I. Ilios, h^ Schliemann
d'origine étrusque, cependant on la croit phénicienne. La fabrication en est assez grossière et ne rappelle en rien les beaux bracelets larges dont il a été question dans un précédent chapitre. Elle semble avoir été cousue autour d'un bonnet.
Il a été trouvé dans le tombeau du roi du Kouloba* deux bandeaux d'or ayant servi au même usage. L'un formait le bord inférieur, l'autre la partie supérieure d'un bonnet conique en étoffe.
Le bandeau supérieur est formé d'une feuille d'or mince repoussée et soudée par les extrémités sur une seconde feuille plus épaisse. On y voit, quatre fois répétée, la figure d'une femme dont le front est couronné d'un diadème. Le bandeau inférieur est également formé d'une feuille d'or laminée, sur laquelle sont repoussés huit groupes composés chacun d'un lion à tête humaine et d'un griffon ailé affrontés, et se touchant par une de leurs pattes de devant, à la manière des lions assyriens ailés.
Un bandeau a été trouvé également dans la sépulture de la reine ; on le croit funéraire. Une guirlande de fleurs et de fleurons épanouis, où l'on distingue des oiseaux, des têtes humaines surmontées d'un modius, posées au milieu de deux ailes sur de grandes palmettes, puis un animal à long col. Cette guirlande, repoussée comme les autres sur une feuille d'or mince, se déroule entre deux bordures d'oves. Le bord supérieur du bandeau est orné de vingt-quatre fleurs de myosotis en fil d'or, avec émail bleu et vert*. Les oeillets dont ce bandeau est percé indiquent qu'il était fixé sur une étoffe. Plusieurs autres bandeaux de même nature ont été trouvés à Kertch : l'un, entre autres, dans la sépulture de la reine au masque d'or. Il avait été fixé, pour plus de solidité, sur un cercle de bois de cèdre d'une ligne d'épaisseur, dont il reste encore plusieurs fragments.
Nous avons à Paris, au musée du Louvre, une lame d'or pâle ornée d'une zone de dix animaux, cerfs et lions qui se suivent, rappelant la décoration des vases corinthiens ou asiatiques antérieurs au vu* siècle. Ces animaux sont obtenus à l'aide d'une estampe, et l'or, par sa couleur, semble avoir été employé à l'état natif, fait assez fréquent à cette époque reculée. On se rappelle l'avoir déjà constaté, au