‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 188 sur 250 · I. Lucien, les Amours · texte numérisé non relu

I. Lucien, les Amours

ces pierres ont été dispersées, employées à enrichir de nouvelles parures. La trace en a disparu. C'est malheureusement le sort réservé à tout ce qui porte en soi une grande valeur intrinsèque; il vient toujours un moment où quelqu'un a plus d'intérêt à s'en dessaisir qu'à le garder, et sans cette description de Lucien, nous ignorerions tout ce luxe venu des Indes, nous ne saurions pas que les diamants, diamants laissés bruts probablement, brillaient en si grande abondance sur le front des dames romaines.

Les épingles de tête furent d'un usage général pour les femmes dans toute l'antiquité, et les hommes même en portèrent lorsque la mode de laisser à la chevelure toute sa longueur rendit nécessaire de la diviser et de l'assujettir comme celle des femmes. Cette mode, qui avait pris naissance en Asie, fut poussée fort loin chez les Ioniens, à Samos, à Colophon et sans doute dans toutes les riches cités de l'Asie Mineure*. Il semble qu'on puisse reconnaître dans l'épingle d'or trouvée à Chiusi un des types de cette bijouterie. Elle a une belle tournure et le décor dont elle est ornée, composé de ces zones superposées d'animaux, comme nous venons d'en voir sur une bractée, la fait remonter à la même époque que cette dernière, c'est-à-dire environ au vil® siècle avant notre ère.

Les Athéniens, qui prétendaient être de race autochtone, portaient des cigales d'or dans leurs cheveux, comme un symbole de leur antiquité, car ils croyaient que cet insecte était directement engendré de la terre. Ils abandonnèrent cette coutyme à peu près à l'époque des guerres médiques'.

Le musée du Louvre conserve quelques épingles : celle numéro 20, formée d'un gland et de deux grenades; celle numéro 21, en argent, faite de deux bal ustres superposés; celle numéro 23, qui représente une main de Vénus ou de Paris tenant une pomme, celles numéros 24 et 26 dont la tête se compose de trois lentilles placées les unes audessus des autres, légèrement gravées, traversées par la tige même, et surmontées d'un gros tambour à bords façonnés qui porte, le numéro 24 une tête de sanglier, le numéro 26, une tête de bélier. Ces

i. Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, Ch. Daremberg et Saglio. 2. Idem,

deux pièces ont un excellent caractère. Elles sont en argent ainsi que

épINGLB DB CHIUSI. éPINGLE N° 20. épJNGLE K^ 21. EPINGLE N^ 23.

(Musée du Louvre).

éPINGLE N® a^.

le numéro 23 et le numéro 27 de style grec très élégant, dont la tige, cannelée dans sa partie supérieure, est surmontée d'une petite fleur de lotus. Celle numéro 29, en or, est faite de quatre boules étrusques d'un beau travail de granulé, branlant au bout de ressorts, et

groupées sur un dis- ;^.'^^^ que plus moderne.

EPINOLR R<* 26.

EPINGLE N» 27. ÉPINGLE N« Sp. ÉPINGLB H° J7. ^PINGIE H*» ^2.

(Musée du Louvre).

Celle numéro 3i, travail étrusque en or, représente un de ces jolis petits génies ailés, comme nous en avons rencontré parmi les pendants d'oreilles. Il tient d'une main une patère et de l'autre un vase pour le sacrifice. Le mouvement de ce mignon personnage est très bon, les détails en sont soignés; il est bien conservé. Il en existe une autre portant le numéro 38, qui est à peu de chose près la répétition de celui-ci.

épiNGLE N^jl.

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