‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 239 sur 250 · I. Moine Théophile, cap. xxi et lxi · texte numérisé non relu

I. Moine Théophile, cap. xxi et lxi

a. Dictionnaire encyclopédique, E.-O. Lamf, à l'article creuset.

rétirage du fil d'or était connu dès la plus haute antiquité. Mais il ne semble exister aucune indication sur la matière dont les filières étaient faites. Si elles étaient en fer, comme les nôtres, la rouille les a détruites. 11 ne serait pas impossible qu'il en eût existé en pierre. Une des découvertes les plus récentes, une invention qui date d'hier, n'a-t-elle pas doté notre outillage moderne de filières en rubis et même de filières en diamants, qui nous rendent des services inappréciables et sont de beaucoup supérieures aux filières d'acier, lorsqu'il s'agit d'obtenir un fil d'une ténuité extrême. Mais il sufiit d'avoir pu constater que les Égyptiens connaissaient l'usage du fer 2600 ans avant Jésus-Christ et qu'ils obtenaient des fils d'or excessivement fins, parfaitement lisses et égaux dans toute leur longueur, ce dont on peut se convaincre en regardant les sceaux qui datent du xx'' siècle, pour acquérir la certitude qu'ils se servaient déjà de filières à cette époque reculée. *D'autre part, les spirales en bronze, qu'on se rappelle avoir été importées en Europe par le chemin du Caucase, dès le viii® siècle avant notre ère, attestent que l'art de la tréfilerie était également pratiqué dans d'autres contrées.

Le Ciselet.

Nous avons vu le style de pierre employé pour tracer des motifs ornementaux sur des lames d'or mince. L'ivoire, l'os et même l'arête de poisson ont dû être eniployés aussi à fabriquer des styles; plus tard, le cuivre servit au même usage ; mais le jour où le fer fit son apparition, l'art de repousser le métal subit de profondes modifications, et la ciselure proprement dite vint au monde.

Nous venons de voir qu'il est vraisemblable que les Égj'ptiens connaissaient l'art d'en extraire le minerai, de le fondre et de le forger, dès le XX® siècle avant notre ère; mais cet art était resté longtemps un secret pour les peuples de notre continent. A cause de sa rareté et de la difficulté qu'on avait à l'obtenir, il y fut, à une époque reculée, plus estimé que l'or. Aux temps homériques il y était encore rare, car lorsqu'Achille célèbre des jeux pour les funérailles de Patrocle, un des prix qu'il décerne est un morceau de fer. Ce morceau.de fer, dépouille d'Éétion qui régnait à Thèbes, a été rapporté de l'Asie Mineure par Achille, après qu'il eut tué ce prince, et le récit nous fait connaître

qu'Achille, le considérant sans doute comme une chose précieuse, l'avait fait mettre dans ses vaisseaux avec d'autres richesses *. Aussi en raison de cette rareté du fer, Tusage du style ou du ciselet en autre matière dura-t-il fort longtemps. On lit dans le Dictionnaire des antiquités gî^ecques et romaines * :

« De véritables ciseaux en bronze, en pierre et même en os, pointus et tranchants, à tranchants droits ou arrondis en forme de gouge, ont été recueillis parmi les débris des civilisations les plus primitives. On trouve des outils semblables améliorés déjà, avec d'autres instruments de Tàge de bronze, dans les cités lacustres; quelques-uns sont munis d'une douille ou d'une tête. Les Égyptiens, dès la plus haute antiquité, employèrent une grande variété d'instruments de la même espèce, en pierre, en cuivre, en fer, »

La connaissance du fer chez les Orientaux, de même que chez les Égyptiens, remonte à une époque bien antérieure à celle de son introduction en Europe, car les marbres de Paros nous apprennent que six cent cinquante-six ans avant la première Olympiade, date qui correspond à celle de 1481 avant J.-C, le fer était introduit en Grèce par les Dactyles Idéens \

Cette connaissance devait avoir pour résultat de leur faire devancer considérablement les autres peuples dans l'art de travailler le métal et particulièrement l'or. C'est une des raisons qui nous aident à comprendre leur supériorité, en même temps qu'elle doit nous persuader que la ciselure, la gravure proprement dite, et aussi l'estampage ou l'art de faire des poinçons et des matrices, appartienent aux peuples d'Orient.

Nous avons vu les feuilles d'or mince employées, dès l'origine, à l'ornementation de leurs vêtements.

Ces bractées primitives, naïvement tracées, se transformèrent peu à peu. Le style ou traçoir fut remplacé par le ciselet, qui permit d'obtenir des reliefs plus accentués et aussi d'en varier les épaisseurs. Le trésor de Mycènes nous a fourni de nombreux spécimens de ce genre

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