‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 40 sur 250 · BAGUE EN ACIER CISELE · texte numérisé non relu

BAGUE EN ACIER CISELE

BAOUB FLEUR.

Collection de M. Taburct-Boin

du Louvre, porte à rintérieur, gravée en creux et incrustée d'émail noir, cette inscription : C'est le sinet du roi saint Louis,

La fabrication du commencement du xvii* siècle continue, dans une certaine mesure, la tradition des menus détails; mais l'emploi de la figure humaine en disparaît et aussi les fines ciselures. L'émail seul persiste, les diamants et les roses apparaissent. Les fleurs émaillées avaient été de mode pendant la seconde moitié du xvi® siècle. On en composait des guirlandes pour les entourages de camées et pour les pièces de cabinet. Tantôt ces guirlandes, dont chaque fleur était faite une à une à la main, se détachaient en plein relief, tantôt elles étaient champlevées dans le métal, émaillées et peintes ensuite. On verra dans les chapitres suivants plusieurs objets qui procèdent de ce caractère particulier à la bijouterie d'alors. Cette mode se prolongea avec des variations dans la forme. La bague, bien que se prêtant peu à ce genre de décor, à cause de l'exiguïté de ses proportions, subit pourtant l'influence générale. On composa des chatons imitant la fleur naturelle en émaux et en pierreries, et les ouvriers parvinrent à rendre intéressant ce travail de médiocre invention, grâce à leur habileté acquise et à leurs traditions de goût. Voici une fleur dont le centre, formé d'une émeraude rectangulaire sertie dans un chaton rabattu à griffes simulées en relief, et dont les pétales sont figurés par huit petites opales, qu'enveloppe un pédoncule découpé et orné d'émaux rouges et blancs alternés. Un rameau de feuillage d'or vient chercher la fleur et forme l'anneau de la bague.

Puis un brin de jasmin découpé à jour. Le centre est fait d'un rubis serti dans l'or, la fleur et les feuillages sont en petits brillants ou en roses tenues dans l'argent. L'anneau en or repercé, ciselé et s'élargissant pour épouser le bouquet central, continue la même idée gracieuse.

Les sentiments de fidélité et de constance, alors très à la mode, inspirent aussi le bijoutier; il fait une bague d'un cœur en topaze

BAGUR JASMIN.

BAOUB COEUR.

Collection de M. Taburet-Boin

ANNEAUX ET BAGUES

BAOUB EN DIAMANTS ASSEMBLAS.

brûlant de trois flammes en roses ou en jargon. Dans les chatons, l'argent joue le plus grand rôle, car une pierre minuscule en égayé imperceptiblement la forme coussinée. Mais le serti est recherché, et la direction des filets vers les extrémités simule le mouvement de la langue de feu. L'anneau plat repercé du corps est le commencement de toute une série qui, plus tard, prendra de l'importance et deviendra caractéristique.

Le rôle du diamant, porté à cause de sa valeur et de son éclat, commence à se dessiner. On en groupe plusieurs ensemble pour produire quelque effet; mais les anneaux sont encore soignés et ornés d'émaux.

Du même temps est la bague de fiançailles allemande, ornée au centre de deux cœurs attachés ensemble par un cadenas, dont chaque

époux doit posséder une clef, puisqu'il y en a deux suspendues après la bague. Les cœurs sont faits en dents de broquart, ce qui semblerait indiquer que ce bijou prit naissance dans un milieu cynégétique; cependant l'usage s'en répandit et devint général, car on en trouve en grande quantité en argent, en or, et même enrichies de pierres précieuses, mais toujours avec les dents de broquart, qui sont sans doute l'emblème de la pureté des deux cœurs, car on sait que le broquart a le cœur pur.

A fa fin du xvii* siècle, il semble qu'on ne fait plus la bague que pour porter le diamant.

C'est Gilles Légaré, l'orfèvre du roi, qui se charge de nous l'apprendre par les dessins qu'il nous a laissés.

T V J ^ L II BACWES, PAR GILLES xioAR^

Là de grosses belles '

roses bien taillées, et qui devaient être blanches, sont groupées, ramassées sur le dessus du doigt. L'anneau perd son élégance. Bien qu'on le décore assez finement, par habitude, il ne lui reste plus que son rôle d'utilité. Les lignes deviennent molles, rondes et sans accent. M. le baron Pichon possède une de ces bagues qui a été trouvée dans la Seine.

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