DE ROCHE
sur les quatre grandes faces; tour le reste est en or gravé et ciselé. Il fait partie de la collection Poldi Pezzoli, à Milan. Du xv** siècle aussi sont le flacon sexagone en cristal de roche, monté en argent et à charnières, et suspendu après une chaîne d'argent, ainsi que la petite
trousse de dame vénitienne. Le manche du couteau est en ébène incrustée de nacre. La monture est en argent et la virole, gravée du haut, est rejointe à celle du bas par quatre fils tordus qui courent sur les angles de Tébène. La lame est en acier damasquiné d'or. Dans Tétui, figure, à côté du couteau, une épingle destinée, m'a-t-on dit, à mettre le poison après le couteau, ce qui me semble à la fois inutile et invraisemblable. On attachait cet objet après la personne, à Taide d'une épingle qui est figurée dans le dessin. Le flacon de cristal et la trousse font partie de la collection de M. Palotti à Florence.
La ceinture continue à être portée au xvi® siècle; mais, pour les hommes, le poignard est supprimé; Tépée seule s'y attache à gauche. On ne porte plus à droite que la bourse en forme de sachet, dont le fermoir ciselé devient un objet d'art. En i535, François I*' achète à Robert Rouvet, orfèvre à Paris, une ceinture d'or garnie de pierreries, peut-être celle que porte la reine Claude dans le portrait fait par Janet, qui est à Hampton-Court, et une bordure d'or garnie de rubis et de diamants, le tout pour le prix de 3, 600 livres tournois.
Un dessin d'Holbein, catalogué sous le numéro 54 au musée de Bàle, nous montre une riche ceinture de femme, terminée par deux longs bouts tombant presque jusqu'au bas de la jupe. A l'extrémité d'en bas de l'un d'eux est attaché un sac gonflé; à l'autre, une sorte de petite trousse évasée en carquois, sans couvercle et remplie de menus objets. La femme qui porte cette ceinture semble être une courtisane.
Un autre dessin, le numéro 53, représente une dame; la ceinture n'a qu'un seul pendant orné de travaux de bijouterie allant jusqu'au bas de la robe.
Dans le vieu.^ tableau d'Hampton-Court, qui représente Henri VIII d'Angleterre entouré de sa famille, la reine porte une ceinture faite d'un rang de perles. Catherine de Médiciset Jeanne d'Albret sont représentées, dans de vieilles estampes, avec une ceinture qui est garnie de pierreries, et qui, après avoir épousé la pointe de la taille, pend d'un seul bout terminé par le mordant, presque jusqu'au bas de la robe. Même disposition dans le portrait de la princesse Claudia de Médicis, conservé à la galerie des Offices à Florence, sur lequel la pointe de la ceinture d'émeraudes et de diamants se continue par une suite de douze ornements en joaillerie. Nous retrouvons la ceinture de pierreries descendant en double rang jusqu'aux pieds, dans
CEINTURES, BRELOQUIERS, CHATELAINES. ^^9
une vieille estampe qui représente Louise de Lorraine, femme de Henri IIL
Il nous reste, dans nos musées, quelques-unes de ces ceintures à mordants, mais fort peu de chaînes. Celles qui sont cataloguées sous les numéros D. 169 et 171 au musée du Louvre n'ont rien de bien attachant. Sauvageot leur a attribué une origine espagnole, ainsi qu'à celle numéro D. 170. Ces chaînes sont en cuivre, et les mailles en sont
CHAINE DB CEINTURB BMAILLÉE.
Galerie d'Apollon, n* D. 170.)
émailléfes alternativement en blanc et en bleu, ou en blanc et en noir. La chaîne de ceinture numéro D. 775, ornée de sa pendeloque, est en cuivre argenté. C'est un joli motif qui est resté sur le moulage sans retouches. La boucle de ceinture numéro D. 777 offre un dessin hardi et original, mais la fabrication en est lourde et grossière. Celle numéro D. 776, en argent et vermeil, est également un moulage assez grossier qui n'a pas été ciselé ; mais lo^caractère du dessin est excellent. L'effet décoratif devait en être fort beau. Je dirai la même chose du ferret de ceinture en argent numéro D. 794, dont l'originalité est saisissante, mais dont la fabrication m'a paru plus soignée.
Dans les mêmes vitrines de la galerie d'Apollon, au Louvre, se trouve une ceinture formée de treize plaques rectangulaires. Elle porte le numéro D. 755. A part la plaque centrale qui est faite en filigrane d'argent, toutes les autres m'ont fait l'effet de n'être qu'un surmoulage grossier. Le catalogue suppose qu'elle pourrait être de provenance vénitienne.
Toutes ces pièces appartiennent à la fin du xvi*' siècle.
Une suite de vieilles gravures conservées au Cabinet des Estampes, à Paris, nous fournit au sujet de la toilette d'alors, et particulièrement