‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 41 sur 250 · BACUB DE FIANÇAILLES ALLEMANDE · texte numérisé non relu

BACUB DE FIANÇAILLES ALLEMANDE

Collection de M. Massio.

Enfin au milieu des splendeurs du grand siècle, et pour que rien ne manque à sa pompe, les pierreries et les diamants viennent répandre leurs feux rayonnants sur toutes les parties de la parure.

Il semble extraordinaire de voir concorder, pendant ce règne étonnant de Louis XIV, la marche des plus petites choses avec l'ordonnance splendide des plus grandes. Tout y concourt à l'éclat, hommes et faits, et rien n'y est oublié. Les noms illustres y surgissent en rangs pressés, les moindres y font figure.

Un voyageur, Chardin (1671-1680), rapporte d'Orient, juste à point, les accessoires de mise en scène qui sont devenus nécessaires, et couvre les épaules, les bras et les cheveux des duchesses et des marquises de nierveilles jusqu'alors ignorées. Ce ne sont que rubis, saphirs, topazes, émeraudes, perles et diamants.

Les pierres de couleur jouirent surtout d'une vogue extraordinaire.

Il est vrai de dire que les proportions que les joailliers donnèrent

alors aux parures furent peut-être un peu excessives; nous aurons l'occasion de le constater dans les études suivantes. La bague subit, comme tous les autres bijoux, l'influence de ce courant. J'en ai rencontré à Milan, dans la collection Poldi-Pezzoli, un des rares spécimens qu'on retrouve encore. Il porte le n** 17. Le centre du chaton est fait d'un saphir entouré de roses et repose sur un fond de petits ornements repercés, également couverts de roses. Le tout est contenu dans un grand ovale formé par des diamants de grosseurs inégales et graduées, les plus gros placés en haut et en bas de l'ovale. Bien que ce bijou soit d'une étendue disproportionnée avec l'usage auquel il est destiné, il faut reconnaître que la composition en est fort élégante. Les précieux détails qui forment l'ornementation à jour, renfermée entre les deux entourages, contribuent à rehausser l'éclat des autres pierres et donnent une grande finesse à l'ensemble. Ce travail de repercé, adopté depuis par les ouvrier? russes, a atteint entre leurs mains un degré de perfection remarquable. Il est devenu un des cotés typiques de leur joaillerie.

Je dois à l'obligeance de M. Giuseppe Morchio, de Venise, de pou-

Page 1