BAGUE DE FIANÇAILLES MÉROVINGIENNE
BAOOB MéROViNGIBRNE.
Collection de M. F. Moreau.
Une autre bague très curieuse de Tépoque mérovingienne est celle en argent possédée par M. F. Moreau ei trouvée à Brény. Au centre figure un masque surmonté de la croix, entre les deux noms gravés : DIANA, A VI VS^ qu'on suppose être les noms des deux époux chrétiens. La forme de ce bijou est originale et entière. Une bague d'ab-
besse en ivoire, portant gravé sur le chaton le signe IHS surmonté d'une croix couchée et souligné par une crosse, offre quelque analogie avec celle-ci. Elle est au musée de South-Kensington. 11 a été trouvé dans une sépulture lombarde, remontant au viii® ou au IX* siècle, deux petites pièces en or, de forme assez singulière, dont je n'ai rencontré d'analogue nulle part. Elles sont en forme de selle, et quand je les ai maniées, il m'a semblé qu'elles s'ajustaient fort bien à l'intérieur d'un doigt légèrement courbé, entre la première et la seconde phalange, ce qui me fit d'abord supposer qu'elles avaient pu servir à pousser l'aiguille à broder, avant l'invention du dé à coudre. Cette supposition me semblait être corroborée par la nature de l'ornementation qui les décore, qui est faite de petits anneaux groupés et soudés à plat sur différents points de façon à rendre la tête de l'aiguille facilement saisissable. Ces objets sont conservés au Musée de Saint-Germain. Le conservateur, M. Alexandre Bertrand, m'a dit qu'ils étaient faits pour orner les extrémités des doigts de gants et que, d'ailleurs, ils avaient été trouvés dans une sépulture d'homme ainsi que les autres bijoux qui sont dans la même vitrine. Je dois dire qu'il n'existe aucune analogie de fabrication entre les uns et les autres. La vitrine renferme des pièces grossièrement moulées qui ont pu orner aussi bien le harnais d'un cheval que les courroies d'une armure, tandis que les deux petites pièces que je signale semblent, par la finesse de leur fabrication, être le produit d'une industrie toute différente et très perfectionnée, et par la délicatesse de leur forme, avoir été destinées beaucoup plutôt à un usage féminin qu'à tout autre.