‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 21 sur 250 · BAGUES TROUVÉES EN SYRII · texte numérisé non relu

BAGUES TROUVÉES EN SYRII

un abraxàs^, La gravure représente un Typhon anguipède. C'est un de ces monstres enfantés par Timaginalion orientale et dont le nom seul éveille une impression de terreur. Il semble que les hommes aient tenté de personnifier dans cette image toutes les fatalités, tous les phénomènes dont ils étaient les victimes et dont les causes leur restaient inconnues. La projection outrée de la face en avant se découpe en un profil des plus hideux ; une main présente un bouclier couvert de signes cabalistiques, l'autre lève un fouet menaçant.. Les jambes se terminent en serpents.

Il a été trouvé en Syrie des bagues de formes extravagantes, qui font partie de la collection de M. le duc de Luynes au Cabinet des Antiques. Elles sont en or massif.

Je donne seulement les dessins de deux d'entre elles, les n°* SSy et 539. Je n'en connais pas l'origine et ne puis les considérer que comme des objets de curiosité. Cependant, celle qui porte le n« 537 se rapproche quelque peu, à cause de l'épatement et de la largeur de l'anneau

dans le sens travers, d'une énorme pièce dont la fabrication pourrait remonter au Bas-Empire, et qui figure au musée étrusque du Louvre sous le n° 535, dans le voisinage d'une autre, n» 533, qui est non moins curieuse. La première est ornée d'une intaille ovale sur nicolo. On y voit gravé un éphèbe revêtu d'une chlamyde et tenant une tasse à la main. La monture, de forme extraordinaire, est exécutée avec rudesse et brutalité. La seconde est une intaille en onyx, de forme

BAGUE ROMAINE

I. On désigne sous ce nom des intailles représentant des emblèmes et des figures symboliques qui correspondent à un système religieux formé d'un amalgame de doctrines égyptiennes, perses et gnostiques. Le nom d:'Abraxas se trouve gravé sur un grand nombre de ces pierres; les lettres dont il se compose, ajoutées d'après leur valeur numérique en grec, produisent le nombre 365, qui joue un grand rôle dans les systèmes gnostiques de rémanation. Les Abraxas portent aussi le nom de pierres basilidiennes, du nom de l'hérésiarque Basilide, qui mourut dans la première moitié du ii® siècle. Ces sortes de pierres étaient probablement des amulettes {Catalogue du musée Napoléon III),

BAGUES ROMAINES

également ovale, d'origine relativement moderne, qui représente une Diane debout.

Nous retrouverons un type à peu près semblable au n« 535, offrant

les mêmes angles de chaque côté de Tanneau, lorsque nous étudierons les bagues du xv" siècle.

Il importe de mentionner ici, à titre de curiosité historique, une petite bague de forme épatée et anguleuse, analogue à celles-ci, dont le chaton carré et plat est orné au centre d'une pointe naïve, très petite, il est vrai. Elle est au Musée britannique et s'y trouve classée dans les bijoux de provenance romaine. C'est le seul diamant romain qu'il m'ait été donné de contempler. Le même musée possède deux bagues en argent de cette même forme. Sur le chaton de l'une est intaillé un bouffon qui joue de la lyre.

Il faut admettre que, dans la bague de l'époque gallo-romaine, l'élément gaulois a été nul. Il semble en effet que les Gaulois ne portaient pas de bagues. On est tout au moins certain que leurs sépultures, bien que renfermant toutes sortes d'objets relatifs à la parure, ne nous en ont jamais donné*. La bague gallo-romaine est donc, en quelque sorte, la continuation de la bague romaine.

En effet, je trouve au Musée des antiquités nationales deux bagues chevalières, dont l'une, n*» 14141 en argent, large et épaisse, est ornée d'une intaille représentant un guerrier. Une autre chevalière en or ciselé par zones striées est décorée d'un chaton ovale en relief sertissant une pierre décolorée à reflets lunaires. Les deux ont été trouvées dans la forêt deCompiègne. On remarquera leur analogie avec les bagues romaines; cependant il importe de constater l'apparition d'un élément nouveau : je veux parler du chaton posé en relief sur l'anneau. Je ne crois pas inutile non plus de constater que ce chaton affecte

I. M. Frédéric Moreau a fouillé 600 sépultures sans y rencontrer une seule bague.

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