CHAPITRE VIII
CEINTURES, BRELOQUIERS, CHATELAINES
La plus ancienne des ceintures dont on parle paraît être celle de Vénus. Homère qui se complaît ordinairement dans les descriptions ne nous en dit rien, si ce n'est qu'un jour, Venus la prêta à Junon. Sans doute, elle était fort belle et fort riche, d'un merveilleux travail, dit-il ; mais il reste muet au sujet tant de sa forme que des matériaux dont elle était composée.
Dans les fouilles faites sur les bords du Nil, on a découvert une statuette en bois qui représente un personnage de l'ancien empire
CEINTURE A NOKUD.
d'Egypte, contemporain au moins de la première moitié de la IV** dynastie, c'est-à-dire de la fondation de la royauté. Mariette bey attribue cette date à la merveilleuse statue de bois trouvée à Saqqarah
et conservée au musée de Boulaq. On ne peut vraiment moins faire pour celle-ci dont la facture plus naïve et non encore hiératique semble appartenir à une époque antérieure. Cette statuette, qui fait partie de la collection du Louvre, a une ceinture fermée par un nœud herculien.
L'idée première en est simple. C'est, à vrai dire, un ceinturon plat, sur chacune des extrémités duquel un bout de corde a été fixé. On nouait l'un à l'autre pour fermer la ceinture. Mais déjà l'instinct décoratif et peut-être aussi la nécessité en ont modifié l'aspect. Les extrémités des cordes ont été effilochées, puis aplaties, et les brins