OBJET EN OK TROUVA EN LOMBAROIE
ANNEAUX ET BAGUES
BACU B ^PISCOPAIF..
La raison qu'il m'a semblé devoir invoquer pour justifier Télé-
vation extraordinaire des chatons en forme d'entonnoir va trouver
encore son application dans les deux pièces qui suivent et qui, du reste,
on le remarquera, offrent une analogie de forme avec
les autres.
L'une (n** 2960) est considérée au Cabinet des
antiques comme étant d'origine byzantine; l'autre,
qui lui ressemble quelque peu par le chaton, m'appartient. Toutes deux sont en or massif. Le cachet
de la première représente trois personnages debout
et nimbés qu'on peut supposer être le Christ et deux
apôtres, et l'ornementation de l'anneau offre quelque
analogie avec la pièce mérovingienne de la page 48.
Celui de l'autre est une intaille sur améthyste, dont le sujet est un
génie debout tenant un rameau de feuillage. L'espèce de cul-de-lampe
formée de six pétales qui supporte le chaton est fait d'une seule feuille d'or découpée, mouvementée et emboutie à la main. Les indications décoratives de l'anneau sont aussi intelligemment que sommairement indiquées. Ce travail manque, il est vrai, de finesse ; mais il dénote une facilité de facture et des naïvetés d'outil qui, à mes
yeux, en font une pièce digne d'attention. Cette fabrication appartient
vraisemblablement au xii" siècle. La pierre est grecque du i®^ siècle. Une bague d'or d'une tournure bien particulière, et qu'on croit
d'origine sacerdotale, est celle portant le n" 606 au
musée du Louvre. Elle est du ix® siècle. L'anneau
massif est façonné à jour et taillé à biseau. Au lieu
de chaton, il porte une espèce de petite chapelle surmontée d'un toit en forme de pyramide et ornée de
grains disposés en triangle. Cet objet, qui n'est pas
sans analogie avec les bagues juives de fiançailles,
a été trouvé en 1861, près de l'église de la Ma-
dona deir Orto, dans le Transtévère, en même
temps que la bague abraxas^ page 38.
Les XI* et XII® siècles me paraissent avoir vécu sur des formes
connues en les modifiant quelquefois, mais sans leur imprimer un
UAGUE EPieCOPALE.
BAGUE SAGE RDOTALE.
caractère particulier. Cependant quelques pièces font exception. Je citerai une bague sans numéro, au Cabinet des Antiques, dont le corps repercé est élégamment rattaché au chaton, fait d'une améthyste cabochon, par deux agrafes en forme d'écusson. C'est peut-être un anneau épiscopal. Puis une merveilleuse pièce qui appartient à M. Corroyer. La .gravure, admirablement fine et dans le caractère roman, a BAcoE ÉPucoPALE. ^té faite en épargne, afin de rece-
voir un émail dont il reste encore quelque trace. Cette belle bague a été trouvée à Paris, dans la sépulture d'un évêque. On remarquera combien l'anneau en est fin, par rapport au chaton. On trouve peu d'exemples, au xr siècle, d'un parti pris aussi accusé.
M. Corroyer possède encore dans sa collection deux autres anneaux très intéressants. L'un est une bague eucharistique en cuivre qui a été dorée, sur le chaton de laquelle on voit intaillés grossièrement deux oiseaux penchés sur une coupe; elle est du xir siècle et provient du Mont-Saint-Michel-, l'autre, en argent massif, a les angles abattus à la lime de façon à former de jolis biseaux qui viennent accentuer la forme octogonale du chaton, lequel est revêtu de caractères sigillaires. Elle a
appartenu à un abbé de Soissons.
On retrouvera ce caractère que donne l'emploi des biseaux, dans le chaton de la bague dite de Saint- Louis, qui est conservée au Louvre, car le chaton seul paraît être tout ce qui reste de la bague primitive. 11 est vraisemblable que l'anneau fait d'un godron d'émail noir, semé de fleurs de lis d'or, a été fabriqué plus tard; les uns disent à l'époque de la canonisation de saint Louis vers 1297; mais, à cause de son mode de fabrication, je le crois plus récent encore.