I. Moine Théophile, Diversarum artium schedula, cap. iv
vent pénétrant par les ouvertures du dessous, sans le secours du soufflet, fait jaillir la flamme, et tout ce qu'on y place de métal se liquéfie sur-le-champ de lui-même. »
Il est difficile de concevoir, puisqu'on était en possession de ce secret, au xii® siècle, comment il se fit que Tusage ne s'en répandit pas, et que depuis on continua, malgré j:ette nouvelle invention, d'employer des soufflets pour les fourneaux de fonte, et ce presque jusqu'à nos jours. Tous mes contemporains ont vu, dans leur jeunesse, fondre l'or, à l'aide d'un gros soufflet fixé dans le plafond par une carcasse en fer. Un apprenti le mettait en mouvement, en tirant une chaîne qui y était appendue. Cela s'appelait : tirer la vache, sans doute en souvenir de son origine.
Aujourd'hui le fourneau à air lui-même tend à être remplacé par le fourneau à^az qui supprime tout attirail. Le creuset, placé au centre d'un manchon de fer, y reçoit circulairement de puissants jets de gaz en combustion, et la fusion du métal s'y opère en fort peu de temps.
Le Creuset.
Les artisans, dans l'antiquité, fabriquaient eux-mêmes leurs creusets. Nous retrouvons la même coutume au moyen âge* et la composition des terres alors employées pour leur fabrication est restée à peu près la même. Les creusets réfractaires se font avec 2 et 3 de ciment pour i d'argile crue et donnent à l'analyse, suivant Berthier, de 65 à 70 de silice, de 20 à 3o d'alumine, et de 2 à 10 d'oxyde de fer selon leur provenance *.
Le creuset est posé, pendant l'opération de la fonte, sur un petit disque en terre réfractaire qui a reçu technologiquement le nom de fromage.
La Filière.
Les plus anciens bijoux laissés par les Égyptiens et ceux trouvés dans l'enceinte troyenne nous démontrent, à n'en pas douter, que