ANNEAU DE PÈLBRINACE EN ETAIN
Collection de M. Corroyer.
A côté d'une pièce du xur siècle, sur le gros chaton de laquelle figurent quatre griffes retenant un saphir astérie (n<> 5252), je vois, au musée de Cluny, une belle bague en argent ciselé et gravé (n*' 5253) du xiv^ siècle, dont le chaton est composé de trois carrés superposés, à angles alternés, avec fleurons aux extrémités. On sera certainement frappé par l'ampleur de cette composition.
Une autre pièce d'un grand caractère, c'est l'anneau ayant appar-
H AGUE SAPHIR AfTÉRIE.
BAOUB EN ARGENT CISECÉ.
tenu, ainsi que Tindique l'inscription dont elle est revêtue, à Jean de GraiUy Captai de Buch, mort prisonnier au Temple, en iSyô, à Paris,
de la collection de M. le baron Pichon. Elle est en or massif.
On se mettait aux doigts de forts anneaux dans ce tempslà, témoin encore celui qui est exposé dans une des vitrines de la galerie d'Apollon, dont le chaton extraordinairement exhaussé a pour supports deux dragons qui semblent émerger d'ornements en forme de couronnes. Cette exagération a dû être assez à la mode, car j'ai eu l'occasion d'en voir plusieurs autres et particulièrement dans la collection de M. Gay, qui en possède trois petites. Ces dernières n'ont pas les dragons.
M. le baron Pichon possède, de la même époque, un anneau ayant appartenu à Perceval d'Enneval, chambellan de Charles V et Charles VI. Le cachet en or est ovale et porte autour sur une sorte de jarretière les mots S (pour Sigillum) Perceval d'Enneval, en caractères gothiques. La partie centrale tourne sur pivot : sur Tune des faces est représenté un chien, sur l'autre une tête de renard. Les deux sujets intaillés peuvent donc servir indistinctement et tour à tour au milieu de l'inscription qui ne change pas. L'anneau est gravé champlevé* et montre de chaque côté à son point d'attache un P gothique, enlacé par une guirlande de marguerites ou de myosotis qui se continue tout autour.
Une des plus jolies bagues, possédées par M. Spitzer, offre la même particularité du chaton central tournant pour venir alternativement présenter ses deux faces, au centre de la légende gravée dans Tor de la bague. Les bagues à chatons tournants étaient dès longtemps usitées. M. le baron Pichon possède une lettre: écrite au v* siècle de notre ère par saint Avitus, archevêque de