‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 50 sur 250 · EN · texte numérisé non relu

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nous seulement de ce qu'elle nous a donné de bon, d'utile et d'aimable, car si dans certaines occasions elle a oublié son rang, ce n'a pas été toujours pour déchoir. Lorsque les carrousels succédèrent aux tournois, c'est elle qui donna son nom à l'un des plus difficiles exercices dont se composaient ces jeux mihtaires, et j'ignore si l'on pourrait affirmer, preuves en main, que les premières bagues courues ne furent pas de celles qui se portaient aux doigts, car dans ces temps de chevalerie, lorsqu'il s'agissait de conquérir les faveurs d'une belle, rien n'était impossible*.

Partout, à toutes les époques, la bague a été la douce confidente de nos secrets. Les chrétiens y ont inscrit leurs actes de foi, les amoureux leurs serments et leurs vœux, les chevaliers leurs devises et leurs emblèmes, les grands leurs armoiries.

Par ces raisons diverses la bague devient maintes fois un document historique, au même titre que les médailles, les monnaies et les intailles conservées avec un soin jaloux dans les collections publiques et privées.

I. « ... Car il y fust, entre aultres, couru en six jours unze bagues que plusieurs dames et damoiselles donnèrent, mais toutes gaignées par les gendarmes et leurs capitaines. Dequoy, tous ces Saintongeois receurent grandissime desplaisir, mesme pour la risée qu'en firent celles qui les avoient données, car elles les renvoyèrent par mocquerie à l'escole de la compagnie de M. le mareschal de Saint-André, soûls ce brave régent, M. de Vieilleville, qui en avoit emporté quatre et quasi toutes les aultres donné atteinte... i» [Mémoires sur la vie du maréchal de Vieilleville, par Vincent Carloix son secrétaire. Liv. III, chap. xvi.)

ANNEAUX ET fiAGUES.

L'examen du nombre et de la variété des attributions de la bague semble interminable. Les poètes l'ont si bien compris, qu'ils en ont souvent tiré parti, soit pour engager, soit pour dénouer une action.

Est-il rien de plus exquis, de plus idéal que le récit fait par la sultane Scheherazade, de l'aventure du prince Camaralzaman ! Il trouve, en ouvrant les yeux, couchée et endormie à ses côtés, la princesse de Chine que deux génies viennent d'y transporter à travers les airs. Frappé de sa grande beauté et déjà fou d'amour, il craint de lui déplaire en la réveillant et simplement, tout doucement, il lui ôte la bague qu'elle porte au doigt et y substitue la sienne.

C'est là une déclaration d'amour bien expressive, bien idéalement pure, je dirai bien originale pour être faite dans un lit. Notre petit bijou en a tous les honneurs.

Et dans le vieux conte français de Perrault, « en travaillant, soit de dessein ou autrement, bne bague qu'elle avait au doigt tomba « dans la pâte et s'y mêla... », la voilà devenue messagère d'amour. Le fils du Roi, en mangeant le gâteau, trouvera la bague et devinera, à la vue de son élégance et de ses mignonnes proportions, que les mains de Peau-d'Ane sont des mains de princesse.

La bague, dans les deux contes, est à la fois signe de reconnaissance et moyen de communication, comme elle l'était en maintes occasions, dans la vie réelle de nos bons ancêtres, alors qu'ils n'avaient à leurs ordres ni le téléphone, ni le service des postes et des télégraphes, ni les annonces dans les journaux, ni même souvent l'écriture, dont un grand nombre ignorait le secret.

Depuis combien de temps les deux anneaux enlacés, étroitement rapprochés l'un de l'autre, redisant les serments et les noms aimés, sont-ils le symbole de l'amour dans le mariage, le gage d'union de deux cœurs épris ?

L'anneau nuptial aspire en un jour toutes les senteurs de la fleur d'oranger; il s'en imprègne, s'en pénètre et devra toujours en conserver les parfums pour le souvenir.

La bague est donc fréquemment liée à de grands faits et aussi aux

BAGUR ANGLAISE,

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