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asiatique se trouve être considérablement éloignée, si l*on veut bien tenir compte de ce fait que les Égyptiens possédaient le fer 25oo ans au moins avant notre ère, et qu'il est présumable qu'ils l'avaient importé de l'Orient.
Mais il importe de bien constater que les évolutions successives que nous désignons par les dénominations de l'âge de la pierre, du bron:{e et du fer ne se sont pas accomplies de la même manière dans tous les pays. M. Alexandre Bertrand dit que nous n'avons aucune raison de croire que partout, tant en Occident qu'en Orient, l'usage du bronze a précédé l'usage du fer; car, d'après la tradition biblique, Tubalcaïn travaillait déjà le fer bien avant le déluge. D'après son assertion, plusieurs peuple^ de l'Afrique auraient connu le fer, sans jamais s'être servis du bronze proprement ilit; l'âge de bronze y aurait été à l'état légendaire, à l'état de souvenir conservé dans les chants nationaux; enfin, dès le temps même d'Homère, le bassin de la Méditerranée était en plein âge du fer.
Mais qu'ils aient été de bronze ou de fer, il est certain que pendant de longs siècles, l'enclume et le marteau, auxquels vinrent bientôt s'ajouter les tenailles, furent les seuls outils de l'orfèvre. Nous en trouvons la preuve dans un des passages d'Homère auquel il vient d'être fait allusion. La scène se passe à Pylos^ et l'ouvrier qui travaille l'or, xP^<J^Xooç, du nom de Laercée, mandé par Nestor, vient, tenant dans ses mains ses outils d'airain, instruments de son art, Tenclume, le marteau, ^ les tenailles faites avec art, avec lesquels il travaillait l'or. Le vieux cavalier Nestor donna l'or à l'ouvrier, etc.
N'y a-t-il pas dans cette qualification faites avec art toute une révélation, et n'y voit-on pas clairement indiqué que la tenaille est le dernier venu des trois outils? Cette expression éveille dans l'esprit d'un orfèvre tout un monde d'idées. Elle lui fait entrevoir les tâtonnements nombreux qui accompagnaient tous les premiers essais, elle lui laisse deviner que la plupart de ces outils primitifs saisissaient mal le métal qu'il fallait mettre en œuvre, ne mordaient pas, comme on dît encore de nos jours, et elle lui indique clairement que les tenailles de l'orfèvre Laercée mordaient bien.
Il faut encore admirer ici le soin que le vieux rapsode apportait à rendre la couleur locale, car il fait arriver son orfèvre avec des outils