque ou romaine. Quelques pièces d'un travail plus ordinaire sont peut-être des produits du cru. Ces bijoux semblent appartenir au n® siècle de notre ère.

L'or était probablement très abondant sur notre sol lorsqu'on y fabriquait des pièces aussi massives, aussi pesantes que les bracelets d'humérus qu'on vient de voir. Diodorc de Sicile dit en effet que les Gaulois trouvaient abondamment de l'or dans les rivières; qu'ils l'épuraient par le moyen du lavage et l'employaient ensuite à la parure des femmes et même à celle des hommes. Il ajoute qu'ils en faisaient, non seulement des anneaux, ou plutôt des cercles qu'ils portaient aux deux bras et aux poignets, mais encore des colliers excessivement massifs, et même des cuirasses. Cette description ae trouve en effet confirmée par d'énormes plastrons d'or qui devaient couvrir toutes les épaules et le devant de la poitrine, et qui sont conservés dans les vitrines du British Muséum.

Cette profusion contraste avec la parcimonie que révèlent les premiers temps de la période mérovingienne. Car on n'a pas été sans remarquer qu'à ce moment le précieux métal semble s'être raréfié tout à coup, au point de disparaître presque complètement. On ne le retrouve plus qu'employé à l'état pelliculaire, étendu sur des pâtes avec

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