BAGUE ETRU8<^UB A CHATON EN RELIEF
Les origines des Étrusques, bien qu^elles aient été l'objet de controverses anciennes et modernes très nombreuses, sont restées assez obscures. Il est cependant un point qu'il semble raisonnable d'admettre, c'est que les Étrusques ont subi deux influences successives. Celle de l'Asie Mineure ou de la Lydie d'abord, et celle de la Grèce déjà orientalisée, à la suite. Les fouilles le plus récemment opérées et les aflirmations des auteurs les plus compétents* viennent à l'appui de cette opinion.
Oserai-je ajouter que l'étude attentive des bagues dont je parle m'avait amené à cette conclusion avant que je connusse ce courant d'opinion. En effet, ces bijoux, dans leurs petites proportions, sont aussi éloquents que les autres monuments. Le génie des temps, selon la belle expression de Michelet, se révèle dans les moindres œuvres.
Ces grandes ailes de sphinx coquillées à leurs extrémités, ces personnages d'un caractère si primitif, cette roue de char dont les jantes sont reliées par des barres transversales qui y tiennent lieu de rayons, tout, jusqu'à la façon dont est traitée la petite palmette qui croît entre les pieds du quadrupède, ne me semblait en rien révéler l'influence de l'art grec. En admettant qu'il y eût eu influence, d'où pouvait-elle provenir, si ce n'était des pays mêmes du sphinx ?
Les dessins de celles n*»» 41 3 et 414, au Louvre, sont encore plus naïfs, et dans la collection qu'en possède le British Muséum, il en existe une qu'on dirait intaillée par un enfant, tant la façon dont elle est gravée — faut-il dire gravée? grattée serait peut-être plus juste — révèle soit l'inexpérience de l'outil, soit l'emploi d'un outil bien imparfait.
Elle est divisée en quatre compartiments, par trois zones transversales, et doit être vue dans le sens de sa longueur. Dans le premier compartiment en haut, il y a l'épervier à tête humaine, qui était chez les Égyptiens l'image de l'âme; dans le second, un hippocampe, audessous une chimère ailée; enfin, dans le dernier, le même épervier à tête humaine, mais figuré cette fois à l'envers, de façon que la bague, dans quelque sens qu'on la portât, fût ornée en haut du même épervier.
Outre celles que je viens d'énumérer, j'avais eu le loisir d'en analyser une que possède M. Augusto Castellani, de Rome, d'une