L'Étrurie et les Étrusques (pi. XXXl de l'Atlas
avec laquelle il est façonné ne Tavait sauvé de cet écueil; mais une science profonde et un goût très sûr ont dirigé le ciselet qui sut donner un aspect solide à cette lame si mince, en la couvrant de tant de
^-,^. richesse. Tous les
^^r^"âH?^^^.x détails précieux de
cette large ornementation sont combinés en vue de la beauté de Tensemble, jusqu'au strié, que nous avons déjà, on se le rappelle, rencontré dans les bijoux assyriens, et qui, dans le cas présent, me semble être commandé par la nécessité-, car je soupçonne fort qu'il n'est pas là seulement pour l'agrément.
Il grippait les cheveux et empêchait ainsi le déplacement de l'anneau, complétant en cela Faction du pendant qui le maintenait dans son aplomb. Les AHKEAux oB CHEVEUX ÉTRo«(iUE«. P^^s petlts tenaient sans le secours de
cette adjonction et sans qu'il fût besoin de strier l'anneau. A cette dernière catégorie appartiennent les six jolis petits pendants d'origine étrusque qui sont au musée du Vatican. On voit que ceux-ci sont beaucoup plus simples et qu'ils sont dépourvus de cette riche ornementation tracée au ciselet qui, partant de l'astragale, décore toute la face antérieure des plus grands. Je crois aussi qu'ils sont beaucoup moins anciens que les autres, et qu'au lieu de les accrocher en pendants de chaque côté du visage, on les semait dans la chevelure, selon le caprice. Ceux portant les n"* 60 'et 67 et ceux-ci nie semblent avoir été destinés à cet usage. Ces derniers, trouvés dans une même sépulture, au nombre de six, corroborent ma supposition. Il me semble que ces petits ornements, jetés au milieu de la masse sombre des cheveux.
AlCN EAU OB CHBV EUX.
ANNEAUX ET PENDANTS
devaient être d'un agréable effet, lorsque le jour en s'y jouant les éclairait de points lumineux et de reflets ardents.
Nous verrons plus tard, aux xvi* et xvii" siècles, l'affiquet et le papillon en brillants remplir le même office dans la coiffure de nos marquises.
Après les anneaux de cheveux, il faut mettre les pendants de tempes, dont il semble que l'usage ait pu être aussi familier aux hommes de certaines castes qu'aux femmes. Longs et étroits, ils offrent quelque analogie de souvenir avec les extrémités pendantes des bandelettes, dont les prêtres païens ceignaient leur front dans les sacrifices, ainsi qu'avec les coiffures de femme qui ont été trouvées par M. Schliemann sur l'emplacement présumé de Troie.
Sur une espèce de tapis, de forme rectangulaire, un lion modelé en plein relief, tenant dans ses pattes un oiseau qu'il va dévorer, se tient, la tête tournée vers le bas du bijou.
La bordure du tapis est formée de petites lentilles repoussées et entourées d'un anneau en cordelettes, le haut en est orné de trois fleurs à pétales découpés et le bas de deux têtes de griffons munis de longues oreilles.
Au-dessous deux pendeloques, peutêtre la troisième manque-t-elle, faites chacune d'une chaînette, après laquelle est suspendue une tête coiffée du klaft, terminée par des grelots. Nous retrouverons plus tard cette dernière disposition, dans les pendants d'une boucle de ceinture trouvée à Ithaque.
Les grandes lignes de cette pièce sont franches, la forme en est parfaitement saisissable. La crinière du lion, les ailes de l'oiseau, les
PENDANT DE TEMPfie.
têtes de griffons, tous les détails enfin sont traités en filigrane, d'une finesse extraordinaire, mais sans une grande netteté.-
A côté de celui-ci, J'en vois un autre. Il se compose d'une rosace à dix lobes découpés, repoussés et ornés de fils et de granulations très fines, qui surmonte un double cadre dans lequel sont juxtaposés deux
petits masques coiffés du klaft. Au-dessous un mufle de lion, repoussé et orné de cordes et de grains, qui tient dans sa gueule un autre cadre long, orné d'une figure en pied également en repoussé et décorée comme le reste. Tous les détails en sont indiqués à l'aide de linéaments formés par des granulations d'une finesse surprenante et quasi microscopique. De chaque côté du cadre supérieur est attachée une rosace à sept lobes, de laquelle s'échappe une chaîne terminée par un beau gland fait de fleurs de chardons ou de grenades et de lentilles. L'effet qui résulte de la différence des travaux dont il est orné ainsi que de la variété du mouvement des surfaces est fort remarquable. On peut croire que ces deux objets font partie des travaux de granulation les plus anciens que nous ait légués l'antiquité. Ils datent du moment où la technique n'est pas encore fixée, et portent des traces évidentes de tâtonnements et d'hésitations; mais ils sont d'une finesse extraordinaire et donnent à penser que les premières granulations employées par les bijoutiers n'étaient pas obtenues par la fonte au chalumeau, comme elles l'ont été depuis, mais qu'elles étaient alors des produits naturels. Je reviendrai sur ce sujet. Le British Muséum possède un fort beau pendant du même genre; il provient, ainsi que les nôtres, de l'île de Rhodes.
Il est difficile de déterminer d'une façon à peu près certaine l'âge que peuvent avoir ces pendants. On ne peut que former des suppositions basées sur des analogies de caractère et de fabrication, et ces suppositions sont d'autant plus téméraires que, dans ces temps éloignés, l'état d'avancement des industries offrait les plus grands écarts d'une