I. Ilios, par le D' Schliemann
Il semble que les Égyptiens soient restés fort longtemps sans pratiquer Tusage de la boucle d'oreille, car on n'en trouve aucune trace, dans leurs monuments, jusqu'au xv" siècle avant l'ère chrétienne. Au musée du Louvre, une seule statue, celle d'Ounnoffré, premier prophète d'Osiris, est ornée d'une paire de boucles d'oreilles. La belle
tête colossale de Ramsès II, moulée sur l'original du temple d'Ipsamboul et conservée au British Muséum, porte sur les oreilles la marque de trous bien évidents. Les mêmes trous sont répétés sur deux autres énormes bustes en granit du même souverain. Ces monuments, ainsi que la statue qui est au Louvre, datent de la XIX* dynastie, c'est-à-dire de 1400 ans avant notre ère. Ces constatations peuvent donner à croire que l'anneau d'oreille a été sacerdotal ou sacré dans les premiers temps, surtout si l'on rapproche ces faits du passage de la Genèse, où il est dit que les enfants de Jacob lui apportèrent tous les dieux étrangers qu'ils possédaient avec leurs pendants d'oreilles.
Il est certain que les Juifs se paraient de ce bijou, car on lit encore dans la Genèse que lorsque Moïse, par l'ordre de Dieu, fît construire le tabernacle, les Israélites et leurs femmes vinrent lui offrir, pour la fabrication des objets qui devaient servir au culte, leurs bracelets, leurs pendants d'oreilles, leurs bagues et les ornements qu'ils mettaient à leur bras droit. On voit, dans le livre des Juges, que les Ismaélites avaient également coutume de porter des pendants d'oreilles ; des Égyptiens il n'est nullement question.
Dans le catalogue, dressé par Mariette bey, des objets trouvés dans la sépuhure de la reine Aah-Hotep, il est mentionné un assez grand nombre de bijoux, mais point de boucles d'oreilles, et 'dans Talbum du Musée de Boulaq du même auteur, je vois, reproduits sur la planche 3o, une paire d'énormes pendants en or, formés de trois rangs d'uraeus superposés, ceux du haut attachés sur un disque et les