‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 33 sur 250 · ANNEAU DE GRAILLY · texte numérisé non relu

ANNEAU DE GRAILLY

Collection du baron Pichon.

BAGUE A CHATON «URéLBVi.

ANNEAUX ET BAGUES

ANNEAU 8IGILIAIRB A BISEAUX.

Vienne, à ApoUinaris, évêque de Valence, dans laquelle il est question d'une bague à cachet tournant.

Indépendamment des gravures sîgillaires, la mode des inscriptions était grande à la fin du xiv« et au commencement du XV* siècle. Elles couvraient souvent toute la circonférence extérieure de Tanneau. Parfois un double chanfrein permettait d*y écrire deux lignes.

On pourra voir un ' type en or massif de ce travail au Cabinet des Antiques. Sur le chaton est intaillé un écu timbré du casque, et sur un biseau circulaire formé d'un seul côté de Tanneau, un verset en caractères majuscules gothiques est gravé en creux et produit un fort bel effet décoratif.

J'ai vu, sous le n** I, au musée Poldi-Pezzoli, à Milan, un petit anneau sigillaire de la première moitié du xv« siècle. Il nous fournit un type de la caractéristique alors adoptée, en ce qu'il est pris tout entier, sur pièce, à la lime. M. le baron Pichon possède, dans sa belle collection, un autre spécimen très intéressant de ce genre de travail. Une petite tête intaillée sur une calcédoine saphirine en forme le chaton. De chaque côté sont gravés, en caractères gothiques, les mots : S. B. de Turre, ce qui signifie : Sigillum Baron de Turre. Le chaton et l'anneau, faits d'un seul morceau d'or, taillé largement à la lime, sont admirablement reliés ensemble. Cet effet, obtenu par les oppositions de plans que fournissent les chanfreins en architecture et les biseaux en orfèvrerie, constitue le caractère principal qui s'est manifesté dès la fin du xia' siècle, ainsi qu'on l'a pu voir plus haut, et jusqu'au xv% et dont les piliers de la cour du Bargello à Florence offrent, en architecture, un type si accompli de rude élégance. On y trouve, comme dans notre bague, le souffle mâle et guerrier de la forte époque qui précédait la Renaissance en la préparant.

Les travaux de lime semblent avoir pris alors une importance exceptionnelle et avoir atteint un développement et une perfection précédemment inconnus, car on n'en rencontre aucune trace dans l'antiquité. Nous sommes donc redevables de cette invention aux artisans de la fin du moyen âge.

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